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20/06/2014

MAXIME LAUBEUF (1864-1939), HONORE PENDANT LA DROLE DE GUERRE

Janvier 1940 : il ne se passe rien en France. La Pologne a été écrasée par l’Allemagne et l’URSS, ses classes dirigeantes sont déportées ou assassinées, la Finlande héroïque offre une résistance inouïe aux armées soviétiques, on réfléchit à la secourir, mais finalement on attend.

 

L'aviation est inexploitée,  l'artillerie déclassée, les munitions insuffisantes,  l'infanterie chargée comme une mule, l'état-major périmé, la ligne Maginot jugée infranchissable mais non prolongée jusqu’à son terme pour ne pas vexer la neutralité de la Belgique.

 

Seule la marine française représente un corps de première classe. Devenue la quatrième du monde et la seconde en Europe, elle est précisément appelée à ne jouer aucun rôle sur un théâtre d’opérations continental. Hitler, qui n’a plus de front à l’est, prépare en toute quiétude l’invasion de la France et de la Belgique.

 

Les Français, otages des erreurs stratégiques de leurs gouvernements et de leurs chefs militaires depuis dix ans, de leurs batailles intérieures qui ont occulté l’essentiel, vivent les appels à la gloire passée. Chatou, commune de 11.000 habitants, commémore.

 

Le 21 janvier 1940, un hommage est rendu à l’un de nos grands hommes : Maxime Laubeuf (illustration ci-dessous), mort le 23 décembre 1939, parent du catovien François Laubeuf, maire célèbre pour sa conduite pendant la guerre de 1870, fondateur d’une grande entreprise de la ville.

 

Maxime Laubeuf a mis au point une invention dont la postérité n’a pas mérité les refus de pension de retraite qui lui ont été adressés. Selon la tradition orale de la famille, il a abrité un temps les plans de son invention dans les ateliers de Chatou pour échapper à un entourage qu'il suspectait.

 

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Le maire, Jules Ramas, prend la parole : "Maxime Laubeuf, ancien ingénieur en chef des arsenaux de la marine  de Guerre, mort fin décembre 1939, était né à Poissy  en 1864 et, fils d’Alexandre Laubeuf, maître charpentier, il était le petit-neveu de François Laubeuf, qui assumant en 1870-1871 les fonctions de maire de Chatou, aurait été fusillé par les allemands s’il n’eut été sauvé par l’intervention héroïque de l’abbé Borreau, curé de la ville. Maxime Laubeuf était apparenté comme petit cousin issu de germain, aux familles Laubeuf et Médard qui résident toujours à Chatou, et deux fils lui survivent."

 

Au nom de tous, le Maire leur exprima ses condoléances.  Il résuma ensuite la carrière de Maxime Laubeuf :

 

"Entré jeune au collège Chaptal, il fut reçu dans les premiers à Polytechnique où il sortit idéalement dans les premiers en 1883. En 1887, il était nommé sous-ingénieur de la Marine. En 1891, il était ingénieur. En 1900, il fut désigné comme ingénieur en chef des arsenaux de la Marine de Guerre. Il se distingua en 1898, lors d’un concours pour l’élaboration d’un torpilleur pouvant naviguer sous l’eau en présentant le projet du submersible « Le Narval » qui fut primé et adopté de sorte qu’il est juste de reconnaître en lui le premier constructeur de sous-marin doté des qualités militaires indispensables.

 

De 1900 à 1904, il remplit de nombreuses missions à l’étranger, au titre de la Marine. Dés 1904, des chantiers placés sous sa direction sortirent : « le Nautilus », « le Farfadet », « le Pluviôse » etc…En 1906, il quitta le service actif pour se consacrer aux études de submersibles et torpilleurs. A deux reprises, en 1900 et 1908, il fut lauréat de l’Académie des Sciences dont il devint membre  jusqu’en 1920. En 1914, il reprit du service actif jusqu’à la fin des hostilités et continua ultérieurement une vie tout entière consacrée au travail et à l’étude. »

 

Le 23 novembre 1898, le premier sous-marin de combat de l'histoire maritime avait été mis en service sur les plans de l’ingénieur Maxime Laubeuf. Le « Narval » avait une double coque, l’intervalle étant occupé par des ballasts dont le remplissement permettait la plongée. La force motrice pour la navigation en surface était basée sur une machine à vapeur et la navigation sous-marine sur un moteur électrique. Il disposait d’une autonomie de 500 milles en surface et complète en plongée grâce au rechargement des batteries.

 

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Le Narval, premier sous-marin autonome de combat conçu par Maxime Laubeuf
 
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Le Farfadet, conçu par Maxime Laubeuf et lancé en 1912
 
 
 

A l"unanimité, le conseil municipal de Chatou décida le 21 janvier 1940 de donner le nom de Maxime Laubeuf au quai de Seine entre le pont de chemin de fer et Croissy.

 

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L'ancien chemin de halage vers Croissy 
et ses villas de villégiature du Second Empire dans le style chalet
 fut rebaptisé quai Maxime Laubeuf le 21 janvier 1940 
 
 
 
 
 
 
En janvier 1940, la Marine faisait honneur à Maxime Laubeuf. Comptant 7 cuirassés, 2 porte-aéronefs, 19 croiseurs, 32 contre-torpilleurs, 38 torpilleurs, 77 sous-marins, elle représentait la seule arme avantageuse pour la France.
 
Entre la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 et l'Armistice du 22 juin 1940, la Marine escorta entre Brest et la Méditerranée 175 convois français rassemblant 1.457 navires marchands dont 7 seulement furent coulés par l'Allemagne. Elle se distingua également par la protection de 56 convois anglais et alliés représentant 2.157 navires marchands. L'Armistice, l'agression anglaise de Mers-El-Kébir (3 juillet 1940 - 1.380 morts), le sabordage de Toulon, mirent fin  à l'espoir d'une marine résistant tout entière à l'occupant.
 
 
 
Sources :
 
- Registre des délibérations du conseil municipal
- France Illustration du 1er janvier 1949 (Le Monde Illustré)
- Vingt ans de politique navale - Espagnac du Ravay (Editions Arthaud)

 

10/05/2014

CEREMONIE DU 8 MAI 2014

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Le 8 mai 1945, le général de Lattre de Tassigny signait l’acte de capitulation de l’Allemagne pour la France à Berlin, terminant la guerre sous les couleurs françaises. Commandant  avec succès la 14ème division d’infanterie pendant la Campagne de France en 1940, le général avait conservé ses fonctions sous Vichy. Mais l’invasion allemande de la zone libre le décida à organiser une résistance le 11 novembre 1942 dans la région de Montpellier dont il assurait le commandement. Arrêté et condamné à dix ans de détention par le régime de Vichy en janvier 1943, il s’échappa et gagna Londres puis Alger. Il devint le libérateur du Sud de la France à la tête de l’armée B le 17 août 1944.

