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21/02/2012

DROLE D'EPARGNE

La Révolution avait soulevé le tumulte et l’enthousiasme. Les bases d’une société nouvelle plus libre et plus équilibrée étaient recherchées par tous ceux qui avaient la foi en l’évolution. Le comte de Mirabeau (1749-1791), tout à la fois royaliste et révolutionnaire, avait contribué à ce que rien ne puisse entamer cette aspiration que l’on avait écartée depuis trop longtemps au détriment de la classe la plus laborieuse et la plus nombreuse de la société.

 

 

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Portrait tiré du livre "Mirabeau" de Louis Caste (éditions Dardanchet 1942)

 

 

Parmi les causes dont il se saisit peu avant sa mort le 2 avril 1791, celle de la création d’un système d’épargne l’avait amené à défendre une organisation importée d’Italie : un plan de tontine viagère et d’amortissement proposé par Monsieur Joachim Lafarge, un homme que nous connaissons pour avoir été au terme de son entreprise le propriétaire de l’actuel hôtel de ville de Chatou de 1801 à 1808 (édifice demeuré maison de maître jusqu’en 1878).

 

 

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Joachim Lafarge fut propriétaire de la maison de l'actuel hôtel de ville avant son changement d'affectation

 

 

 

Dans son ouvrage, « La Caisse d’Epargne et de Prévoyance de Paris » publié en 1892, Monsieur Bayard rapporta ce que Mirabeau déclama à l'Assemblée Nationale au sujet de la proposition de Monsieur Lafarge :

 

« Vos comités trouvent une foule d’avantages dans l’adoption du projet de Monsieur Lafarge. Il en est un dont ils ne vous parlent point, c’est qu’un pareil établissement, rappelant sans cesse à la classe indigente de la société des ressources de l’économie, lui en inspirera le goût, lui en fera connaître les bienfaits et, en quelque sorte, les miracles.

 

J’appellerais volontiers l’économie la seconde providence du genre humain. La nature se perpétue par des reproductions, elle se détruit par des jouissances. Faites que la subsistance même du pauvre ne se consomme pas tout entière ; obtenez de lui, non par des lois, mais par la toute-puissance de l’exemple, qu’il dérobe une très petite portion de son travail pour la confier à la reproduction du temps, et, par cela seul, vous donnerez les ressources de l’espèce humaine.

 

Et qui doute que la mendicité, ce redoutable ennemi des mœurs et des lois, ne fût détruite par de simples règles de police économique ? qui doute que le travail de l’homme dans sa vigueur ne pût se nourrir dans sa vieillesse ?

 

Puisque la mendicité est presque la même chez les peuples  les plus riches et parmi les nations les plus pauvres, ce n’est donc pas dans l’inégalité des fortunes qu’il faut en chercher la véritable cause, elle est tout entière dans l’imprévoyance  de l’avenir, dans la corruption des mœurs et surtout dans cette consommation continuelle sans remplacement qui changerait toutes les terres en désert, si la nature n’était pas plus sage que l’homme.

 

Monsieur Lafarge appelle son projet : tontine viagère et d’amortissement ; je voudrais qu’il l’eût appelé : caisse des épargnes, caisse des pauvres ou caisse de bienfaisance ; ce titre aurait mieux fait connaître au pauvre ses besoins et au riche ses devoirs. Assez de fortunes ont été amoncelées par l’avarice, en accumulant des intérêts, en échangeant des privations par des richesses. Il faut aussi apprendre à la classe indigente ce moyen de se préparer un plus doux avenir (…)."

 

L’oraison se poursuivit par de très belles paroles mais l‘Assemblée Nationale, bien qu’émue du talent déployé dans cette nouvelle harangue, ne fut pas convaincue à juste titre par le projet présenté.

 

Le refus de l’Assemblée n’entama pas la détermination de Joachim Lafarge, qui ouvrit ses bureaux 53 rue des Blancs-Manteaux à Paris.

