29.11.2009

LES CONSEQUENCES DE L’ARMISTICE DE JUIN 1940 CHEZ PATHE-MARCONI

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 Publicité Pathé d'Henri Goldstein de 1933 

présentant les usines de Chatou

 

 

 

 

 

 

Il est bien difficile d'apporter un témoignage de l'Occupation sans remuer les affaires les plus douloureuses et les plus troubles de notre histoire. S'agissant de Pathé, premier employeur de la commune pendant prés d'un siècle , il est possible de se référer aux écrits de Jean Bérard, directeur administrateur de Pathé-Marconi de 1936 à 1939 : « au moment de la déclaration de guerre, j’ai été nommé administrateur fondé de pouvoir avec Monsieur Horton (anglais) puis avec Monsieur Taylor (également de nationalité anglaise). Au moment de l’exode, Monsieur Taylor s’est embarqué à La Rochelle et je suis resté seul administrateur fondé de pouvoir. Me trouvant sur la route de Bordeaux avec cinquante employés et du matériel chargé sur camion, je jugeais, arrivé à Belleville-sur-Vie, l’armistice étant signé, que notre intérêt était de rejoindre au plus tôt nos bureaux de Paris et l’usine de Chatou. Cette proposition fut acceptée à l’unanimité et lorsque le 14 juillet 1940, les Allemands se présentèrent pour réquisitionner la gomme-laque stockée à l’usine, celle-ci tournait déjà et je pus obtenir qu’on nous laissât une quantité de gomme-laque suffisante pour assurer la marche de l’usine pendant quelques mois. (…) A ce moment, 280 ouvriers ou employés avaient déjà rejoint la maison. »

La production pendant les quatre années de l’Occupation se déclina comme suit : sur 1321 disques enregistrés, 17 seulement le furent en langue allemande, 13 avec des chefs allemands et des musiciens français, et 7 seulement avec des orchestres et des chefs allemands, soit une proportion de 2,50% de disques allemands, chiffre inférieur à tous ceux pratiqués en temps de paix par les diverses maisons d’édition  de disques. Du point de vue du tirage, la proportion des disques allemands pressés ne dépassa pas 1% des 8,6 millions de disques fabriqués aux usines de Chatou sous l’Occupation.

Jean Bérard fut poursuivi à La Libération et acquitté par un arrêt du 30 juillet 1949 de la Cour de Justice. Outre le témoignage des dirigeants EMI de Londres qui trouvaient remarquable le fait d’avoir maintenu intact l’outil de production (les 80.000 matrices furent conservées), des attestations d’inspiration moins mercantiles ont permis d’établir un double jeu permanent qui se traduisit  par des mesures efficaces contre les atteintes aux personnes. Citons un extrait d’une lettre de Monsieur Thévenard du 17 janvier 1949 : « je ne peux être suspect de sentiments collaborationnistes puisque je suis depuis 17 ans marié avec une israëlite et que j’ai connu pendant l’Occupation de grandes angoisses. Jusqu’en 1943, je ne travaillais avec les maisons de disques dont monsieur Bérard était directeur que comme collaborateur artistique indépendant. Mais à ce moment, me trouvant menacé par les recensements, il me fit immédiatement inscrire dans la catégorie des cadres de la maison Pathé-Marconi comme y figurant depuis 1935. D’un autre côté, ma femme était employée au service de vente du magasin de la maison Pathé-Marconi. Pendant l’Occupation, il lui a fait conserver son  emploi dans les services intérieurs jusqu’à la Libération. (…) Tous les artistes que je connais partagent mon sentiment à l’égard de Monsieur Bérard. J’ai pu voir d’ailleurs Monsieur Bérard antidater certains contrats avec un israëlite pour pouvoir lui donner de l’argent pendant l’Occupation et faire  de nombreux enregistrements de compositeurs juifs sous de faux noms. Je sais que tous ces artistes témoigneront pour lui de son désintéressement et de son dévouement français pendant cette dure période. (…) ». Monsieur Hémon avait donné une opinion comparable dans une lettre du 15 janvier 1949 : « peu de mois avant la Libération, je dus me débattre avec les bureaux allemands du STO (j’avais alors quitté la société Pathé-Marconi pour m’établir à mon compte). Je n’hésitais pas alors, à confier à nouveau mes difficultés à Monsieur Bérard, lui faisant ressortir le côté critique de ma position, ma femme étant alors dans la clandestinité. Je lui précisais que si je ne trouvais pas un moyen d’échapper au STO, j’étais décidé à entrer à mon tour dans la clandestinité pour continuer à veiller sur ma femme. Intervenant sans délai auprès du directeur de l’usine de la société Pathé-Marconi, il obtînt immédiatement un embauchage pour moi comme manœuvre dans cette usine. (…) ». Monsieur Jacques Lévi-Abrares , directeur de La Boîte à Musique boulevard Raspail, précisa quant à lui dans une lettre du 19 janvier 1949 : « il n’a pas hésité à se compromettre lui-même pour me prêter son appui et chercher à éviter mon élimination de l’affaire que j’avais fondée et que je dirigeais. Il a signé, en date du 2 août 1941, une attestation en ma faveur, que j’avais jointe à mon dossier au Commissariat des Affaires Juives et dont je tiens à la disposition de la Cour une copie certifiée conforme à l’époque par le commissaire de police. Il a pris alors une position nette en multipliant les démarches auprès des autorités civiles françaises et auprès des allemands auxquels il faisait transmettre une copie , traduite par ses soins, d’une notice détaillée sur les services rendus à la France par mes aïeux depuis plusieurs générations. Par la suite, en septembre 1941, menacé d’arrestation par la Gestapo, j’ai dû me réfugier en zone libre. J’étais sans ressource, alors que mes deux fils étaient prisonniers de guerre. La Boîte à Musique sous administration provisoire d’un ami commun à Monsieur Bérard et à moi-même m’a apporté une aide matérielle occulte jusqu’à la Libération. » Une lettre du 14 janvier 1949 de Roger Desormière (1898-1963), fondateur du mouvement résistant Front National en juillet 1941, et chef d’orchestre de la Radiodiffusion Nationale Française, rapporta : "pendant toute l’occupation allemande, Jean Bérard  a défendu avec acharnement les intérêts de la musique française. (…) Ma haute estime  pour Jean Bérard m’avait amené à lui confier mes idées qui étaient tout à fait opposées aux siennes. Cela n’a pas empêché Jean Bérard de faire appel à mon concours pour la direction de plusieurs enregistrements  de musique française  dont « Pelleas et Mélisande », « L’Etoile », le "Concerto pour Piano et Orchestre" d'Henri Sauguet… Sachant que mon ami , Jean Wiener, d’origine israëlite et résistant, ne pouvait travailler sous son nom en raison des lois allemandes, Jean Bérard lui est venu en aide et a contribué à sa subsistance. Beaucoup d’autres camarades de la Résistance m’ont encore dit leur sympathie pour Jean Bérard et sont prêts à témoigner en sa faveur, notamment Georges Auric, Irène Joachim et Francis Poulenc (…)."

