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28/02/2017

L'EDITION FRANCAISE - DES TRACES A CHATOU

La consultation des matrices cadastrales de Chatou permet d'établir que Michel Lévy (1809-1875), éditeur 2 bis rue Vivienne à Paris, possédait des terres dans la commune. Michel Lévy, dont le nom ne parle peut être plus aux générations nouvelles, fit émerger sous le nom de "Michel Frères" après l'avoir fondée en 1836, la maison d'édition la plus importante d'Europe à la fin du Second Empire. Celle-ci employait Stendhal, Lamartine, Balzac, Dumas, Baudelaire, Hugo, Flaubert, Renan, Tocqueville, Louis-Philippe, Guizot, Thiers... C'est Emile Augier, membre de l'Académie Française, commandeur de la Légion d'Honneur, auteur de théâtre à succès et habitant renommé de notre voisine Croissy-sur-Seine, qui remit à son domicile de Croissy à Michel Lévy la Légion d'Honneur au grade de Chevalier le 26 septembre 1873.

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Folio 1312 de la matrice foncière de Chatou 1865-1885 

mentionnant Michel Lévy

 

Au décès de Michel Lévy, c'est son frère Calmann Lévy (1819-1891), qui reprit la maison d'édition et la rebaptisa Calmann-Lévy. Monsieur Calmann Lévy posséda lui aussi des terres avenue de Brimont comme en atteste la matrice foncière de Chatou qui enregistra une mutation à son profit en 1860. Et il reçut lui aussi la Légion d'Honneur au grade de Chevalier le 20 décembre 1878 des mains du Ministre de l'Agriculture et du Commerce, Pierre Teisserenc de Bort. Les éditions Calmann-Lévy sont encore aujourd'hui un fleuron de la littérature française.

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 Folio 1311 de la matrice foncière de Chatou 1865-1885

mentionnant Calmann Lévy

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09/07/2016

LE 25 JUIN 2016 A WISSOUS, L'AMIRAL MOUCHEZ A RECU LES HONNEURS DE LA VILLE

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Découverte de la plaque sur la maison de Wissous de l'amiral Mouchez

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La maison de l'amiral Mouchez à Wissous en 2016

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Portrait gravé de l'amiral Mouchez (1821-1892), directeur de l'Observatoire de Paris, membre de l'Institut

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Monsieur Jean-Claude Ciret, président de l'APEPAW, organisateur de la manifestation

Le samedi 25 juin 2016, la commune de Wissous dans l’Essonne s’est rassemblée autour de la commémoration de l’amiral Mouchez à l’initiative du président de l’Association pour la protection de l’environnement et du patrimoine de Wissous (APEPAW), Monsieur Jean-Claude Ciret, pour la pose d'une plaque commémorative sur sa maison.

La cérémonie a donné lieu à des discours de Monsieur Hubert Lepoutre, représentant de la famille Mouchez, de Monsieur Claude Catala, directeur de l’Observatoire de Paris, de Madame Nicole Capitaine, membre de l’Académie des Sciences, de Monsieur Patrice Brault, membre de la Société Nationale de Sauvetage en Mer, du lieutenant Ludovic Caterina, représentant la Marine Nationale, de Pierre Arrivetz,  président de l’association Chatou Notre Ville et conseiller municipal, que la ville de Chatou avait délégué pour la représenter à la suite de l'invitation de Monsieur Richard Trinquier, maire de Wissous, à qui nous adressons nos plus vifs remerciements.

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Monsieur Richard Trinquier, maire de Wissous

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Madame Nicole Capitaine, membre de l'Académie des Sciences

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Le directeur de l'Observatoire de Paris, Monsieur Claude Catala

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Pierre Arrivetz, pour la ville de Chatou et l'association Chatou Notre Ville

 

Chacun a pu évoquer l’amiral Mouchez, un homme droit et patriote, devenu un membre éminent de l’Académie des Sciences en 1875, un marin dont la vie a été vouée à la connaissance de l’univers, un français qui fit la réputation de notre pays pour de nombreux « faits d’armes » : relevés hydrographiques de l’Amérique du Sud, des Antilles, de la Chine,  de l’Afrique du Nord sous le Second Empire, défense du Havre en 1870-1871, lancement de la première carte photographique du ciel en 1887 en qualité de directeur de l’Observatoire de Paris (1878-1892), créateur d’une lunette méridienne portative, promoteur d’une méthode de relevé dite « méthode américaine », initiateur d’une école navale astronomique dans le Parc Montsouris…

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Le portrait en couleurs de l'amiral Mouchez est à l'Observatoire de Paris où les plus belles collections le concernant sont réunies. 

 

Le nom de Mouchez orne les voies de plusieurs villes françaises : Wissous où il vécut à partir de la fin du Second Empire, de Chatou où il séjourna enfant et où vécut sa famille, ses grands-parents Finat d’abord au 8 du quai qui porte son nom , où son père , Jacques Bartélémy Mouchez, ancien perruquier du roi d’Espagne Ferdinand VII (1816-1833) fit construire une maison route de Saint-Germain en 1844 avant de la revendre au peintre Pharamond Blanchard, Chatou où il se maria en 1862 et où naquit son fils, le commandant Mouchez, qui eut également une carrière importante à l’Ecole Navale, à Chatou enfin où l'amiral est enterré et où un quai porte son nom depuis 1921, Le Havre dont il fut le héros face aux Prussiens qui renoncèrent à prendre la ville alors que tant d’échecs militaires avaient assommé l’armée française, Paris où son nom est à jamais associé à la gloire de l’astronomie. La tombe d’Ernest Mouchez est au cimetière des Landes à Chatou, où il fut inhumé par l’abbé Borreau après son décès le 25 juin 1892. Son état de dégradation, signalé par Monsieur Ciret, a justifié une intervention peu avant la cérémonie.

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Le quai de l'amiral Mouchez à Chatou dans l'entre-deux-guerres, la maison des grands-parents Finat était au 8 du quai.

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Le quai de l'amiral Mouchez quelques années avant la Rénovation de 1966 qui détruisit l'ensemble des quartiers de l'Eglise et du pont, ce dernier disparaissant lui aussi.

 

Dans sa biographie familiale écrite en 1970 par l’un de ses descendants, Monsieur Robert Mouchez, figure une photo où l’amiral conduit une voiture aux côtés de l’abbé Borreau. Nous ne sommes qu’au début des années 1890, ce cliché a de quoi surprendre… Dans les délibérations du conseil municipal, le docteur Rochefort, qui fut l’un des maires les plus appréciés de Chatou entre 1911 et 1919, évoque l’histoire qui le lia à Mouchez. Né en 1844, il avait fait partie de son expédition à l’Ile-Saint-Paul (Océan Indien) en 1874 pour observer l’éclipse de Vénus, expédition qui échappa de peu à la tragédie en raison des conditions climatiques.

Le nom de l’amiral Mouchez a également été décerné en 1935 à un cratère lunaire et à un navire d’hydrographie et d’astronomie en 1936. Enfin, un timbre des Terres Australes et Antarctiques Françaises lui a rendu hommage en 1987.

