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01/01/2017

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10/06/2015

L'HABITAT SOCIAL D'APRES-GUERRE A CHATOU : LES MAROLLES

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Les Marolles - Cliché de 1958 - Collection Pierre Arrivetz
 
 
 
Une vue des Hauts de Chatou vers 1958 : on distingue au premier plan au centre l'immense résidence des Marolles déjà construite sur des terrains situés aux lieux-dits "Les Champagnes" et "Les Bouvets". On aperçoit derrière les terrains de culture des Champagnes. Cette partie "verte" disparaîtra avec la ZAC du Plateau en 1973. 
 
Lancé par la municipalité d'Henry Vercken (1947-1953), le programme des Marolles, du nom d'un lieu-dit qui était mentionné sur le plan de Chatou de 1820, avait pu voir le jour grâce au plan d'aides du directeur général de l'urbanisme pour la construction d'Habitations à Baux Modérés et la cession amiable d'un terrain du grand propriétaire de Chatou de l'époque, Pathé-Marconi.
 
Le 25 novembre 1947, le conseil municipal avait voté l'acquisition de la société d'un terrain d'une contenance de 21.650 m². C'était un revirement justifié par la guerre car cet espace avait été placé dans le plan d'aménagement de la Seine-et-Oise de 1930 dans une zone prévue pour la construction d'un groupe scolaire et destinée à ne recevoir que des constructions de service public.
 
Deux architectes, Monsieur Hardel, 181 rue de l'Université à Paris, et Monsieur Godin, 19 rue du Général Colin à Chatou, furent désignés par l'Office Départemental des Habitations à Baux Modérés de Seine-et-Oise  (devenu l'OPIVOY) pour diriger l'opération.
 
Le programme ne fut pas entièrement respecté : la première phase de construction arrêtée en 1948 prévoyait l'édification de 60 logements et de 12 boutiques qui ne furent jamais réalisées.
 
La construction elle-même connut des difficultés : le 22 février 1952, Monsieur Blin, conseiller municipal communiste, interpella le maire pour lui signaler que 2500 tuiles étaient sur le chantier, que la pose des chêneaux était arrêtée du fait que les plans avaient été mal dressés et les chêneaux posés trop bas.
 
Le chantier des Marolles fut suivi le 7 mars 1952 du vote par le conseil municipal du marché des fournitures, travaux de viabilité, poses de canalisations et d'installation du réseau téléphonique.
 
Le conseil municipal décida le 4 juillet 1952 de contracter un emprunt  complémentaire de 15 millions de francs au taux de 6% sur 30 ans pour la construction de la nouvelle résidence. Le 24 octobre suivant, le conseil fit état de la validation par le préfet de la demande d'emprunt par la commune. Le 12 décembre 1952, le conseil municipal s'engagea dans un emprunt complémentaire de 25 millions de francs pour 65 ans au taux de 2% auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations. 
 
Le 20 mars 1953, les élus évoquèrent l'achèvement en cours de la construction du premier groupe d'H.L.M. puis votèrent une demande d'aide du Fonds National d'Aménagement du Territoire de 60 millions de francs remboursables après deux ans  au taux d'intérêt de 2,50% pour l'acquisition des terrains nécessaires à la réalisation de la deuxième partie de l'opération.Un emprunt de 5 millions de francs fut contracté auprès du Crédit Foncier de France pour permettre de réaliser des travaux de viabilité.
 
Entre-temps, le 6 février 1953, le conseil  avait voté l'autorisation d'ouverture d'un débit de tabac 39 boulevard Jean Jaurès par Monsieur Laroque en vue de desservir la nouvelle cité.
 
Le 26 juin 1953, Monsieur Poueyto, conseiller municipal à la tête du groupe communiste (liste "d'Union Ouvrière"), proposa de construire une école maternelle aux abords de la cité des Marolles.
 
Il lui fut répondu qu'un tel projet prendrait du temps et que l'on préférait réaménager les classes de l'école Jules Ferry qui atteindraient 100 enfants par classe si le ministère de l'Education ne faisait rien.Par ailleurs, Monsieur Combe, nouveau maire qui avait succédé à Henry Vercken par suite du décès de ce dernier et de nouvelles élections municipales, indiqua qu'il avait sollicité de l'administration des P.T.T la pose de cabines téléphoniques à proximité de la cité.
 
La réalisation de la deuxième tranche d'habitations des Marolles donna lieu à une enquête publique et une déclaration d'utilité publique au terme de laquelle le périmètre d'aménagement fut modifié. Le terrain de Monsieur Guérin de 428,50 m² comportant une construction en matèriaux légers et démontables était acquis.
 
Lors du conseil municipal du 5 février 1954, Monsieur Métayer *, de la nouvelle municipalité SFIO de Monsieur Laubeuf qui venait de succéder à celle de Monsieur Combe, informa que la déclaration d'utilité publique était publiée. Le 9 avril 1954, le conseil municipal vota la passation d'un marché de 7 millions de francs avec L'Industrielle de Préfabrication à Nanterre pour réaliser 1300 mètres de bordures en béton.
 