Monsieur François Edgar Hepp, expert prés la Cour de Paris, chef de direction au Comité des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture, énonça peut être le fond de l'affaire le 9 mai 1949 : « pendant l’occupation allemande, en qualité de secrétaire général du Comité d’organisation professionnelle des industries et commerce de la musique, j’ai eu l’occasion de voir d’une manière régulière et constante Monsieur Jean Bérard, qui était membre du comité consultatif de ce comité d’organisation où il représentait l’industrie phonographique. Nous avons tous apprécié son activité professionnelle dont le résultat a été de maintenir la production du disque et même d’accroître la proportion des oeuvres françaises enregistrées. Pour obtenir ce résultat, il a eu avec les autorités allemandes des relations que nous étions d’accord pour considérer comme inévitables et comme nécessaires. Le résultat obtenu nous a semblé d’autant plus méritoire que la société Pathé-Marconi étant anglaise, un préjugé défavorable existait contre elle du point de vue des allemands » (…).

Enfin, alors que 1200 personnes s'activèrent aux usines de Chatou sous l'Occupation, Jean Bérard obtînt que seules 50 d'entre elles partent au STO, dont 20 volontaires. Une vaste opération de survie devait ainsi marquer l'existence de milliers d'employés et d'artistes de Pathé-Marconi pendant cinq ans.  

 

Source : dossier Bérard, Archives Nationales

20.11.2009

L'INVASION ALLEMANDE EN JUIN 1940 ET L'AFFAIRE DE L'ARMISTICE

Pour nombre de soldats l’ayant vécue, la percée allemande entre le 10 mai et le 22 juin 1940 ressembla à une  promenade militaire des plus tragiques. Les avions et les blindés balayaient tout sur leur passage, les soldats de la Wermacht marchant le fusil à la main derrière des camions convoyant tout leur matériel. Face à eux, l’armée française, sous-équipée, désorganisée, paniquée, dépourvue d’assistance aérienne et de chars, parée à livrer un combat d’un autre âge en bandes molletières et sacs à dos de trente kilos. Des fantassins disséminés sur une ligne de front illusoire furent engagés dans l’incurie la plus totale.

 

A Chatou, comme ailleurs, le conseil municipal afficha ses dernières espérances le 25 mai 1940. Il ne devait plus se réunir en séance publique avant le mois de décembre :

« Le conseil  : 

  -   affirme sa pleine confiance dans les armées Françaises et Alliées

-    salue les combattants ainsi que leurs familles auxquelles il est uni de cœur

 -    exprime sa profonde sympathie pour les réfugiés qui ont dû quitter leur foyer sous la poussée barbare des allemands et prend les dispositions en son pouvoir pour alléger leurs souffrances matérielles et morales. Il remercie les dames de la Croix Rouge de leur ardent dévouement et met à leur disposition une somme de 1000 F prélevée sur le quatrième des dons de 5000 F chacun, que Monsieur Martin vient de mettre à la disposition de Monsieur le Maire.  

Le conseil décide de créer à l’école maternelle Jules Ferry une garderie similaire à celle fonctionnant à l’école Paul Bert. Celle-ci est ouverte depuis le lundi 20 mai 1940 et est appelée à fonctionner tous les jours, même pendant les vacances de Pâques, Pentecôte etc, dimanches et fêtes exceptés. Des subventions sont votées à l’assistance des femmes en couches, à la famille, aux vieillards, à l’assistance médicale gratuite, au sanatorium, aux aliénés, aux 21 réfugiés. »

Le 3 juin 1940, l'aviation allemande bombarda la Seine-et-Oise à l'appui de 50 Dornier épaulés par 50 chasseurs, tuant 87 personnes dont 74 civils, et en blessant 332 autres. Un dépôt d'essence de la Défense Nationale sauta à Chatou. Il avait été disposé dans l'une des usines de Pathé-Marconi.

