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30/08/2007

LE MORT DE LA GUERRE DE CRIMEE

Vers le milieu du XIXème siècle, la Turquie était déjà l’homme malade de l’Europe. Sa domination ancestrale dans les Balkans s’affaiblissait. L’un de ses voisins, poussé par le désir d’extension et une affirmation commode de la religion, la Russie, avait conduit les orthodoxes à s'approprier en 1808 les lieux-saints au détriment des latins, traditionnellement protégés de la France. 

En mai 1853, le tsar Nicolas Ier  avait envoyé un ultimatum au sultan de Constantinople pour lui demander d’accorder à la Russie « un protectorat sur tous les chrétiens orthodoxes de l’empire turc ». C’était bien entendu une extension de la Russie en Europe, une domination de la religion orthodoxe sur la religion catholique.   La France avait envoyé des plaintes aux tsars successifs depuis l’affaire des lieux-saints, en vain. Napoléon III, à peine assis sur le trône, avait en tête l’indignation du clergé catholique qu’il ne pouvait s’aliéner, l’humiliation subie par la France qui lors des campagnes napoléoniennes révolutionnaires, avait renforcé son alliance avec la Turquie.

Sur conseil de l’Angleterre et de la France, le sultan repoussa l’ultimatum qui lui était adressé. Il déclara la guerre à la Russie le 4 octobre 1853 et en décembre suivant, la flotte turque fut anéantie à Sinop par la Russie. Les troupes du tsar pénétrèrent en Moldavie et en Valachie. La France et l’Angleterre offrirent leur médiation, sans succès. Pour la première fois depuis sept siècles, les deux pays s’unirent militairement pour repousser l’armée russe.      

La guerre commença en Bulgarie en mars 1854 puis se déporta dans la presqu’île de Crimée de septembre à 1854 à  septembre 1855. L’armée franco-anglaise choisissait ce déplacement du conflit pour éviter des problèmes de ravitaillement.   A Sébastopol, la Russie avait érigé un puissant arsenal maritime, contrôlant la Mer Noire et faisant face à Constantinople. 356 navires débarquèrent en Crimée 30.000 français, 21.000 anglais, 6000 turcs, des vivres pour quarante-cinq jours. Ce fut le siège le plus imposant de l’Histoire. Le plus meurtrier aussi, causant la mort de 200.000 soldats russes et celle de 100.000 soldats alliés, les renforts amenés de part et d’autre étant décimés par le froid, le typhus et le choléra.  

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Extrait du tableau d'Yvon sur la prise du fort
de Malakoff à Sébastopol
L'uniforme français bleu et pantalon garance
fut conservé jusqu'en 1914 

Le premier régiment de la garde impériale de Napoléon III y subit de lourdes pertes dont celle d’un Catovien de 33 ans, Théodore Pierre Victor Jacquin. Blessé et (ou) malade, celui-ci fut ramené à Marseille le 6 août 1855. A 11 heures du matin, son décès y fut enregistré. Il était membre de la cinquième compagnie du premier bataillon du premier régiment de voltigeurs de la garde impériale. Il ne connut donc pas l’issue du conflit. Après une canonnade de 800 pièces alliées, la victoire fut emportée par un assaut au centre de la citadelle à Malakoff par le général de Mac-Mahon le 8 septembre 1855, obligeant les Russes à évacuer Sébastopol.

Nicolas Ier était mort pendant le siège en mars 1855. Aprés l'évacuation de Sébastopol, son successeur, Alexandre II, sur insistance du roi de Prusse, demanda la paix. Napoléon III organisa alors le Congrès de Paris,  où l’acte de naissance de la Roumanie fut scellé.      

Ne supportant pas l’activisme diplomatique de Napoléon III, l’Angleterre retourna à son splendide isolement et laissa la France à ses démêlés européennes. Elle n’en sortit qu’en...1904.      

La victoire du Second Empire en Crimée fut suivie de succés contre l’Autriche en faveur de l’Italie nouvelle et la France fut considérée pendant dix ans comme la première puissance militaire européenne.      

Mais la Russie abattue, l’Autriche écrasée, la montée du militarisme prussien s’annonça au milieu de la vague de libéralisme et de renoncement de la politique de défense du régime impérial. Il n’y aurait désormais plus personne pour secourir les vaillants soldats de la Crimée et d'Italie. Leurs combats n'en demeurent pas moins  honorés par les voies, les ponts et les stations de métro de la capitale.    

A ce titre, le nom de Pierre Théodore Jacquin ne devrait-il pas être ajouté à celui de nos anciens combattants ?        

