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30/01/2016

DISPARITION DE MARC CASSOT, HEROS DU FILM NORMANDIE NIEMEN

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Nous apprenons avec tristesse la mort le 22 janvier 2016 de Monsieur Marc Cassot (1923-2016), Chevalier des Arts et des Lettres, héros du film de Jean Dreville "Normandie-Niemen" (1959) aux côtés de Pierre Trabaud (1922-2005), acteur né à Chatou lui aussi disparu.

 

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Le 25 mai 2013 au cinéma de Chatou, le commandant Oleg Boudnikov, Nicole Trabaud et Marc Cassot

 

Monsieur Marc Cassot nous avait fait l'honneur de sa présence lors de la projection du film que nous avions organisée au cinéma de Chatou le 25 mai 2013, une projection émouvante en présence de Madame Nicole Trabaud et de délégués de l'ambassade de Russie. Marc Cassot comptait une filmographie importante et une carrière théâtrale considérable. Mais le grand public le connut tout autant comme la voix française qui doubla de nombreuses stars du cinéma : Paul Newmann, Christopher Lee, Max Von Sidow, William Holden, Tyrone Power, James Stewart, Robert Redford, John Casavettes, Steve Mac Queen ainsi que d'une quantité d'acteurs américains et anglais y compris récemment dans la série des Harry Potter où il épousa la voix de "Dumbledore".

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Pierre Trabaud et Marc Cassot dans "Normandie Niemen" - collection Nicole Trabaud

 

Nous sommes fiers d'avoir pu rencontrer Marc Cassot dans notre petite commune. Nous rendons hommage à son immense talent et adressons nos condoléances émues à sa famille et à ses proches.

 

 

Nous invitons tous nos internautes à se procurer le DVD du film "Normandie Niemen" édité par Gaumont.

 

 

 

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15/03/2015

RAIMU, UNE GRANDE VOIX PRESSEE A CHATOU

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Raimu encore jeune acteur du cinéma muet

 

La voix de Raimu (1883-1946) a traversé le cinéma et le temps. L’artiste, de son vrai nom Jules Mauraire, avait commencé sa carrière avant 1914, engagé par Mayol, conseillé par Lucien Guitry. Pendant la Première guerre, il avait été recruté par Georges Feydeau (1862-1921) pour la reprise de « Monsieur Chasse » au Théâtre de la Renaissance en 1915 puis enrôlé par Sacha Guitry pour créer sa pièce « Faisons un rêve » au Théâtre des Bouffes Parisiens le 3 octobre 1916, pièce que Guitry transforma plus tard en film (1936).

Sacha Guitry qualifiait Raimu d’ « admirable acteur instinctif. Instinctif à tel point qu’il pouvait faire n’importe quoi et que, même, il pouvait jouer n’importe comment. » Guitry, qui n’aimait pas l’injustice, déclara au sujet de la « parcimonie » supposée du comédien, qu’il pouvait témoigner d’une lettre en sa faveur sur le projet d’un film qu’il lui avait soumis et pour lequel  il lui avait demandé ses conditions par téléphone.

Raimu, en voyage à Londres, avait répondu par écrit : « Mon cher Sacha. Voilà. Pas d’appointements pour ce film. J’ai une femme charmante que j’aime beaucoup. Un souvenir pour elle. Pour moi, ma place sur l’affiche comme convenu. Et mes remerciements. Raimu. » « Vous devez bien penser combien j’aime à détruire les légendes absurdes » conclut Guitry à Cinémonde qui l’interviewait.  

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Sacha Guitry, scénariste, Robert Florey, réalisateur et Raimu dans son premier rôle parlant à l'écran dans le film "Le Noir et le Blanc" (1930).

De 1914 à 1946, Raimu avait joué dans une cinquantaine de pièces de théâtre et presque autant de films dont  il assurait immanquablement le succès. Avec Sacha Guitry producteur et réalisateur, il avait représenté cinq pièces et tourné deux films « Faisons un rêve » en 1936 et « Les Perles de la Couronne » en 1937.Mais le rôle qui marqua les générations fut certainement la série des films dont Marcel Pagnol fut l’auteur ou le dialoguiste, « Marius » (1931), « Fanny » (1932), « César » (1936).

La voix de Raimu rentra alors non seulement dans l’œuvre de Marcel Pagnol mais dans le cœur des français. C’est sans doute la raison pour laquelle Pathé-Marconi tira de ces films des disques sous le label Columbia en 78 tours (Columbia –BF - étiquette marron) puis en 33 tours (Columbia étiquette crème). Ceux-ci furent tous pressés aux usines de Chatou avant puis après la deuxième guerre mondiale. Quelques exemplaires ont été légués aux Archives de la ville de Chatou par l’auteur de ces lignes le 12 février 2013.

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Disque 78 tours Columbia - BF 4 "La partie de cartes" 

du film "Marius" (1931) pressé aux usines de Chatou

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Aspect de l'usine Pathé-Marconi désaffectée en 1998 - construite en 1929-1930 sur les plans des plus célèbres architectes de l'Art Deco de Londres, Wallis, Gilbert et Partners, elle fut rasée en novembre 2004 pour la réalisation d'une ZAC

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L'enterrement de Raimu à l'église Saint-Philippe du Roule en 1946 - plus de 4.000 personnes y assistèrent. Raimu mourut à l'hôpital de Neuilly le 20 septembre 1946 à la suite d'une anesthésie qu'il ne supporta pas.

A la mort de Raimu, Marcel Pagnol rendit un hommage à son acteur fétiche. Nous l'avons reproduit dans notre coffret audio « Les Voix de l’Après-Guerre 1946-1947 ». Ainsi les voix du grand acteur et celle du célèbre auteur ont aujourd’hui leur place dans le Panthéon des œuvres de Chatou où une magnifique industrie du son avait permis d’irriguer la culture du XXème siècle.  

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Sources :

Cinémonde 1er octobre 1946 / 19 novembre 1946

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01/03/2015

NORMANDIE NIEMEN LE SAMEDI 25 MAI 2013 AU CINEMA DE CHATOU

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Affiche de Chatou Notre Ville - maquette Patrick Arrivetz

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Pierre Trabaud et Marc Cassot  dans "Normandie Niemen" - collection Nicole Trabaud

 

Samedi 25 mai 2013, grâce à l'initiative conjointe de l'association, à son investissement  publicitaire et au risque pris par Monsieur Francis Lebris, gérant depuis 25 ans du cinéma de Chatou qui mérite nos applaudissements, directeur de la société Anim Action assurant le fonctionnement du théâtre André Malraux à Rueil et des cinémas de Chatou et de Rueil, le cinéma de Chatou s'est rempli de spectateurs venus voir un film de Jean Dréville en hommage à l'acteur Pierre Trabaud, né à Chatou, rue du Val Fleuri le 7 août 1922, "Normandie Niemen", de 1959. Un film sorti en septembre 1960 qui obtînt à l'époque 3. 485. 432 entrées.