Dans la nuit du 12 au 13 juin 1940, le Catovien René Chantreux fut abattu d’une rafale de mitrailleuse par un détachement allemand entrant dans la ville en tentant de s’abriter dans un café de la rue de la Paroisse. Peu avant l’arrivée des allemands, le 13 juin, l’armée française dynamita le pont routier, ressuscitant l’usage antique du bac pour les habitants.

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Le cabinet Reynaud d’union nationale se divisa alors sur la question de l’Armistice, aucune résistance en métropole ne paraissant plus possible. Alors que le président du Conseil proposait une capitulation, sa proposition fut transformée sous les imprécations et les menaces du général Weygand en demande d’armistice. Mais c’est une intrigue de Camille Chautemps qui oeuvrait avec Pierre Laval pour le renversement du régime qui emporta le ralliement de la plupart des ministres.

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Chautemps proposa qu’une demande d’armistice soit faite aux allemands et qu’un refus leur soit opposé dans le cas où  les conditions seraient trop dures. A l’extérieur du cabinet, les présidents du Sénat et de la Chambre des Députés, Jules Jeanneney et Edouard Herriot, se prononcèrent pour la continuation de la guerre hors la métropole auprès du président de la République, Albert Lebrun. Dans cette campagne pour ou contre l’armistice de la classe politique réfugiée à Bordeaux, le sénateur Charles Reibel, de la Seine-et-Oise, également sénateur de Chatou, répandit la parole du général Weygand, aux arguments douteux : l’Angleterre serait envahie et capitulerait, de petites républiques révolutionnaires se formeraient sur le sol de la métropole !

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L'ancien président du Conseil et député radical Camille Chautemps. Ministre de Paul Reynaud,  il intrigua en faveur de l'Armistice avec Laval et fut nommé vice-président du Conseil lors de la formation du premier gouvernement Pétain (17 juin 1940). Il finit par quitter la France le 12 juillet 1940 et s'exila aux Etats-Unis où il mourut en 1963.

A l’opposé, Georges Mandel, né à Chatou le 5 juin 1885, ancien chef de cabinet de Clemenceau, ancien ministre des PTT (1934-1936), des Colonies (1938-1940) qu’il réarma, ministre de l’Intérieur du cabinet Reynaud (1940), fit campagne contre. Selon lui, la victoire des Alliés était inévitable et la résistance possible en Afrique du Nord. Il déclara au sénateur Révillon le 15 juin 1940 :

"- vous savez que Weygand appuyé par Pétain, désire que le gouvernement demande l'armistice. J'estime que ce serait une faute sans précédent dans notre histoire. L'incapacité de nos chefs militaires nous a fait perdre la bataille de France, mais notre pays n'est pas définitivement vaincu. En 1914, aprés Charleroi, nous avons vaincu sur la Marne. La bataille de France n'est qu'une bataille dans cette grande guerre. Demain, nous pouvons aussi vaincre en Méditerranée. Je crois à la supèriorité des démocraties. C'est folie de se déclarer vaincus lorsque nous pouvons être vainqueurs en continuant la lutte avec nos alliés dans notre empire africain.

- mais si Weygand ne veut plus combattre, pourquoi ne le remplacez-vous pas à la tête de l'armée française ? il y a des généraux qui partagent votre opinion et celle de Reynaud.

- c'est ce que j'aurais déjà fait si j'étais président du Conseil (...)"

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Les ministres contre l'armistice étaient de toutes tendances : Louis Marin (Fédération Républicaine), Georges Mandel (Indépendants Républicains), Louis Rollin (Alliance Démocratique), Paul Thellier (Alliance Démocratique), Paul Reynaud (Alliance Démocratique), Alphonse Rio (Gauche Démocratique), Laurent Eynac (Gauche Démocratique),  pour les conservateurs et les modérés, Yvon Delbos, César Campinchi, Henri Queuille, Jules Julien, ministres membres du Parti Républicain Radical et Radical-Socialiste, Jean Monnet et Albert Serol de la S.F.IO., Raoul Dautry (sans étiquette). Mais Paul Reynaud, impressionné par le courant défaitiste de l'autre moitié du cabinet et la défection de quatre ministres "résistants" hésitants à en croire ses mémoires (Thellier, Queuille, Julien, Sérol), préféra remettre sa démission le 16 juin 1940. Se conformant aux usages  de la IIIème République au lieu de lui demander de faire un cabinet de résistance, Albert Lebrun fit appel au chef des « défaitistes » au sein du cabinet, le Maréchal Pétain, pour prendre la présidence du Conseil. Ce devait être le dernier cabinet du régime avant le vote des pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940.