 

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Photos de groupe devant la maison de l'amiral avec les personnalités

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Photo de groupe avec les descendants de la famille Mouchez 

Ce qui fut tout à la fois une heureuse et prestigieuse cérémonie et une agréable partie de campagne sous un soleil mérité, le fut grâce à l’initiative de l’APEPAW et de son président, Monsieur Ciret et à l'excellence de Monsieur Trinquier, maire de Wissous. La manifestation se termina dans l’écrin de verdure de la maison de l’amiral à Wissous chez ses descendants, Monsieur et Madame Auzenat.

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Façade du bâtiment qui abritait le bureau de l'amiral Mouchez au premier étage

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Le jardin de la maison de l'amiral à l'image de Wissous, vert et reposant

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En discussion, Monsieur Ciret, le lieutenant Catérina, Madame Capitaine et Monsieur Auzenat, hôte de la manifestation dont le père fut incidemment directeur de cabinet de Georges Mandel ministre des PTT entre 1934 et 1936.

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Monsieur Lucien Ruchet, membre de Chatou Notre Ville et délégué du Souvenir Français Chatou-Montesson, accompagnait le président de l'association.

Souhaitons qu'une telle manifestation soit le prélude à des liens privilégiés entre nos deux communes et à d’autres initiatives plus importantes en faveur de l’amiral Mouchez, un homme de l'Histoire.

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A Wissous, l'église romane très intéressante du XIVème siècle et l'hôtel de ville de 1933

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Wissous, une ville de 7.000 habitants qui a conservé son âme

 

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Pour retrouver quelques pages sur l'amiral Mouchez et la guerre franco-prussienne, "Chatou de Louis-Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878" aux éditions Sutton (diffusion association Chatou Notre Ville)

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08/06/2014

CLEMENT LABELONYE, L'INDUSTRIE DU COEUR ET DES OPINIONS

Jean-Pierre-Claude-Clément Labélonye (1805-1874) nous est connu à travers son nom de rue attribué en 1879 à l’ancienne rue du Chemin Vert. Sa très belle villa qu’il fit construire en 1851 (sa déclaration au cadastre date de 1854) subsiste toujours à l’angle de la rue des Pommerots et de l’avenue des Tilleuls.

 

 

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L'image ci-dessus ne représente qu'imparfaitement l'immense corps de bâtiments formant la propriété que Clément Labélonye fit construire et habita avenue des Tilleuls  grâce à sa prodigieuse industrie dans la pharmacie. Son parc, non loti , s'étendait alors jusqu'à l'actuelle rue Labélonye.

 

Les almanachs médicaux ont décliné le nom de Labélonye dans le XIXème siècle à travers une production pharmaceutique dont les noms seuls auraient pu suffire à condamner la perspective d’une guérison : pilules de variolarine-bouloumie contre la fièvre et les névralgies, ergotine et dragées d’ergotine de Bonjean (chimiste médaille d’or de la Société de Pharmacie de Paris), remède contre les hémorragies, pansement des vieilles plaies, huile iodée de J.Personne contre les maladies scrofuleuses et maladies de la peau, jugée plus efficace que l’huile de foi de morue, granules et sirop d’hydrocotyle asiatica contre les maladies de peau, syphilitiques, scrofuleuses, rhumatismales, tissu-sinapisme contenant les principes actifs de la farine de moutarde. Nous étions encore sous le Second Empire et la pharmacie tenait à peu de choses.

 

La grande réussite de Labélonye fut son sirop pour les « maladies du cœur » : « sirop titré à raison d’un tiers de milligramme de digitaline cristallisée par cuillérée à bouche, dose 3 cuillérées à bouche par 24 heures renfermant 4 milligrammes de digitaline cristallisée. »

 

Le sirop de digitale de Labélonye, apparu à la fin de la Monarchie de Juillet, connut un succès resplendissant, au point d’être encore proposé en 1925 dans l’Almanach Catholique Français.

 

Aucun étonnement que Clément Labélonye fut président de la Société de Pharmacie de Paris et qu’il devint un pharmacien réputé et fortuné. D’abord rattaché à d’autres officines de ses confrères, il fonda en 1867 la pharmacie « Labélonye et Cie » 99 rue d’Aboukir, celle-là même dont ses descendants assuraient encore la prospérité en 1925 !

 

Loin de se contenter de la médecine du corps, la médecine des âmes appela Labélonye à professer un républicanisme acharné, depuis son élection comme adjoint au maire du 5ème arrondissement de Paris à la Révolution de 1848 à son élection au suffrage universel masculin au conseil municipal de Chatou sous Napoléon III en 1865, fonction qu’il conserva jusqu’à sa mort en 1874 et dans laquelle il apporta son soutien aux élus de Chatou contre l’indépendance du hameau du Vésinet (361 hectares détachés de Chatou en 1875). Enfin, une carrière plus brève comme député de Seine-et-Oise à l’Assemblée Nationale unique de 1871 le confirma dans son indéfectible attachement au système républicain et son opposition aux monarchistes constitutionnels, qui, bien que légèrement majoritaires, manquèrent leur dernière opportunité.

 

La veuve du député Labélonye et son fils continuèrent à résider dans la somptueuse villa de l’avenue des Tilleuls jusqu’à ce qu’une succession elle aussi d’ordre médical apparaisse dans la personne du docteur Millard (1830-1915), médecin des hôpitaux de Paris, membre du conseil de surveillance de l’Assistance Publique, Chevalier puis Officier de la Légion d’Honneur, qui acquit les lieux en 1892.

 

Les recherches nous conduisent à penser qu’un fait plus particulier en dehors de rencontres à la pharmacie a pu permettre le lien du conseiller municipal Labélonye et du docteur Millard : la guerre Franco-Prussienne. Clément Labélonye était en effet à la tête des ambulances durant le siège de Paris de septembre-octobre 1870 cependant que le docteur Millard était responsable des ambulances du 4ème secteur de Paris.

 

 

Sources :

 

- "Chatou, de Louis-Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878" éditions Alan Sutton (2005)

- Archives municipales de Chatou

- Gallica : Almanachs médicaux

 

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Locomotive SNCF 241 P compound fabriquée aux usines Schneider du Creusot de 1948 à 1952, emblème de l'association.

13/04/2014

CHATOU DANS L'HISTOIRE EGYPTIENNE : DES TEMOIGNAGES DU XIXEME SIECLE

Nous avons curieusement évoqué sur ce blog l'Egypte à travers une présentation par le décorateur catovien Georges Rémon des villas Art Déco construites dans les années vingt dans ce pays.   