Rebaptisée 1ère Armée en septembre 1944, celle-ci fut emmenée par le général  de Lattre dans de lourds combats jusqu’en février 1945 pour franchir le Rhin, atteindre l’Autriche et la Bavière. Elle symbolisa aux côtés de la 2ème D.B du général Leclerc l’héroïsme de l’armée française reprenant le destin de libération du pays. Fin de six ans d’horreur en Europe cependant que le combat contre le Japon se poursuivait dans un cauchemar paraissant sans fin dans le Pacifique.

 

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Monsieur Ghislain Fournier, maire de Chatou, lisant le discours du Secrétaire aux Anciens Combattants dans le cimetière de Chatou et ci-dessous, une partie de l'assistance à la cérémonie.8 MAI 2014 2.jpg

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A Chatou, les monuments aux Forces Armées, aux Déportés et aux 27 Résistants de la Pièce d’Eau ont accueilli la délégation de la municipalité autour des jeunes générations bien représentées par le conseil municipal des Jeunes et le corps des Sapeurs-Pompiers. Le Chant des Partisans, troisième hymne patriotique derrière la Marseillaise et le Chant du Départ depuis un décret de 1962, fut notamment joué par la fanfare autour d’une assistance plus nombreuse qu’à l’accoutumée, les sociétés d’anciens combattants et de la légion d’honneur assurant une présence sans faille renforcée par une participation de la Police Nationale représentée par Madame la Commissaire du Vésinet.

Monsieur Ghislain Fournier, maire de Chatou et Monsieur Christian Faur, délégué aux Anciens Combattants, ont comme chaque année depuis sept ans, donné toute la qualité de leur engagement public dans cette manifestation nationale enterrant la fin de la barbarie nazie et perpétuant le souvenir des victimes de la guerre. L’association, qui a notamment organisé et produit les enregistrements de témoins de Chatou et de la région dans une première édition audio des VOIX DE LA GUERRE 1939-1945 en 2011 au titre de la mise en valeur de l’histoire de Chatou, était comme chaque année représentée par son président en exercice.  

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Recueillement autour des tombes des 27 Résistants massacrés au château de la Pièce d'Eau.

 

18/03/2014

14 JUILLET 1939 : GEORGES MANDEL NOMME GEORGES CATROUX

 

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Au ministère des Colonies, une rare photo de Georges Mandel en train d'examiner des clichés de son chef d'état-major, le général Buhrer, en décembre 1939. Sur le devant de son bureau, la statue de Clemenceau qui ne le quittait jamais - "Match" décembre 1939 - collection de l'auteur

 

Le destin des hommes forgé à l’idée de combat pour  la civilisation française : voilà où l’on pouvait rencontrer la mesure de Georges Mandel, né à Chatou le 5 juin 1885 10 avenue du Chemin de Fer.

Chef de cabinet de Clemenceau de 1917 à 1920, député indépendant siégeant à droite de 1919 à 1924 puis de 1928 à 1940, ministre modernisateur des PTT de 1934 à 1936, le natif de Chatou souhaitait ardemment dans l’ombre du Tigre placer son action dans un sursaut de défense nationale. Mais sous l’influence d’un état-major périmé, le cénacle radical-socialiste, plus enclin à siéger qu’à combattre, lui refusait obstinément  les postes qu’il demandait pour armer, réformer et produire : soit, lui, Georges Mandel, transformerait un poste jugé secondaire en un  avant-poste de la résistance française.

Ministre des Colonies depuis 1938, il combattait au sein même du gouvernement pour obtenir des crédits en faveur de leur armement, renvoyait les fonctionnaires qui ne se rendaient pas à leurs postes, tentait de développer l’économie de la France d’Outre-Mer.

Mais seul, toujours seul, face à un mur d’ignorance, de mépris et d’inertie, son action dans le vaste empire devait bien souvent se contenter des réquisitions sur place et de biais invraisemblables. Faire avancer la cause de la défense de territoires peu considérés de la métropole et encore moins de l’état-major, dont la prescience fondée sur le déroulement de la Grande Guerre ne pouvait permettre de songer à faire des colonies un bastion de la France  en armes, telle était sa mission.Le point de vue de l’action et de la compétence n’en pouvait que plus déterminer les nominations de Georges Mandel. Le 14 juillet 1939, le ministre  des Colonies appela le général Catroux, un "réprouvé" comme lui. 

 

 

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Le gouverneur  général Catroux à la sortie du palais du roi du Laos en 1940.

 

Né en 1877, écarté des instances de l’état-major au faîte d’une carrière de trente ans en Afrique du Nord, Georges Catroux avait lui-même fait faillite en politique en condamnant les Accords de Munich, « le moment le plus douloureux pour l’amour-propre français, et la faillite de notre politique internationale » et en tenant lui aussi les colonies comme un futur champ de bataille à intégrer dans les plans de la Défense Nationale.

Au total, Georges Mandel  le considérait comme l’homme de la situation. Le général cinq étoiles Catroux, ancien collaborateur de Lyautey, remplaçait un civil au poste de Gouverneur Général de l’Indochine (Tonkin, Annam, Laos, Cambodge, Cochinchine) une terre qu’il n’avait connue que brièvement à ses débuts de 1902 à 1905 mais qui avait décidé de son engagement colonial. Après avoir constitué son cabinet, le général Catroux rejoignit son poste le 2 septembre 1939, au terme d’un voyage de quatre jours. 

 

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Sans doute l'image d'avant-guerre la plus connue de l'Indochine des Français de la métropole qui n'eurent pas l'occasion de se rendre à l'Exposition Coloniale de Paris de 1931: celle renvoyée par la publicité des compagnies maritimes. Ici Les Chargeurs Réunis sous l'excellence du trait du dessinateur Sandy Hook. Collection du Musée Maritime et Portuaire du Havre - tous droits réservés.