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Le maréchal Pétain, en annonçant l'Armistice, put satisfaire en réalité une vieille ambition personnelle, qu'il réussit à assouvir grâce à l'opportunisme sans scrupule de Laval, son comparse depuis 1934. L'auguste vieillard auréolé du prestige de la Première Guerre ne fut pas soupçonné par les Français de brader leurs intérêts. Il fut pourtant au premier rang de ceux qui sabotèrent la politique de Défense Nationale dans les années Trente et se distingua au faîte de la Collaboration dans la promotion des lois anti-juives, la rencontre de Montoire, la lutte contre la résistance française, la mise à disposition de l'Allemagne de la police nationale, la guerre contre les Alliés dans les colonies, l'absence de condamnation de l'invasion de la zone libre en 1942, la mise en prison et la déportation des opposants au régime, l'approbation de la création de la Milice en 1944... Sur ses qualités militaires, Foch avait été implacable à son égard : "quand il n'y a rien à faire, c'est son affaire".

Entouré d’une pléïade de collaborateurs qui avaient prêté leurs voix au désarmement du pays et jaugé leurs ambitions politiques sur sa défaite militaire, Pétain, sans doute inspiré par Alibert et Weygand, n’eut d’autre préoccupation que de faire arrêter Georges Mandel le 17 juin 1940.

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L’ opération ne se passa pourtant pas comme escomptée. L’intéressé, soutenu par deux ministres « gênés » du nouveau et dernier gouvernement de la IIIème République, Pomaret et Frossard,  envahit le bureau du président du Conseil, et au gré de son autorité naturelle, obtint sur le champ une lettre d’excuse du Maréchal qui l’exonérait du délit imputé de dépôt d’armes clandestin en vue d’attenter au nouveau gouvernement. Cette lettre fut retrouvée ensanglantée sur son cadavre après son assassinat par la Milice le 7 juillet 1944 sur la route de Fontainebleau. Rappelons que le même Pétain, qui ne négligeait aucune manœuvre, avait tenté de convaincre Mandel à deux reprises du bien-fondé de l’armistice en l’invitant à déjeuner au Café de Paris  les 22 mai et 3 juin 1940, en pure perte bien entendu. Mais au printemps 1940, le natif de Chatou était encore considéré comme l’un des hommes les plus puissants et les plus redoutés  du cercle politique. Le drame fut qu’il refusa des offres de départ à Londres les 13 et 20 juin 1940. Compte-tenu de l’insistance de Churchill, il serait probablement devenu un chef de la France Libre (celle-ci ne fut reconnue que le 28 juin 1940 par l’Angleterre en la personne du général de Gaulle).

L'autre victime du Maréchal Pétain fut la France dont il avait tiré par le fond la politique d'armement. Rencontré le 4 août 1940 à Lyon, Paul Reynaud déclara au sénateur Tony Révillon : "le gouvernement Doumergue a repoussé le 17 avril 1934, l'offre de limitation des armements formulée par John Simon et Eden au nom du gouvernement britannique  et acceptée par le chancelier Hitler. Cela déclencha la course aux armements entre l'Allemagne et la France. C'était très dangereux, car l'Allemagne possède une puissance industrielle très supèrieure à la nôtre et peut par conséquent fabriquer plus d'armemement que la France. Qui était ministre de la Guerre à ce moment ? le maréchal Pétain. Il aurait dû vite mettre en oeuvre un puissant programme d'armement. Or, qu'a-t-il fait pour remédier à cette angoissante situation ? il a réduit les crédits d'armement votés par le Parlement. Lorsqu'il quitta son ministère, son premier souci fut de publier dans La Revue des Deux Mondes un article sur l'éducation en France. Les problèmes militaires ne l'intéressaient plus guère. Il ne pensait qu'à devenir président du conseil et à donner des gages à la droite.

Le 18 mars 1935, les Allemands établissent la conscription. La population du Reich est presque double de celle de la France. L'Allemagne pourra donc avoir deux fois plus de soldats. Je jette un cri d'alarme et je dépose le 31 mars 1935 sur le bureau de la Chambre des Députés un contre-projet demandant la création de dix divisions lourdes blindées. N'ayant plus la quantité, ne nous fallait-il pas la qualité pour pouvoir résister à une invasion allemande ? mon contre-projet fut repoussé par le gouvernement Flandin-Laval-général Maurin comme "contraire à la logique et à l'histoire". Or, c'est avec dix divisions lourdes que les Allemands, au mois de mai, ont crevé notre front et nous n'avions rien à leur opposer."

Edouard Daladier  fut interrogé le 22 juin 1940 sur le "Massilia" par un journaliste, qui lui demanda : "est-ce vrai, Monsieur le Président, que le conseil supèrieur de la guerre n'était pas favorable à la prolongation de la ligne Maginot jusqu'à la Mer du Nord ?"

- c'est exact. La commission sénatoriale de l'armée est venue me demander de prolonger la ligne Maginot jusqu'à la mer. Le conseil supèrieur de la guerre, à l'unanimité moins une voix, a répondu qu'il n'y avait pas lieu de poursuivre cette ligne. (...)

- est-il vrai que le Maréchal Pétain était adversaire de la prolongation de la ligne Maginot ?

- c'est exact. Un projet de crédit de 240 millions avait été établi par Monsieur Piétri, ministre de la Guerre, pour fortifier Maubeuge, Montmédy et Valenciennes. Le Maréchal fit rejeter ce crédit par le conseil. C'était, si ma mémoire ne me fait pas défaut, en juin 1932."

 

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Daladier président du Conseil salué par le général Catroux à Alger en 1939. Le général devenu gouverneur d'Indochine (1939) sur l'ordre de Georges Mandel ministre des Colonies, fut destitué par Vichy et figura parmi les premiers ralliés à de Gaulle.