Monsieur Métayer prit à nouveau la parole le 28 décembre 1954 en rappelant qu'une demande de construction d'une école maternelle avait été présentée le 22 novembre 1951 par le conseil municipal et que celle-ci s'avérait indispensable pour répondre à la création des 680 logements nouveaux bientôt édifiés. Il demanda qu'elle comporta 5 classes avec logements pour la directrice et les deux adjointes en réutilisant le procédé de construction préfabriqué Studial-Prouvé utilisé pour la construction de l'école du Val Fleuri. 
 
Le 23 décembre 1955, le conseil municipal vota l'achèvement de l'aménagement des Marolles en donnant son accord de principe à la construction par la Fédération Nationale des Coopératives HLM de 200 logements ainsi que la cession des nouveaux terrains acquis par la Ville à l'Office Public de HLM de Seine-et-Oise au prix d'un franc le mètre carré pour un terrain de 2.777,74 m².
 
Une dotation était acquise du fait de subventions du Fonds National d'Aménagement du Territoire pour un montant global de 60 millions de francs englobant divers projets d'aménagement dans Chatou. Une autorisation de passer des marchés de gré à gré fut entérinée en conseil le 7 décembre 1956 pour les travaux préliminaires avec les sociétés Jaquet rue des Sablons à Chatou pour un montant de 584.900 francs en vue de la démolition des bâtiments existants et Bordanzi pour un montant de 2.994.000 francs. Monsieur Godin, architecte DPLG (19 rue du Général Colin) était à nouveau désigné par l'Office Public HLM pour diriger et surveiller les travaux.
 

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Les Marolles achevées - cliché de 1966 - Collection Pierre Arrivetz

 
 
* Pierre Métayer (1905-1979), instituteur, conseiller municipal de Chatou depuis 1935 pour la SFIO, devint député de Seine-et-Oise de 1946 à 1958 puis sénateur socialiste du 1er janvier 1959 au 1er janvier 1967. Il occupa diverses fonctions ministèrielles dans les cabinets de la IVème République : sous-secrétaire d'Etat aux forces armées du 16 décembre 1946 au 22 janvier 1947, secrétaire d'Etat à la fonction publique et à la réforme administrative du 12 juillet 1950 au 11 août 1951, secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil chargé de la fonction publique du 1er février 1956 au 13 juin 1957, secrétaire d'Etat aux forces armées du 17 juin 1957 au 14 mai 1958. De 1954 à 1959, il occupa les fonctions de maire-adjoint dans la municipalité de gauche non communiste d'Albert Laubeuf.
 
 
Sources :
- registre des délibérations du conseil municipal
- archives de l'Assemblée Nationale

03/05/2015

LES DENOMINATIONS DES RUES DE CHATOU, CHANGEMENTS ET CREATIONS

 Ancien Régime

Création de l'Avenue des Tilleuls en 1730 par le seigneur Gougenot de Croissy avec l'accord du marquis de Tessé, seigneur de Chatou (1724-1737)

 

Fin de l'Empire, de la  Première Restauration, des Cent-Jours et de la Seconde Restauration

Municipalité de Monsieur Travault (1814-1823) :

Rue de l'Eglise : Quai Bourbon en 1816 (dénomination sans postérité, Quai de l'Amiral Mouchez actuel) 

 

Monarchie de Juillet

Municipalité de Camille Périer, député puis pair de France (1832-1844)

Nouvelle avenue devant être ouverte grâce aux libéralités des propriétaires à proximité de la station de chemin de fer, libéralités dont la plus importante émane du marquis d'Aligre : avenue d'Aligre le 9 août 1840 contre l'avis du marquis qui préfèrerait le nom d'"avenue de Croissy".  

 

Municipalité de Thomas Délivré (1844-1848) :

Voie en cours de création débouchant sur la route de Saint-Germain : rue Camille Périer le 13 février 1845

Quai entre l'ancien pont routier et la rue Bourbon : Quai Bourbon le 7 novembre 1847  (dénomination sans postérité, Quai de l'amiral Mouchez  actuel)

Quai de la rue Bourbon au pont de chemin de fer : Quai des Papillons le 7 novembre 1847  (dénomination sans postérité, Quai Jean Mermoz actuel)

N.B: le numérotage des maisons, en lettres peintes, fit l'objet de la présentation au conseil municipal le 22 août 1847 d'un modèle de plaque en zinc peinte de 25 cm de large sur 20 cm de haut avec fond bleu et numéro blanc proposé par Monsieur Huet, entrepreneur. Ce modèle est passé à la postérité.  

 

Fin de la Monarchie de Juillet et de la Seconde République

Municipalité du baron Antoine Ruinart de Brimont (1848-1852) : 

Voie nouvelle créée entre la rue du Chemin de Fer, traversant le canton dit "des Chardrottes" et la propriété de la Faisanderie jusqu'au hameau du Vésinet territoire de Chatou, créée par monsieur de Brimont. Son ouverture est constatée par le conseil municipal le 24 avril 1853 : l'usage et non une délibération particulière du conseil en fera "l'avenue de Brimont".