 

Le 17 août 1791, Monsieur Lafarge, soutenu par deux administrateurs Messieurs Mitouflet de Beauvais (futur maire de Chatou sous la Restauration voir notre revue "Chronique des temps difficiles 1814-1830") et Mignon Duplanier, présenta un mémoire en vue d’obtenir un brevet d’invention pour son plan de tontine sous le nom de « Caisse d’Epargne et de Bienfaisance », retenant ainsi  la suggestion de Mirabeau, pour une durée de 5 ans « avec le privilège exclusif que la loi y attache », au titre des entreprises bénéficiant des nouvelles dispositions sur le droit de propriété.

 

Le principe de la Caisse reposait sur une cotisation des "riches" avec un intérêt de 5% garanti la première année et « augmenté chaque année par les chances du tirage » jusqu’à percevoir 3000 livres de rente par action, en plaçant les sommes sur la tête de leur fils en bas âge. « Si l’enfant périt, il perd tout à la vérité, mais l’éducation et la dot lui auraient coûté beaucoup plus ; si son fils vit, le riche est assuré de jouir abondamment, et au bout de 18 à 20 ans, il le  marie avec des rentes qui forment la dot la plus riche ».

 

Parallèlement, "le pauvre" devait cotiser 90 livres en 10 ans, à raison de 9 livres par an. « Sa mort fait gagner très peu aux riches, tandis que celle de ses derniers le rend héritier des sommes qu’ils ont versés dans la Caisse. »

 

Le 31 mars 1793, la Caisse de Monsieur Lafarge annonçait : « Le devoir le plus important, celui qui tenait le plus à la délicatesse et à la probité des directeurs et administrateurs, est totalement rempli. Les 32.894.160 millions, 7 livres et 10 sols, produit des 460 et 19.608 actions tant entières que partielles composant la masse de la Société, sont totalement employés en contrats perpétuels sur l’Etat et assument, pour le recouvrement au nom collectif des actionnaires, le service des arrérages et des accroissements auxquels ils ont droit par succession les uns aux autres. »

 

Ce système qui s’était assis sur la nouveauté et la crédulité, avait continué son cours sous les tribulations du Directoire.

 

 

Le Premier Consul fut amené à revoir  la question d’un autre œil : il nomma un Commissaire prés de l’établissement de la Caisse d’Epargne, seize actionnaires ayant déposé plainte selon un rapport annexé aux délibérations de la Société le 4 Prairial an 12 (1804).

 

Un rapport fut établi par les maîtres des requêtes au Conseil d’Etat le 12 décembre 1808, Le Camus de Néville, Pasquier et Coquebert de Monthret à la demande de l’Empereur.

 

Convaincu par les conclusions du rapport, Napoléon signa sur avis du Conseil d’Etat le 1er avril 1809 un décret prévoyant que trois administrateurs prés le conseil municipal de la commune de Paris nommés par le préfet du Département de la Seine seraient chargés de gérer au mieux les intérêts des actionnaires cependant que les contestations furent renvoyées devant la Cour des Comptes.

 

Puis, c’est du quartier général impérial de Wilna, le 4 juillet 1812, que Napoléon arrêta que la Caisse des employés et artisans, entité de la Caisse Lafarge « composée jusqu’à ce jour de 2 sociétés distinctes, ne formerait plus qu’une seule société dans l’organisation nouvelle.»

 

Par un arrêt définitif rendu en séances les 18,22,23 et 29 décembre 1813, la Cour des Comptes déclara « en débit les directeurs de la société en inscription de 5% consolidés sur les dix exercices des capitaux de la première société de la somme de 108.468,91 francs. » La liquidation des Tontines Lafarge était consommée.

 

 

 

 

Sources :

 

- archives du Musée de la Poste

- bibliothèque administrative de la Ville de Paris

 

 

 

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Locomotive SNCF 241 P compound fabriquée aux usines Schneider du Creusot de 1948 à 1952, emblème de l'association.

 

 

 

 

 

 

21/10/2011

CHRONIQUE DE 1811

En 1811, on ne parle plus de la France mais de l’empire français en Europe : un empire rayonnant sur 144 millions d’habitants, de Hambourg à Rome et la Dalmatie (ancienne côte balkanique).

