04.08.2009

LES TIMBRES FONT L'HISTOIRE

CHATOU TIMBRES 1.jpg
collection Pierre Arrivetz
 
 
Le développement de Chatou en cité de villégiature tout au long du Second Empire permit à la ville de se doter de moyens de communication modernes , tout en bénéficiant de l'abaissement du tarif des communications exigé par Napoléon III.
 
C'est ainsi qu'une convention votée par le conseil municipal le 11 septembre 1869 conduisit à l'installation d'un bureau télégraphique à la gare de Chatou. Chatou louait le local à la Compagnie de l’Ouest, plus gros propriétaire foncier de la commune depuis sa création en 1855. Le premier responsable du bureau jusqu'en 1876 fut une femme, Joséphine Vertel. Le timbre ci-dessus, oblitéré le 29 mars 1870 à la gare de Chatou-Croissy, quelques mois avant la chute de l'Empire, est un timbre pour télégramme expédié du bureau de Chatou.
 
Le bureau du télégraphe fut transféré à l'angle de la route de Saint-Germain (aujourd'hui avenue Foch) et de l'avenue du Chemin de Fer (aujourd'ui avenue Sarrail) en 1877, le local étant jugé « humide et malsain » par le maire par intérim, Paul Girard.
 
Monsieur Philippe Blache, président de l'Association Philatélique de Chatou et des Environs, a remis en perspective à l'occasion de l'exposition sur la gare de Chatou initiée par Chatou Notre Ville (visible actuellement sur le quai Chatou-Paris gare du RER), le régime postal en vigueur de la fin de l'Empire au début des années 1880.
Il s'agit du système des boîtes mobiles, placées à la gare, boîtes postales dont le contenu était vidé pour être emmené dans le train Paris-Saint-Germain. Au cours du trajet, les lettres étaient oblitérées par un convoyeur-station dans un compartiment spécial accueillant le courrier.  Le courrier déposé à Saint-Lazare était ensuite acheminé vers le bureau central de la Bourse de la Poste. 
 
C'est le 17 novembre 1867, sous le mandat de Pierre Dumas, que le conseil municipal de Chatou fit valoir que "pour donner de nouvelles facilités au public, l'administration des postes fait établir dans certaines gares de chemin de fer des boîtes mobiles en tôle dont la levée est faite au moment du passage des trains."
Le conseil approuva alors la pose de deux boîtes mobiles, l'une en gare de Chatou, l'autre dans la station de son hameau du Vésinet (la station avait été ouverte en 1861). Une dépense de 51 francs  fut consentie sur les dépenses imprévues de 1867.
On trouve encore des timbres affranchis pour Chatou sur la ligne Paris-Saint-Germain. Leur oblitération est PSGL pour Paris ou 3638 pour Saint-Germain-en-Laye.
 
Ci-dessous, un timbre normal pour une lettre emmenée sous le système de la buralité de Chatou. L'utilisation des gros chiffres a eu lieu entre 1862 et 1875 (numéro de Chatou 971), celle des petits chiffres (numéro de Chatou 817) entre 1852 et 1862 (source: Philippe Blache).
PHILATELIE TIMBRE 1858.jpg
Lettre du 26 juillet 1858 envoyée de Chatou
 par Madame Desnoyers, petit chiffre 817
collection Pierre Arrivetz
 
CHATOU TIMBRES 2.jpg
Timbre affranchi entre 1862 et 1875 (gros chiffre, pour Chatou 971)
collection Pierre Arrivetz
 
Entre 1849, date d'entrée en service du premier timbre en France, et 1852, l'oblitération était un losange. En effet, d'aprés les recherches de Monsieur Blache, la buralité de Chatou, qui avait été supprimée en 1818, finit par être restaurée en juin 1840. On doit au ministre de Louis XV et de Louis XVI et dernier seigneur de Chatou, Henry-Léonard de Bertin, d'avoir instauré un bureau de poste à Chatou en 1780, à une époque où il n'existait que quelques centaines de bureaux.
 
 
 
 
 
Pour en savoir plus sur cette pèriode de Chatou ainsi que la guerre de 1870 et ses conséquences
ad75b0d21c5551c1ce6f86465bde705f.gif
240 pages. Disponible par commande
à l'éditeur Alan Sutton
tél 02 47 40 66 00
 
 
A des fins historiques, l'Association Philatélique de Chatou recherche tout type d'affranchissements concernant Chatou. Le président de l'association, Philippe Blache,
est à votre disposition au 01 39 52 53 24.

02.08.2009

NYMPHEE DE SOUFFLOT (1774) : DANS L'ATTENTE D'UN EFFONDREMENT ?