 

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Le percement du canal de Suez et ses emprunts sur le marché français firent entrer l'Egypte dans l'univers parisien. Ici une maison égyptienne de l'Exposition Universelle de Paris de 1867 par l'architecte Drevet - dessin de Gaildreau

 

Mais un retour en arrière s'est profilé grâce à l’Association du Souvenir de Ferdinand de Lesseps qui a maintenu auprès de nous cette ambiance égyptienne à travers l’affaire du canal de Suez. Nous avons donc cherché à compléter les liens de Chatou avec l’Egypte au XIXème siècle et au gré de nos divers inventaires, et avons eu le plaisir d’en découvrir quelques-uns, certains déjà évoqués dans nos publications :

Louis-Joseph Batissier, vice-consul de France à Suez de 1848 à 1852, nommé le 8 septembre 1852 pour participer aux travaux du consulat général à Alexandrie avant de demander en 1858 un congé de trois mois pour raison de santé qui ne lui fut finalement accordé qu'en 1860. Nommé consul honoraire par décret de l'empereur du 10 avril 1867, il habita 6 avenue des Vauxcelles (avenue Paul Doumer en 1932) où il avait fait construire une villa vers 1862 : son témoignage demeure  (cliché ci-dessous pris en 2005).

Notons que ses écrits connurent une certaine notoriété, en particulier son "Histoire de l'Art Monumental de l'Antiquité au Moyen-Age", médaillée en 1846 de l'Académie des Inscriptions et des Belles Lettres. Né en 1813, historien, archéologue, Louis-Joseph Batissier était inspecteur des Monuments Historiques depuis 1839 et avait été élevé au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 26 décembre 1855.

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Le député Jules Barthélémy Saint-Hilaire, opposant à l'Empire mais membre de la commission impériale pour l'étude du canal de Suez, fut  envoyé en Egypte en 1855 aux côtés de Ferdinand de Lesseps, et, sans être catovien, fut  le député de Chatou élu contre le candidat impérial au suffrage universel masculin au Corps Législatif en 1869. Il siégea jusqu’à la guerre Franco-Prussienne avant de devenir le secrétaire bénévole du premier président du conseil des ministres en 1871, Adolphe Thiers. Il fut ministre des Affaires Etrangères de Jules Ferry (1880-1881).

En outre, deux habitants de Chatou furent  des proches du pouvoir égyptien avant que l’Angleterre ne prenne en 1876 le contrôle du pays. Une Egypte nouvelle que la France avait contribuée à édifier avec l’appui des vice-rois.

Refusant les directives du sultan et résistant aux pressions anglaises, ces derniers se sacrifièrent en partie sur le compte du grand dessein de modernisation et d’embellissement qu’ils poursuivaient.

Dans leur entourage se trouvait le colonel Selim Bey Pauthonnier, aide de camp du vice-roi d’Egypte, recensé en 1872 dans la « section » du Vésinet appartenant alors à Chatou 3 rue des Grands Ponts. Le recensement précédent de 1866 ne le mentionnant pas, il est possible d’en déduire son installation dans l’intervalle dans ce « hameau » de Chatou comme on le définissait alors.

Enfin, D’Arnaud Bey habitait rue des Gabillons à Chatou sous le Second Empire. On ne peut identifier encore le numéro de sa villa laquelle existe probablement toujours et dont seul un acte de vente doit préciser la localisation, des nuées de domestiques figurant à l’époque dans le recensement de cette rue. D’Arnaud Bey était l’ingénieur en chef des travaux du Nil du vice-roi d’Egypte. La rue des Gabillons est devenue la rue de la Gare en 1878 puis la rue du Maréchal Joffre que nous connaissons en 1931.

Il est difficile malheureusement de trouver plus de renseignements.

Précisons que  deux vice-rois d’Egypte ont  pu être les interlocuteurs des dernières personnalités que nous venons de citer : Saïd Pacha, vice-roi de 1854 à 1863, co-auteur du projet du canal de Suez avec Ferdinand de Lesseps et Napoléon III, et Ismaïl Pacha, son successeur de 1863 à 1879, qui poursuivit l’œuvre de modernisation avant d’en être dépouillé au profit de la puissance anglaise.

 

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Saïd Pacha, vice-roi d'Egypte de 1854 à 1863 - illustration communiquée par l'Association des Amis de Ferdinand de Lesseps avec nos remerciements

 

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Ismaïl Pacha, vice-roi puis khédive d'Egypte de 1863 à 1879, déposé - illustration communiquée par l'Association des Amis de Ferdinand de Lesseps avec nos remerciements 

 

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Le palais du vice-roi d'Egypte reconstitué à l'Exposition Universelle de Paris de 1867 par l'architecte Drevet - dessin de Gaildreau

 

 

Mais ne tergiversons pas sur la conclusion : au terme d’une carrière égyptienne, Chatou était considéré comme un havre où probablement, souvenirs, plans, toiles et écrits sur un pays à l’aube du monde moderne durent dépayser l'intèrieur d’accueillantes villas, lesquelles peuplaient alors l’environnement frais et boisé du village de Chatou et de ses 3000 âmes.

 

Sources :

- Gallica

- "Mémoire en Images" (2003), par Pierre Arrivetz

-"Chatou, de Louis-Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878" (2005), par Pierre Arrivetz

- "L'Exposition Universelle de 1867 illustrée" - collection de l'auteur

 

04/07/2013

CATOVIEN ET MINISTRE DE NAPOLEON III : JEAN MARTIAL BINEAU (1805-1855)

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Né à Gennes dans le Maine et Loire le 18 mai 1805, Jean Martial Bineau sortit diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Mines  à 21 ans. Il appartenait à la promotion des futurs saint-simoniens. Il concentra sa première grande étude sur les chemins de fer après avoir observé le rayonnement de cette nouvelle invention en Angleterre et en tira un ouvrage qui fit grand bruit en France, « les chemins de fer anglais ».

En 1841, il se fit élire député d’Angers et siégea dans l’opposition dynastique à Louis-Philippe en ardent défenseur du développement du chemin de fer. En 1849, nommé ministre des Travaux Publics du prince-président Louis Napoléon Bonaparte, il professa l’allongement de la durée des concessions des chemins de fer pour favoriser leur extension.

De 30 ans, celles-ci passèrent à 99 ans trois ans plus tard avec la bénédiction de Napoléon III et de Morny.

Ayant soutenu le Coup d’Etat du 2 décembre 1851, il fut nommé ministre des Finances le 2 janvier 1852 et devint ensuite le premier ministre des Finances de Napoléon III.

La guerre de Crimée était déclarée aux côtés de l’Angleterre. Tous les régimes antérieurs ne se hasardaient à lancer des emprunts que vers les grands capitalistes. Contre une marée de réprobations, Bineau eut le premier l’idée de mettre en œuvre un grand emprunt s'adressant à tous les Français. Cette formule connut un succès extraordinaire. Elle est entrée dans l'histoire des Finances Publiques.

L’emprunt, dix fois couvert dans un élan de patriotisme au profit de l’armée française et d’affermissement du nouveau régime, lui ouvrit les portes de la célébrité.

Il fut le promoteur des entreprises des frères Péreire, organisant la création du Crédit Foncier et celle du Crédit Mobilier. Il fut également président du Conseil Général de Maine-et-Loire et membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Miné par de graves problèmes de santé, le ministre dut se retirer à la fin de 1854.