Le Maréchal avait livré cette vision prophétique à la commission de l'armée du Sénat lors de sa séance du 7 mars 1934: "à partir de Montmédy, il y a les forêts des Ardennes. Elles sont impénétrables si on y fait des aménagements spéciaux. Par conséquent, nous considérons cela comme une zone de destruction. Naturellement, les lisières du côté de l'ennemi seraient protégées : on y installerait des blockhauss. Comme ce front n'aurait pas de profondeur, l'ennemi ne pourrait pas s'y engager, s'il s'engage, on le repincera à la sortie des forêts. Donc ce secteur n'est pas dangereux."

 A Chatou, le 18 juin 1940, l'ingénieur du Génie Maritime Henri Ramas, fils du maire Jules Ramas, âgé de 37 ans, fut tué par un obus ennemi à côté de ses pièces de batterie à Saint-Sauveur de Pierrepont dans le Cotentin après avoir refusé l'ultimatum de la division Rommel avançant vers Cherbourg (prise le 19 juin), et permis l'évacuation de troupes vers l'Angleterre. 

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La tombe d'Henri Ramas au cimetière de Chatou

Le conseil municipal posa pour un photographe dans une atmosphère de deuil, chacun étant solidaire de Madame Ramas, dont le voile exprimait la douleur.

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La question de l’Armistice reste posée et les témoignages des acteurs de l’époque ne manquent pas. Le sénateur radical Tony Révillon, qui rencontra le commandant des opérations en Afrique du Nord et résident général du Maroc, le général Noguès, futur rallié et inconditionnel du régime de Vichy, avec ses amis députés Joseph Denais et La Groudière le 29 juin 1940, recueillit ces propos édifiants :

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« je disposais d’une armée de plus de 250.000 hommes. On pouvait m’envoyer de France la valeur de quelques divisions. Il m’était possible de lever encore en Afrique du Nord plusieurs autres divisions, particulièrement au Maroc. En Afrique Occidentale, on instruisait une assez importante armée.

 

Protégée par une flotte franco-britannique, l’Afrique du Nord française était difficilement accessible à l’ennemi. Par où serait-il passé ?si les troupes allemandes avaient voulu envahir par l’Espagne, nous pouvions dés l’entrée des Allemands dans la péninsule ibérique occuper Tanger, sa banlieue et une partie du Riff, si c’était nécessaire. Avec l’appui de l’escadre franco-britannique, la traversée du détroit de Gibraltar était très difficile, comme le serait l’invasion de la Grande-Bretagne.

En Tripolitaine, les Italiens disposent d’une armée beaucoup moins nombreuse que l’armée française d’Afrique. Pris entre l’Egypte et la Tunisie, menacée par la flotte franco-britannique dont la supériorité est écrasante, les Italiens auraient eu le plus grand mal à ravitailler leur colonie. Il fait très chaud, en ce moment, dans le sud tunisien, mais dés la fin septembre, nous pouvions entreprendre la conquête  de la Tripolitaine et c’était un gage dés plus intéressants.

La plupart des grandes villes italiennes, sauf Turin et Milan, sont des ports ou des villages situés à proximité de la mer. Ces ports auraient facilement été bombardés par notre aviation et notre flotte.

Dans les jours qui ont précédé l’Armistice, j’ai reçu de la métropole 700 avions de combat modernes de première ligne. J’ai fait aussitôt bombarder plusieurs villes italiennes. Ces bombardements ont été très efficaces. La réaction italienne sur Bizerte a été faible.

Le moral en Italie, d’après tous les renseignements qui me parvenaient, n’était pas bon. Nous pouvions empêcher son ravitaillement par mer, détruire ses navires, endommager ses ports. Nous pouvions mettre ce pays assez rapidement dans une situation délicate et cela pouvait avoir des répercussions heureuses pour nous dans les Balkans.

Je m’étais entendu avec le général Olry commandant l’armée des Alpes. Il estimait pouvoir tenir quelques temps en avant de Toulon et m’envoyer des tanks, de l’artillerie, des munitions.

Ce qui nous manquait le plus en Afrique, c’était des munitions. Nous n’en n’avions que pour 3 mois de combat. Mais nous aurions pu en recevoir d’Angleterre et surtout d’Amérique par les ports du Maroc.

J’espérais que le gouvernement résisterait. Nous faisions passer des munitions et du matériel de France en Algérie. Le général Weygand m’a demandé de me rendre à Bordeaux. Je l’ai prié de ne pas me faire quitter mon poste dans de si graves circonstances et le ministre de la Défense Nationale m’envoya un général que j’ai mis au courant de notre situation, de nos possibilités de résistance et de nos grandes chances de succès.

Il y eut alors le dimanche 23 juin un changement d’attitude à Bordeaux. On a interdit le transport du matériel de France en Afrique. Quelques-uns de mes officiers, qui continuaient dans un port de la métropole à charger des tanks sur un bateau, ont été mis aux arrêts de rigueur.

Il se tut, resta songeur quelques secondes, puis reprit :

-         Il y a des ordres étranges. On m’a interdit d’envoyer en Afrique Occidentale, comme je l’avais proposé, où ils auraient pu être facilement cachés, quelques-uns des magnifiques avions qui sont arrivés de la métropole en Algérie.

