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19/04/2014

DE WALT DISNEY A PATHE-MARCONI

 

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En 1951, le dessin de l'un des techniciens

des studios Disney sous le regard du fondateur

Cinémonde 14 juillet 1951 - collection Pierre Arrivetz

 

Walt Disney (1901-1966) a ouvert les portes de l’imagination au cinéma d'animation. De la fondation de ses studios dans un modeste garage en 1923 à sa mort, il a réussi à créer pour le monde entier un univers où le rêve, la drôlerie, la tristesse et l’aventure ont emmené les spectateurs dans un décor merveilleux, mêlant la vie de personnages excentriques à celle d’animaux plein de caractère, donnant à l’humanité le ton de l’innocence qui lui manquait.

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Un aspect du dessin animé "Alice au Pays des Merveilles"

Cinémonde 14 juillet 1951 - collection Pierre Arrivetz

 

Pour en arriver là, Walt Disney  a livré bataille contre des situations où la conservation de son œuvre, de ses collaborateurs, de son entreprise, a été cent fois compromise par l’investissement financier que représentait  la réalisation de ses projets. La reconnaissance unanime du public a été heureusement la réponse aux difficultés.

La sortie des longs métrages du créateur de Mickey Mouse se faisait en décembre, parce que la production Walt Disney incarnait le Noël des enfants.

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La "multiplane" en 1951, machine servant à animer,

truquer et photographier les dessins animés, au centre, Walt Disney

Cinémonde 14 juillet 1951 - collection Pierre Arrivetz

 

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Ce fut le cas en 1951 d’Alice aux Pays des Merveilles, ayant nécessité le dessin de 500 techniciens de la firme, la simulation grandeur nature des scènes afin de reproduire les expressions des personnages, associant trente comédiens qui seront ainsi la toile de fond d’une œuvre ayant justifié la préparation de 500.000 dessins pour aboutir à une sélection de 108.000.

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Conférence des scénaristes de Walt Disney

au sujet du film "Alice au Pays des Merveilles" en 1951

Cinémonde 14 juillet 1951 - collection Pierre Arrivetz

 

Le relief des longs-métrages était constitué du génie d’une équipe et ne s’est jamais départi de fonds musicaux portant le charme de l’ensemble. Alice au Pays des Merveilles fut ainsi pourvu de cinq chansons : « Avec le chapelier fou », « Chez la reine de cœur », « Le jardin d’Alice », « Le pays des merveilles », « The unbirthday song ».

La firme Pathé-Marconi dont la production était installée boulevard de la République à Chatou leur donna une traduction française en disques 78 tours *, éditant sous le label La Voix de Son Maître « Avec le chapelier fou » , « Chez la reine de cœur » « Le jardin d’Alice », « Le pays des merveilles », chantés par Marie Claire Marty (SG 338 et 339 étiquette verte), voix française d'Alice dans le film, et  « The unbirthday song » par le chœur des « Melodeons » dans les disques Metro-Goldwyn-Mayer (MGM 4101 étiquette jaune).

 

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Catalogue général Pathé-Marconi 1956

collection Pierre Arrivetz

 

Au cœur de la culture musicale, la production Pathé-Marconi, forte de ses nombreuses marques, ne négligea aucun public et c’est à juste titre qu’elle présenta dans les années cinquante son catalogue sous le slogan « Le répertoire le plus prestigieux du monde ». Le président de la firme (1949-1959), Pierre Bourgeois, le directeur artistique (1951-1958) , Pierre Hiegel, et les trois mille employés de Chatou, en furent les artisans mémorables.

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Dans les usines Pathé-Marconi dans les années cinquante,

la salle des presses

Livre "Chatou, une page de gloire dans l'industrie"

 

* autres films de Walt Disney dont les voix et les musiques ont été pressées chez Pathé-Marconi à Chatou :

- Peter Pan (1953) - disque 78 tours La Voix de Son Maître (SP 3 à 5 étiquette jaune), avec les voix du doublage français Mathé Altéry, Claude Dupuy, Pierre Hiégel, Chœurs et orchestre direction Jacques Metehen 

- Cendrillon (1950) - disque 78 tours Capitol (845 étiquette violette)  de la chanson "A dream is a wish your heart makes"  et "The old piano roll blues" par The Jubalaires

 

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Aux "Victoires du Cinéma Français 1948" remises au ministère de l'Industrie, de gauche à droite, les lauréats : Monsieur Bellfort représentant Alfred Hitchcock pour son film "Les Enchaînés", Walt Disney, Jennifer Jones, Jean-Pierre Mauclaire, directeur de Cinémonde, Robert Lacoste et François Mitterrand, respectivement ministres du Commerce et de l'Industrie, et de l'Information, Louis Jouvet, Michèle Morgan, Jean Cocteau pour son film "Les Parents Terribles" , Jean Delannoy pour "Aux Yeux du Souvenir" et l'acteur Louis Jourdan représentant Grégory Peck. Laurence Olivier fut également récompensé et représenté pour son film "Hamlet" -  Cinémonde 4 juillet 1949 - collection Pierre Arrivetz

 

 

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17/04/2014

LES CRIMES DE L'ILE DE CHATOU (1931)

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Un paysage révolu : la ferme dans l'Ile, bucolique et tragique

 

"L’Ile de Chatou s’étend du pont de Chatou jusqu’au-delà du talus de la voie ferrée électrique Paris-Saint-Germain-en-Laye. La ferme laitière de Madame Hesse est isolée de toute habitation et se trouve à peu prés au centre de l’Ile. L’habitation la plus proche se trouve à 200 mètres au-delà de la voie ferrée. La ferme comprend deux corps de bâtiments et un hangar. La maison d’habitation est surmontée d’un grenier pour le fourrage et flanquée d’un hangar où l’on remise les voitures.