 

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 Une image de l'Indochine clamant pour l'éternité l'hostilité de son âme à la guerre : la baie d'Along, parcourue ici par un vapeur français en 1939 semblant égaré dans le paysage.

   

L’Indochine n’était rien moins qu’une perle de l’Asie et à l’aube de la deuxième guerre, dégageait une forme de prospérité qui n’était même plus troublée par l’agitation communiste et nationaliste. Le péril de l’Allemagne n’y était qu’une évocation. Pourtant, le nouveau gouverneur était chargé d’approvisionner la métropole en matières premières pour faire face à l’ennemi.

Mais l’objectif se heurta à un obstacle de taille. La France indochinoise, sous la férule de Georges Mandel, alimentait en effet la Chine de Tchang-Kaï-Chek en matières premières face à son envahisseur, le Japon, dont l’occupation atteignit la frontière de la colonie à l’été 1939.

Comprenant que l’Indochine devait être mise hors d’état pour accomplir son destin hégémonique en Asie, la junte nipponne envoya en février 1940 le général Tsuhihashi convaincre le général Catroux d’arrêter les livraisons à la Chine, ce que le général finit par faire pour le carburant. L’éloignement de la métropole de l’Indochine l’avait mise en dernière position des financements du ministre pour l’armement. Seule la présence de l’armée britannique à Singapour apportait une nuance à l’étalage d’impuissance militaire relevé par le nouveau gouverneur. Le 19 juin 1940, il dut fermer la frontière du Tonkin à la Chine sous peine de précipiter l’invasion japonaise et accepter des contrôles du commandement japonais sur son territoire.  Il envoya une note au premier gouvernement Pétain le 20 juin 1940 en demandant la conservation de la coopération économique et politique avec l’Angleterre.

La signature de l’Armistice deux jours plus tard, à laquelle il s’opposa, porta un coup fatal à une tentative de résistance, la France étant au demeurant déconsidérée dans l’esprit public  de ses administrés, notamment d’Extrême-Orient. Quant au gouvernement Pétain, son esprit de résistance se manifesta soudainement en Indochine.

Celui-ci prit prétexte des concessions du général Catroux pour le remplacer par l’amiral Decoux.  En fait, le général Catroux, qui avait signifié au gouvernement Pétain le 22 juin qu’il entendait conserver sa liberté d’action, représentait devant les yeux effrayés des vichyssois l’homme de Mandel par qui une dissidence de l’Indochine était possible. Mais, n’ayant pu contracter aucun appui militaire anglais ou américain dans la période qui suivit l’Armistice au titre d’une éventuelle dissidence qui l’aurait laissé seul face au Japon, le général remit les pouvoirs le 20 juillet à l’amiral Decoux et rejoignit le général de Gaulle à Londres en août.

Le court séjour du général Catroux en Indochine de septembre 1939 à juillet 1940 lui permit d'engager les travaux promus par Georges Mandel et dont un entretien du général avec Paul-Emile Cadilhac, reporter de l'Illustration, donne une idée précise :

"La bataille moderne est une grosse mangeuse d'avions et de munitions. Il faut pouvoir l'alimenter. D'où l'idée de Monsieur Mandel de créer en Indochine une usine d'aviation et, en attendant mieux, des cartoucheries. L'Union Indochinoise doit, en cas de nécessité - blocus par exemple - pouvoir se passer de la métropole. (....) Voilà pourquoi, par un matin printanier de février (1940), je me trouve à 40 kilomètres d'Hanoï, vers la pointe du delta tonkinois, tout à côté du camp militaire de Tong en compagnie de Monsieur Kaleski, ingénieur et directeur des travaux de la future usine. Des centaines d'ouvriers s'activent sur le terrain. Des rouleaux circulent, des routes s'achèvent et d'ici quelques mois, l'usine se dressera à proximité du camp d'aviation, dont le terrain, doté d'une nouvelle piste d'envol de 1100 mètres, servira aux essais des avions.

Les bâtiments, très dispersés et à l'épreuve des bombes, défendus d'ailleurs par de nombreuses batteries aériennes et des escadrilles de chasse, fabriqueront et les cellules et les moteurs. Le personnel groupera 3000 ouvriers indochinois encadrés par des spécialistes français. L'usine sera utilisée à deux fins : fabrication de matériel neuf - 150 avions par an au début - pour l'Indochine et nos diverses possessions ; réparation et remise au point du matériel en service. Parallèlement, on édifie trois vastes cités ouvrières destinées aux européens et au personnel annamite. J'ai visité à Phu-Tho, toujours au Tonkin, la première cartoucherie d'Indochine. Quand elle fonctionnera à plein, elle sortira par jour 50.000 cartouches."

Et le journaliste de conclure après avoir égrené tous les plans de modernisation du pays: "Il semble donc que demain l'Indochine doive se développer industriellement plus encore. Il faut s'abstenir de faire avec elle du colbertisme, et du plus étroit, mais au contraire l'encourager et l'aider à se réaliser toute entière. Cela suppose un plan d'ensemble, une direction ferme, une volonté tendue. Depuis Paul Doumer, on a ici changé trop souvent de gouverneur général. Celui qui passe ne peut rien créer. Un jour qu'on complimentait Lyautey sur le miracle du Maroc, il répondit avec modestie, évidemment trop de modestie : "j'ai duré !". Durer est une nécessité. Actuellement grâce à un choix éclairé, l'Union Indochinoise possède à sa tête un chef - un vrai chef. Qu'on lui donne le temps et il accomplira ici de grandes choses". Une grande ambition était bien à l'oeuvre mais trop tard alors que la métropole s'écrasait dans la défaite.

La suite appartient à l’histoire des Français Libres dont une ordonnance du général de Gaulle du 27 octobre 1940 a livré les premiers symboles :

 

"Ordonnance n° 2 portant nomination

des membres du Conseil de défense de l'Empire

Au nom du Peuple et de l'Empire français,
Nous, général de Gaulle, chef des Français libres,

Ordonnons,

Article premier.

Sont nommés membres du Conseil de Défense de l'Empire institué par l'ordonnance n°1 du 27 octobre 1940, Général Catroux, Vice-Amiral Muselier, Général de Larminat, Gouverneur Éboué, Gouverneur Sautot, Médecin Général Sicé, Professeur Cassin, Révérend Père d'Argenlieu, Colonel Leclerc.

Article 2.

La présente ordonnance sera publiée au Journal officiel de l'Empire et, provisoirement, au Journal officiel de l'Afrique équatoriale française.
 