Moment très émouvant puisque l'association et le cinéma accueillaient notamment Nicole Trabaud, épouse de l'acteur disparu, Marc Cassot, acteur principal du film, Paule Emanuele, épouse de l'un des acteurs disparus et vedette du doublage, et Jean-François Anière, président de l'association Normandie-Niemen.

Nous faisant l'honneur de leur présence après une démarche que nous avions tentée, deux représentants de l'Ambassade de la Fédération de Russie, le commandant Vasily Ilchenko, Attaché adjoint à la Défense, et le comandant Oleg Boudnikov, Attaché Naval adjoint, vinrent s'ajouter au public et à de nombreuses personnalités dont notre ami José Sourillan, ancien directeur du service documentation de RTL. Leur annonce couverte d'applaudissements a révélé une sympathie profonde dans le sentiment des spectateurs. Outre l'hommage à Pierre Trabaud, l'hommage à la fraternité d'armes franco-russe a ainsi surgi avec émotion.

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Le commandant Vasily Ilchenko, Attaché adjoint à la Défense à l'ambassade de Russie, le commandant Oleg Boudnikov, Attaché Naval adjoint à l'ambassade de Russie, Nicole Trabaud, épouse de Pierre Trabaud ("Chardon" dans le film), Paule Emanuele, épouse de Jean-Claude Michel ("Flavier" dans le film), photographiés devant l'écran du cinéma après la projection. A côté de Nicole Trabaud, Marc Cassot, qui épouse le rôle-titre du film.

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Marc Cassot, à gauche dans le rôle de Marcellin et Vitali Doronine, à droite, dans le rôle du général Komarov. Cinémonde 8 mars 1960 - collection de l'auteur 

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Marc Cassot en couverture de Radio Télévision Cinéma du 6 mars 1960 - collection de l'auteur

 

La copie du film projetée, en format 35 mm, était due au Service des Projections Publiques de Gaumont et à l'action de sa responsable, Madame Olivia Colbeau-Justin, lequel dispose de la seconde et unique copie du film après la Cinémathèque Française, copie non restaurée mais dans un état excellent. Cela nous a permis d'apprécier magnifiquement ce film qui aspirait chaque spectateur dans son histoire et ses images, les comédiens franco-russes étant tous dignes d'éloges et les critiques mitigées sur internet, à remiser d'urgence.

 

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Le commandant Oleg Boudnikov, Attaché naval adjoint, Nicole Trabaud, Marc Cassot.

 

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Le commandant Vasily Ilchenko, Attaché adjoint à la Défense, Nicole Trabaud, Paule Emanuele, le commandant Oleg Boudnikov, Attaché naval adjoint.

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Paule Emanuele, actrice, voix de doublage, épouse de Jean-Claude Michel ("Flavier" dans le film), Marc Cassot, acteur principal du film, Nicole Trabaud, épouse de Pierre Trabaud ("Chardon" dans le film), Hélène Otternaud, épouse de Jacques Richard ("Colin" dans le film).

 

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Photo de famille après le film : José Sourillan, ancien directeur du service documentation de RTL, auteur de disques et documentaires dont le coffret audio de Chatou Notre Ville LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945, Jean-Philippe Bernard, trésorier de l'Association des Amis de Ferdinand de Lesseps et du canal de Suez, ingénieur général de l'armement naval et directeur honoraire de la SNCF, Jean-Pierre Tron, président adjoint et porte-drapeau du Mémorial Normandie-Niemen, le général de Saint-Julien, grand témoin du coffret LES VOIX DE L'APRES-GUERRE 1946-1957 en préparation, Lucien Ruchet, trésorier de l'Amicale des 27 Fusillés, FFI et Résistants, Evelyne Du Pan, administratrice, Jean Liéval, grand témoin des coffrets audio LES VOIX DE LA GUERRE et LES VOIX DE L'APRES-GUERRE, Jean-Pierre Ratel, conseiller municipal, Jean-François Anière, président du Mémorial Normandie-Niemen, Nicole Trabaud. 

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Photo de famille suite : Marc Cassot, le commandant Oleg Boudnikov, Paule Emanuele, le commandant Vasily Ilchenko, Pierre Arrivetz, président-fondateur de Chatou Notre Ville, Hélène Otternaud, Arnaud Muller, informaticien vice-président de l'association Chatou Notre Ville et réalisateur du coffret audio LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945, Alain Hamet, président de l'Amicale des Résistants, FFI et 27 Fusillés, Murielle Amiot, catovienne et membre actif de Chatou Notre Ville, Gabriel Lenoir,  catovien et membre actif de Chatou Notre Ville, voix historique du coffret LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945.

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L'association, qui avait jusqu'à présent édité des livres, revues, coffret audio, organisé conférences et expositions (Georges Irat en 2005, histoire du train Paris-Le Pecq gare RER A de Chatou depuis 2008) en faveur de la mise en valeur du patrimoine et de l'histoire de Chatou, a , ce jour-là, franchi une nouvelle étape, celui de la projection cinématographique grand public. Le moment vécu par elle, ses administrateurs et tous les spectateurs, a été immortalisé par deux de ses adhérents, Monsieur Bertrand Laigle et Madame Véronique Pecheraux, administratrice. Une communication est en préparation sur le sujet.

 

 

Ci-dessous, vidéo de la présentation du film (source: Bertrand Laigle à qui nous adressons notre reconnaissance), à lire en installant ou en ouvrant votre lecteur Windows Media Player :



 

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Ci-dessous, une courte présentation de "Normandie-Niemen" avec l'autorisation spéciale de la société Gaumont à qui nous adressons nos plus vifs remerciements, à lire en installant ou en ouvrant votre lecteur Windows Media Player : 


  

montages video : Patrick Arrivetz

 

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Jean-François Anière, président de l'association Normandie-Niemen domiciliée au Musée de l'Air et de l'Espace, véritable puits de science sur l'escadrille et défenseur inlassable de sa mémoire.

normandieniemen.free.fr/

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La société GAUMONT édite le DVD du film "Normandie Niemen" que nous vous recommandons.

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Bertrand Laigle, excellent auteur de la vidéo de présentation du film et des photos de groupe ci-dessus.

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Véronique Pecheraux, administratrice ayant permis la conservation de très belles photos de l'évènement ci-dessus.

 

 

 

 

 

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Locomotive 241 P SNCF fabriquée aux usines Schneider du Creusot de 1948 à 1952, emblème de l'association.

 

01/05/2014

LUCIEN DALSACE (1893-1980), NE A CHATOU

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Collection Pierre Arrivetz

 

 

"Lucien Dalsace est un de nos sympathiques jeunes premiers. Il joua un double rôle remarqué dans "L'Aviateur Masqué", un ciné-roman qu'édita Pathé-Consortium. Il joua aux côtés de Jean Angelo  et de Constance Worth un rôle important de "La Maison dans la Forêt". On le vit aussi dans "Le Vol", "Ziska", "Paternité", "Vindicte" et enfin, il interprète un rôle dans un film tiré de Balzac : "Ferragus"."