-         N’était-il pas possible de continuer la lutte malgré Bordeaux ? Y-a-t-on songé ?

Le général répondit d’une voix très basse :

-         oui, mais il y avait la marine…

-         vous a-t-on fait connaître les raisons qui ont empêché l’adoption par le gouvernement de votre point de vue, questionna Joseph Denais ?

-         non, on m’a simplement répondu que les éléments d’appréciation dont je disposais ne me permettaient pas de juger de la situation à laquelle le gouvernement avait dû faire face.

-         Il y a eu des raisons d’ordre politique, dis-je. Laval et ses amis ont voulu « faire passer la France du clan des démocraties dans le clan des dictatures. »

Il y eut un long silence. Je repris :

-         le gouvernement du Maréchal Pétain a pris une lourde responsabilité devant l’histoire.

Et le général Noguès ajouta d’une voix à peine perceptible :

- Et devant la France et l’humanité.

Notre émotion était intense et pendant un long moment aucun de nous ne parla ni ne bougea. Puis nous nous levâmes et prîmes congé du général. »

L'une des conditions majeures de la poursuite des combats en Afrique du Nord était l'intervention de la Marine, devenue la quatrième du monde sous l'empire de l'ancien ministre Georges Leygues et de l'amiral Darlan. Or, l'amiral Darlan, grand partisan de la poursuite des combats à la veille de l'Armistice, inversa sa position pour entrer dans le cabinet Pétain.

Cette situation condamna la France à jouer un rôle mineur dans la victoire militaire des Alliés lesquels, comme les ministres "résistants" de Paul Reynaud l'avaient prédit, entreprirent la reconquête à partir de l'Afrique du Nord. Rappelons qu'en 1939, la Marine française comptait 7 cuirassés, 2 porte-aéronefs, 19 croiseurs, 32 contre-torpilleurs, 38 torpilleurs, 77 sous-marins. Entre la déclaration de guerre et l'Armistice, elle avait escorté entre Brest et la Méditerranée 175 convois français rassemblant 1457 navires marchands dont 7 seulement avaient été coulés par l'Allemagne. La Marine s'était distinguée également par la protection de 56 convois anglais et alliés représentant 2157 navires marchands.

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Le "Richelieu", cuirassé de 35.000 tonnes mis en service en 1939 d'une vitesse de 30 noeuds, abritant 70 officiers et 1600 hommes, armé de 135 pièces de DCA, ne joua aucun rôle dans la guerre contre l'Allemagne et connut les hostilités sous les attaques britanniques. Il fut néanmoins sauvé puis restauré en 1942 avec l'entrée des Alliés en Afrique du Nord. Les Etats-Unis lui firent assumer des missions dans le Pacifique contre le Japon. 
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Batterie du "Strasbourg" en action. Mis en service en 1939, d'une vitesse de 30 noeuds, ce croiseur comportait 64 canons et mitrailleuses et pouvait embarquer jusqu'à 2000 hommes d'équipage. Bombardé à Mers-El-Kébir le 3 juillet 1940, il parvint à s'échapper et rejoignit Toulon où il fut sabordé le 27 novembre 1942 lors de l'arrivée des Allemands.
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Le sous-marin "Surcouf", plus grand sous-marin du monde en 1939, sous-marin unique dans la flotte française. Ses canons de 203 mm pouvaient tirer chacun trois obus de 120 kg à la minute, à une distance de 27 km. Equipé de 12 tubes lance-torpilles avec 12 torpilles de réserve et d'une tourelle double de 203 mm, calibre identique à celles d'un croiseur lourd, le "Surcouf" était désigné comme un "croiseur sous-marin". Armé en 1934, il se réfugia en Angleterre en mai 1940 et coula par suite d'un bombardement Allié par erreur en 1942, tuant son équipage de 126 membres (source: wikipedia).
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Le 3 juin 1940, l'amiral Darlan déclara à Jules Moch au ministère de la Marine: " les généraux ne veulent plus se battre et les soldats fichent le camp. Si l'on demande, un jour, l'armistice, je finirai ma carrière par un acte de splendide indiscipline. Je partirai avec la Flotte."Le 22 juin 1940, l'ancien ministre de la Marine de Paul Reynaud, César Campinchi, fit cette observation avec tristesse à Tony Révillon: "Darlan était favorable à la résistance. Il me disait encore la veille de la démission du cabinet Reynaud : "Monsieur le Ministre, si par malheur le gouvernement demande l'armistice, qu'il me donne huit jours, j'écraserai la flotte italienne et l'Italie ne se relèvera pas de cette défaite". Et puis Pétain lui a offert le ministère de la Marine et pour devenir ministre, il est passé dans le camp des défaitistes."

A partir du 17 juin, le gouvernement Pétain avait annoncé qu'il demandait les conditions d'un armistice.  Alors que l’Armistice  n’était pas signé, cette annonce jeta la démobilisation dans les esprits de sorte que les Allemands obtinrent de nombreuses redditions aussitôt. Certains officiers adressèrent cependant des exhortations à la poursuite du combat cependant qu’enfermés dans l’enceinte de la ligne Maginot, 22.000 soldats continuèrent la lutte au-delà de la signature de l’Armistice.

Un bilan accablant sortit de cette bataille de deux mois et demi. 1.800.000 soldats français furent faits prisonniers.