Des états vassaux  viennent encore prolonger l’Empire. Ils ont été créés, façonnés, dominés par la puissance militaire et l’organisation administrative et familiale mise en place par le « petit caporal » : Confédération du Rhin, Grand-Duché de Varsovie, Confédération Helvétique, Royaume d’Italie, Royaume de Naples.

Dans cet espace immense, les insurrections populaires sont rares, un fait y contribuant notablement : l’effondrement des institutions d’Ancien Régime devant la propagation du Code Civil, des préfets, de la conscription, devant l’abolition des restrictions apportées au commerce, devant l’émancipation des serfs et des juifs.

C’est ainsi que malgré le blocus de l’Angleterre et l’échec de l’aventure espagnole, le commerce français et l’agriculture en particulier, trouvent leurs débouchés dans cette Europe « enrégimentée ». Le monarque multiplie les expositions et les foires pour arracher l’industrie française au déclin, les travaux publics sont en plein essor. Sous  les instructions de Napoléon, un monde nouveau est en train d’émerger de la « botte française », un monde moderne que la fin de l’Empire ne pourra que mettre plus encore en évidence.

En France, la naissance des communes a été reprise en main par l’administration préfectorale.

 

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Chatou - gravure de Mariette de 1753 - le paysage ne variera pas sous l'Empire

 

Chatou il y a deux cents ans, village de 984 habitants, traduit la réalité de cette évolution sous tutelle où l’Etat transformé après les excès de la Révolution ne s’est jamais autant imposé au citoyen.

Le maire de Chatou renouvelé par le préfet depuis l'an 1800 est son notaire nommé le 11 juillet 1791, Jean-Pierre Vanier. Son sauf-conduit sous la Révolution nous indique que Monsieur Vanier est né à Nanterre, est âgé de 55 ans en 1811,  mesure 1,67 mètres, a « un front haut, des cheveux châtains, les yeux bleus, le nez ordinaire, une petite bouche, un menton rond, un visage rond ». Jean-Pierre Vanier demeura maire jusqu’à son décès en mars 1814.

Le 3 mai 1811, le conseil municipal se réunit pour prendre connaissance de la circulaire « de Monsieur le Comte d’Empire, préfet du Département » afin de délibérer sur les matières suivantes  :

1) les moyens de rétablir et de rendre praticables plusieurs rues de ce lieu et plusieurs chemins vicinaux

2) l’examen du revenu des contributions

3) l’examen du compte de la fabrique qui est présenté par les marguilliers

4) le budget 1812

Les réunions du conseil municipal sont peu nombreuses chaque année. On les compte sur les doigts de la main.

 

 

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Le préfet, créé par une loi du 18 février 1800, est devenu le pilier du régime, l'administrateur éclairé et obligé des départements et des communes. Il est systématiquement Chevalier de la Légion d'Honneur sous l'Empire. Le préfet de Seine-et-Oise de 1806 à 1810 est Charles Laumond.

 

  

 

Le 10 mai 1811, le maire annonce au conseil municipal l’arrêté du préfet relatif à la fête du 2 juin pour le baptême de sa majesté le Roi de Rome : « C’est avec le plus grand regret que le conseil se retrouve privé par défaut de moyen de pouvoir faire connaître à ses augustes souverains ses sentiments d’amour.

Forcé par les circonstances de se réduire aux fonds dont il peut disposer, il a été arrêté :

1)      Que la fête du 2 juin serait annoncée la veille par des salves d’artillerie et le son des cloches

2)      Que le jour le matin au commencement les salves et le son des cloches sera renouvelé

3)      Que toutes les autorités civiles et militaires se rendant en corps à l’église pour assister au te deum solennellement pendant lequel il sera fait de nouvelles charges

4)      Que l’après-midi il sera donné aux dépens de la commune un bal gratis à tous les habitants

5)      Enfin que le soir tous les habitants de cette commune seront invités à illuminer le devant de leurs maisons et à des banquets »

La gêne du village de Chatou n’empêcha pas que la naissance du roi de Rome fut annoncée par le canon sur les bords de l’Elbe, du Tibre, du Tage et de la Vistule.