 

Ainsi s'exprimait le journal "Mon Ciné " dans son numéro du 13 décembre 1923, offrant la quatrième de couverture à un acteur du cinéma muet né à Chatou (notre illustration ci-dessus) le 14 janvier 1893 54 avenue du Chemin de Fer, l'actuel 40 avenue du Général Sarrail.

 

De son vrai nom Gustave Louis Chalot, l'acteur se distingua dans le cinéma muet pour lequel il tourna plus de trente films, ce qui lui valut d'être une coqueluche du public de l'époque.

 

Interviewé en 1923, il déclara sur un tournage au reporter Jean Eyre : "je suis né le 14 janvier 1893 à Chatou. Une de mes grandes-tantes, Marie Bihaut, fut sociétaire de la Comédie Française et célèbre en son temps ; un de mes grands-oncles, Francis, était de l'Opéra. C'est vous dire que la carrière théâtrale est une sorte de tradition dans ma famille. Pourtant, mon père voulut faire de moi un "soyeux" et me fit initier aux secrets de l'industrie de la soie.  Ce qui ne m'empêchait pas, étant au lycée, d'organiser avec des camarades de petites représentations dont j'étais toujours l'animateur.

 

Puis je jouai en cachette de mes parents dans de petits théâtres jusqu'au jour où mon père apprit ces escapades.

 

Se voyant vaincu, il consentit alors à me laisser embrasser la carrière pour laquelle  j'avais une si vive prédilection.

 

La guerre éclata ; je partis avec le 3ème bataillon de chasseurs (...) je fus ensuite envoyé dans l'aviation. Là, j'organisai encore des représentations pour distraire mes camarades. Puis je fus engagé au Théâtre de Paris. Un ami m'ayant conseillé de faire du cinéma, je débutai dans "La Brute" avec André Nox puis je tournai le double rôle de "L'Aviateur Masqué" sous la direction de Robert Péguy (...) et enfin dans "Ferragus", j'interprète le rôle de Monsieur de Maulaincourt qui devient complètement gâteux en l'espace de vingt-quatre heures (...)

 

Je garde un excellent souvenir de tous les metteurs en scène avec lesquels j'ai travaillé : Feuillade, Péguy, Andréani, Machin, Ravel etc...ce sont des gens polis, aimables et avec lesquels c'est un plaisir de travailler."

 

"Monsieur de Maulaincourt, voulez-vous revenir faire le gâteux ? "

 

C'est Gaston Ravel qui rappelle son interprète (...)."

 

 

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Lucien Dalsace dans "La Loupiote" avec Carletta Conti, film muet de 1922.

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Dans "Ziska, la danseuse espionne" (1922) ,

l'un des nombreux rôles où il endossa l'uniforme.

 

 

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En couverture de Ciné-Miroir du 6 juillet 1928 pour le film muet "L'Occident" - collection Pierre Arrivetz

 

 

Entre 1930 et 1937, celui-ci s’était retrouvé "dans le civil" à la tête d'un magasin de parfumerie fondé par son père dans le sixième arrondissement de Paris. Le journaliste Roger Régent s’y rendit en 1932 : « vous désirez, monsieur ? » - Monsieur Dalsace s’il vous plaît. – Un instant, il est occupé dans le fond du magasin avec un fournisseur ».

 

En attendant Lucien Dalsace, j’observe le magasin dans lequel je me trouve. C’est une parfumerie belle et claire comme un flacon. Dans chaque vitrine, des régiments de petites bouteilles sont alignées, remplies des parfums verts, jaunes, rouges…Par la porte ouverte, on voit tout le boulevard Saint-Germain descendre et remonter…

 

C’est là que vit maintenant le jeune premier de tant de films, le bel officier de « l’Occident », le journaliste de « Belphégor », le héros de « L’aviateur masqué », d’  « Enfant de Paris », du « Prince Jean », de « La tentation », du « Ruisseau » etc…Des vendeuses et des vendeurs s’empressent auprès des clients. Entre deux, « caisse, 5,95 F ! », un chef de rayon me dit :  « vous n’imaginez pas, Monsieur, le nombre de clients qui viennent pour voir Monsieur Dalsace ! ce matin encore, une jeune fille est entrée pour acheter une petite boîte de poudre de riz et a demandé au patron de bien vouloir lui signer une photo…

 

Souvent des étudiantes entrent par bandes de cinq ou six pour acheter un bâton de rouge ; pendant qu’on les sert, elles se poussent du coude, parlent à voix basse en montrant Monsieur Dalsace. On peut le dire, la plupart de ses clients sont des admirateurs.

 

Mais voici le patron (…) « Le cinéma » me dit-il. Ah ! j’y pense toujours. J’aimais trop mon métier pour l’avoir oublié si vite. Pourquoi je l’ai abandonné ? d’abord, ce n’est, je l’espère, qu’un abandon momentané. La force des choses m’a obligé à laisser le cinéma. C’était en 1930. Après avoir tourné "La tentation", mon dernier film, je partis avec ma femme faire une longue tournée en France et en Algérie.(…)

 

Puis mon père tomba gravement malade. Je dus rentrer de toute urgence, résilier mes contrats et venir remplacer mon père à la direction de ce magasin de parfumerie. Depuis, ma femme – que vous avez connue au music-hall sous le nom de Jane Marceau – et moi-même, n’avons plus quitté notre boulevard Saint-Michel. (…)

 

Le parlant ne me fait pas peur bien que je n’aie jamais tourné qu’en muet. Avant le cinéma, j’ai fait du théâtre, et ce sont d’ailleurs les gens de théâtre, Signoret, Gaston Dubosc, etc…, qui, en 1919, me conseillèrent de tourner. Maintenant, je vais peu au spectacle. Je n’ai plus le temps…

 

Le magasin est ouvert de huit heures du matin à onze heures du soir et je suis là tout le temps… » Lucien Dalsace a fait apporter l’apéritif du café voisin. Dans l‘arrière-magasin, nous buvons à la santé de son jeune bébé de six semaines, à la prospérité de la parfumerie et surtout au prochain retour au cinéma du jeune premier qui eut tant de succès. » Pour Vous - 31 mars 1932

 

Lucien Dalsace fut réengagé dans le cinéma à partir de 1938, tournant plusieurs films parlants de Léon Mathot : « Chéri-Bibi » (1938) avec Pierre Fresnay et Jean-Pierre Aumont, « Le Révolté » (1938) avec Pierre Renoir, René Dary, Charpin, Aimé Clariond, « Rappel Immédiat » (1939) avec Eric Von Stroheim. Il joua dans « Deuxième bureau contre la Kommandantur » (1939) de René Jayet et Robert Bibal, et fit son dernier film « Patrouille blanche » de Christian de Chamborant en 1941 avec Junie Astor (l’histoire d’un gangster asiatique chargé de détruire un barrage hydro-électrique dans les Alpes).

 

Aucun des films de Lucien Dalsace n'étant réédité, nous avons le plaisir de joindre pour nos internautes cette courte séquence du film "Le Révolté" de 1938 où l'acteur fit sa première et brève réapparition depuis 1930.