Fait à Brazzaville, le 27 octobre 1940
C. de Gaulle."

 

 

A noter que dans la foulée de ses nominations au Ministère des Colonies, Georges Mandel promut en 1939 Jacques Valentin Cazaux, inspecteur général des Colonies, qui organisa le premier mouvement de résistance en Indochine le jour de l'Armistice et fut emprisonné par Vichy le 20 novembre 1940.

 

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La banque de l'Indochine à Saïgon en 1939

 

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La Chambre de Commerce de Saïgon en 1939, offrant notamment à la population des cours d'apprentissage, de sténo-dactylo et de "teneurs de livres", assurant les recherches d'emploi par un Office de Placement et octroyant une aide financière aux associations d'employés français et "indigènes".

 

La région de Saïgon (au sud de l'Indochine) portait une économie importante : 20 rizeries, 44 décortiqueries, 5 brasseries, 3 distilleries, 3 manufactures de caoutchouc, 15 entreprises de construction et de travaux publics, 3 ateliers de construction mécanique, 3 usines de conserves, 2 usines de raffinage d'huile, 4 savonneries, 3 raffineries, 4 manufactures de cigarettes, 2 entreprises de débitage de bois, plusieurs usines d'électricité et de distribution d'eau, forges, entreprises de transports fluviaux et maritimes, fonderies, briqueteries, tuileries. La Cochinchine représentait à elle seule plus des deux tiers de la valeur des produits exportés d'Indochine. A Paris, l'Agence de l'Indochine était située 20 rue La Boëtie.

 

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En 1939, une micheline du"pont en dentelles" au Yunnan du réseau de chemin de fer indochinois qui était constitué de deux services publics : un réseau administré directement par la colonie de 2585 kms et un réseau concédé à la Compagnie Française de l'Indochine et du Yunnan de 848 kms.  Une image moderne dans la propagande coloniale.

L'oeuvre coloniale ne profitait pas seulement aux Français. En 1936, 3.168.735 consultations médicales furent données gratuitement, 17.676 opérations chirurgicales, 2.619.000 vaccinations antivarioliques, 88.629 vaccinations anticholériques et 14.183 vaccinations anti-tuberculeuses furent pratiquées.Le paludisme, la mortalité infantile furent jugulés, les affections occulaires traitées. Pour les Indochinois, 1237 écoles de villages voisinaient 1009 écoles élémentaires de l'Etat, 8 écoles primaires supèrieures ou normales, un établissement d'enseignement secondaire, 182 écoles dites de "plein exercice" etc...

 

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Une plantation d'heveas, arbres à caoutchouc, en Cochinchine, en 1939 et ci-dessous, le filtrage du latex. Avec le riz, l'opium et le tabac, il constituait la grande richesse agricole du pays. 

 

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Le 22 septembre 1940, le Japon prit d'assaut Langson (800 morts côté français) et occupa le Tonkin avec 20.000 hommes. Le 25 juillet 1941, il occupa l'Indochine tout entière. Le 9 mars 1945, l'armée nipponne aux abois attaqua les quelques garnisons françaises casernées et aprés les avoir désarmées, les décima non sans commettre des atrocités dont cette armée était malheureusement coutumière (1128 morts français dont 460 blessés amenés au bord d'une tranchée décapités, mitraillés et empalés à Lang-Son). Les Japonais en profitèrent pour armer et appeler à la rébellion les nationalistes indochinois. Pendant toute cette pèriode, aucun secours allié ne fut accordé à la France face au Japon.

 

Sources :

"Catroux" par Henri Lerner - préface de Jean Lacouture - Albin Michel (1990)

"Georges Mandel ou la passion de la République" par Bertrand Favreau - Prix de l'Assemblée Nationale - Fayard (1996)

"Match" - 28 décembre 1939

 "L'Illustration" - 11 mai 1940

"Le Monde Illustré" - 7 avril 1945

"Lang Son" - wikipedia

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30/01/2014

DIMANCHE 26 JANVIER 2014 : ASSEMBLEE GENERALE DE L'AMICALE DES 27 FUSILLES ET RESISTANTS

 

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L’Amicale des 27 Résistants, Fusillés et FFI de Chatou tenait son assemblée générale dimanche 26 janvier 2014 salle des Champs Roger. Une assemblée importante en raison des débats sur la commémoration des 70 ans de la Libération de Chatou fin 2014.

 

Etaient présents des membres des familles des 27 Martyrs mais aussi monsieur le sénateur Gournac, membre de la Commission des Forces Armées au Sénat, qui lui-même a eu à coeur de maintenir sa participation à l'assemblée malgré la refonte de ses engagements dans la vie publique ainsi qu'arrivés en fin de réunion, Monsieur le Maire de Chatou et Monsieur Faur, délégué aux Anciens Combattants. Monsieur Jean-Claude Issenschmitt, président de la section locale du Souvenir Français, participait également. Monsieur Gournac a rappelé qu'un membre des 27 était originaire du Pecq, en l'occurrence Jean Ramain, habitant du 11 rue des Prairies, tué à 22 ans comme ses autres camarades, mutilé et enterré dans la fosse de la Pièce d'Eau.

 

Le président Alain Hamet, à la suite d'une requête communément formulée notamment par Chatou Notre Ville depuis plusieurs années, a demandé à monsieur le maire de Chatou ne plus programmer le même jour le Forum des associations et la cérémonie de la Libération. La proposition principale étant de mettre le forum des associations le samedi et la commémoration le dimanche. Ceci afin de dégager les associations, élément actif de notre ville au titre de l'intérêt général, pour la commémoration de la Libération.

 

Le président Hamet a formulé la demande d'une représentation armée lors de la commémoration à Chatou. Monsieur Hamet a également indiqué qu'il animerait une conférence du Club de la Boucle sur l'histoire des 27 Martyrs en février 2014.Un échange a eu lieu convenant d'une réédition du livret original de 1947 sur les 27 Martyrs, aujourd'hui presque introuvable, réédition que Monsieur Issenschmitt pour le Souvenir Français compte prendre en charge, livret complet mais comportant des clichés pénibles pour un public jeune selon les adhérents (cf ci-dessous, extrait du livret, collection de l'auteur).