Le 11 mai 1811 a lieu le vote du budget

Recette :  1244,85 francs

Dépense : 1244,11 francs

Recette : 74 centimes

Le préfet ayant pris un arrêté le 2 mai 1811 sur les chemins vicinaux ordonnant une enquête aux élus, le 7 juin suivant en conseil municipal, Pierre Vanier et ses adjoints, Paul Rateau et Louis François Grais, proclament avoir visité tous les chemins vicinaux de la commune à la demande de préfet en relevant leur dimension et « les usurpations qui pouvaient y avoir été faites et les réparations qu’ils exigent ». (…)

« Nous avons commencé par la grande rue de Chatou appelée vulgairement "rue de Montesson" ou "de Carrières Saint-Denis" prenant naissance de la grande route de Paris en Normandie traversant cette commune et conduisant à l’embouchure des chemins vicinaux conduisant aux communes ci-dessus désignées.

Nous avons remarqué que cette rue étant défoncée dans beaucoup d’endroits, elle a été le soin d’un prompt rétablissement en cailloux pour remplir les trous et fonds, lui donner un nivellement afin de lui faire couler les eaux dans la Seine passant le long de cette commune ; qu’une autre rue dépendante de celle-ci à la rivière a aussi besoin d’un nivellement étant trop élevée dans son milieu ce qui occasionne le jour des eaux sur le pont de la rendre impraticable, qu’une autre rue du Chef Saint-Jean communiquant de la Grande Route à la rue de la Procession est défoncée dans plusieurs sorties qui empiètent le remplissage de ses trous afin de retirer  les eaux qui séjournent et qui deviennent dangereuses par leurs odeurs, que la rue dite de la Procession a été le soin de quelques réparations dans différentes parties.

Sortis du village côté du nord, nous avons examiné le chemin qui conduit  de la rue de Montesson et Carrières à deux embranchements des chemins desdites communes et que nous avons reconnu de la largeur de 64 décimètres ou 20 pieds à partir des murs des potagers et jardins de Chatou (…), de laquelle largeur il doit rester.

Ensuite celui conduisant à Montesson par le moulin et route ordinaire de cette commune, avons reconnu sa largeur devoir être de 58,5 décimètres ou 18 pieds, largeur qui lui a été donnée et dans laquelle il est maintenu dans sa majeure partie un autre chemin vicinal continuant aux fins vers Montesson en tirant vers le nord appelé le Chemin des Cures contient 18,10 décimètres, largeur qu’il devait toujours avoir et dans laquelle il doit être maintenu.

Celui appelé le Chemin des Chevaux Rû servant anciennement pour communiquer à Carrières-Saint-Denis et qui se trouve susceptible d’être remplacé par le Chemin de Flandres doit aussi rester comme celui-ci de la largeur au moins de 38,10 décimètres ou 12 pieds telle qu’il l’a maintenant, lesquels chemins sont de la longueur d’1,80 km.

Sortant de la commune côté du midi est le chemin conduisant à Croissy de 58,5 décimètres ou 18 pieds. Sa largeur naturelle par sa longueur qui est de 9 hectomètres 7 décamètres ou un quart de lieu.

Observons qu’il a été fait sur ses chemins dans plusieurs parties des usurpations qu’il est essentiel qu’il est essentiel de rétablir, étant faciles à reconnaître et qu’il y a différentes réparations et entretien à y faire, tels que remplissage d’ornières et de plusieurs trous et sentiers qui y existent occasionné par le séjour des eaux de ces parties. Le conseil municipal décide de procéder aux réparations et de solliciter l’homologation dudit rapport. »

On apprend lors de la séance du conseil le 9 juin 1811 « qu’en exécution du décret impérial qui fixe au jour le baptême de sa majesté le roi de Rome et de la circulaire de Monsieur le Préfet du Département du 20 mai dernier, la fête ordonnée par sa majesté dans tout son empire a été célébrée dans cette commune.

 

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Napoléon présentant le roi de Rome à la foule

 

Le 8 juin veille de la fête a été annoncée par le son de cloche le 9 au lever du soleil, elle a été de nouveau annoncée à dix heures. Le maire, le conseil municipal et les autres autorités constituées de la commune accompagnés d’un détachement de la Garde Nationale en armes se sont rendus à l’église où ils ont assisté à la messe et le Te Deum qu’ils ont chanté solennellement.