 

Second Empire

Municipalité de Jean Pascal Castets (1861-1866) :

Sentier des Garennes : rue des Garennes le 15 janvier 1865 

 

Municipalité de Pierre Dumas (1866-1870 renouvelée en 1872-1877) :

Voie nouvelle entre la rue des Calêches et l'actuelle rue de l'abbé Borreau : rue des Chardrottes ouverte le 17 juin 1848 baptisée rue des Ecoles le 3 octobre 1868, prolongement jusqu'à l'avenue de Saint-Germain baptisé du même nom le 11 août 1869

Avenue du Vésinet : avenue du Parc le 17 novembre 1867

Avenue de Croissy : avenue de la Rivière le 17 novembre 1867 (sans postérité avenue Larcher actuelle)

 

IIIème République

Municipalité d'Ernest Bousson (1878-1887), autoproclamée "première municipalité républicaine de Chatou" (baptêmes avec noms républicains) :

Rue du Chemin Vert : rue Labélonye le 20 mai 1878

Chemin vicinal des Cures : route de Maisons en 1878

Voie ouverte entre la rue de Sahûne et la rue du Chef Saint-Jean : rue des Dix-Sept le 19  décembre 1880

Avenue de la Rivière : avenue Larcher le 19 octobre 1882

Avenue Lacroix : rue Esther Lacroix le 12 avril 1884

Avenue de Flandre : boulevard de la République le 12 avril 1884

Rue de la Procession : rue de la Liberté le 12 avril 1884

Avenue du Vésinet : avenue Victor Hugo le 12 avril 1884

 

Municipalité radicale et radicale-socialiste de Maurice Berteaux (1891-1911) :

Rue Sous-Bois : rue François Laubeuf  le 16 septembre 1892

Création de la Rue Henri Penon entre la rue François Laubeuf et le boulevard de la République le 16 septembre 1892

Création de la rue Napoléon Ancelin entre la rue Henri Penon et le Passage Sous-Bois le 16 septembre 1892

Création de la rue Charles Lambert entre la rue de la Gare et la rue François Arago le 14 mai 1897

Avenue de l'Hôtel de Ville : avenue Ernest Bousson le 28 avril 1899 (effectivité en 1911)

Rue de la Tranchée : rue du Lieutenant Ricard le 27 juin 1910

 

Municipalité de "concentration républicaine" du docteur Rochefort (1911-1919) :

Rue du Centre : rue Brunier-Bourbon le 12 août 1911

Création de la rue Centrale entre le boulevard de la République et la rue du Lieutenant Ricard longeant le cimetière en juillet 1912

Rue de Croissy : rue du Général Colin le 23 mars 1918

Rue Verte : rue Charles Despeaux le 21 décembre 1918

 

Municipalité radicale / bloc national de Charles Montaudoin (1919-1921) :

Rue des Sablières : rue du Général Galliéni le 2 décembre 1920

Ancienne rue Bourbon : Quai de l'Amiral Mouchez le 17 février 1921

Rue Nouvelle prolongeant la rue du Centre : rue Brunier-Bourbon le 17 novembre 1921

 

Municipalité radicale et radicale-socialiste de Vital Chatel (1921-1929) :

Rue des Chardrottes : rue du Capitaine Guynemer le 15 novembre 1922

Rue Transversale de la Place : rue Deloigne le 15 novembre 1922

Petite Rue Sous-Bois : rue Lantoine le 15 novembre 1922

Chemin des Vaches : rue Darcis le 15 novembre 1922

Rue des Pissis : rue Beaugendre le 15 novembre 1922

Prolongement du boulevard de la République : boulevard Jean Jaurès le 14 novembre 1927

 

Municipalité de coalition radicale-radicale socialiste / républicains de gauche / union républicaine (centre, centre gauche et droite) de Léon Barbier (1929-1935) :

Rue de la Ferme Prolongée : rue Albert Joly le 13 février 1930

Voie ouverte à hauteur du boulevard Jean Jaurès : chemin de l’Avenir le 10 novembre 1931

Rue des Calêches : rue Georges Clémenceau le 13 février 1931

Rue des Gabillons : rue de la Gare en 1878 puis avenue du Maréchal Joffre le 13 février 1931

Rue du Saut du Loup : rue de l'Abbé Borreau le 13 février 1931

Voie ouverte entre le carrefour de la Route de Montesson (rue du général Leclerc) et le chemin des Larris (rue Léon Barbier) : rue Ribot le 10 novembre 1931

Avenue des Vaucelles : avenue Paul Doumer le 11 août 1932

Avenue des Chalets : avenue Aristide Briand le 11 août 1932 

Rue des Cormiers Prolongée : rue Tournier le 11 août 1932

Voies nouvelles crées entre la route de Montesson (rue du général Leclerc) et la route de Maisons : rue Audéoud Fournier (disparue en 2006), rue Paul Painlevé, rue du Professeur Calmette, place du docteur Roux le 7 novembre 1933 

 

Municipalité union républicaine de Jules Ramas (1935-1944) :

Villa des Landes : rue Edmond Flamand le 6 décembre 1936 rebaptisée allée Edmond Flamand le 28 février 1937