 

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Madame Claire Salvy a soulevé l'opportunité d'une organisation avec la commémoration le dimanche de la 2ème D.B. du général Leclerc. Des éléments de cette division auraient traversé Chatou par l'avenue Foch en provenance de Saint-Germain-en-Laye selon un cliché communiqué à l'Amicale par l'auteur de ces lignes en provenance du fonds Jacques Catinat qui lui a été légué. La 2ème D.B. est annoncée comme ayant traversé Chatou le 26 août 1944 par les notes de combat du groupe de F.F.I. du Front National (Résistance communiste) dans le livret des 27 Martyrs.

 

 

 

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Monsieur Gournac, maire du Pecq pendant 22 ans, a profité de l'occasion pour évoquer les recherches qu'il a fait faire en Angleterre sur le bombardement du 3 mars 1942 sur la ville du Pecq, lequel a entraîné la mort d'une quarantaine d'habitants, suscitant une certaine incompréhension. Ce bombardement que Monsieur Gournac a toujours commémoré était considéré jusqu'ici comme une erreur géographique. En réalité, les archives anglaises ont démontré qu'il s'agissait d'atteindre un dignitaire nazi habitant sur la côte de Saint-Germain-en-Laye, ce qui, évidemment, ne s'est pas produit, au détriment de la ville du Pecq. *

 

L'affaire des 27 Martyrs de Chatou, l'un des deux massacres en Ile-de-France perpétré en 1944, commence à être de nouveau connue du public. L'association lui a consacré notamment une partie de son coffret audio "Les Voix de la Guerre 1939-1945" réalisé avec l'Amicale réunissant voix officielles et témoignages d'habitants, la transmission de la mémoire rencontrant de plus en plus de difficultés malgré les moyens techniques actuels.

 

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Le coffret « Les Voix de la Guerre », œuvre inédite dans une commune française, avait été présenté publiquement le 10 décembre 2011 à Chatou salle Jean Françaix sous le parrainage de Mademoiselle Brigitte Auber, actrice d’Alfred Hitchcock, en présence notamment de monsieur le sénateur Alain Gournac.

 

Par ailleurs, indiquons qu'un nouveau coffret audio est en passe d'être achevé par l'association Chatou Notre Ville, "LES VOIX DE L'APRES-GUERRE VOLUME 1 1946-1947" dont la réalisation a été de nouveau conduite par José Sourillan, ancien directeur des archives de RTL et Arnaud Muller, vice-président de l'association. La richesse des enregistrements, lesquels touchent à différents aspects de la vie politique, industrielle et artistique, justifiera une présentation officielle. Tous les témoignages recueillis n'y figurent pas en raison de la chronologie suivie dans cette œuvre extrêmement laborieuse pour les réalisateurs. Une première partie importante sur l'Indochine y figure cependant.

 

Enfin, la Libération de Chatou a inspiré le roman d'un auteur de Chatou, Madame Tanya Leroy, dont l'ouvrage doit être présenté le 1er février 2014 à la Librairie Presse et Loisirs avenue Guy de Maupassant.

 

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 * selon nos recherches aux archives départementales, le bombardement du 3 mars 1942 a également tué un croissillon, Monsieur André HIERNARD né le 7 novembre 1918, mort de ses blessures le 7 mars, un registre de la préfecture le mentionnant (d'après un écrit du service, l'usine de verrerie PARA MANTOIS de Croissy était visée):

 

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15/11/2013

GEORGES MANDEL, LE MINISTRE DE LA SANTE DES COLONIES (1938-1940)

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Collection de l'auteur

 

Dans la société politique française de l’entre-deux-guerres, le natif de Chatou Georges Mandel était l’homme qui comprenait et agissait. Depuis sa première nomination en 1934, ses ministères ne traduisaient plus seulement une occupation de fonctions mais une succession d’offensives contre les maux intérieurs qui grevaient l’intérêt de la France.

L’opinion publique avait pu applaudir à l’efficacité de ses services aux PTT entre 1934 et 1936, Mandel lui offrant le charme d’une image d’homme fort et compétent au milieu d’une instabilité et d’une légèreté chroniques.

Le ministère des Colonies, entre 1938 et 1940, représenta une action méconnue de la défense nationale sur un territoire de 110 millions d'habitants, la France possédant le second empire colonial du monde. Quant à l’état-major, qui détestait Mandel pour son esprit d’initiative et lui reprochait d’être resté prés de Clemenceau au lieu d’être allé aux tranchées en 1914,  son incapacité et son aveuglement concernant la défense du pays le conduisit naturellement à se désintéresser de ce que le ministre avait discerné dans le second front possible des colonies, avisant l’existence d’un secteur subalterne.

C’est ainsi que ce que Mandel exigeait, on le lui accordait. Le ministère des Colonies, repris tardivement en mains par lui à la suite de l’effondrement du Front Populaire en 1938, fut à son tour passé par les oukases de l’homme d’Etat.  Une partie de son action se situa sur le plan de la santé publique. Les crédits affectés aux services sanitaires offerts à la population furent partout augmentés :

-         En Indochine, de 90.590.000 francs en 1938, ceux-ci furent inscrits pour 112 .590.000 francs, soit une augmentation de 22 millions

 

-         A Madagascar, de 24.770.000 francs, ceux-ci passèrent à 33.068.000 francs, soit une augmentation de 8.298.000 francs

 

-         En Afrique Occidentale, on passa d’un budget de 100 millions à un budget de 162.280.000 francs

Seule l’Afrique Equatoriale dont les crédits avaient été augmentés de 50% en 1937, furent maintenus au même chiffre en 1939.

Derrière les chiffres, l’action visait l’augmentation des personnels médicaux civils et militaires, la modernisation des écoles de médecine de Dakar, Tananarive, Pondichéry, Hanoï, Brazzaville, la création d’un service d’assistance sociale pour tous les pays indochinois à l’exemple de celui existant en Cochinchine, la mise à disposition des médicaments contre la syphilis, le paludisme, la peste etc…N’ayant pas de goût pour la généralité, le ministre édita des circulaires  prescrivant l’approvisionnement des pharmacies des colonies pour six mois pour les médicaments, pansements, matériel sanitaire, et ce, afin de pourvoir à une éventuelle rupture de communication entre la métropole et les colonies. Les moyens de transports, en nombre insuffisant pour les ambulances et transports sanitaires, furent assignés également à l’augmentation.