Napoléon III lui décerna la Grand-Croix de la Légion d’Honneur le 4 février 1855 et le fit sénateur. 

 

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Extrait du dossier de la Légion d'Honneur de Jean-Martial Bineau  - source : base Leonore - Ministère de la Culture

 

C'est dans "sa maison de campagne" à Chatou qu’il reçut le brevet de sa nomination au grade de Grand-Croix de la Légion d'Honneur en mai 1855. Il y rendit son dernier soupir le 8 septembre suivant. La ville de Neuilly-sur-Seine, semble-t-il moins concernée que Chatou, lui a décerné le nom d'un boulevard.

 

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L'acte de décès de Jean Martial Bineau à Chatou. Les témoins amis du défunt furent le comte de Loverdo, colonel d'état-major, et Louis-Philippe Beaurin, chef du bureau du Ministère des Finances. Joseph Cauvard, maire de Chatou (1852-1857), y apposa sa signature - source : Archives Municipales de Chatou.

 

 

30/06/2013

LE QUAI JEAN MERMOZ

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Le Quai Jean Mermoz aujourd'hui : la construction puis l'abandon d'un bâtiment des années soixante en a fait un passage enlaidi sur les bords de Seine plutôt synonyme de dévalorisation pour la ville.

 

Qui connaît le quai Jean Mermoz à Chatou ? voie routière reliant l'avenue des Tilleuls au quai de l'Amiral Mouchez, il fut longtemps le quai des promenades des bords de Seine avant d'être dédié à la circulation. Depuis un an, il est bordé par une allée piétonne donnant sur la Seine réalisée dans le cadre intercommunal, ce qui permet aux habitants de se réapproprier les lieux au moins en partie. Situé au bas de l'avenue d'Eprémesnil, il fut baptisé Quai des Papillons le 7 novembre 1847 par la municipalité de Monsieur Délivré et redevint Chemin de Halage sous le Second Empire.

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L'ancien Quai des Papillons était une promenade au bas des villas et de leurs jardins en promontoir sur la Seine.

 

Le nom de Mermoz fut donné au quai par délibération du conseil municipal du 28 février 1937 sous le mandat de Jules Ramas "en hommage au grand aviateur disparu avec ses compagnons de bord au cours de l'une de ses nombreuses traversées de l'Atlantique Sud et en souvenir des immenses services rendus à notre pays pour accroître le prestige des ailes françaises dans le monde". Mermoz était mort dans un accident dans l'Atlantique à bord du Latécoère "La Croix-du-Sud" le 7 décembre 1936.

 

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C'est en 1927 que Marcel Bouilloux-Lafont, fondateur de la Compagnie Générale  Aéropostale, l'avait envoyé en mission pour relier l'Amérique du Sud à Rio-de-Janeiro. La réussite de la traversée malgré des péripéties inouies fit de Mermoz un héros, celui-ci assurant la liaison avec l'Amérique du Sud pendant presque dix ans, faisant escale à Dakar puis en Amérique du Sud.

Ses aventures avaient traduit le péril permanent. Le journal "Voilà" rapporta en 1934 : "De la peur , Mermoz parle comme d'une servante : "dans le maximum de risque, dés que tout est perdu, elle disparaît. Quand je suis remonté de Natal (Brésil), en 1930, j'avais une fuite d'huile, avec la pression à zéro. Dans ces cas-là, il ne reste jamais qu'un quart d'heure de vol. J'étais en mer - une mer déchaînée, et dans ce quart d'heure, il me fallait trouver un bateau. Je me suis dit : "liquidé ! définitif !". Alors, je sais que je n'ai pas eu peur. C'était fini, rompu avec le monde extèrieur. Je plongeais dans un grand calme, une grande douceur. La mort, à cet instant, n'était plus un accident, mais la fin de la vie, comme le sommeil après le jour. J'ai tout connu : la rupture en l'air, la perte des ailes, je suis resté bloqué dans la Cordillière. Toujours dans ces minutes, j'ai ignoré la peur. Alors, une petite fumée est montée vers moi. J'avais trouvé un bateau dans le secteur avant que ce soit écoulé le quart d'heure sans répit (...)."

Commandeur de la Légion d'Honneur en 1934, Mermoz a représenté dans l'avant-guerre l'archétype du héros populaire, contrastant avec l'état de démission et de catastrophes ambiants. Afin de sauver la ligne aérienne France-Amérique du Sud menacée par l'Allemagne, les Etats-Unis et l'abandon du gouvernement français, il tenta de trouver un porte-voix auprès du mouvement du colonel de la Rocque. Ayant lui-même connu la misère, il enseignait aux déshérités le pilotage. A sa disparition, la France perdit l'un de ses derniers héros d'avant-guerre.

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En couverture de "Voilà" 21 avril 1934

 

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Mermoz pilota notamment un avion du constructeur Couzinet, "l'Arc-en-Ciel". Le franchissement de la Cordillière des Andes, jugé impossible, donna à Mermoz une renommée mondiale. Dans nombre de pays où il fit escale, un hommage demeure sous forme de stèles, noms de places et de voies. Ici, une arrivée au Brésil.

 

 

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17/12/2012

PAUL ABADIE (1812-1884), LA RENOMMEE D'UN ARCHITECTE INDEPENDANT

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Paul Abadie à l'époque où il emménagea à Chatou 
cliché communiqué par Monsieur Claude Laroche
 
 
 
Le chemin de fer a amené à Chatou nombre de personnalités qui mirent leur intérêt dans une villégiature leur offrant à la fois le calme, les espaces verts et la proximité de la capitale. Ce cadre verdoyant a en partie disparu ainsi que quantité de villas qui étaient entrées dans l'histoire de leurs propriétaires. Tel est le cas de la maison de l'architecte Paul Abadie, celle-ci venant couronner une carrière vouée à la rénovation des édifices religieux dans une époque où peu d'architectes avaient ce privilège.
 
Paul Abadie avait marqué de son empreinte sa fonction d'architecte des édifices diocésains du sud-ouest depuis 1848, fonction qu’il cumula avec celle d’inspecteur général des édifices religieux à partir de 1861. C'est lui qui imprima un style romano-byzantin, très spectaculaire, aux plans de restaurations des cathédrales Saint-Front de Périgueux et Saint-Pierre d'Angoulême  et de l'Eglise Sainte-Croix de Bordeaux.
 

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La cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême revue par Paul Abadie au terme d'une campagne de restauration entreprise de 1850 à 1875 à l'instigation de l'évêque d'Angoulême. L'architecte lui donna le style romano-byzantin mais prit soin de lui restituer les chapelles néo-romanes autour du choeur. Service Patrimoine d'Angoulême.

 
 
 
Son arrivée à Chatou se fit vers 1867. Né à Paris le 9 novembre 1812 et habitant 36 rue de Berlin à Paris lors de la guerre franco-prussienne (depuis 1914 rue de Liège), Paul Abadie avait décidé de s'accorder un repos campagnard et citadin en faisant ériger une villa 6 route des Princes à Chatou (devenue l'avenue François Arago en 1875) où il demeura jusqu'à sa mort.
 