Voie entre la rue Sainte-Marie et l'avenue Larcher : Quai Jean Mermoz le 28 février 1937 

Rue des Jardinets : rue Maurice Hardouin le 13 juin 1937

Rue Centrale : rue Emile Pathé le 22 août 1937

Square construit en 1938 entre la route de Montesson (rue du général Leclerc) et la rue des Beaunes : Square Debussy le 16 octobre 1938

Voie nouvelle créée le long des usines Pathé longeant le cimetière et reliant la rue Emile Pathé à la rue du Lieutenant Ricard : rue Edouard Branly le 12 mars 1939

Avenue du Château de Bertin dans le Parc de Chatou baptisée le 12 mars 1939

Période de "La Drôle de Guerre" :

Chemin de halage entre le pont routier et la rue Esther Lacroix (à hauteur du barrage de la Seine) : Quai "de la Nymphée" le 1er octobre 1939 finalement changé en Quai du Nymphée

Chemin de halage entre le pont de chemin de fer et Croissy : Quai Maxime Laubeuf le 21 janvier 1940

 

IVème République

Municipalité RPF d'Henry Vercken (1947-1953) :

Classement de voies privées dans la voirie urbaine le 20 mars 1953 : rues de Panafieu, Anatole France, Pasteur, Charles Vaillant, avenues de la Faisanderie et Roger

 

Municipalité Radicale /Radicale-Socialiste et SFIO de Gabriel Laubeuf (1954-1959) :

Dénomination de la rue des Larris rue Léon Barbier le 29 décembre 1954

 

 

Source : XIXème et XXème siècles - registres des délibérations du conseil municipal

 

 

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Municipalité de Chatou - Député de Chatou:

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27/04/2015

LE RENVOI DE L'ASSOCIATION SEQUANA : UNE PREMIERE ATTEINTE A L'IDENTITE CULTURELLE DE CHATOU

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Municipalité de Chatou - Député de Chatou:

Maintien à Chatou de l'association Sequana

 

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A l'orée du pont de chemin de fer de Chatou vers 1920

 

16/07/2014

BELANGER (1744-1818), L'ARCHITECTE DE L'ELEGANCE

En prenant l’avenue Foch, vous croiserez au bas du boulevard de la République deux pavillons d'entrée donnant sur le château de la Faisanderie, demeure du Second Empire érigée à la place d’un pavillon de chasse construit par François-Joseph Belanger, architecte des Menus-Plaisirs de la cour de Louis XVI.

Né le 12 avril 1744 à Paris, Belanger fut l’auteur de jardins et pavillons très élégants qui firent sa fortune, notamment le parc de Bagatelle qu’il réalisa pour le comte d’Artois dont il était devenu le Premier architecte en 1777. Il fut également l’architecte de Beaumarchais qui lui fit faire son jardin. Quelques aquarelles de sa main en ont conservé témoignage.

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Aquarelles de Belanger représentant le jardin qu'il avait dessiné pour Beaumarchais porte Saint-Antoine - aquarelles vers 1789 - source : Bibliothèque Nationale de France - Gallica.Fr

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Emprisonné sous la Révolution, Belanger évita l’exécution grâce à la chute de Robespierre. Libre et réhabilité, il devint commissaire de la commune et put rencontrer en 1795 le fils de Louis XVI à la Prison du Temple. Sur sa permission, il exécuta le portrait de l’enfant. Il donna ainsi sans le savoir la dernière image du malheureux dauphin qui devait mourir quelques jours plus tard.  Belanger fit alors réaliser son buste par le sculpteur Beaumont.

Sous l’Empire, Belanger réalisa une coupole en cuivre pour la Halle aux Blés en 1811, afin de protéger le bâtiment de l’incendie.

En 1814, âgé de 70 ans, François-Joseph Bélanger accueillit avec joie le retour des Bourbons pour la rentrée desquels il exécuta en treize jours une statue équestre en plâtre d’Henri IV sur le Pont-Neuf destinée à remplacer la précédente, détruite sous la Révolution. Le comte d’Artois (futur Charles X), qui n’avait rien oublié après  vingt-cinq ans d’exil, le nomma intendant de ses bâtiments et le fit chevalier de la Légion d’Honneur. Belanger eut peut-être le sentiment d’une injustice réparée. Ses œuvres firent également merveille en Angleterre mais à la suite de destructions, seuls quelques très beaux plans en attestent encore. François-Joseph Belanger s’éteignit le 1er mai 1818.

En France, le château de Maisons-Laffitte, le parc de Bagatelle et les deux pavillons d'entrée du château de la Faisanderie à Chatou portent sa signature. C’est en 1783 qu’il en donna les plans au comte d’Artois, alors propriétaire des garennes du Vésinet qui s’étendaient jusqu’au Pecq.