 

 

 

 

 

 

 

Remerciements:

 

- José Sourillan

- Corinne Charlery - Archives Municipales  de Chatou

 

P.S : rappelons que l'association a proposé depuis plusieurs années un circuit historique dans la ville avec le projet d'un premier thème sur le cinéma

16/01/2013

CHATOU A L'HEURE DU CINEMA

Aprés avoir proposé et contribué à la réalisation d'une exposition sur l'histoire de la gare de Chatou  sur le quai du RER A et suggéré le nom d'Emile Pereire pour baptiser la placette sud de la gare, l'association a demandé à la municipalité la réalisation d'un circuit historique dans Chatou et proposé un premier parcours sur la mémoire du cinéma. En voici le contenu :

  

FERDINAND ZECCA, LE PIONNIER 

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Ferdinand Zecca et Charles Pathé avant 1914

 

Louis-Ferdinand Zecca a porté les premières heures du cinéma. Né à Paris le 19 février 1864 dans une famille de techniciens du music-hall, enchaînant les petits métiers, son destin bascula lorsqu’il fut embauché en 1898 dans la première usine phonographique Pathé boulevard de la République à Chatou.

Particulièrement attentif et ingénieux, il y déploya une activité dans tous les secteurs de la production. Alors que s’annonçait l’Exposition Universelle de Paris de 1900, Charles Pathé demanda à son frère Emile, dirigeant de la branche phonographique, s’il connaissait quelqu’un susceptible de monter un stand pour l’exposition.

Emile lui recommanda Ferdinand Zecca. Celui-ci fut recruté sur le champ par Charles Pathé qui n’eut qu’à s’en féliciter, la société se voyant attribuer plusieurs prix au sortir de l’exposition. Charles Pathé demanda alors à Ferdinand Zecca d’être son collaborateur pour le cinéma : association exceptionnelle puisque de 1900 à 1918, Ferdinand Zecca fut l’auteur, le comédien ou le réalisateur d’une centaine de films muets produits par Pathé, se distinguant notamment par sa mise en scène des trucages.

Il fut également l’un des directeurs du Pathé-Journal, premier journal d’actualités cinématographiques créé en 1908 par Charles Pathé, le directeur de Pathé Exchange Incorporation aux Etats-Unis en 1919 puis le directeur artistique de Pathé-Baby au début des années vingt.

Il revint un temps à Chatou habiter les 3 bis et 1 bis rue du Capitaine Guynemer où il est recensé en 1928 et 1931. 

Ferdinand Zecca mourut à Vincennes le 23 mars 1947. Sa tombe y voisine celle de Charles Pathé, avec qui il bâtit le premier empire mondial du cinéma (1900-1918) avant Hollywood.

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Ferdinand Zecca – portrait dans « Pour Vous » - 8 octobre 1931

 

LUCIEN DALSACE, LE JEUNE PREMIER DU CINEMA MUET

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Les lumières du cinéma faisaient oublier les années perdues de la Grande Guerre, brillant dans les têtes de spectateurs avides de distractions nouvelles, et déjà Chatou pouvait s’enorgueillir de compter l’un de ses enfants dans le cœur de millions d’admiratrices.

Lucien Dalsace, de son vrai nom Gustave Louis Chalot, avait vu le jour à Chatou le 14 janvier 1893 54 avenue du Chemin de Fer - actuel 40 place Maurice Berteaux - où ses parents demeuraient.

Chasseur puis aviateur pendant la Première guerre mondiale, il avait fait ses débuts au Théâtre de Paris au lendemain de l’Armistice et s'était engagé dans l’aventure du cinéma.

Il fit la joie des producteurs du cinéma muet, tournant près de trente films dans des rôles de jeune premier tels que « Ferragus », « L’Aviateur Masqué », « Belphégor », « L’Occident » et « La Tentation » (illustration ci-dessus de 1929).

1930 marqua son éclipse avec l’arrivée du parlant, la mort de son père et la reprise de son affaire de parfumerie boulevard Saint-Michel. Grâce au réalisateur Léon Mathot, Lucien Dalsace revint au grand écran en épousant des rôles successifs dans « Chéri-Bibi » (1937) aux côtés de Pierre Fresnay et Jean-Pierre Aumont, « Le Révolté » (1938) avec Pierre Renoir, Charpin et Aimé Clariond et « Rappel Immédiat » (1938) dans lequel il fut l’un des partenaires d’Eric Von Stroheim. Il termina sa carrière dans « Deuxième Bureau contre la Kommandantur » (1939) de René Jayet et Robert Bibal et « Patrouille Blanche » (1941) de Christian de Chamborant.

Redevenu parfumeur à Paris, il s’éteignit le 3 juillet 1980 à L’Haÿ-Les-Roses.

 

RENE-JEANNE FALCONETTI,

"JEANNE D'ARC"

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Née le 21 juillet 1892 à Pantin, René Jeanne Falconetti fut une actrice de théâtre, à l’Odéon puis à la Comédie Française, avant de devenir une figure éphémère et marquante du cinéma muet. C’est en effet son rôle-titre dans « La passion de Jeanne d’Arc » de Carl Dreyer à l’affiche en 1927 qui la fit rentrer dans les annales du cinéma.

Ce film, considéré encore aujourd’hui comme la plus grande fresque sur Jeanne d’Arc, était intervenu deux ans après la canonisation de Jeanne. Le réalisateur avait obtenu entre autres la participation du petit-fils de Victor Hugo pour dessiner les costumes du film.

René Jeanne Falconetti s’était fait remarquer au théâtre Edouard VII en jouant dans la pièce « Le Comédien » de Sacha Guitry en 1921 et au théâtre de l’Athénée « La Guerre de Troie n’aura pas lieu » de Jean Giraudoux en 1935. La comédienne, dont le talent aurait pu lui permettre de devenir une sociétaire permanente de la Comédie Française, mit obstacle à sa carrière par un tempérament difficile, ce qui la conduisit à assurer ses propres productions en devenant directrice du Théâtre de l’Avenue.

C’est en 1924 que Jeanne Falconetti s’installa 3 avenue d’Eprémesnil dans une villa blanche aujourd’hui disparu. Dans un entretien à Comoedia du 28 août 1926, elle déclara : "Ce qui m’a fait choisir cette demeure, mon Dieu, le hasard…le bienheureux hasard, le même qui vient en aide aux auteurs pour dénouer les situations les plus embrouillées. Je suis venue, j’ai vu, je fus conquise ; et depuis, tout me retient ici : le calme, l’air, la belle route que l’on prend pour arriver à Chatou, le limpide horizon où les yeux se reposent et puis, les souvenirs – les souvenirs – les souvenirs de théâtre, car cette villa appartenait naguère à Anna Judic. Et l’interprète de tant d’œuvres dramatiques nous parle de l’ombre légère de celle qui fut une fine, délicate et sensible chanteuse d’opérette."