Le 14 août 1869, l'empereur lui accorda la croix d'officier de la Légion d’Honneur. Sans doute l'architecte pensait-il avoir atteint le sommet de sa carrière lorsqu'il vint dans notre ville. Il fut élu conseiller municipal en juillet 1870 dans les derniers mois du Second Empire alors que l'élection des municipalités - dans un cadre de suffrage universel pour la commune de  Chatou - se poursuivait étrangement pendant la guerre franco-prussienne.  
 
Au lendemain de la guerre civile contre la Commune, le 11 juin 1871, Paul Abadie conseiller municipal de Chatou fut désigné par la municipalité de Monsieur Lambert pour intervenir sur la restauration de l'église Notre-Dame, victime des bombardements des batteries françaises du Mont-Valérien. Il en résulta la réfection de la nef, la réalisation de piliers cannelés et l'ajout d'une flèche sur le clocher du XIIème siècle. La restauration entreprise en 2010 eut notamment pour mérite de mettre en valeur ce parti pris.
 

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L'Eglise Notre-Dame de Chatou à la suite de l'intervention de Paul Abadie en 1871-1872. La façade romane avait été conservée - collection Louis Bigard - Pierre Arrivetz.

 

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Un pilier cannelé de Paul Abadie à la suite de la restauration de l'église Notre-Dame en 2010, référence de l'architecte catovien à l'époque romaine du Bas-Empire - cliché 2010 Pierre Arrivetz.

 

En 1874, Paul Abadie remporta le concours pour l'érection d'un monument expiatoire sur la colline de Montmartre, une victoire concluant l'examen de 78 projets, conséquence d'un voeu émis par l'Assemblée Nationale en 1873 en réponse à la Commune et au courant anti-religieux. Cet évènement dut le décider à ne pas renouveler son mandat de conseiller municipal de Chatou en 1875.

Construit en pierre calcaire de Chateau-Landon sur une souscription entièrement privée de dix millions de fidèles entre 1874 et 1919, le monument dont Paul Abadie dressa les plans symbolise Paris dans le monde entier aux côtés de la Tour Eiffel.

Lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1878, alors que le chantier battait son plein, un premier hommage fut rendu à l'architecte par un commentateur de la manifestation : " l'auteur de cette oeuvre considérable est un indépendant qui butine sur toutes les fleurs dont sa route est semée. Un peu gothique, bien davantage romano-byzantin, très latin dans son ensemble, l'art de Monsieur Abadie ne dédaigne  d'ailleurs ni Athènes ni Rome. Certes, il ne faut pas une valeur ordinaire pour amalgamer convenablement de pareils contrastes, qui, a priori, semblent très disparates. Le danger est réel, et nous ne conseillons pas à tous de le courir. Mais le talent éminent de Monsieur Abadie sait fondre en une harmonie parfaite des éléments si divers, et parvient à procurer aux yeux la sensation d'une douce surprise.

Il y a là un exemple frappant de la haute raison d'un architecte se préoccupant surtout de l'effet à produire, lorsqu'il s'agit de planter un monument sur la montagne qui domine souverainement une ville immense, et destiné à être vu, de tous côtés, à de grandes distances. 

En pareil cas, une nécessité s'impose, celle d'une architecture robuste se décorant elle-même par la nature de ses formes et n'admettant pas les détails de composition et d'ornementation qui n'apporteraient aucun concours utile à sa silhouette générale. En architecture, la sagesse est une notable partie du talent et le commencement du génie créateur."

 

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La basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, oeuvre de Paul Abadie - cliché 2011 Pierre Arrivetz.

 

Paul Abadie mourut sur le quai de la gare de Chatou à l'été 1884 :

 

« Monsieur Paul Abadie, architecte, membre de l’Institut, a été frappé, vendredi 1er août, d’une attaque d’apoplexie, à la gare de Chatou, au moment où il descendait du train venant de Paris ; l’éminent artiste est mort dans la nuit. » (Gazette des Architectes et du Bâtiment – août 1884).

 

«Le vaillant architecte était frappé inopinément et mortellement en revenant d’exercer les fonctions de juré au Concours du Grand Prix d’Architecture » (Revue de l’Architecture et des Travaux Publics – 1885). « Avant de clore son discours, Monsieur Daumet insiste sur la bienveillance parfaite qui caractérisait Abadie, président du Cercle des Maçons et Tailleurs de Pierre. »

 

Depuis 1972, une voie honore l'architecte dans le quartier Gambetta. Les deux cents ans de sa naissance n'ont pas été commémorés à Chatou. L'association lui a rendu hommage par une conférence le 19 juin 1998 de Claude Laroche, ingénieur des études au ministère de la Culture et défenseur de l'oeuvre de Paul Abadie. Chatou ne pouvait qu'être associée à la renommée de cette oeuvre singulière qui concourt encore aujourd'hui à l'intérêt de notre patrimoine national.
 

 

 

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L'affiche de la conférence organisée par Chatou Notre Ville sur Paul Abadie le 19 juin 1998 salle Jean Françaix à Chatou, par Claude Laroche, ingénieur des Etudes au Ministère de la Culture - réalisation de Monsieur Christophe Rémy.
 

 

 

 
 

 

 

 
 
 
 
 
 

16/11/2012

FEU LA GARDE NATIONALE

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Un officier de la Garde Nationale prêtant serment, peinture anonyme du XVIIIème siècle. Collection Chauvac-Claretie / photo Lauros-Giraudon.

 

Constituée sous la Révolution, la Garde Nationale n'évoque pas de souvenir marquant pour Chatou contrairement à Paris. Le 15 juillet 1789, Louis XVI nomma à la tête de la Garde Nationale Parisienne le marquis de La Fayette (1757-1834). Et la Garde vécut, traversa les régimes. Le 29 juillet 1830, une trentaine de députés nouvellement élus contestant les ordonnances de Charles X se réunit à l'Hôtel de Ville de Paris et nomma à nouveau, 41 ans plus tard, le général marquis de La Fayette chef de la Garde Nationale.

Celui-ci accueillit Louis-Philippe à bras ouvert, mettant fin à la révolution. Lafayette fut confirmé dans ses fonctions par une ordonnance royale du 10 août 1830. Mais, plus libéral que le roi, il entra en froid avec lui et lui donna sa démission le 24 décembre 1830.

L'un des problèmes de la Garde Nationale était qu'elle devait pourvoir elle-même à son habillement, ce qui, dans un village de petits cultivateurs comme Chatou, était un défi. Cela n'empêcha pas qu'en 1831, la Garde Nationale y compta 140 membres.

L'émeute du 26 février 1848 qui aboutit à l'incendie de la gare par des habitants de Rueil mobilisa la Garde Nationale de Chatou emmenée par son capitaine, l'ancien notaire Bornot, qui fit une vingtaine de prisonniers avant de recevoir l'appui d'un détachement de dragons.