 

 

 

 

26/08/2007

USINE PATHE, DES SOUTIENS POUR L'HISTOIRE

 

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Usine Pathé-Marconi de Chatou (1929),
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes londoniens
Berceau du microsillon en 1951
Répertoriée par l'Inventaire Général
de la Région Ile de France depuis 1991
photo : J.B Vialles - ADAGP
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Détail de façade de l'usine Pathé-Marconi à l'abandon.
Il n'y a guère qu'à Chatou que le négationnisme concernant le patrimoine industriel sévit encore.
La spéculation et la banalité ont fait office de victoire publique sur un édifice emblématique de la culture du XXème siècle. 
 
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La sauvegarde de l’usine Pathé-Marconi

au 1er octobre 2004:

des soutiens pour l’histoire

 

Eddie Barclay, Fondateur de la Compagnie Phonographique Française (1945), Ancien industriel du disque, Emmanuel Bréon, Directeur du Musée des Années Trente, Conservateur en chef des Musées de la Ville de Boulogne, Jean-Christophe Averty, Créateur et animateur de l'émission "Les Cinglés du Music-Hall" sur France-Culture, Maurice Culot, Architecte, Membre de la Commission des Monuments Historiques, Grand Prix de la Critique Architecturale, Chargé de mission à l'Institut Français d'Architecture, Président de la Fondation pour l'Architecture - Bruxelles, Jean-Marie Drot, Catovien, Ancien directeur de l'Académie de France d'Architecture à Rome, Auteur-réalisateur d'émissions de radio et télévision, Charles Bourély, Catovien, Inspecteur Général Honoraire des Monuments et des Sites, Pierre Vercel, Catovien, Ancien directeur général et président de Pathé-Cinéma, Pascal Sevran, animateur - réalisateur de télévision, spécialiste de la chanson française, Le Prince Géraud de la Tour d'Auvergne, Inspecteur Général Honoraire de l'Administration Culturelle, Président de Portus Magnus, association internationale pour le développement archéologique, écologique et portuaire d'Alexandrie,  Marie-France Calas, Conservateur Général du Patrimoine, Spécialiste du patrimoine sonore et audiovisuel,  José Sourillan, Ancien Directeur des Archives Audiovisuelles de RTL, auteur de disques d’histoire et de documentaires, Roselyne Germon, petite-nièce de Jacques Haîk, Créateur du cinéma " Le Grand Rex " (1932),  André Hébrard, Catovien, ancien haut fonctionnaire délégué à la Reconstruction, Georges Martin Saint-Léon, Catovien, Ancien président de l'Office du Tourisme de Chatou-Croissy-Carrières-Montesson, Pathé, Société cinématographique créée par Charles Pathé en 1896, L.V.M.H (Moët Hennessy Louis Vuitton), Institut des Archives Sonores, Société possédant un fonds historique de 400.000 documents sonores de 1880 à nos jours - projet d'"université de la parole", les familles de Charles et Emile Pathé, Line Renaud, chanteuse, comédienne, Pierre Arditi, comédien, Claude Piéplu, comédien, Annie Cordy, chanteuse, comédienne, Georges Lautner, cinéaste, Mick Micheyl, chanteuse, sculpteur, Claude Bolling, musicien, chef d'orchestre, Claude Pinoteau, cinéaste, Pierre Tchernia, cinéaste, créateur de l'émission de télévision " Monsieur Cinéma ", Robert Enrico, cinéaste (décédé), Bruno Podalydés, Catovien, cinéaste, Yves Duteil, chanteur, Clelia Ventura, Catovienne, scénariste, fille de Lino Ventura, Odette Ventura, épouse de Lino Ventura, Marie-Christine Audiard, épouse de Michel Audiard,  Marie-Thérèse Orain, comédienne, chanteuse, Europa Nostra, Association paneuropéenne du Patrimoine, présidée par Son Altesse Royale le Prince Consort de Danemark, Société pour la Protection du Paysage et de l'Esthétique de la France, association reconnue d'utilité publique, membre de la Commission des Monuments Historiques, La Demeure Historique, association reconnue d'utilité publique, L'Institut du Patrimoine Wallon, Comité d'information et de liaison pour l'archéologie, l'étude et la mise en valeur du patrimoine industriel (CILAC), Association des Amis du Musée de Nogent, Musée-Association " Les Amis d'Edith Piaf ", Association " Les Amis de Barbara ", Association " Les Amis de Tino Rossi”, Association " Les Amis de Louis Amade " (préfet de police, poête, auteur de chansons de Gilbert Bécaud et Charles Trénet), Association du souvenir à Luis Mariano, Association “Les Amis de Jean Sablon”,  Jean-Pierre Pasqualini, Rédacteur en Chef du Magazine Platine, Spécialiste de la chanson française, Corinne Lepage, ancien ministre de l'Environnement (Cap 21), André Santini, député-maire (UDF) des Hauts de Seine, le prince Charles Bonaparte, maire-adjoint d’Ajaccio, Emmanuel Hamelin, député (UMP) de Lyon, membre de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée Nationale, Olivier Dassault, député (UMP) de l'Oise, Pierre Amouroux, député (UMP) des Yvelines, Jérôme Lambert, député (PS) de la Charente, Anne Hidalgo, première adjointe (PS) au Maire de Paris, Serge Méry, vice-président (PS) du Conseil Régional d'Ile de France, Olivier Galiana, conseiller régional (PS) d'Ile de France, Michel de Rostolan, conseiller régional (FN) d'Ile de France, Michel Bayvet, conseiller régional (FN) d'Ile de France, Martine Lehideux, conseillère régionale (FN) d'Ile de France, Gilberte Decossin, ancienne déléguée du comité d’entreprise de l’usine de Chatou (CGT).