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Les pavillons de Belanger avenue de Saint-Germain dans leur état originel avant 1914 - collection de l'auteur

 

Les pavillons ont été sérieusement abîmés au XXème siècle. Celui qui abrita longtemps un restaurant fut défiguré dès les années vingt cependant que son pendant a fait l’objet de travaux masquant à jamais son décor de briques. Relevant les vestiges du patrimoine du XVIIIème siècle dans ses ouvrages sur Chatou, Monsieur Jacques Catinat, maire de la ville de 1971 à 1979, s’enquit d’obtenir leur inscription à l’Inventaire des Monuments Historiques. La décision de l’Etat intervînt en 1977. Leur démolition a été évitée jusqu’ici mais reverra-t-on jamais le dessin de Belanger réapparaître sous le voile des dénaturations successives ?

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Les pavillons de Belanger avenue Foch, après 1920. Le pavillon de droite a été défiguré et les deux pavillons ont perdu leurs oeils de bœuf en toiture - collection de l'auteur

 

26/12/2013

LE CASINO DE CHATOU (1882) : IMPAIR ET PASSE

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Une vue de l'ancien Chatou dans les années cinquante, en fait le Chatou du XIXème siècle resté tel que jusqu'à la Rénovation de 1966. A l'extrême-droite à côté de l'église, le casino, "reine d'un jour", devenu le presbytère en 1910.

 

A la fin du XIXème siècle, le développement du pays se faisait autour d’une église qui n’était pas entièrement sauvée des ruines des bombardements des batteries françaises du Mont-Valérien de la guerre franco-prussienne. La municipalité, qui avait fait refaire sa façade par l’architecte Eugène Bardon en 1880, cherchait à la fois à la restaurer et à l'agrandir.

L’argent manquait, la municipalité d’Ernest Bousson, élue en 1878 en qualité de « première municipalité républicaine » selon le mot du maire, cherchait un financement.  L’actuel presbytère, édifice construit pour ses parents par le comte Réal, chef de la police sous l’Empire,  était alors une habitation privée (il n’abrita la cure qu’à partir de 1910).  Un directeur de théâtre, Paul Bourdeille, proposa à la municipalité d’en faire notamment un casino et ce projet fut accepté par le conseil municipal  le 30 mai 1882. Le 25 juillet, la municipalité signait une convention avec  le propriétaire de la maison pour en faire uniquement un casino.

L’affaire choqua car le casino, situé à côté de l’église, parut défier les consciences.  Un journal « conservateur », « Le Journal de Saint-Germain », acrimonieux contre la municipalité à tous propos, salua ainsi l’inauguration de l’établissement dans un article du 4 août 1882 : « Réjouissez-vous, bohèmes et clodoches, Chatou a enfin son Casino ! nymphes de la Grenouillère, inventez une danse nouvelle pour fêter cette heureuse journée. Comme monsieur le préfet de Seine-et-Oise et Monsieur le Maire de Chatou ont choisi des circonstances favorables pour inaugurer ce nouveau temple consacré aux plaisirs ! c’est au moment où le prestige de la France s’affirme avec tant d’éclat  sur les bords du Nil et dans la capitale des Osmanlis que cet évènement remarquable se produit.

Habitants honnêtes de Chatou préparez-vous à envoyer vos filles dans ce lieu de plaisirs où les habituées de la Grenouillère leurs donneront de salutaires exemplaires. Si cela ne suffit pas, vous trouverez bien dans quelque coin de votre pays des châtelaines ayant voitures et chevaux qui dirigent à Paris des couvents renommés, demandez-leur quelques-unes de leurs pensionnaires pour enseigner à vos filles l’art de se conduire dans le monde.

Habitants de Chatou, envoyez aussi vos fils dans ces établissements créés pour la jeunesse, ils y apprendront comment on dissipe en peu d’heures des fortunes laborieusement acquises par plusieurs générations de travailleurs ! donc dimanche dernier, il y avait une grande fête au casino de Chatou pour l’inauguration de cet établissement d’utilité publique. Trois cents invitations gratuites avaient été lancées à la haute gentry du pays. Est-ce l’organisateur du casino, est-ce la la municipalité de l’endroit qui en faisait les frais ? nous l’ignorons encore.

(…) Nous devons constater, en historien véridique, qu’en dehors du casino où nous n’avions pas l’honneur d’être invité, la ville de Chatou avait une mine passablement triste dimanche soir.

Outre que l’éclairage faisait toujours défaut (on avait compté sur la lune), les cafés de la ville et de la gare ont dû faire de maigres recettes. Messieurs les patentables auront du reste le loisir de constater  que si le casino vient leur couper l’herbe sous le pied, le fisc ne leur fera pas grâce d’une obole quand le moment sera venu de payer les impôts. Trop heureux seront-ils s’ils ne subissent pas l’année prochaine une augmentation nouvelle. »

La rétribution de la ville liée au casino avait été fixée dans le contrat à 500 francs par an, portés  à 1000 francs par an à partir de la 6ème année d’exploitation. Le projet eut beau être figé sur le papier, le casino sombra en deux ans. La maison redevint une habitation privée.


Sources :

- "Mémoire en Images - Chatou" par Pierre Arrivetz (éditions Alan Sutton 2003)

- recherches d'Eric Dubart à la Bibliothèque de Saint-Germain-en-Laye 

 

27/08/2013

LE PORTUGAL EN MAJESTE A CHATOU ?