A partir de 1849, la majorité royaliste de l'Assemblée fit appel au général Changarnier (1793-1877), royaliste affirmé, pour diriger la Garde et préparer un retour à la royauté, chaque camp envisageant un coup d'Etat par suite de l'interdiction constitutionnelle du renouvellement du mandat du président de la République. Conscient du danger pour son propre dessein, Louis-Napoléon prince-président le dessaisit de ses fonctions  puis, à l'occasion du coup d'Etat du 2 décembre 1851, l'exila pendant huit ans. A la même époque, Chatou comptait parmi les membres de la Garde le peintre et illustrateur Pharamond Blanchard (1805-1873) domicilié avenue de Saint-Germain. Le dernier état de la Garde Nationale fut déclaré au préfet en avril 1851, et ne recensa plus que 40 membres dans la commune. 

Sous le Second Empire, la Garde Nationale, qui avait épuisé le soupçon de défendre puis de couler dans la rue les différentes dynasties depuis sa création, fut ramenée à une Garde triée sur le volet, proche du gouvernement mais jamais convoquée sauf pour des tâches subalternes.

C'est ainsi que nous avons trace dans le recensement de Chatou de l'un de ses représentants les plus notables, propriétaire de 1862 à sa mort en 1876 d'une villa au 65 avenue du Chemin de Fer, devenue depuis l'avenue du Général Sarrail : Charles Scipion Joseph Perier. Né en 1811 et mort le 2 juin 1876 à Paris, Monsieur Périer était l'un de nos "villégiateurs" de Chatou, son domicile principal étant situé 20 rue Erlanger à Paris. 

 

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Extrait de la page concernée de la matrice cadastrale mentionnant Charles Scipion Joseph Périer aux Archives Municipales de Chatou

 

 

Celui-ci reçut en effet la Légion d'Honneur au grade de Chevalier par décret impérial du 19 août 1862 en sa qualité de commandant du 26ème bataillon de la Garde Nationale de la Seine. Sa position sociale exprima bien l'orientation du régime puisqu'il était banquier de son état.

En 1870, l'échec et l'invasion issue de la guerre franco-prussienne ne laissa pas le temps à la Garde Nationale de se reconstituer. La fondation de la Commune formée de bataillons de la Garde parisienne et la guerre civile qui s'ensuivit aboutirent à la suppression par le gouvernement de Thiers de la Garde Nationale le 25 août 1871. 

 

Sources :

"Histoires de Chatou - Chatou 1830-1848, les premières évolutions du village" édition Chatou Notre Ville (2009), par Pierre Arrivetz

"Chatou, de Louis-Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878" édition Sutton (2005) diffusion Chatou Notre Ville, par Pierre Arrivetz

"Histoire de Chatou et des environs", éditions Palatine (1952), par Paul Bisson de Barthélémy

Légion d'honneur - base Leonore

Matrice cadastrale de Chatou - Archives municipales de Chatou

 

 

29/06/2012

UN DECORATEUR CATOVIEN DANS LES EXPOSITIONS UNIVERSELLES : HENRY PENON

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Une image nocturne de l'Exposition Universelle de 1867 : "le promenoir", aux abords des cafés et lieux de restauration.

 

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A l'Exposition Universelle de Paris de 1867, le pavillon de l'Isthme de Suez abritant d'importantes maquettes et tableaux des travaux entrepris. 

 

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Le café russe à l'Exposition Universelle de Paris de 1867 

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Les ascenseurs exposés par Monsieur Léon Edoux à l'Exposition Universelle de Paris de 1867

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Un atelier de gravure sur verre à l'Exposition Universelle de Paris de 1867

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A la demande de Napoléon III, la classe 94 était l'exposition réservée aux créations des ouvriers eux-mêmes représentés par 320 exposants. L'Empereur y récolta des applaudissements aprés y avoir fait une visite le 21 octobre 1867 au cours de laquelle il acheta divers objets et déclara : "c'est mon devoir de travailler au bonheur public et particulièrement à celui des classes ouvrières qui montrent tant de zèle, d'intelligence et de patriotisme." La gravure le représente avec Monsieur Sajour, président du comité d'admission de la classe 94.

 

 

Alors que des dizaines de millions de visiteurs s’y ruaient pour observer les œuvres de milliers d’exposants, les expositions universelles de Paris de 1867 et 1878 vinrent rappeler au monde que dans l’industrie des Beaux-Arts, la France entendait garder son rang.

Un Catovien s’y distingua : Henry Penon, décorateur-tapissier, né en 1831, dont les ateliers furent situés à leurs débuts 10 rue du Faubourg Saint-Honoré et rejoignirent vingt ans plus tard la rue La Boëtie.

Les expositions universelles avaient le don pour consacrer non seulement la richesse technique et artistique d’un pays  mais encore le talent de jeunes entrepreneurs. Sous le Second Empire, Henry Penon, tapissier-décorateur, fut de ceux-là.  L’un des pavillons de l’Exposition Universelle de 1867, « Le Repos de l’Impératrice », lui dut sa célébrité. Voici ce qu'écrivit Edmond About dans  «  L’album de l'Exposition Universelle de 1867 illustrée » : 

" J'ai gardé pour la fin la perle de cette Exposition. Ce petit pavillon, si simple et si modeste en apparence, est une œuvre aussi capitale dans son genre que la serre de M. Dormois…(...) C'est M. Henry Penon qui a conçu, esquissé, dessiné, fait exécuter cet ensemble et tous ces détails. L'exécution appartient par moitié à son associé, qui est son frère. Ces jeunes gens ont sous la main toute une école de peintres décorateurs dont l'aîné est à peine âgé de vingt-cinq ans.  

M. Henry Penon a-t-il, comme il le croit, inventé un nouveau style de décoration ? je n'ose me prononcer là-dessus. Il doit beaucoup aux artistes du temps de Louis XVI, quoiqu'il se fasse un point d'honneur de ne rien leur emprunter. Ce qui lui appartient incontestablement, c'est le sentiment du beau, la rage de bien faire, et un certain mépris des obstacles qui a produit dans le courant de cet hiver un résultat vraiment curieux. Je vous ai dit que les principaux sujets de sa décoration intérieure sont peints sur satin dégradé. Mais les teintes dégradées ne s’obtenaient jusqu’ici que par le tissage ou l’impression ; belles par le tissage, médiocres par l’impression lorsqu’elle les donne.

Ils ont fait, font et feront des élèves. L'art si français et si parisien de la tapisserie devra beaucoup à leur initiative et à leur exemple.  Ils ne sont pas riches, ils commencent, et les voilà qui fournissent une quote-part exorbitante dans un travail collectif qui doit durer six mois et coûte 200.000 francs pour le moins." 