Les campagnes renforcées de vaccination produisirent leurs effets : à Madagascar, où l’on enregistrait 2006 morts de la peste en 1936, le chiffre tomba à 671 cas en 1938. En Afrique Occidentale et en Indochine, ne subsistèrent que quelques cas isolés. A la suite d’un arrêté du 14 septembre 1938 du ministre, une campagne de vaccination contre la fièvre jaune toucha 100.000 sujets en Afrique Occidentale Française cependant que la gratuité de la quinine contre le paludisme était imposée en faveur des fonctionnaires civils et militaires et de leurs familles. Des épidémies de méningites cérébrospinales venues du Nigéria furent jugulées en peu de temps au Soudan, Niger et Côte d’Ivoire en 1938.

Georges Mandel créa également une Commission consultative de la maladie du sommeil au ministère des Colonies, bénéficiant du concours de la Société de Pathologie Exotique de Paris, et chargée de statuer sur toutes les questions thérapeutiques et techniques de la maladie. Une Commission contre la lèpre aboutit à un recensement des malades, à une campagne de soins de l’Institut de Bamako et au projet de construction de villages spécialisés pour les lépreux. Les œuvres sociales furent encouragées, un Institut Pasteur créé en Martinique, un autre au Cameroun, et des services radio-médicaux furent installés dans tout l’Empire.

De cette action obscure mais utile, des éloges furent tirés de la part de praticiens de l'époque mais qui s’en souvient aujourd’hui ?

 

Source :

L'oeuvre sanitaire de Monsieur Georges Mandel aux Colonies par le docteur Sasportas - "L'Hygiène Sociale" - novembre 1939

 

26/10/2013

EXPOSITION ROB ROY (1909-1992) AU NOUVEAU CONSERVATOIRE : DERNIERS JOURS !

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Le patrimoine artistique de Chatou continue d'irriguer notre inventaire. Et pour l'association, la mise en valeur de la ville n'attend pas. Rob Roy, dessinateur illustre des courses automobiles des années vingt aux années cinquante auquel nous avions déjà consacré un article du blog, également auteur de carnets de guerre en tant que soldat, sera mis à l'honneur à compter du 3 octobre 2013 boulevard de la République à l'espace Hal Singer. Rob Roy habitait 28 rue Charles Despeaux à Chatou.

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Grand Prix de l'Automobile-Club de France Montlhéry 1932 - Illustration de Rob Roy - "20 Grands Prix de l'Automobile Club de France sous le regard de Rob Roy" (HM Editions - 1995)

 

Nous sommes fiers qu'un hommage lui soit rendu et, ce d'autant plus que nous en avions fait la proposition le 20 décembre 2011 auprès de monsieur le maire de Chatou pour le compte de l'association avec Monsieur Hubert de la Rivière, promoteur inlassable de l'oeuvre de son père à juste titre.

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Nous avons découvert l'exposition lors du vernissage le 3 octobre 2013. Deux salles y sont consacrées, l'une pour l'automobile, l'autre pour la deuxième guerre : une réussite complète, de grandes aquarelles, une ambiance et des évènements pleins les yeux. Le livre "Carnet de guerre de Rob Roy" est à lire absolument. Ce sont les mémoires de l'auteur sous l'Occupation en particulier à Chatou.

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Une image sympathique du vernissage le soir du 3 octobre 2013 : de gauche à droite, on reconnaît une partie de nos administrateurs Evelyne Du Pan, Olivier Becquey (secrétaire), François Nicol (trésorier), Martine Poyer (fondatrice), Murielle Amiot, Arnaud Muller (vice-président), Hubert de la Rivière et sa famille, organisateurs de l'exposition, Annie Roekens et Monsieur Lesage, dont l'aïeul professeur de musique correspondait avec Maurice Berteaux, ministre de la Guerre et maire de Chatou (1891-1911).

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Dans la partie "Seconde Guerre Mondiale" de l'exposition, de gauche à droite, Olivier Becquey (secrétaire), Evelyne du Pan, administrateurs, Alain Hamet (président de l'Amicale des 27 Résistants et Fusillés), Arnaud Muller, vice-président de Chatou Notre Ville, Lucien Ruchet (trésorier de l'Amicale des 27 Résistants et Fusillés).

 

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Monsieur Ghislain Fournier, maire de Chatou et Monsieur Hubert de la Rivière, fils de l'artiste qui a financé et conçu cette remarquable exposition. Une page de plus au crédit de Chatou.

 

RETROUVEZ HUBERT DE LA RIVIERE 

METTEUR EN SCENE

DE ROB ROY

POUR UNE VISITE CONFERENCE

MERCREDI 30 OCTOBRE A 11H ET 15H

SAMEDI 2 NOVEMBRE A 11H ET 15H

  

10/10/2013

1946 : UN EDITORIAL DE FRANCOIS MAURIAC

 

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Le 17 mai 1946, la Cour de Justice de Versailles, juridiction d'exception, rend son verdict sur le crime commis par des Catoviens contre les 27  Résistants de Chatou, assassinés sur leur délation au château de la Pièce d’Eau par un détachement SS le 25 août 1944. Le président de la Cour, Pihier, a été l’un des magistrats instructeurs de l’affaire Prince en 1934. Graff et la veuve Toupnot sont condamnés à mort, Buchard et Apostolides sont condamnés à 15 et 8 ans de travaux forcés, la femme de Graff est condamnée à 5 ans de réclusion, Haffray à un an de prison. Tous les condamnés sont désignés à l’Indignité nationale.  

  

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La situation du pays est alors trouble. Le général de Gaulle, qui est devenu président du Gouvernement Provisoire de la République le 9 septembre 1944, a abandonné ses fonctions le 20 janvier 1946 devant le projet de reconstitution du régime de la IIIème République à peine amendé, celui-là même qui avait perdu l’autorité de l’Etat avant-guerre.

 

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Ses partisans se désespèrent de la reprise du jeu des partis. Parmi eux, François Mauriac prend position dans un éditorial  du Figaro du 18 mai 1946 intitulé « L’esprit de la Résistance » :

« Dans cette affaire sinistre de Chatou que l’on juge à Versailles, je détourne mon attention des traîtres sur les victimes. Je pense à ce chef résistant qui se dénonça lui-même à l’ennemi revenu, espérant que sa mort sauverait celle de ses camarades et qu’il paierait pour tous (le commandant Torset qui habitait 66 route de Montesson à Chatou).

A peine osons-nous aujourd’hui parler de la Résistance, comme si entre ces héros et nous s’accumulaient trop de réputations menteuses, trop de fausses gloires, comme si nous n’arrivions plus à discerner ceux d’entre eux qui se démasquèrent, le moment venu, à l’heure du plus grand péril.