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La reine Amélie du Portugal vers 1890 - collection de l'auteur

 

La diffusion le 27 août 2013 de l'émission "Secrets d'Histoire" consacrée à la reine Amélie de Portugal a permis d'éclairer l'histoire des derniers souverains de la monarchie portugaise. Abolie en 1910 après qu'un attentat en 1908 eut tué le roi et son fils aîné Louis-Philippe, la monarchie portugaise a été en réalité portée par la reine Amélie, arrière petite-fille du roi Louis-Philippe, dont l'aura par sa générosité et sa modernité avait conquis les portugais. La reine s'exila en France au Chesnay au château de Bellevue. Elle perdit son second fils le roi Manuel II (1908-1910) en 1932 et ne vécut plus que dans le souvenir d'une existence tragique qui lui avait fait traverser plusieurs époques, plusieurs mondes, entre 1865, date de sa naissance en France, et 1951, l'année de sa mort.

 

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L'église Sainte-Thérèse, dessin de Michelin, architecte (1932) - collection de l'auteur

 

Il subsiste un témoignage un peu mystérieux mais à prendre au sérieux puisqu'il émane de l'historien de Chatou, Paul Bisson de Barthélémy, que celui-ci lie à l'inauguration de l'église Sainte-Thérèse route de Maisons en 1932 : "  Rappelons enfin que la reine Amélie vint à Chatou et qu'elle donna un groupe en carton-pierre représentant Notre-Dame des Sept Douleurs." * Nous avions pu trouver et porter à la connaissance du public l'origine de la construction de l'église Sainte-Thérèse, laquelle pendant des années avait laissé lieu à nombre de suppositions (cf notre article de 2007 à ce sujet sur le blog dans la catégorie "Chatou dans l'architecture"). Mais il nous faudrait sans doute beaucoup plus de chances pour retrouver l'existence de ce groupe en carton-pierre ou de son legs.

 

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Le couple princier du Portugal représenté à l'occasion de son mariage le 22 mai  1886, à gauche Dom Carlos, duc de Bragance devenu Charles Ier du Portugal de 1889 à 1908, neveu par alliance du prince Napoléon, et Amélie d'Orléans, arrière petite-fille de Louis-Philippe - gravure collection de l'auteur

 

 * Paul Bisson de Barthélémy, "Histoire de Chatou et des environs", couronné par l'Académie Française, publication sous le patronage du syndicat d'initiative (1952) 

30/06/2013

LE QUAI JEAN MERMOZ

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Le Quai Jean Mermoz aujourd'hui : la construction puis l'abandon d'un bâtiment des années soixante en a fait un passage enlaidi sur les bords de Seine plutôt synonyme de dévalorisation pour la ville.

 

Qui connaît le quai Jean Mermoz à Chatou ? voie routière reliant l'avenue des Tilleuls au quai de l'Amiral Mouchez, il fut longtemps le quai des promenades des bords de Seine avant d'être dédié à la circulation. Depuis un an, il est bordé par une allée piétonne donnant sur la Seine réalisée dans le cadre intercommunal, ce qui permet aux habitants de se réapproprier les lieux au moins en partie. Situé au bas de l'avenue d'Eprémesnil, il fut baptisé Quai des Papillons le 7 novembre 1847 par la municipalité de Monsieur Délivré et redevint Chemin de Halage sous le Second Empire.

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L'ancien Quai des Papillons était une promenade au bas des villas et de leurs jardins en promontoir sur la Seine.

 

Le nom de Mermoz fut donné au quai par délibération du conseil municipal du 28 février 1937 sous le mandat de Jules Ramas "en hommage au grand aviateur disparu avec ses compagnons de bord au cours de l'une de ses nombreuses traversées de l'Atlantique Sud et en souvenir des immenses services rendus à notre pays pour accroître le prestige des ailes françaises dans le monde". Mermoz était mort dans un accident dans l'Atlantique à bord du Latécoère "La Croix-du-Sud" le 7 décembre 1936.

 

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C'est en 1927 que Marcel Bouilloux-Lafont, fondateur de la Compagnie Générale  Aéropostale, l'avait envoyé en mission pour relier l'Amérique du Sud à Rio-de-Janeiro. La réussite de la traversée malgré des péripéties inouies fit de Mermoz un héros, celui-ci assurant la liaison avec l'Amérique du Sud pendant presque dix ans, faisant escale à Dakar puis en Amérique du Sud.

Ses aventures avaient traduit le péril permanent. Le journal "Voilà" rapporta en 1934 : "De la peur , Mermoz parle comme d'une servante : "dans le maximum de risque, dés que tout est perdu, elle disparaît. Quand je suis remonté de Natal (Brésil), en 1930, j'avais une fuite d'huile, avec la pression à zéro. Dans ces cas-là, il ne reste jamais qu'un quart d'heure de vol. J'étais en mer - une mer déchaînée, et dans ce quart d'heure, il me fallait trouver un bateau. Je me suis dit : "liquidé ! définitif !". Alors, je sais que je n'ai pas eu peur. C'était fini, rompu avec le monde extèrieur. Je plongeais dans un grand calme, une grande douceur. La mort, à cet instant, n'était plus un accident, mais la fin de la vie, comme le sommeil après le jour. J'ai tout connu : la rupture en l'air, la perte des ailes, je suis resté bloqué dans la Cordillière. Toujours dans ces minutes, j'ai ignoré la peur. Alors, une petite fumée est montée vers moi. J'avais trouvé un bateau dans le secteur avant que ce soit écoulé le quart d'heure sans répit (...)."

