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16/12/2018

LOUIS BECQUEY, HOMME SAGE ET SERVITEUR DE L'ETAT

La famille Becquey, présente à Chatou depuis 1953, n'est pas une famille inconnue de la vie politique et administrative de la France. Son plus illustre représentant, Monsieur Louis Becquey (1760-1849), occupa une page importante de la Restauration à laquelle il demeura fidèle. Nous avons demandé à Monsieur Michel Becquey, lui-même installé à Chatou depuis 1973 (et père de notre ancien secrétaire Olivier Becquey) de bien vouloir établir une note historique au sujet de son aïeul :

 

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Louis Becquey  (1760-1849)

Docteur en Droit, Louis fut Contrôleur de la Généralité de Champagne à Joinville, puis Procureur Syndic du district de Joinville, Procureur Général Syndic de la Haute Marne puis député de ce département à l’Assemblée législative de 1791.

Le 20 avril 1792, poussé par ses ministres, Louis XVI propose à l’Assemblée de déclarer la guerre à Léopold II, Empereur germanique, Louis Becquey fait alors un discours contre la guerre : ‘’Le mouvement toujours violent qui accompagne la destruction des anciens abus cause inévitablement un grand nombre de maux particuliers qui ne peuvent se réparer qu’au sein de la paix. Vouloir la guerre dans de telles circonstances, c’est vouloir prolonger les désastres, les malheurs, les calamités et retarder l’époque de la prospérité publique.’’ D’autant plus qu’alors la Cour de Vienne proposait la paix.  Mais le discours n’eut aucun effet et la guerre fut votée.

La Révolution se développant, Louis fut obligé de se réfugier à la campagne, non loin de son ami Royer-Collard. Les deux amis, avec l’abbé de Montesquiou et d’autres, montent le Conseil Secret du Roi qui tenait le futur Louis XVIII au courant de l’évolution des choses en France. En 1810, Louis Becquey fut nommé Conseiller d’Université. En 1814, il fut nommé Directeur du Commerce, de l’Agriculture et des Haras ; en 1816, il devint Sous-Secrétaire d’Etat au Ministère de l’Intérieur. 

Comme  Directeur du Commerce, il avait prôné le développement des voies navigables. Il fut donc, en Septembre 1817, nommé Directeur des Ponts-et-Chaussées ; la situation économique étant difficile, Becquey fit appel à des sociétés privées qui avançaient les fonds et se rétribuaient par des péages, politique qui permit la construction de canaux et l’amélioration de la navigabilité des fleuves, un gabarit de base fut fixé pour ces travaux (les écluses de ce gabarit furent appelées ‘’écluses Becquey’’ (30,40m x 5,20 m avec mouillage de 1,60m ; notons que les moteurs vont, plus tard, remplacer la traction animale, ce qui va permettre d’accroître la taille des péniches, donc Freycinet, un des successeurs de Becquey va devoir modifier ces normes) ;

900 kilomètres de voies navigables furent ainsi ouvertes pendant son mandat.

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Agrandissement de nombreux ports, dont Le Havre, Granville, Boulogne ; utilisation du système Fresnel pour l’éclairage des phares. Etudes et essais sur l’utilisation du système Mac Adam pour améliorer l’état des routes, instauration de l’obligation pour les communes d’entretenir les chemins vicinaux, construction de nombreux ponts (dont celui de Bordeaux, commencé sous la Restauration mais fini sous le Second Empire et donc alors nommé ‘’Pont Napoléon’’).

Lorsque la construction de canaux s’avérait trop onéreuse, Becquey fit octroyer à des compagnies privées la possibilité de construire des lignes de chemin de fer, d’invention anglaise ( Saint-Etienne-la-Loire, Saint-Etienne-Lyon, Epinal-canal de Bourgogne…début des chemins de fer français). Rétablissement de l’ancienne Ecole des Mines de Paris, ouverture de celle de Saint-Etienne.

Augmentation de la production de houille, perfectionnement de la fabrication du fer. Il est alors nommé ‘’Ministre d’Etat’’ (position purement honorifique). Il fut également, de 1815 à 1830, constamment réélu député de de la Haute-Marne mais, Louis-Philippe arrivant, il se retira de toute vie politique. Il mourut 19 ans plus tard, à 89 ans.

Petit ‘’hic’’ : en 1821, le Duc de Richelieu, Président du Conseil, veut faire voter une loi et fixe la date du vote ; ce jour-là, Becquey et d’autres députés amis assistent à la noce de la nièce (et fille adoptive après la mort de ses parents) de Louis Becquey. Un certain nombre de députés étant absents, la loi est rejetée par la Chambre ; le Duc de Richelieu, se croyant en minorité, donne sa démission au Roi ; lorsqu’il sera averti de son erreur, ce sera trop tard : la lettre est partie. Involontairement, ce mariage fut donc la cause de la chute d’un ministère.

Michel Becquey

 

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