 

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Panorama du "Jardin Réservé " à l'Exposition Universelle de Paris au Champ de Mars en 1867 avec à sa gauche le pavillon octogonal d'Henry Penon dédié à l'impératrice Eugénie

 

 

Dans son ouvrage « L’Art Industriel à l’Exposition Universelle de 1867 », Auguste Luchet décerna ce commentaire :

« M. Henry Penon, de la maison Penon Frères, est un tapissier illustre. Et, comme on vient de le voir, nous ne sommes pas enthousiaste des tapissiers, lesquels, en fait d’art, empruntent beaucoup plus qu’ils ne prêtent. Mais celui-ci fait exception.

Celui-ci est sérieusement un homme de génie dans son genre. L’auteur du pavillon de l’Impératrice, songeant à employer le terrain qu’on lui concédait, entreprit de créer  un kiosque dans un parc. Ce n’est pas qu’il y en eût déjà, Dieu merci ; mais personne, que nous sachions, n’avait, fût-il même architecte à ruban, distingué ces habitations mignonnes des lois d’ensemble et d’intérieur  qui régissent les pièces banales de la grande habitation.(…)

Le sujet : Le Matin, un poème.  Et, pour chanter ce poème  dans la pièce octogone, quatre panneaux principaux, accompagnés chacun de deux panneaux latéraux. Les quatre autres faces percées à jour par de hautes fenêtres. Nature et lumière, éther et parfums. » Alors que des boiseries en sycomore furent choisies par le décorateur, il y sculpta des motifs de houx et d’aubépine, de rose sauvage et de muguet, de feuillages de peuplier, de platane, d’orme et de chêne.

Des panneaux en soie teints  en tons dégradés, « depuis celui de satin bleu d’argent à celui d’azur un peu plus obscurci, afin de reproduire le ciel », figuraient « la  blonde Psyché » qu’Eros  éveillait en secouant un bouquet sur son front tandis qu’au fond du tableau, des enfants joyeux dansent en rond."

Le 1er juillet 1867, pendant l'Exposition, Henry Penon reçut une Médaille d'Or parmi quatorze exposants distingués de l'Europe entière.

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Ci-dessus, une gravure représentant la  ruée  vers l'Exposition Universelle de Paris de 1878.

 

En 1878, la France de Mac-Mahon brava son isolement international par une nouvelle exposition universelle. Celle-ci offrit notamment l’avantage de réduire les opinions desséchées de tous ceux, qui en Europe, se faisaient fort de convoyer sans fin le char funèbre de la guerre Franco-Prussienne.

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L'inauguration de l'Exposition Universelle de Paris le 1er mai 1878 autour du Palais du Trocadéro nouvellement construit.

 

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Vue générale de l'Exposition de 1878 au Champ de Mars.

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La maison égyptienne, un jour de conférence de Ferdinand de Lesseps à l'Exposition Universelle de 1878.

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Mobilier de la Société des Marbres et Onyx d'Algérie à l'Exposition de 1878

 

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 Lanterne en fer forgé de M.Bodart à l'Exposition Universelle de Paris de 1878, élégante et discrète...

 

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Fontaine Renaissance, par la maison Christofle, à l'Exposition Universelle de Paris de 1878.

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Le marteau pilon à vapeur du Creusot et en fond, le Pavillon du Creusot à l'Exposition Universelle de Paris de 1878.

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L’œuvre des décorateurs à l’Exposition Universelle de Paris fut rapportée par le Rapport du Jury International édité par le Ministère de l’Agriculture et du Commerce :

« si nous pouvions convier les visiteurs de notre exposition à une incursion dans le Paris moderne (un hommage à l’œuvre si conséquente de Napoléon III et du baron Haussmann ), c’est là seulement qu’ils pourraient se rendre compte du véritable rôle du tapissier décorateur et de l’importance du concours qu’il a pu prêter à l’architecte pour créer ces habitations, dont un grand nombre  sont des types achevés de haut goût et de véritable élégance.

 

Ce sont ces maisons d’élite qui ont été, avec les écoles d’architecture et les écoles d’apprentis, le plus précieux soutien de l’industrie du tapissier décorateur, et qui l’ont aidé à maintenir la réputation que la France s’est faite dans cet art. Il ne faut pas non plus oublier l’heureuse influence de la Société pour la Propagation des Livres d’Art, qui ne saurait être trop encouragée.

 

Paris est donc toujours resté le grand centre de l’industrie du tapissier décorateur, et, sur un mouvement d’affaires annuelles de 100 millions pour toute la France, Paris peut revendiquer à lui seul 70 millions.

 

(…) Il faut bien que nous disions que les objets figurant à une exposition de tapissiers décorateurs sont sacrifiés d’avance ; et le sacrifice à faire est considérable, puisque la somme dépensée par les vingt exposants de la France s’est élevée à prés d’un million de francs.

 

Mais, pour peu nombreuses qu’elles aient été, les maisons qui ont exposé n’en ont pas moins représenté brillamment l’industrie parisienne du tapissier décorateur. » Et le rapporteur de citer Fourdinois en premier lieu et en second, « la maison Penon, dont l’exposition a eu la bonne fortune d’attirer et de captiver la foule.

 

Nous sommes ici en présence d’un véritable ensemble décoratif : au point de vue du coloriste, il est difficile d’éprouver une satisfaction plus complète. Le choix des étoffes, leurs nuances rompues, la manière dont elles sont drapées, la richesse des passementeries, tout est bien œuvre du décorateur.

 

M. Penon a aussi exposé des panneaux en broderies, qui sont d’une grande beauté et d’un grand effet décoratif. L’un de ces panneaux est un mélange de tapisserie de basse lice et de broderies d’application. Le relief est puissant et la coloration est vraiment belle. Ces trois panneaux exposés, représentant l’un une figure, l’autre une fête champêtre et le troisième un paysage, trouveraient leur digne place dans un musée des travaux à l’aiguille. »

 

Henry Penon quitta l’exposition universelle de Paris de 1878 avec la Légion d'Honneur au grade de Chevalier dans les classes 17 à 29 du mobilier, la seule qui fut remise à un tapissier.

 

L’un de ses mérites, écrivit-on, fut également d’avoir mis à la mode la peluche.

 

A Chatou, Henry Penon quitta la rue de la Procession pour emménager  rue de Sahüne où il se rendit acquéreur de la villa "le Cèdre" en 1884.

 

Domicilié également à Paris 95 avenue Victor Hugo, il séjourna au « Cèdre » jusqu’à sa mort en 1907.

 

La villa (ci-dessous) avait été déclarée au cadastre en 1866. Couvrant les lieux-dits "les Justices" et "les Gargouilles", son immense domaine fut morcelé en 1891 par le décorateur lui-même, ce qui donna lieu à l’ouverture de la voie qui porte son nom à Chatou par une décision unanime du conseil municipal du 9 septembre 1892 sur proposition de Maurice Berteaux. A la demande d'Henry Penon, celle-ci prit le titre d'avenue et non de rue. Quant à la seconde voie ouverte dans le prolongement de la rue Sous-Bois, le conseil lui attribua le nom de François Laubeuf, en l'honneur du maire héroïque de Chatou lors du siège de 1870. 