Contre ses prévisions, l’actrice dut se séparer de sa propriété de Chatou en 1931. Après s’être exilée au début de la Seconde Guerre Mondiale en Argentine, elle mourut à Buenos-Aires le 12 décembre 1946.

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Falconetti, par Kisling – « Pour Vous » - 15  juin 1933

 


MARCELLE ROMEE, UNE ETOILE TROP TOT DISPARUE

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Marcelle Romée, née le 7 février 1903 à Neuilly-sur-Seine, est une météorite du cinéma parlant dont la présence et la beauté purent éclipser ses partenaires. L’actrice connut son premier succès au théâtre en 1930 dans « Les Trois Henry » d’André Lang à la Comédie Française où elle avait interprété les jeunes premières dramatiques de tout le répertoire classique. Puis elle enchaîna quatre films, le premier en 1930, « La Lettre » de Louis Mercanton, et trois films en 1931, « Le Cap Perdu » d’Ewald André-Brunot, « Une nuit à l’hôtel » de Léo Mittler et enfin, son film fétiche, « Cœur de Lilas » d’Anatole Litvak. Dés son premier film, « La Lettre », la comédienne reçut les honneurs de la presse : «Marcelle Romée apporte au cinéma français son talent jeune et ardent, sa sincérité dans l’expression, sa science de la diction, pure, claire et toujours profondément humaine» (Ciné-Miroir 10 octobre 1930).

Alors que son ascension épousait irrésistiblement l’arrivée du cinéma parlant, Marcelle Romée vit sa santé se dégrader dans l’année 1932 au point de prendre une tournure dramatique. Hospitalisée pour dépression à la clinique de la Villa des Pages 40 avenue Horace Vernet au Vésinet, l’actrice échappa à la vigilance des infirmières et s’enfuit la nuit du 3 décembre 1932 pour se jeter dans la Seine du pont de Chatou (ancien pont routier aujourd’hui disparu et situé alors rue du Port).

 

PIERRE TRABAUD, L'HOMME TRANQUILLE

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Une poignée de main, un sourire et la franchise de l’honnête homme. Tel fut Pierre Trabaud dans la vie comme à travers la trentaine de films drames ou comédies qu’il tourna. Les Français l’ont bien connu dans le rôle de l’instituteur de « La Guerre des Boutons » (1960) mais sa carrière a déroulé des tranches de vie d’un pt’it gars amoureux dans « Rendez-Vous de Juillet » (1946), « Antoine et Antoinette » (1949), «Parti Sans Laisser d’Adresse» (1950 ci-dessus ), d’un marginal dans «Les Chiffonniers d’Emmaus» (1954), d’un homme de foi dans « Le Défroqué » (1954), d’un pilote de guerre dans « Normandie Niemen » (1959), celle de Napoléon au théâtre dans « Madame-Sans Gêne » (1980).

Pierre Trabaud a également donné sa voix à des feuilletons tels que « Les Mystères de l’Ouest », des dessins animés tels que « Daffy Duck », « Les Fous du Volant », « Astérix Le Gaulois », « Astérix et Cléopâtre », « Lucky Luke », « La Ballade des Dalton », « Les Dalton en Cavale »....

Dans une époque où les seconds rôles valaient les premiers, il donna la réplique à Pierre Fresnay, Louis Jouvet, Sydnet Bechet, Bernard Blier, Philippe Noiret, Cécile Aubry, Nicole Courcel, Françoise Arnoul. Passé réalisateur en 1982 avec « le Voleur de Feuilles », Pierre Trabaud nous a quittés le 26 février 2005.

 

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Avec Pierre Fresnay, dans "Le Défroqué" (1954)

 



Ses pairs ont porté un jugement unanime sur cet acteur qui refusait des propositions : un homme bon et droit, qui a marqué les grandes heures du cinéma des années cinquante. Pierre Trabaud obtint deux récompenses en 1954 pour son interprétation magistrale face à Pierre Fresnay dans « Le Défroqué » : « Le Triomphe du Cinéma 1954 » et « L’Ours » de Berlin. Sa dernière apparition fut pour le film de Bertrand Tavernier, « La Vie et rien d’Autre », tourné en 1988.

Pierre Trabaud est né à Chatou rue du Val Fleuri le 7 août 1922.

 

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Pierre Trabaud, l'instituteur de "La Guerre des Boutons" (1960)




PIERRE TRIMBACH, L'OPERATEUR DES PREMIERS FILMS

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Pierre Trimbach, deuxième debout en partant de la droite, et sur le trépied, Georges Denola, metteur en scène fétiche de la Compagnie Générale des Phonographes, Cinémas et Pellicules


Né le 5 octobre 1889 4 « chemin » de la Place à Chatou, Pierre Trimbach fut un opérateur de la Compagnie Pathé, directeur de la photographie des premiers films muets et des actualités Pathé. A la veille de sa disparition, il consigna ses souvenirs dans un ouvrage « le cinéma il y a 60 ans – quand on tournait les manivelles » (éditions CEFAG – 1970) :


« Je fus élevé dans cette coquette petite ville de la rive droite de la Seine (…) Elle fit rêver bien des poètes et son charme inspira de nombreux peintres (...). Etant enfant, les romans de "cape et d'épée" nous font rêver. A l'école du pays, souvent on nous parlait de Madame Bellanger qui habitait Chatou vers 1641 et, dont le fils, le célèbre Cyrano de Bergerac, parlait déjà, dans certains de ses romans, d'un voyage dans la lune ! Mes parents habitaient une confortable maison plantée au milieu d’un grand jardin décoré par une belle pelouse, des fleurs et des beaux arbres ; tout au bout il y avait un verger habité par des pruniers, cerisiers etc…


A la saison des fruits, ce verger était pour nous un vrai paradis terrestre, nous étions souvent perchés dans les arbres pour la cueillette. Les jours s’écoulaient tranquilles dans le charme de cette belle campagne d’alors ! mon père, qui avait été élève de Saint-Saens, était un bon musicien et surtout un très bon pianiste. Mon frère cadet, lui, était doué d’une voix de ténor ; il avait également un goût très développé pour l’aquarelle ! quant à moi, je n’avais pas encore percé. Des parents, amis et artistes, chanteurs, acteurs, peintres, qui villégiaturaient en été, formaient un groupe sympathique et très gai qui venaient dans cette maison où l’accueil était de tradition.


Cette demeure était assez retirée, elle était même la dernière maison du pays et la vue s’étendait sur les coteaux et les vignobles jusqu’à Carrières et Montesson. On peut dire que pendant la saison d’été, tous les samedis soirs il s’y donnait de véritables concerts et cela parfois jusqu’à deux ou trois heures du matin. (…) ».


De 1908 à 1925, la carrière de Pierre Trimbach se déroula à la S.C.G.A.D.L., Société d’Edition Cinématographique des Auteurs et des Gens de Lettres. Cette société n'était autre qu'une filiale de Pathé pour le tournage de films d’auteurs, et se distingua dans de grands succès populaires du cinéma muet. L'activité de Pierre Trimbach fut entrecoupée de reportages pour le Pathé-Journal, ce qui le ramena à Chatou pour y filmer notamment le départ de la course Paris-Roubaix (1902) et les funérailles nationales du ministre et député-maire de la ville, Maurice Berteaux (1911).