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Les prisonniers français comptaient des soldats des troupes coloniales qui firent preuve de la plus grande bravoure devant l'ennemi avant d'être rattrapés dans les camps par la folie hitlérienne.
 
 
Sources :
- "Mes Carnets (juin-octobre 1940)" par Tony Révillon (éditions Odette Lieutier 1945)
- "Vingt ans de politique navale (1919-1939)" par Espagnac du Ravay (éditions Arthaud 1941)
-  "La France a sauvé l'Europe" par Paul Reynaud (éditions Flammarion 1947)
- "Georges Mandel ou la passion de la République 1885-1944" par Bertrand Favreau (éditions Fayard 1996)
                                     

11.11.2009

MAXIME LAUBEUF (1864-1939)

Janvier 1940 : il ne se passe rien en France. La Pologne a été écrasée par l’Allemagne et l’URSS, ses classes dirigeantes sont déportées ou assassinées, la Finlande héroïque offre une résistance inouïe aux armées soviétiques, on réfléchit à la secourir, mais finalement on attend. Il y a peu d’avions et encore moins d’avions modernes, une artillerie déclassée, des munitions insuffisantes, une infanterie chargée comme une mule, un état-major périmé, une ligne Maginot jugée infranchissable mais non prolongée jusqu’à son terme pour ne pas vexer la neutralité de la Belgique. La marine française est devenue la quatrième du monde* mais elle est précisément appelée à ne jouer aucun rôle sur un théâtre d’opérations continental. Hitler, qui n’a plus de front à l’est, prépare en toute quiétude l’invasion de la France et de la Belgique.

 

Les Français, otages des erreurs stratégiques de leurs gouvernements et de leurs chefs militaires depuis dix ans, de leurs batailles intérieures qui ont occulté l’essentiel, vivent les appels à la gloire passée. Chatou, commune de 11.000 habitants, est réduite à attendre et commémorer. Le 21 janvier 1940, un hommage est rendu à l’un de nos grands hommes : Maxime Laubeuf (illustration ci-dessous), mort le 23 décembre 1939, parent de François Laubeuf, maire célèbre pour sa conduite pendant la guerre de 1870, fondateur d’une grande entreprise de la ville. Maxime Laubeuf a mis au point une invention dont la postérité n’a pas mérité les refus de pension de retraite qui lui ont été adressés. Selon la tradition orale de la famille, il a abrité un temps les plans de son invention dans les ateliers de Chatou pour échapper à un entourage qu'il suspectait.

 

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Le maire, Jules Ramas, prend la parole : Maxime Laubeuf, ancien ingénieur en chef des arsenaux de la marine  de Guerre, mort fin décembre 1939, était né à Paisou  en 1864 et, fils d’Alexandre Laubeuf, maître charpentier, il était le petit-neveu de François Laubeuf, qui assumant en 1870-1871 les fonctions de maire de Chatou, aurait été fusillé par les allemands s’il n’eut été sauvé par l’intervention héroïque de l’abbé Borreau, curé de la ville. Maxime Laubeuf était apparenté comme petit cousin issu de germain, aux familles Laubeuf et Médard qui résident toujours à Chatou, et deux fils lui survivent. Au nom de tous, le Maire leur exprimait ses condoléances.  Il résuma ensuite la carrière de Maxime Laubeuf :

Entré jeune au collège Chaptal, il fut reçu dans les premiers à Polytechnique où il sortit idéalement dans les premiers en 1883. En 1887, il était nommé sous-ingénieur de la Marine. En 1891, il était ingénieur. En 1900, il fut désigné comme ingénieur en chef des arsenaux de la Marine de Guerre. Il se distingua en 1898, lors d’un concours pour l’élaboration d’un torpilleur pouvant naviguer sous l’eau en présentant le projet du submersible « Le Narval » qui fut primé et adopté de sorte qu’il est juste de reconnaître en lui le premier constructeur de sous-marin doté des qualités militaires indispensables.

 

De 1900 à 1904, il remplit de nombreuses missions à l’étranger, au titre de la Marine. Dés 1904, des chantiers placés sous sa direction sortirent : « le Nautilus », « le Farfadet », « le Pluviôse » etc…En 1906, il quitta le service actif pour se consacrer aux études de submersibles et torpilleurs. A deux reprises, en 1900 et 1908, il fut lauréat de l’Académie des Sciences dont il devint membre  jusqu’en 1920. En 1914, il reprit du service actif jusqu’à la fin des hostilités et continua ultérieurement une vie tout entière consacrée au travail et à l’étude. »

 

Le 23 novembre 1898, le premier sous-marin de combat de l'histoire maritime avait été mis en service sur les plans de l’ingénieur Maxime Laubeuf. Le « Narval » avait une double coque, l’intervalle étant occupé par des ballasts dont le remplissement permettait la plongée. La force motrice pour la navigation en surface était basée sur une machine à vapeur et la navigation sous-marine sur un moteur électrique. Il disposait d’une autonomie de 500 milles en surface et complète en plongée grâce au rechargement des batteries.

 

Le conseil municipal de Chatou à l’unanimité décida le 21 janvier 1940 de donner le nom de Maxime Laubeuf au quai de Seine entre le pont de chemin de fer et Croissy.