Ils ont existé pourtant, et beaucoup parmi ceux qui ont vécu étaient dignes de parler en leur nom. Que s’est-il donc passé ? toutes les impostures, tous les crimes, toutes les usurpations de certains ouvriers de la dernière heure ne suffiraient pas à expliquer ce discrédit. Sans chercher les responsables d’un côté plutôt que de l’autre, reconnaissons simplement que l’esprit de la Résistance  a été contaminé par la politique.

Dans un homme, pourtant, il subsiste à l’état pur. Le pèlerinage du général de Gaulle à la tombe de Clemenceau, nous avons toujours su qu’il ne dissimulait aucune pensée. C’était le geste d’un chef dont toute la politique, depuis qu’il s’est éloigné du pouvoir, tient dans la conscience qu’il a d’incarner cet esprit auquel tant de Français sont devenus infidèles et que la surenchère des partis a disqualifiée. Aucune autre ambition en lui que de rester fidèle pour nous tous : il demeure au milieu de nous, et il n’est pas nécessaire que sa voix s’élève pour que nous nous souvenions de quel esprit nous sommes.

Son pouvoir véritable ne dépend pas de la place qu’il occupe. Les Français dont la faute essentielle, dont l’unique faute fut de désespérer de la France à l’heure de son plus grand abaissement, et par des propos partout répandus, d’accabler leur mère humiliée, sont jugés, qu’ils le veuillent ou non, par ce Chef solitaire, assis à l’écart et qui n’est plus rien dans l’Etat.

Mais c’est de lui que la lumière émane : s’il occupait de nouveau la première place, il n’en recevrait aucun surcroît. Pas plus ses adversaires que lui-même, personne ne peut faire qu’il n’incarne toujours, partout où il se trouve, la même fidélité…et aussi le même désintéressement : je me souviens, au moment de la délivrance, comme notre Secrétaire perpétuel l’avait fait pressentir pour qu’il acceptât de siéger à l’Académie, il fit répondre qu’il ne voulait recevoir aucune récompense de la patrie avant d’avoir accompli sa mission : il ne croyait pas qu’il eût encore fait assez.

Tant qu’il sera là, les victimes des collaborateurs de Chatou et tous ceux qui ont combattu le même combat auront au milieu de nous un répondant : grâce à lui, nous conserverons leur mémoire, et nous serons forcés de réveiller les souvenirs chez ceux qui oublient , et dont c’est l’intérêt d’oublier…

A l’heure des ténèbres, eux qui n’ont pas été fidèles, ils auront beau feindre de l’avoir été, cet homme les rappellera par sa seule présence au sentiment de leur misère, de cette misère qui nous est commune, bien sûr, et à laquelle, comme le rappelait le général de Gaulle lui-même au lendemain de la Libération, nous avons presque tous plus ou moins participé.

Il ne dépend de personne que chacune de nos vies n’ait pris, durant ces quatre années où la marée allemande nous a recouverts, comme une coloration qu’elle ne perdra plus.

Ces quatre années continuent de nous juger, ou plutôt, elles nous ont déjà jugés : elles ont fait remonter du  plus secret des coeurs , elles ont fait apparaître en pleine lumière ce qui était caché, le meilleur, le médiocre et le pire. Nous nous débattons en vain : nous avons tous au front désormais une marque, un signe, une note que le destin nous a donnée, qu’aucune complaisance n’effacera et que nous emporterons dans la mort."

 

09/09/2013

LE CARNET DIPLOMATIQUE DE L'ASSOCIATION

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L'Association Chatou Notre Ville, l'Amicale des 27 Résistants, FFI et Fusillés de Chatou et l'ensemble des associations d'anciens combattants de Chatou adressent leurs plus vives félicitations à Monsieur Le Lieutenant-Colonel Ilchenko (à l'extrême-gauche sur la photo rencontré par la délégation de Chatou sous l'Arc de Triomphe lors de la cérémonie du 25 août 2013 de ravivage de la flamme en hommage aux 27 Martyrs de Chatou) pour son élévation au grade de lieutenant-colonel de l'armée russe dans le cadre de ses fonctions d'attaché militaire.

Elles expriment leur reconnaissance pour sa présence en qualité à l'époque de commandant attaché militaire pour l'ambassade de la Fédération de Russie le 25 mai 2013 à la projection du film "Normandie Niemen" au cinéma de Chatou organisée par l'association en hommage à l'acteur catovien Pierre Trabaud et forment un voeu pour la réalisation d'une carrière heureuse et méritée. Cliché - remerciements Mme Ratel.

 

08/09/2013

8 SEPTEMBRE 2013, CEREMONIE DE LA LIBERATION DE CHATOU : UN COFFRET AUDIO A CONNAITRE

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Les grandes voix et les témoins de la deuxième guerre mondiale réunis dans un coffret intéressant tous les passionnés d'histoire et toutes les générations. La couverture a échappé aux poncifs : un avion de chasse français Bloch 151 (futur Dassault après la guerre), un fantassin, un char et un artilleur Français en 1939.

 

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Maquette : Patrick Muller

 

 

Plus de 100 enregistrements

réalisés en collaboration avec José Sourillan, ancien directeur du Service Documentation de RTL, par Arnaud Muller, vice-président de "Chatou Notre Ville", les associations d'anciens combattants et nombre de témoins de Chatou et de la région. 

Avec les voix

de 43 personnages historiques

 

 Joachim Von RIBBENTROP, Adolf HITLER, LEOPOLD III, Edouard DALADIER, Jean GIRAUDOUX, Hubert PIERLOT, Benito MUSSOLINI, Paul REYNAUD, Reine ELISABETH, Princesses ELISABETH et MARGARET, Maréchal PETAIN, Général HUNTZIGER et Général WEYGAND, Général De GAULLE, Winston CHURCHILL, Joseph STALINE, Président ROOSEVELT, Pierre LAVAL, Gisèle GODLEWSKI, Philippe HENRIOT, Jean HEROLD PAQUIS, Général GIRAUD, Joseph GOEBBELS, Général ROMMEL, Maréchal  BADOGLIO, Jean Pierre AUMONT, Général EISENHOWER, Général LECLERC, Georges MANDEL, Sacha GUITRY, Maurice THOREZ, Jacques DUCLOS, Général de LATTRE de TASSIGNY, Général ELSTER, Général JUIN, Général VANNIER, Grand Amiral DOENITZ, Président TRUMAN, Pasteur DOWNEY, Empereur HIRO HITO, Procureur Roman RUDENKO, Lord Chief Justice Sir LAWRENCE ainsi que les témoignages des Vétérans et des Anciens Combattants et d’habitants de la Boucle. 