Sa vie de famille le poussa hélas à donner sa démission lorsqu’on lui demanda de partir en Egypte pour tourner « Le Roman de la Momie » de Théophile Gautier en 1925. Il poursuivit alors sa carrière chez Kodak-Pathé. Pierre Trimbach mourut à Colombes le 6 octobre 1972.

 

JEAN MARAIS,

L'ENFANT TERRIBLE 

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Jean Marais et Alida Valli dans « Les Miracles n’ont lieu qu’une fois », un film franco-italien d’Yves Allégret (1951)

 

Si Jean Marais, né le 11 décembre 1913 à Cherbourg, vint habiter Chatou dans son enfance, ce fut dans le cadre de dissensions familiales qui poussaient sa mère à fuir la présence paternelle. La famille Marais fut ainsi domiciliée 101 rue de Saint-Germain (avenue Foch depuis 1931) de 1923 à 1931. Le recensement de Chatou nous apprend que le foyer était composé de Joséphine Beuzon, sa grand-mère, « rentière », Louise Vassord, sa tante, Marie Marais, sa cousine déclarée « aviatrice », et Henri Marais, frère de Jean, de quatre ans son aîné.


Renvoyé de toutes les écoles pour indiscipline, Jean Marais fut à la fin des années vingt un employé des usines Pathé boulevard de la République avant de devenir figurant pour Victor Trivas puis Marcel Lherbier. Après un échec au Conservatoire, il fut servi par ses cours de théâtre chez Charles Dullin, ce qui lui valut de rencontrer Jean-Pierre Aumont et grâce à lui, de faire connaissance de Jean Cocteau en 1937 qui l’employa dans ses pièces.


A partir de 1943, un succès continuel accompagna ses différents films dans les registres les plus divers, qu’ils soient écrits ou réalisés par Jean Cocteau (« La Belle et la Bête », « L’Aigle à Deux Têtes », « Les Parents Terribles », « Orphée »), portés par Jean Delannoy (« Le Secret de Mayerling », «L’éternel retour», « Aux Yeux du Souvenir »), André Hunebelle (« Le Bossu », « Le Capitan », la série des « Fantômas »), Sacha Guitry (« Si Versailles m’était conté », « Si Paris m’était conté », « Napoléon ») et bien d’autres. Cascadeur, poète, sculpteur, il fut un comédien accompli, poursuivant une importante carrière au théâtre de 1937 à 1997.

Le cancre belliqueux qui avait élu domicile à Chatou, né dans une famille instable, demeure aujourd’hui l’une des plus grandes vedettes du cinéma français du XXème siècle.

 

L'ANCIEN CINEMA

DEVENU SALLE DES VENTES,

UN VESTIGE ART DECO

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Le bâtiment du 33 rue du Général Colin fut la première salle de cinéma en titre dans la commune. Edifiée en 1925 par Messieurs Weiner et Certain, habitants de Croissy et du Vésinet, celle-ci fut réalisée par l’entreprise A. Tschoffen et Compagnie sur les plans de l’architecte Lucien Desgrivan.


D’abord dénommée « Magic-Ciné », la salle fut reprise en 1935, entamant une nouvelle carrière sous le nom de «L’Olympia». Le cinéma fut arrêté en 1976 lorsque fut construite la salle Louis Jouvet dans le cadre de la rénovation engagée autour de la Place Maurice Berteaux. L’édifice demeure un témoignage unique dans la commune du style Art Déco appliqué à un bâtiment recevant du public.

19/12/2012

JACQUES TATI (1907-1982) EN MUSIQUE A CHATOU

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Jacques Tati - "Monsieur Hulot" 

Monsieur Hulot, égaré dans le monde, s’égarait dans ses vacances. Le film de son histoire décalée est parvenu à bousculer les conventions du cinéma, donnant à Jacques Tati, né au Pecq le 9 octobre 1907, une nouvelle raison de persévérer dans une œuvre originale.

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« Les Vacances de Monsieur Hulot » obtinrent en effet à leur sortie en France et plus encore en Angleterre en 1953 la reconnaissance immédiate du public. Derrière le mutisme des personnages, une fresque bon enfant brandissait l’air pur de l’après-guerre,  le goût des belles images qui décrivent une scène, un comique de situation, une ambiance.

  

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Vue aérienne des usines Pathé-Marconi à Chatou dans les années cinquante. Source : "Chatou, une page de gloire dans l'industrie" , par Pierre Arrivetz, édition Chatou Notre Ville (2012).

 

A ce sujet, le rôle de Chatou apparut une fois encore dans les presses des usines Pathé-Marconi boulevard de la République. La musique du film, « Quel temps fait-il à Paris ? », fut en effet composée par Alain Romans, résistant et pianiste dont les œuvres furent produites sous le label Pathé à Chatou.

Aimé Barelli et son orchestre de jazz  furent chargés de l’interprétation de « Quel temps fait-il à Paris ? », ajoutant une note musicale au succès du long-métrage. Cet orchestre produit également sous le label Pathé faisait la joie de l’après-guerre, comptant 125 titres dans le seul catalogue général Pathé-Marconi de 1954, soit presque autant que les grosses vedettes Tino Rossi et Luis Mariano. Aimé Barelli avait épousé une chanteuse de Pathé-Marconi produite sous le label Columbia, Lucienne Delyle, dont il fut occasionnellement le partenaire. 

L’orchestration du disque 78 tours d'Aimé Barelli pressé aux usines Pathé-Marconi de Chatou contribua de manière décisive à la notoriété du générique du film. Peut-être représenta-t-elle aussi le son d’une époque.  

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Une image du disque 78 tours de "Quel temps fait-il à Paris ?" (1953) interprété par Aimé Barelli et son orchestre, exemplaire très usé (et donc très écouté en son temps) de la musique du film "Les Vacances de Monsieur Hulot". Appuyez sur le bouton ci-dessous pour l'écouter avec votre lecteur windows media player. Enregistrement Pierre Charbaut.

 


podcast

 

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04/12/2012

AVENUE VICTOR HUGO, DES HISTOIRES QUI NE SE RESSEMBLENT PAS

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Cliché : François Nicol

 

L'avenue Victor Hugo à Chatou tient son nom d'une délibération du conseil municipal du 12 avril 1884 prise à l'initiative de la municipalité d'Ernest Bousson (1878-1887). Celle-ci se revendiquait d'être la première municipalité républicaine et libérale de Chatou en 1878 et procéda à des baptêmes aux noms républicains de diverses voies de Chatou. C'est ainsi que l'ancienne avenue du Vésinet disparut pour honorer un grand français de son vivant.