Pour exploiter sa ferme, qui comprend 28 têtes de bétail et de vastes pâturages, Madame Hesse avait , depuis la mort de son mari, engagé, pour la seconder, un gérant, Monsieur  Frédéric  Rouchet, lequel avait sous ses ordres un commis, Monsieur Gaston Peters et un aide, le jeune Raymond.

Vendredi soir il était 20h30. La fermière soupait avec ses trois employés dans la cuisine de la ferme lorsque survint le tragique évènement. On entendit tout d’abord dans un vestibule un bruit insolite. Puis la porte s’ouvrit livrant passage à des personnages de cauchemar : deux humains affublés sous leurs chapeaux mous rabattus sous les yeux de masques grotesques à nez enluminés et à grosses moustaches ainsi qu’en portent les plaisantins de mardi gras.

Chacun de ces deux hommes était armé d’un revolver et d’un couteau. Devant cette étrange apparition, Frédéric  Rouchet réagit aussitôt. Robuste et courageux, il saisit un tabouret et s’élança sur les intrus cependant que Madame Hess et le jeune Raymond se réfugiaient dans la pièce voisine.

 Les assaillants firent feu deux fois. Quatre projectiles sifflèrent mais n’atteignirent personne une des deux têtes masquées recevant un coup violent de sa massue improvisée. L’homme chancela mais son complice porta à l’adversaire un coup de couteau et les deux bandits s’enfuirent.

Un peu haletants mais assez calmes, Rouchet et Peters prièrent leur patronne de venir reprendre sa place à table. Elle n’eut pas le temps de le faire. Une fusillade infernale éclata soudain. La pièce fut criblée de projectiles. Les deux bandits inconnus, ayant contourné la maison, venaient d’ouvrir le feu à travers les vitres d’une fenêtre dont les volets étaient restés ouverts.

Six balles furent tirées. Rouchet fut tué net. Touché également, Peters eut la force de se trainer dans la chambre à coucher, où il devait mourir une heure plus tard entre les bras du docteur Calbet, médecin à Chatou, mandé à son chevet. Madame Hesse était légèrement blessée à l’épaule et Raymond était indemne.

Les coups de feu avaient été entendus du pont de Chatou, où passe la route nationale de Paris à Deauville. La police de Chatou fut alertée. D’autre part, ses voisins, M.M. Poletto et Antoine Marin, accouraient trop tard à la rescousse.

 

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Les victimes Rouchet et Peters

 

Monsieur Gosselin, commissaire de police et ses agents arrivèrent bientôt, ainsi que le capitaine de gendarmerie Henry, commandant l’arrondissement de Saint-Germain. On avait vu fuir les criminels  dans la direction de Croissy-sur-Seine. Les brigades de gendarmerie de Chatou, Saint-Germain, Le Vésinet et Bougival se mirent à leur poursuite sans pouvoir les découvrir."

 

Source : Le Petit Parisien - 13 décembre 1931

15/04/2014

GEORGES GERSHWIN (1898-1937): UNE PILE DE DISQUES A CHATOU

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Collection Pierre Arrivetz - photograph courtesy The Culver Service, New-York

 

Qui n’a jamais entendu un air de Georges Gershwin ? sa « Rhapsody in blue » imprime une mélodie au mouvement, au fracas, passant de l’irruption à la mélancolie, nous projetant immanquablement dans l’univers grouillant de la grande cité américaine de l’entre-deux-guerres. Le compositeur, qui fit ses premières armes en 1924  participa à l’essor de la musique de jazz au lendemain de la Première Guerre Mondiale, présent sous différentes formes : applaudir les orchestrations Nouvelle Orléans, danser avec le charleston, écouter une symphonie de Gershwin, furent le commun du continent nord-américain dans les années vingt. Dans les années trente, une créativité sans faille s’ensuivit de compositeurs hollywoodiens, largement mise en scène par les grands orchestres de jazz et les comédies musicales.     

La musique de Gershwin connut un succès immédiat aux Etats-Unis. En France, la culture musicale américaine était entrée sur les champs de bataille grâce aux orchestres des soldats noirs habités par le rythme. Elle fut intronisée à Chatou boulevard de la République dans les usines de la Compagnie Générale des Machines Parlantes d’Emile Pathé, d’abord par la vente des appareils à disques permettant l’audition de ces nouveaux succès puis par la production et l’édition d’orchestres.

