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05/10/2014

LE DRAME DU 22 SEPTEMBRE 1878

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Le long de l'Ile de Chatou, vers 1900 - Les accidents sur la Seine furent rares mais jusqu'en 1914 malheureusement mortels soit pour raisons de collision soit par le fait du courant souvent sous-estimé. 

Les bords de Seine furent investis dés le XIXème siècle par des croisières entre Paris et Saint-Germain organisées par la Compagnie "Le Touriste" qui mettait à disposition des voyageurs un navire à vapeur longeant les bords de Seine de Chatou et Croissy et faisant escale. Un drame survint le dimanche 22 septembre 1878 dont un article de la presse locale se fit l'écho :

"Dimanche soir, un peu avant sept heures, "le Touriste", revenant de Saint-Germain, apercevait des signaux qui lui étaient faits par le passeur de la Grenouillère entre Chatou et Bougival, où il y avait un voyage à prendre. Il ralentit aussitôt sa marche. L'obscurité était malheureusement assez intense déjà pour empêcher le pilote de voir ce qui se passait à l’avant.

Les passagers du "Touriste" ressentirent une forte secousse : un bateau venait d’être pris par le travers et défoncé. Un tumulte indescriptible s’éleva sur  le Touriste. Des chaises furent jetées par-dessus bord dans l’espoir qu’elles pouvaient servir aux malheureux qui se noyaient. On ne savait pas combien de personnes montaient le bateau atteint et que la force du choc avaient lancées à l’eau.

Deux hommes du "Touriste" sautèrent dans le bateau du passeur et l’on se porta immédiatement vers l’endroit où flottaient différents objets. Le mécanicien du "Touriste" fut assez heureux pour saisir une malheureuse femme, flottant entre deux eaux et qui disparaissait pour la deuxième fois. Dès qu’elle put parler, elle ne fit que répéter : « mon mari, mon pauvre homme, où est-il ? l’avez-vous…Oh ! fallait donc me laisser ! ».

C’était navrant à entendre. Toutes les recherches demeurèrent infructueuses. Lundi matin, à 8 heures, le frère du directeur de la Compagnie du Touriste, retourné sur le lieu du sinistre, retirait le cadavre de l’infortuné. Il portait une large blessure au front et son pantalon de coutil, déchiré, laissait voir une éraflure à la cuisse. Ce malheureux, âgé de 40 ans, se nommait Duval. Il laissa une femme échappée par miracle car même sort que lui, sans ressource, sans soutien. Trois enfants restent à sa charge. Duval et sa femme venaient de Chatou dans un bateau chargé d’une partie de leur mobilier qu’ils portaient à Bougival où le mari allait occuper le poste d’éclusier. "Le Touriste" avait tous ses feux allumés. Tout le monde a fait son devoir."

L’Union Libérale Démocratique  de Seine-et-Oise

Dimanche 29 septembre 1878

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