 

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L'ancien chemin de halage vers Croissy 
et ses villas de villégiature du Second Empire dans le style chalet
 rebaptisé quai Maxime Laubeuf le 21 janvier 1940 
 
 
 * En 1939, la Marine française comptait 7 cuirassés, 2 porte-aéronefs, 19 croiseurs, 32 contre-torpilleurs, 38 torpilleurs, 77 sous-marins. Entre la déclaration de guerre et l'Armistice, elle escorta entre Brest et la Méditerranée 175 convois français rassemblant 1457 navires marchands dont 7 seulement furent coulés par l'Allemagne. La Marine se distingua également par la protection de 56 convois anglais et alliés représentant 2157 navires marchands. L'agression de Mers-El-Kébir (3 juillet 1940 - 1380 morts) fut dès lors d'autant moins comprise.
 
 
Sources :
Registre des délibérations du conseil municipal
France Illustration du 1er janvier 1949 (Le Monde Illustré)
Vingt ans de politique navale - Espagnac du Ravay (Editions Arthaud)

 

05.11.2009

PIERRE TRABAUD (1922-2005)

Né à Chatou le 7 août 1922 sous le nom de Pierre Gabriel Vincent Pibaret rue du Val Fleuri, Pierre Trabaud tourna dans de nombreux films français des années cinquante, se rendit célèbre dans "la Guerre des Boutons", "Antoine et Antoinette" avant de donner sa voix pour les dessins animés. Il épousa son dernier rôle dans "La vie et rien d'autre" (1988) de Bertrand Tavernier aux côtés de Philippe Noiret.

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"Ah, quelle équipe !" - 1956
Avec Pierre Trabaud, Louise Carletti, Sydnet Béchet
collection Pierre Arrivetz
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L'affiche de Pathé Consortium Cinéma

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Pierre Trabaud remporta le Grand Prix du Film 1954 pour son rôle avec Pierre Fresnay dans "Le Défroqué" de Léo  Joannon - collection Nicole Trabaud
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Dans "Normandie-Niemen" de Jean Dréville (1959) - collection Nicole Trabaud
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Pierre Trabaud, l'instituteur
de "La Guerre des Boutons" (1961)
collection Nicole Trabaud
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Pierre Trabaud sur le tournage de "La vie et rien d'autre" de Bertrand Tavernier (1988) -collection Nicole Trabaud

 

L'hommage de Chatou Notre Ville : la CONFERENCE POUR LES JOURNEES DU PATRIMOINE le DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2008 SALLE JEAN FRANCAIX par José Sourillan, ancien directeur des archives de RTL, auteur de documentaires pour la télévision (dernièrement sur l'actrice Annabella).    

TRABAUD CONF 1.jpg 150 personnes assistèrent à la conférence, un hommage émouvant fut rendu à  Pierre Trabaud par nos conférenciers José Sourillan et Philippe d'Hugues et ses amis Françoise Arnoul, Paule Emmanuel, Philippe Mareuil, Roger Carel et Popeck.

 

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 L'hommage de Popeck

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Roger Carel conte l'histoire de son chien "Astérix" qui fut également celui de  Pierre Trabaud
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Philippe Mareuil s'adresse à la salle (ci-dessous, le portrait de l'acteur qui tourna une cinquantaine de films des années 50 à 70)
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A gauche, Paule Emmanuel, qui doubla notamment les voix de Moneypenny dans les James Bond de 1962 à 1985 et des films de Walt Disney ("La Belle et le Clochard", "Alice au Pays des Merveilles", "La Belle au Bois Dormant"). Pierre Trabaud était la voix de Daffy Duck, Joe Dalton, Astérix et Popeye.

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José Sourillan, ancien directeur des archives de RTL, orfèvre de cette conférence, et Nicole Trabaud, dont la documentation et les relations ont permis à Chatou d'honorer la mémoire du comédien.

 

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  José Sourillan à la table du conférencier, on aperçoit au premier plan à droite l'ordinateur portable de Patrick Muller, jeune Catovien de très grand talent qui a mené par dizaines d'heures toute l'opération de mise en forme de la projection sur un programme informatique et qui était là pour assurer la projection en symbiose avec les conférenciers (ci-dessous).

 

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Philippe d'Hugues, journaliste, critique et historien du cinéma (auteur du livre "Le cinéma français sous l'Occupation"), évoque le film réalisé par Pierre Trabaud, "le voleur de feuilles", dans lequel il retrouve une inspiration proche de Chaplin et de Tati

 

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Françoise Arnoul, actrice mythique du cinéma français des années 50-60 ("French Cancan" avec Jean Gabin...) dont le charme et la voix sont restés intacts.
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Les comédiens qui eurent Pierre Trabaud pour professeur vinrent témoigner de sa gentillesse et de sa droiture
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Parmi une assistance attentive et passionnée, on reconnaît au second rang Claude Ghezi, président du Club de la Boucle qui, comme Jean-Claude Issenschmitt, président du Souvenir Français Chatou-Montesson, s'était déplacé. L'association remercie Monsieur Fournier, Maire de Chatou, grâce à qui la salle fut prêtée à l'association pour la conférence.  
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De superbes affiches décoraient le mur de la mezzanine où fut disposé un excellent buffet de la maison Prager 96 route de Maisons à Chatou
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 Ci-dessous, au théâtre dans "Madame Sans-Gêne" dans le rôle de Napoléon (1971)

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