Une très jolie villa néo-renaissance habillée de briques à l'angle de la rue des Garennes, naguère mal en point, aujourd'hui restaurée, décore cette avenue, faisant écho à la plus ancienne construction bordant cette la voie à Chatou, située face à l'Institut du Bon Sauveur. Cette villa fut construite vers 1880 et mériterait d'être répertoriée au plan local d'urbanisme (illustration ci-dessus).

Dans les années trente, la villa du 11 bis de l'avenue appartînt à Emile Fieg, l'un des fondateurs à l'arrivée du cinéma parlant de la Société Générale d'Equipements Cinématographiques. Cette société anonyme bénéficiait, selon le rapport qui en fut fait le 12 septembre 1930 par la revue "Les Spectacles", d'un capital de 650.000 francs et avait pour objet "toutes opérations se rapportant à l'industrie cinématographique".

Six fondateurs présidèrent à ses destinées *, dont Emile Fieg, le seul administrateur non parisien. Nos recherches n'ont pas pour l'instant permis d'établir quelle fut l'action de cette société.

En revanche, Emile Fieg nous est connu à deux titres : c'est lui qui fut le scénariste de "Paix sur le Rhin", film français de Jean Choux sorti en 1938 pour le XXème anniversaire de l'Armistice de 1918. Emile Fieg était né à Mulhouse en 1885 sous l'occupation allemande.

Ce film célébrait à sa manière en arrière-fond l'entente franco-allemande à travers un scénario bâti sur une dispute familiale en Alsace entre un père et l'un de ses deux fils mobilisés au retour de la Grande Guerre. Son premier fils souhaite épouser une française, le second une allemande. Le père renie ce dernier puis accepte sa démarche à la fin du film, concluant à l'ineptie de sa propre attitude. Des acteurs qui s'y trouvent, Françoise Rosay, Dita Parlo, Pauline Carton, ont laissé une trace durable dans l'histoire du cinéma français.

En second lieu, les délibérations du conseil municipal de 1940 nous apprennent qu'Emile Fieg, sans doute bien vu des allemands, fut nommé par la municipalité de Chatou comme agent de liaison avec la Kommandantur installée dans la commune pour les questions de ravitaillement de la population civile.

Au 15 bis de l'avenue vécut un accordéoniste célèbre, Maurice Larcange. C'est depuis 1992 le domicile du vice-président de l'association Chatou Notre Ville réélu depuis 11 ans, Monsieur Arnaud Muller.

 

 

* les autres administrateurs-fondateurs de cette société en 1930 étaient Salomon Kharon, 15 rue Théodore de Banville, le baron François Fragassi, 69 boulevard de Courcelles, Casimir Rotwand, 25 rue Rennequin, Alexandre Berger, 78 rue de Richelieu, Marius Cottavoz, 86 rue du Ranelagh

 

 

Sources :

Matrice cadastrale de Chatou

Archives Municipales de Chatou (recensement, délibérations du conseil municipal)

Revue "Les Spectacles" 1930 - Gallica 

 

 

 

 

 

15/08/2012

LE FILM "HORIZONS SANS FIN"

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La Première Guerre Mondiale, dans sa tragédie, occupa les femmes et les libéra du couvre-feu napoléonien. Au lendemain de l'Armistice, nombreuses furent celles qui s'engagèrent dans tous les sports, en particulier les plus périlleux, les sports mécaniques. Dans l'aviation, Adrienne Bolland, Maryse Hilsz, Maryse Bastié, tinrent le haut du pavé.

Vint Hélène Boucher. Vendeuse dans un magasin de chapeaux des Champs-Elysées, elle y rencontra le pilote René Gaudin, titulaire du record de vitesse mondial. Ce dernier l'engagea à venir s'entraîner à l'aérodrome de Guyancourt. Un nouveau chapitre de l'aviation s'ouvrit.

L'histoire vraie d'Hélène Boucher (1908-1934), pilote à 23 ans, a été relayée par un film de Jean Dréville (futur réalisateur de "Normandie-Niemen" en 1959) : "Horizons sans fin" de 1954, dans lequel apparaît l'acteur catovien Pierre Trabaud dans le rôle de Pierre Castel.

Né le 7 août 1922 rue du Val Fleuri, Pierre Trabaud (1922-2005) fut employé par Jean Dréville aux côtés de l'héroïne du film, la séduisante Giselle Pascal (illustration ci-dessus), de Jean Chevrier dans le rôle de Danet, l'ingénieur en chef de Caudron-Renault, et René Blancart, dans le rôle de Gaudin.

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Notre association s'est fixé comme objectif d'aboutir à la projection de films avec Pierre Trabaud. L'encouragement municipal ne fait pas défaut mais pouvoir disposer d'un exemplaire original de ses films pour une projection en format 35 mm ou DCP demeure un problème non résolu. Ce qui est fort dommage car Pierre Trabaud mériterait un festival et un nom de rue à Chatou, sa ville natale.  

06/04/2012

ANDRE DERAIN, IMPRESSIONS SUR LE CINEMA (1934)

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 Ayant à coeur de valoriser le patrimoine de la ville au XXème siècle, l'association a défendu son patrimoine industriel, mis en exergue par un coffret audio les moments forts de la Seconde Guerre Mondiale, évoqué sur ce blog les liens de Chatou avec le cinéma... Dans ce dernier domaine, nous ne pouvions que faire part des idées du peintre André Derain, né à Chatou en 1880, dans une interview à une journaliste du magazine cinématographique "Pour Vous" du 24 mai 1934 :

« Ce que je reproche au cinéma, c’est de n’avoir pas encore trouvé sa littérature. Il s’empêtre dans des anecdotes qu’il prend au roman, ou bien qu’il pille au théâtre. Ce ne sont qu’ "adaptations pour l’écran".

Comme si le monde des images ne devait pas posséder une technique nouvelle, différente, à coup sûr, de celle des livres et de celle des drames qui se jouent sur scène avec des personnages en chair et en os !..."

J’écoute Derain, qui parle doucement en faisant peu de gestes. Nous sommes dans sa maison charmante, posée dans un décor printanier d’arbres feuillus, d’oiseaux, avec un pan de ciel bleu et blanc qu’on aperçoit par la fenêtre. Malgré toute la gloire qui environne son nom, le peintre a de la gentillesse, un doux sourire, un éclair gai au coin de ses yeux. Il a bien raison d’être aimable, autrement sa taille considérable ferait un peu peur…

Il rappellerait assez les géants qui sont bons ou mauvais, on ne sait jamais, la première fois qu’on les rencontre.

Mais Derain n’entend point mes pensées. Il continue :

"Jusqu’à présent, le cinéma, ou plutôt la fabrication des films, est si compliquée, si difficile, elle met en train tant d’artisans, tant de machines, qu’elle ne nous donne presque toujours que des objets manufacturés et non point une œuvre d’art !"

N’est-ce pas toujours ainsi quand il s’agit d’une chose considérable ?

"Mais non, voyez autrefois quand on bâtissait des cathédrales merveilleuses. On utilisait des compétences innombrables et diverses, pourtant l’œuvre d’art naissait, parce qu’il y avait une cohésion, une entente entre les collaborateurs et surtout, parce tous obéissaient à une direction très précise et autoritaire."