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Collection Pierre Arrivetz

 

En 1924, le catalogue comptait ainsi plusieurs pages de disques de jazz. Georges Gershwin n’y apparaissait encore que comme l’auteur de deux premiers « tubes » : « Do it again » par le Mitchell’s Jazz-Kings (réf 6577 étiquette marron), et « Swanee » par Mistinguett et l’orchestre de Maurice Yvain (réf 6513 étiquette marron). Nous étions encore dans une production de disques à saphir, française, propre à Pathé. Six ans plus tard, la fusion faite avec la Columbia Graphophone Company ouvrit de nouvelles pages dans le catalogue Pathé à Gershwin. Celui-ci avait également produit entre-temps ses chefs d’œuvre dont les enregistrements en Amérique furent reproduits boulevard de la République : « Rhapsody in Blue » par Lud Gluskin et son jazz (réf 5466), par Willard Robison et son orchestre (réf 6182 N), « S’Wonderful » par Sam Lanin and his orchestra (réf X 6223) , « Do-do-do » from “O Kay” chanté par Annette Hanshaw (réf  X 6200 N), « My one and only », “What am I gonna do” par Sam Lanin et son orchestre (X 6227 N). La fusion entraîna également l’importation de l’édition phonographique des grands labels anglais : le catalogue Columbia de 1932édita sous la férule de l’industrie de Chatou Paul Whiteman et son orchestre, premier interprète aux Etats-Unis de la « Rhapsody in Blue » en 1924 ainsi que Roy Bargy au piano pour le “Concerto en fa” de Georges Gerschwin (3 disques étiquette noire 9665-9667). L’originalité ne manquait pas puisque la “Rhapsody in Blue” fut également produite dans une interprétation pour orgue de Quentin Maclean (DFX 70).

 

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Paul Whiteman, son orchestre et les girls du film "Chercheuses d'Or" de 1929 - collection Pierre Arrivetz

 

 

La Compagnie Française du Gramophone, filiale de Columbia, détentrice du fameux symbole musical, le chien Nipper, sous le label « La Voix de Son Maître », fit parallèlement fabriquer à la même époque à Chatou, de Georges Gershwin, “Funny face” par Victor Arden, Phil Ohman et leur orchestre, “Lady be good” par “Paul Whiteman” (réf K 2755 et K 2952), “O Kay” par l’orchestre « The Revellers » (réf L 661 étiquette verte ou grenat), la “Rhapsody in Blue” par Paul Whiteman (réf  L 634 étiquette verte ou grenat), “Short story” par  Samuel Dushkin (réf P 794 étiquette noire), “Tip toes” par l’ Orchestre Savoy Havana (réf K 5123, étiquette verte ou grenat), par “The Revellers” (réf L 661 étiquette verte ou grenat), par “Paul Whiteman” (réf K 3328 étiquette verte ou grenat) et enfin “Treasure girl” par Victor Arden, Phil Ohman et leur orchestre (réf K 5672). Cette production était peut-être encore limitée à un auditoire parisien  avide de distractions et n’additionnait que des orchestrations en conséquence.

 

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Photo de 1998 de la façade de type Art Deco de l'usine abandonnée de la Société Générale de Disques construite rue Emile Pathé de 1929 à 1931. Pathé-Marconi, créé en 1936 sur la réunion des grandes marques, y concentra sa production de disques pour une distribution mondiale. Cliché Pierre Arrivetz

 

Vinrent les lendemains de la Seconde Guerre Mondiale qui donnèrent la gloire aux soldats américains et la culture du rêve dans un continent exsangue.

La musique de Georges Gershwin était toujours présente dans le catalogue Pathé-Marconi mais un caractère classique et symphonique fut enfin introduit dans la production. En 1950, le créateur Paul Whiteman était maintenu au catalogue pour la « Rhapsody in Blue » version 1924 mais un interprète majeur de Gershwin, présent également comme acteur dans les comédies musicales, fit son apparition : Oscar Levant, pianiste virtuose accompagné par l’orchestre de Philadelphie sous la direction d’Eugène Ormandy, édité en 78 tours sous le label Columbia (GFX 128 et 129) cependant qu’ « Un Américain à Paris » était produit sous la baguette d’André Cluytens, chef de l’orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire sous la même étiquette (GFX 132 et 133).

 

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Collection Pierre Arrivetz

 

 

Dans le catalogue Pathé-Marconi de 1956 où le 78 tours subsistait, Oscar Levant récidiva mais cette fois-ci accompagné de l’orchestre de New-York dirigé par André Kostelanetz (FCX 118). « Porgy and Bess » apparut enregistré par l’orchestre symphonique de musique légère de Georges Melachrino (7 GF 170). Enfin, la Métro-Goldwyn-Mayer, devenue l’une des enseignes de la production de Pathé-Marconi à Chatou, confiait en 1951 à son chef fétiche, David Rose, l’interprétation des musiques du film « Un américain à Paris » (réf MGM 4100).

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Collection Pierre Arrivetz

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