Commandeur de la Légion d'Honneur en 1934, Mermoz a représenté dans l'avant-guerre l'archétype du héros populaire, contrastant avec l'état de démission et de catastrophes ambiants. Afin de sauver la ligne aérienne France-Amérique du Sud menacée par l'Allemagne, les Etats-Unis et l'abandon du gouvernement français, il tenta de trouver un porte-voix auprès du mouvement du colonel de la Rocque. Ayant lui-même connu la misère, il enseignait aux déshérités le pilotage. A sa disparition, la France perdit l'un de ses derniers héros d'avant-guerre.

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En couverture de "Voilà" 21 avril 1934

 

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Mermoz pilota notamment un avion du constructeur Couzinet, "l'Arc-en-Ciel". Le franchissement de la Cordillière des Andes, jugé impossible, donna à Mermoz une renommée mondiale. Dans nombre de pays où il fit escale, un hommage demeure sous forme de stèles, noms de places et de voies. Ici, une arrivée au Brésil.

 

 

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15/01/2013

L'HOTEL DE VILLE DE CHATOU, UN PATRIMOINE A FAIRE RENAITRE

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Cliché Arnaud Muller (2000)

 

L’hôtel  de ville de Chatou laisse dans l’indifférence par son absence de relief à la suite d’une rénovation ratée en 1964. Et pourtant, avec la propriété de l'ancien bailliage, il fait partie des rares demeures d’Ancien Régime ayant survécu dans la commune. Lorsque l’occasion d’un ravalement se présentera, l’association demande qu’un effort soit fait pour lui redonner son caractère et qu’une inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques vienne couronner les efforts entrepris pour le remettre en valeur.

La construction d’origine fut édifiée par Jean Berger, valet de chambre de Marie de Médicis, au début du XVIIème siècle. Sa fille épousa le sieur Dubuisson, conseiller et secrétaire du roi, qui en prit possession puis à sa mort, ses enfants la revendirent en 1706 à Alexandre Lhuillier, secrétaire du roi. Louis-Jacques de Vitry, chevalier, seigneur de Malassise, l’acquit sous Louis XV et la transforma au point  selon une forte présomption, de lui donner son aspect actuel.

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La villa Fauchat lors de sa vente à la SCI des 17 en 1878 - collection Louis Bigard

 

Propriété privée, l'édifice rentra dans la vie publique en 1878 à l’instigation de 17 bienfaiteurs emmenés par le maire Ernest Bousson, qui achetèrent la propriété aux consorts Fauchat et lotirent intelligemment ses abords avec les bâtiments en pierre de taille que l’on connaît.

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L'hôtel de ville dans l'aspect qu'il conserva de 1878 à 1964. Le buste de la République, inauguré par Maurice Berteaux en 1902, fut retiré en 1941.

 

Pourvu d’un décor de fausses briques comme nombre d’anciennes demeures de Chatou érigées au début du XVIIIème siècle et jusqu’au milieu du XIXème siècle, le nouvel hôtel de ville agrémenté d'un campanile concentra  les évènements enjoués ou tragiques de Chatou. Il conserve encore de nos jours des décors intèrieurs du XIXème siècle.

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Une vue aérienne qui fait un choc : l'hôtel de ville quelques années avant la destruction du quartier qui l'entoure au nom de la Rénovation et de la construction du nouveau pont routier. Nous sommes probablement vers 1958. Sur le trottoir figure l'inscription "Vive de Gaulle, vive la France" avec le V de la Victoire.

 

Une photo sans doute prise à la sortie de la salle du conseil municipal nous montre deux personnages vers 1959-1960 : le nouveau maire Jean-François Henry, maître des requêtes au Conseil d'Etat et à sa gauche, le décorateur Georges Rémon, bien connu des lecteurs de nos rubriques, qui disparut en 1963.

 

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Cliché Annette Mauban

 

 

 

Enfin, qui le sait ? l’ancien hôtel de ville de Chatou au décor de fausses briques accueillit en 1961 une scène du film de Guy Lefranc, « Conduite à Gauche », une comédie jouée par Dany Robin, l’acteur et chanteur Marcel Amont et Noël Roquevert, comédie dans laquelle sa salle des mariages fut, en quelque sorte, un interprète majeur.

 

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L'hôtel de ville endommagé peu avant sa "rénovation" en 1964

 

Une rénovation en 1964 lui enleva son décor alors très abîmé dans une époque où, en dépit des efforts du ministre André Malraux et des clameurs horrifiées de certaines associations face aux destructions parisiennes, la considération du patrimoine était nulle. La suppression des fenêtres à petits carreaux et la pose de PVC ajoutèrent à la dévalorisation de l’immeuble cependant que la charpente, la zinguerie et la toiture, subirent à leur tour leur part de déclin.