NYMPHEE 1.gif
Nymphée de Soufflot, carte avant 1914
Classé monument historique en 1952
NYMPHEE 2.jpg
photos 1996
NYMPHEE 3.jpg

Le Nymphée représente le seul vestige du domaine de Bertin, dernier seigneur de Chatou de 1762 à 1791, intendant du Roussillon en 1750, de Lyon en 1754, lieutenant général de police de Paris en 1757, ministre de Louis XV et de Louis XVI de 1759 à 1781.  Partisan de la réforme Maupéou des Parlements sous Louis XV,  il se distingua par sa probité et son activité en faveur de l’Agriculture, des Chartes, des Postes et des Mines, laquelle lui valut une considération sans faille des souverains. Il développa les sociétés d’agriculture sur l’ensemble du territoire, créa les écoles vétérinaires, le cabinet des Chartes, le premier réseau postal d’envergure, eut l’intelligence de promouvoir l’instauration d’un cadastre, qui signa sa chute du contrôle des finances en 1763, et d’encourager les ministres réformateurs. Afin de l’honorer à la suite de sa délicate mission de Contrôleur Général des Finances pendant la guerre de Sept Ans, Louis XV lui accorda la seigneurie de Chatou et de Montesson.

 

BERTIN.jpg

Gravure de Bertin, par Roslin, Institut de France, Tous droits réservés , don du comte et de la comtesse de Lambertye – décembre 1937

Le dernier seigneur de Chatou fut ministre de Louis XV et de Louis XVI, pour en savoir plus, consulter l'article qui lui est consacré dans notre rubrique "Personnalités de l'Ancien Régime."

 

 

 

A Chatou, il réalisa un parc, un château et un nymphée, ainsi qu'un terrain voué à l’agronomie et à l’élevage des moutons mérinos qui s’étendait aux terres de Montesson.

 

Le parc fut une œuvre décorative comportant six statues de l’ancien fronton de l’aile droite du château de Versailles, des statues antiques, douze bustes en marbre d’empereurs romains, un pavillon chinois et un jeu de bagues dont l’exécution fut confiée à Lequeu. Deux pots à feu du château de Versailles et conservés depuis à l’ancien bailliage furent disposés également.

Le château fut réalisé en 1780 par Jacques Germain Soufflot, l’un de nos plus grands architectes de cette fin d’Ancien Régime, auteur du futur Panthéon et des « travaux d’embellissement » de Lyon, intendant des bâtiments civils du roi de 1776 à sa mort prématurée en 1780.

Le Nymphée fut conçu par Soufflot qui en délivra les plans en 1774 mais dont l’exécution fut terminée en 1777 par Lequeu par suite de la maladie de Soufflot. 

 

Le parc fut anéanti à la Révolution.

Le château fut détruit en 1912.

Le Nymphée échappa de peu à la destruction en 1914 grâce à la guerre, laquelle fit sombrer un projet de lotissement sans état d’âme. Un article de l’Illustration faisant état des démarches de la Société de Protection du Paysage et de l’Esthétique de la France en atteste. Sa conservation fut finalement acquise dans le lotissement du parc de Chatou dans les années 20.

 

Folie ornementale, le Nymphée recueillait les eaux de ravinage en provenance du domaine pour les conduire jusqu’à la Seine. Le monument, d’une trentaine de mètres de long, éclaire les bords de Seine de sa polychromie originale, assise sur des matériaux ordinaires, scories de mines et pierres meulières, apportées sans doute par Bertin, qui fut notamment ministre des Mines.

 

Bien que situé sur une propriété privée, le nymphée de Soufflot, l’une des plus belles folies conservée en France, souffre depuis 1952 d’un classement au titre des Monuments Historiques, et peut à ce titre bénéficier de l’engagement d’une procédure par l’Etat, soutenue et relayée par les collectivités, afin d’assurer sa pérennité, sa mise en valeur et son ouverture au public. En dépit de sa situation sur les bords de Seine et du patrimoine indiscutable qu’il représente, la mauvaise volonté et l’incapacité sont pour l’instant la seule réponse offerte à son état de dégradation. Cette situation est en réalité inacceptable.

 

Ci-dessous, affiche de la conférence réalisée par l'association le 19 mai 1999 avec Monique Mosser, chercheur de renommée internationale sur les jardins, sur l'oeuvre de Soufflot. A cette époque, nous avions créé une seconde association consacrée uniquement au cas du nymphée de Chatou et alerté les médias. "Le Monde", sous la plume du regretté Emmanuel de Roux, fit un article éloquent sur la situation calamiteuse du nymphée.

 

NYMPHEE CONFERENCE.jpg