 

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En 1882, c’est en qualité d’artiste « sorti du rang » qu’Henry Penon observa l’exposition rétrospective de l’Union Centrale des Arts Décoratifs. Point de participation mais un jugement sévère de ses pairs à travers une critique sans ambages du mobilier en vigueur exprimée dans son ouvrage « Etude du Mobilier ». Il fut également un membre actif de la Société des Arts Appliqués à l’Industrie.

 

 

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Modéle de papier peint de la collection des ateliers Penon - bibliothèque Forney

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Projet de décoration intèrieure par les ateliers Penon - bibliothèque Forney

 

Quelques années plus tard, il fit don d’ouvrages de projets de ses ateliers, dont la liste a été conservée à la Bibliothèque du Musée de l'Union Centrale des Arts Décoratifs (ci-dessous, modèle de papier peint). Ceux-ci renferment plus de 2000 dessins ainsi que vint en témoigner pour l’association en l'an 2000 Madame Odile Nouvel, conservateur du département du XIXème siècle du Musée des Arts Décoratifs et spécialiste du mobilier Napoléon III-1880.

 

Les 14 et 15 mai 1891, Henry Penon dispersa une partie de son mobilier aux enchères à Drouot. Son inventaire ne laisse pas indifférent : tableaux de l’école française du XVIIIème siècle, des écoles flamandes et hollandaises parmi lesquels des tableaux de Boucher, Breughel, Chardin, des aquarelles de Fragonard et Géricault, dessins de Girodet et d’Hubert-Robert, pastels de Van Loo et Watteau, sculptures et bronzes du XVIIIème siècles. Retenons pour la postérité ce cliché d’un canapé de Madame de Pompadour :

 

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Henry Penon maria sa fille Henriette au général Joffre, alors directeur du Génie au Ministère de la Guerre, en 1905, faisant rentrer, sans le savoir, sa famille au coeur de la plus grande conflagration que le monde ait connue.

 

 

 

Sources :

Madame Odile Nouvel-Kammerer, conservateur - Musée de l'Union Centrale des Arts Décoratifs, spécialiste du mobilier Napoléon III - 1880, auteur de "L'aigle Et Le Papillon - Symboles Des Pouvoirs Sous Napoléon 1800-1815" (2007 -Les Arts Décoratifs), "Papiers peints panoramiques" (2001 -Flammarion), "Le style Second Empire" (1999 - Flammarion)

Archives départementales des Yvelines : "La Liberté de Seine-et-Oise", 23 août 1907

Archives municipales de Chatou : recensements de population

"L'Album de l'Exposition Universelle de 1867 Illustrée"

"L'Art Industriel à l'Exposition Universelle de 1867"

Exposition  Universelle de 1867 - "Les Arts dans l'Industrie - Rapport du Jury International"

"Les Merveilles de l'Exposition de 1878"

Bibliothèque Forney

Service Historique de la Défense

L'auteur remercie Madame Strugo, propriétaire de la villa d'Henry Penon à Chatou, qui lui a permis de prendre la photo qui illustre cet article en 2005. 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

21/06/2012

LA SEINE A CHATOU AU TEMPS DES POISSONS...

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"Les loisirs de Chatou" - gravure de Jean-Jacques Grandville (1803-1847), graveur et illustrateur de l'hebdomadaire "L'Illustration" fondé en 1843 ainsi que des journaux "Le Charivari", "La Caricature". Il fut surtout l'auteur de recueils célèbres où il transforma les fleurs et les animaux en êtres humains : "Les Fleurs Animées", "Les Métamorphoses du Jour" ... Grandville habitait 48 route de Saint-Germain à Chatou sous la Monarchie de Juillet.

 

« La pêche parisienne se portait autrefois du côté du village de Charenton, que le fameux Vreusez, pêcheur, auteur et marchand d’ustensiles de pêche, avait mis en vogue.

La difficulté que les amateurs  trouvaient à s’y rendre les éloigna peu à peu de cette localité à laquelle ils ont préféré Chatou sur la lisière du Vésinet, dans une sorte de delta solitaire que décrit l’un des anneaux de la sinueuse Seine.

Le chemin de fer de Saint-Germain s’y arrête. Ces parages sont régulièrement visités par le petit nombre des adeptes de bonne compagnie de la pêche à Paris.

C’est tout un monde à connaître. Les campagnes voisines de Chatou, Croissy, Bougival, sont habitées par un essaim de gens de lettres, d’hommes et de femmes appartenant à la vie artistique de Paris, qui ont coutume de se retrouver sur ces berges à certaines heures du jour, tantôt par la pêche, tantôt par les plaisirs du frais en pleine eau, qui se prend vers les quatre heures. Si, par une chaude après-midi de beaux jours de la saison d’été vos loisirs vous dirigeaient vers l’île de Croissy, vous seriez en joyeuse compagnie de sport avec ce monde aux spirituelles allures.

La pêche à la ligne dans les eaux de la Seine comprend le brochet, qui se prend de juin à janvier et le soir, la perche, pendant la même époque et aux mêmes heures, la carpe de juin à octobre, matin et soir et toute la nuit, le chevesne, de juin à février toute la journée, la brème d’avril à septembre matin et soir, le gardon d’avril à décembre, toute la journée, la vendoise d’avril à décembre toute la journée, le goujon, d’avril à novembre toute la journée, l’ablette d’avril à octobre toute la nuit quand il n’y a pas de lune.

Enfin, on trouve parfois encore ce savoureux poisson de Seine si apprécié de nos pères, la lotte qui donna lieu à ce proverbe très populaire : « pour manger de la lotte, Madeleine vendit sa cotte. » 

Journal des Haras, Chasses et Courses de Chevaux - 1857  

 

« C’est à Chatou et Bougival que la tribu des pêcheurs à la ligne contemporains va se livrer  à son plaisir favori. Monsieur Chapus place au premier rang le compositeur d’un des plus mélodieux opéras de notre époque, « Le songe d’une nuit d’été », Monsieur Ambroise Thomas, Monsieur Emile Augier, mieux inspiré, je l’espère, à la pêche qu’au théâtre mais qui doit s’entendre à amorcer la ligne pour le fretin des personnes vulgaires, « Le fils de Monsieur Giboyer » me porte à le croire, Monsieur Jules Sandeau, l’auteur de « Catherine et de Marianne » qui l’ont conduit à l’Académie, et parmi les peintres, Messieurs Nanteuil et Meissonier (…). »

L’Echo de la France – 1866

 

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Ambroise Thomas (1811-1896), directeur du Conservatoire National Supèrieur de Musique et de Danse de Paris (1871-1896), compositeur d'opéras qui entra triomphalement à l'Académie des Beaux-Arts en 1851, goûta les charmes de la pêche à Chatou et dans les environs.

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Meissonier (1815-1891), l'un de nos plus grands peintres d'histoire, auteur notamment de L'Apothéose impériale, la Retraite de Russie, les Cuirassiers à Waterloo, Napoléon III à Solférino, membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1861, n'ignorait rien de la pêche à Chatou.