A l’heure où le patrimoine a pris une place plus importante dans la culture de notre société, représentant un aspect de notre civilisation dans lequel se reconnaissent toutes les générations, nous ne pouvons que souhaiter que ce bâtiment conçu sous l’Ancien Régime, aux proportions élégantes et au regard rivé sur  l’avenue la plus emblématique de la commune, soit remis en valeur et protégé une fois pour toutes des opérations de destruction-reconstruction maladives qui ont en partie miné le charme de Chatou.

 

Sources :

"Chatou, les châteaux et le Nymphée" par Jacques Catinat - éditions SOSP

"Cinémonde" 1961 - communication José Sourillan 

09/01/2013

LE GRAND V DE LA VILLEGIATURE A CHATOU

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La notoriété de Chatou a pour origine le chemin de fer  et pour apogée la Belle Epoque,  entamée au lendemain de la guerre franco-prussienne et de la Commune, achevée dans les déclarations de guerre de 1914.

Dans cette période de quarante ans naquit un urbanisme de villégiature transformé. Loin des maisonnettes et chalets des premiers temps du chemin de fer, l’urbanisation de la commune se traduisit par l’émigration parisienne des nouvelles fortunes de la société industrielle réveillée par le Second Empire : banquiers,  « négociants » (on ne parlait pas de chefs d'entreprise), ingénieurs, artistes lyriques, veuves joyeuses inoxydables, tous engagés dans la poursuite de constructions  remarquables, villas en pierres de taille parfois agrémentées  de parements de briques, façonnées dans les styles passés affectés par les architectes de la fin du XIXème siècle. Les maisons Mansart du Second Empire furent ainsi éclipsées par des architectures plus spectaculaires, néo-médiévale, néo-Gothique, néo-Renaissance.

 « Néo » mais beaux, leurs plans connurent une fortune particulière dans un lotissement de l’époque  conservé à ce jour à Chatou  par les soins de leurs différents propriétaires : le parc des villas Lambert, représentation à la fois monumentale et décorative d’une société marquée par la culture de la ville à la campagne, dans laquelle la richesse trouvait moins son expression dans les voyages que dans des habitations dont le seul caractère permettait d’affirmer une réussite sociale.

La famille toujours nombreuse du « chef » pouvait y trouver un épanouissement particulier, entourée d’un parc, supportée par une domesticité vivant à l’année, constituée de gouvernantes, cuisiniers et jardiniers. Cette richesse que l’on ne qualifiait pas d’insolente pour traduire une prospérité évidente permit d’apporter une renaissance au paysage urbain en même temps qu’elle fit vivre l’industrie du bâtiment et des métiers d’art, sans compter les multiples commerçants attachés à ces vacanciers de maisons de style.  

C’est ainsi que des nuées de villas constituèrent autant de frondaisons pour la ville que les arbres pieusement conservés des anciens domaines par leurs nouveaux acquéreurs.

Le promoteur du parc des Villas Lambert, Louis-Etienne Lambert, acquit cet ancien territoire du domaine seigneurial nommé "le Bois Bigot" en 1873. L’homme, fils de l’un des architectes du prince de Ligne, donna à son gendre, Alfred Gaultier, né en 1847 à Carrières-Saint-Denis (aujourd’hui Carrières-sur -Seine), les moyens d’afficher ses talents d’architecte en lui confiant notamment les plans du château de la Pièce d’Eau.

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Le Recueil d’Architecture a publié ces plans (illustrations). Mais Louis-Etienne Lambert, sans doute raisonné par une lecture familiale attentive et ses propres goûts, jugea la proposition de son gendre, bien que non dénuée de majesté, trop agressive et la repoussa.  Les formes en pointes furent adoucies et arrondies ou supprimées, des parements de briques ajoutés. La construction du château démarra en 1882 et fut bientôt suivie de celle des villas qui se multiplièrent autour.

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En 1881, le recensement quinquennal de Chatou ne laisse apparaître aucune mention de la villa Lambert. En 1886 en revanche, la voie de la Villa Lambert est inscrite pour la première fois et recouvre les villas des numéros 1,3,4,5,6,7,11,14,15,16 (la superstition était à l’honneur pour le chiffre 13), soit 10 constructions nouvelles dont les propriétaires présents sont Monsieur Bonnet, 61 ans, ingénieur, au numéro 3, Madame Bezou, 46 ans, au numéro 6, Monsieur Davet de Benery, 40 ans,  négociant de nationalité italienne, au numéro 7, Monsieur Firnaher, 46 ans, négociant de nationalité allemande, au numéro 14, enfin Monsieur Lambert, 65 ans, « propriétaire » au numéro 16.

Leurs commandes sont rentrées dans le patrimoine de la villégiature de l'ouest parisien et continuent encore aujourd'hui à alimenter l'intérêt architectural de notre ville.

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Le château de la Pièce d'Eau dans sa version définitive

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La pièce d'eau du château vers 1905, dans son aspect boisé

 

 

Sources : recensements de population - Archives Municipales de Chatou