 

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L’alerte médiatique était donnée depuis plusieurs années par le Courrier des Yvelines et le Parisien. Elle prit un nouveau tour lors du Salon du Patrimoine au Carrousel du Louvre consacré au patrimoine industriel en novembre 2002, auquel participa l’association aux côtés de l’entreprise Pathé. Le journal “Le Monde”, sous la plume d’orfèvre d’Emmanuel de Roux, puis “le Figaro”, dans un grand article d’Hervé Guénot et enfin TF1, dans son journal de 20 h incluant un reportage mémorable de Marion Desmarrets présenté par Claire Chazal, mirent la question sous les yeux de l’opinion publique. Le Moniteur, le Nouvel Observateur, furent aussi de la partie. Le ministre de la Culture de l’époque, Jean-Jacques Aillagon, se concerta avec le maire et l’ABF partisans de la démolition, et refusa une mesure de protection. L’enquête publique en avril 2003 dans la commune révéla ensuite 1806 signatures sur 1877 favorables à une conservation partielle du site (96% des avis exprimés).

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Cassandre - 1932

 

En septembre-octobre 2004, l’association ayant saisi les élus nationaux , le président de l'Assemblée Nationale, Monsieur Jean-Louis Debré, saisit le Ministre de la Culture, de même que le ministre de l'Intérieur et le Ministre des Libertés Locales, Monsieur Jean-François Copé. Le ministre des Finances, Monsieur Nicolas Sarkozy, demanda au préfet d'examiner notre dossier avec " bienveillance. " Le successeur de Monsieur Aillagon refusa à son tour de donner suite aux demandes que l’association adressa en mai et septembre 2004 lorsque le site était encore debout.

 

Jusqu’à la fin, il ne fut jamais tenu aucun compte des arguments des défenseurs d’une conservation partielle. Le site fut entièrement rasé en novembre 2004.

 

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Victoria Coach Station (1931-1932) à  Londres
(gare routière pour les bus)
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes de l'usine de Chatou
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Usine des parfums Coty (1932) à Brentford
dans la banlieue de Londres
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes de l'usine de Chatou
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Usine de la Compagnie Générale d'Electricité (1920-1922)
à Birmingham dans la banlieue de Londres
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes de l'usine de Chatou
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Usine Hoover (1932)
aprés ravalement
et avant ravalement ci-dessous
à Perivale dans la banlieue de Londres
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes de l'usine de Chatou
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Ces usines existent toujours et accueillent de multiples entreprises, la règlementation d'urbanisme de Londres gardant comme limite de hauteur constructible celle des bâtiments existants. La série"Poirot" avec David Suchet dans le rôle-titre a été tournée en partie dans les usines de Wallis, Gilbert et Partners

 

 

 

 

 

 

Histoire locale : Wallis, Gilbert et Partners sont les plus célèbres architectes anglais de l'Art-Déco. A cet égard, il est remarquable que l'ABF architecte en chef des monuments historiques des Yvelines et la ville de Chatou ont toujours nié tout intérêt architectural à l'usine Pathé de Chatou.

Le projet initial de remplacement de l'usine par des bureaux et logements promu en 1999 par la municipalité a simplement été changé en logements et maison de retraite en 2001 sans qu'aucune démarche n'ait jamais été entreprise pour une conservation partielle du site. La municipalité a reçu le soutien du MNR, des deux élus socialistes locaux, a passé un accord avec un autre groupe nouvellement élu qui a étalé son entente sans contrepartie sur le sujet dans le Courrier des Yvelines. 

 

A l'enquête publique de 2003 en revanche, 1806 pétitions sur 1877 avis exprimés ont demandé la conservation au moins partielle de l'usine, soit 96% des avis exprimés. Mais ces avis n'intéressaient pas les pouvoirs publics, omnubilés par leurs projets immobiliers vertueux. 

 

 

 

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