 

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Le roi de Rome, par Prud'hon. Il mourut en exil à Schonbrunn de la tuberculose le 22 juillet 1832. La France fêta les victoires napoléoniennes et trinqua à sa naissance. Museo Napoleonico - Rome

 

Pendant le Te Deum, des salves de mousqueterie se sont fait entendre et le son de la cloche. Après les cérémonies religieuses, les autorités et la Garde Nationale se sont retirés dans le même ordre et à 4 heures de l’après-midi, le bal a été ouvert et s’est prolongé dans la nuit, différents banquets se sont réunis ou ont porté avec enthousiasme le toast à sa majesté l’empereur et roi, à l’impératrice et à sa majesté le roi de Rome à neuf heures du soir, toutes les maisons ont été illuminées et les habitants se sont réunis et témoigné une vive reconnaissance en criant "Vive l’empereur vive l’impératrice et le roi de Rome". La joie te la tranquillité ont été les seuls mobiles de la fête. »

Le 15 juin 1811, est soumis au conseil municipal l’approbation du budget des administrateurs de la fabrique :

1066 francs de dépenses en 1811 pour une recette de 660 francs

1006 francs de dépenses en 1812 pour une recette de 660 francs

« Sur arrêté du préfet, une délibération est prise pour arrêter la taxe des journées de travaux, charrette et hommes de bras. La journée  d’une charrette, du cheval et du conducteur est fixée à 10 francs par jour et la journée d’un homme de bras à 2 francs. »

Le 15 août 1811, « le jour de la fête de la Saint-Napoléon et du rétablissement du culte catholique en France a été célébré avec la joie et l’enthousiasme que cette époque doit toujours rappeler aux Français, le matin au lever de l’aurore, la cloche a été sonnée, à dix heures toutes les autorités se sont rendues en corps avec la Garde Nationale à l’église où ils ont assisté à la messe qui a été chantée solennellement, au discours qui a été prononcé, à la procession autour de la commune et au te deum qui a été chanté en rentrant à l’église pendant lequel il a été fait différentes décharges de mousqueterie. Le soir a eu lieu un bal et des divertissements publics ; partout la joie et la tranquillité ont régné et les cris de vive l’empereur vive l’impératrice se sont fait entendre. »

 

 

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L'impératrice Marie-Louise d'Autriche qui donna un héritier à Napoléon aprés l'avoir épousé en 1810.

 

Le 1er décembre 1811 est rappelée par le maire « la fête anniversaire du couronnement de sa majesté empereur et de la bataille d’Austerlitz, époque à jamais mémorable dans le cœur des Français. » La fête a été  célébrée « en cette commune avec la joie et l’enthousiasme que mérite ce grand jour » en application du décret impérial du 19 février 1806. « La veille de la fête a été annoncée par le son de la cloche et le jour au lever de l’aurore, à dix heures, une messe solennelle a été chantée ensuite pendant laquelle l’on a fait des charges de mousqueterie, un discours analogue a été prononcé par le desservant et le soir il y a eu le bal et des divertissements. La gaité a présidé à tout et rien n’a troublé la joie et le contentement des habitants ».

 

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Napoléon à la veille de la bataille d'Austerlitz visitant les bivouacs et conversant avec les soldats. La bataille d'Austerlitz (2 décembre 1805), remportée malgré une infèriorité numérique des troupes françaises contre les austro-russes, fut la seule victoire commémorée chaque année sous l'Empire dans les communes. Tableau de L.F Lejeune. Réunion des Musées Nationaux.

 

Les rapports écrits par le maire sur ces festivités ont l’accent de rapports de police. Cette impression est peut être à modérer par les témoignages de l’époque plaçant l’année 1811, malgré une mauvaise récolte de blé, comme l'une des dernières années heureuses de l’Empire.

 

Sources :

- Registre des délibérations du conseil municipal - Archives municipales de Chatou

- "Le Consulat et de l'Empire" - Louis Madelin (1932)

- "Vivre à Chatou à la fin du XVIIIème siècle - le village retrouvé" - Cercle de Recherches Historiques de Chatou (1989)