Il y avait peut-être aussi la question d’argent qui était moins aigüe ?

"Oui et non ! la plupart des grands ouvrages du Moyen-Age se sont faits par contrat, liant, comme aujourd’hui, étroitement employeurs et employés. Mais ceux qui investissent des sommes dans le cinéma exigent un intérêt exagéré, qui mène chaque affaire à la banqueroute."

Dans le salon, un joli petit chat gris est grimpé prestement sur la table où je prends mes notes, puis sur mon épaule. Il a des gestes d’une souplesse, d’une douceur infinies. Derain dit en le regardant :

« Tout de même, le cinéma nous a apporté quelque chose de nouveau, que jusqu’alors l’œil humain  n’avait pu deviner, mais que la peinture et la photographie n’avaient pu saisir que par hasard, par accident. Il nous a révélé certains mouvements que les artistes avaient discernés presque sans les voir. Aussi bien chez les animaux que  chez les êtres humains, le corps a des mouvements de passage, des ruptures d’équilibre très brèves, très belles et qui mettent en valeur  telles attitudes, tels muscles, toutes sortes de jeux à quoi on n’avait jamais fait attention. Ainsi, j’ai filmé ce chat jouant dans la maison, dans le jardin. J’ai filmé des gazelles, des chevaux, des femmes nues. La bande de celluloïd a surpris des gestes dont je n’avais qu’une faible idée. Aussi, voilà en quoi le cinéma est merveilleux : il nous apporte une moisson de documents qui enchantera notre esprit.

Le cinéma n’est-il pas aussi un appel aux sens ?

"Jamais de la vie ! le cinéma, c’est le cauchemar, le fantôme. Les histoires d’amour qu’il nous raconte sont toujours lamentables. On dirait que les metteurs en scène  ont été chargés d’illustrer le proverbe populaire : « plus c’est triste, plus c’est beau ». D’un autre côté, il faut que les personnages aillent jusqu’au baiser pour qu’on soit ému. Et encore ! alors qu’au théâtre, c’est bien différent. Tout parle avec sens, et surtout la voix des acteurs."

N’avons-nous pas le cinéma parlant ?

"La voix humaine reproduite dans les scénarios est métallisée, banalisée, insupportable, sans souplesse. Elle ne vous donne pas d’émotion, elle vous agace ! pourquoi ne pas en convenir ? le cinéma est encore un art bégayant, un art qui utilise des moyens grossiers. Par exemple, actuellement, le drame est en trompe-l’œil. C’est le coup de revolver ou la mort qui finit tout, alors que dans la vie ce paroxysme réel et matériel n’a souvent rien à faire avec le drame. Le drame, c’était avant, ou ce sera après le coup de revolver, et combien il sera plus difficile à exprimer !"

La conversation de Derain est à la fois si substantielle et si abondante que je puis à peine prendre quelques notes. Maintenant, il suggère :

"Il devrait y avoir des bibliothèques de films, que l’on pourrait aller consulter comme on va demander des livres. Par exemple, si je veux peindre une rue de Pékin, ou un coin de Colorado, ou les bords du Nil, je voudrais pouvoir aller me renseigner au moyen d’images vraies prises sur les lieux et non point lire et lire des bouquins, ou me mettre en route pour l’autre bout du monde si je n’en n’ai point envie."

Le bon géant sourit en m’accompagnant vers la porte. Il promet de me convier à la présentation d’un petit film dont le siamois gris sera le principal acteur.

                                                             Michelle Deroyer"

 

26/07/2011

LE FOYER D'EMMAUS : UN NATIF DE CHATOU L'A PROMU AU CINEMA

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Une scène du film "Les chiffonniers d'Emmaüs"

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Alors que l’institution d’Emmaüs a, si l’on peut dire, pris asile en partie à Chatou dans sa zone d’activités du quartier de l'Europe, nous ne résistons pas au plaisir de vous rappeler au bon souvenir du natif de Chatou du Val Fleuri, le comédien Pierre Trabaud (1922-2005).

Entre autres films ("Normandie-Niemen", "La Guerre des Boutons", "Le Défroqué"...) celui-ci fit en effet partie de la distribution des « Chiffonniers d’Emmaüs » de Robert Darène (Pierre Trabaud sur notre photo à l’extrême-gauche à côté d'André Reybaz "l'abbé Pierre"), un long-métrage réalisé dans la foulée de l’appel de l’abbé Pierre dans l'hiver 54 pour venir en aide aux sans logis, réunissant nombre d'acteurs aujourd'hui célèbres. Voici ce qu’écrivit un journaliste à propos du film dont la sortie était programmée le 23 février 1955 :

« L’abbé Pierre présente lui-même ce film de Robert Daréne en ces termes : « Mes camarades et moi, nous ne sommes pas des acteurs. Ce que nous avons vécu, nous ne pourrions pas recommencer à faire semblant de le vivre devant la caméra. Nous avons cédé la place à des hommes dont c’est le métier d’interpréter les joies et les souffrances des autres. Ils vont vous raconter notre histoire.

Des faits et des circonstances ont été volontairement modifiés, car il s’agit de femmes et d’hommes vivants dont nous n’aurions pas le droit d’étaler la vie privée à l’écran. Mais si elle est parfois différente dans ses détails, l’histoire qu’on va vous raconter est, dans son esprit, notre histoire vraie, non pas de ce que nous avons fait, mais de ce qui nous est arrivé ».

Pareille caution donne une idée de l’authenticité du film. Pour traduire une grande œuvre comme celle de l’abbé Pierre, le film se devait d’ailleurs de posséder cette authenticité.

Elle se trouve dans sa sobriété émouvante, dans la réalisation de Robert Darène, aussi bien dans l’adaptation que dans les dialogues de René Barjavel (le film est inspiré du livre de Boris Simon d’après une idée de François et Marie d’Hyvert).

Le miracle de l’abbé Pierre est double : il réside d’abord dans le prodigieux élan de fraternité qu’il a pu susciter ; il se trouve ensuite en l’abbé Pierre lui-même qui a évité tous les pièges de la publicité. Malgré la célébrité de son nom, il n’a jamais eu qu’une préoccupation : Emmaüs.

Et le grand titre de gloire du présent film, ce sera de mieux connaître cette œuvre dans le grand public pour lui apporter ainsi de nouveaux concours. Il faudrait que chaque Français envoie à l’abbé Pierre très peu : cent francs suffiraient. La vraie grandeur de la France résiderait dans ce geste unanime de solidarité.

L’intérêt que l’abbé Pierre porte au film de Robert Darène se trouve certes dans cette idée que peut apporter le film à son œuvre et nullement dans un souci de gloire personnelle. C’est cela, qui, en même temps que son œuvre admirable, fait de lui le plus grand Français vivant. »

Roland Fougères

Ciné Revue - 1er janvier 1955

 

 

affiche  Les Chiffonniers d