 

 

Samedi 10 décembre 2011 à 17 heures salle Jean Françaix Place Maurice Berteaux, les Catoviens avaient été conviés par l'association à fêter l'édition d'un coffret de deux CD audio, "LES VOIX DE LA GUERRE", un produit inédit associant 43 voix de personnages historiques et les témoignages d'habitants, une très belle fresque "sonore" sur cette pèriode de notre histoire réalisée par José Sourillan, ancien directeur du service documentation de RTL, Erik Konofal et Arnaud Muller, vice-président informaticien de notre association, qui fut pendant deux ans au coeur du montage.

La réalisation du coffret n'a justifié d'aucune subvention, celles-ci étant au demeurant interdites dans les statuts de l'association fondée il y a 17 ans.

 

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cliché Olivier Becquey

 

C'est dans une ambiance très amicale que nous avons pu devant prés de cent personnes réaliser cette présentation. La marraine de ce lancement n'était autre que Mademoiselle Brigitte Auber, actrice notamment du très beau film d'Alfred Hitchcok "La Main au Collet" et compagne de Monsieur Claude Lacloche, résistant et déporté enregistré sur le disque.

 

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La marraine de notre manifestation, Mademoiselle Brigitte Auber, dans le film mythique d'Alfred Hitchcock, "La Main au Collet" (Paramount 1954)

 

 

Nous avions l'honneur d'accueillir Monsieur Alain Gournac, Sénateur-Maire du Pecq, Monsieur Christian Murez, président de la Communauté de Communes de la Boucle de Seine représentant Monsieur le Maire de Chatou cependant que plusieurs conseillers municipaux avaient tenu à faire le déplacement, Jacqueline Penez, ancienne Conseillère régionale, Aîcha Boughali, Jean-Pierre Ratel, Anne Bernard, Christian Faur, Adjoint délégué aux Anciens Combattants, Alain Paillet. Alain Hamet, président de l'Amicale des 27 Résistants, FFI et Fusillés de Chatou et Jean-Claude Issenschmitt, président du Souvenir Français Chatou-Montesson, enregistrés dans le coffret, ainsi que Suzanne Blache, Muriel Amiot, la famille Nordin, la famille Muller, notre trésorier François Nicol, Olivier Becquey, administrateurs, ont participé activement à la réussite de cette soirée.

Deux faits saillants traités par le coffret audio ont concerné Chatou pendant la deuxième guerre mondiale : l'assassinat par la Milice le 7 juillet 1944 de Georges Mandel, bras droit de Georges Clemenceau devenu ministre des PTT (1934-1936), des Colonies (1938-1940) et de l'Intèrieur (1940) , né à Chatou 10 avenue du Chemin de Fer le 5 juin 1885, et l'assassinat par un détachement SS de 27 FFI de Chatou à la suite d'une dénonciation le 25 août 1944. Vous retrouverez notamment la voix de Georges Mandel, ministre des Colonies, dans ce coffret.

 

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 Pierre Arrivetz présentait le coffret - cliché Olivier Becquey

 

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Maquette : Patrick Arrivetz

 

 

   

Prix public depuis le 1er janvier 2012: 

20 euros

Chèque à l'ordre de l'association Chatou Notre Ville B.P.22 78401 Chatou Cedex 

 

ACTUELLEMENT EN VENTE A LA LIBRAIRIE PRESSE ET LOISIRS

12 AVENUE GUY DE MAUPASSANT 78400 CHATOU

 

 

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photo de groupe avec les personnes enregistrées et les élus (cliché Olivier Becquey)

De gauche à droite, Monsieur Robert Pelletier, combattant de la libération de l'Italie, Catovien enregistré, Madame Monique Pelletier, enregistrée, Catovienne et témoin, Monsieur Claude Lacloche, résistant et déporté enregistré, Monsieur Patrick Muller, réalisateur, Monsieur José Sourillan, réalisateur des Voix de la Guerre, ancien directeur du service documentation de RTL, Mademoiselle Brigitte Auber, marraine de la manifestation, actrice du film "La Main au Collet", Monsieur Arnaud Muller, vice-président de l'association et réalisateur du coffret, Monsieur Christian Murez, président de la CCBS, ancien maire de Chatou, Madame Donatienne de Pampelonne, Catovienne et témoin enregistré, Monsieur Alain Hamet, président de l'Amicale des Fusillés, Résistants et FFI  de Chatou, Monsieur Jean Liéval, Catovien et témoin enregistré, Monsieur Alain Gournac, sénateur-maire du Pecq, Monsieur Bernard Muller, Catovien et témoin enregistré, Madame Aïcha Boughali, conseillère municipale, Monsieur Jean-Claude Issenschmitt, président du Souvenir-Français Chatou-Montesson, ancien maire-adjoint, Madame Jacqueline Penez, ancienne conseillère régionale, Madame Jeannine Collin, trésorière de l'Union Nationale des Combattants

 

 

L'association a interdit tout financement public dans ses statuts. Seuls vos dons et vos cotisations peuvent lui permettre de remplir sa mission.

  

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Locomotive SNCF 241 P compound fabriquée aux usines Schneider du Creusot de 1948 à 1952, emblème de l'association.

 

26/08/2013

EN L'HONNEUR DES 27 MARTYRS DE CHATOU, UNE BELLE FLAMME A L'ARC DE TRIOMPHE

Le dimanche 25 août 2013, une participation plus importante qu'à l'accoutumée avait répondu à l'appel de l'Amicale des 27 Martyrs pour la commémoration du massacre de la Pièce d'Eau le 25 août 1944, l'un des deux massacres perpétrés en Ile-de-France par les S.S. Sur les 27 victimes, rappelons que 12 avaient moins de 25 ans. Le ravivage de la flamme a eu lieu à l'Arc de Triomphe en présence de gardes républicains et d'un régiment de spahis, lequel retenait toute l'attention du public par sa très belle tenue d'apparat. L'association Chatou Notre Ville était représentée par Pierre Arrivetz, Suzanne Blache, Gabriel Lenoir, ce dernier médaillé de la Libération de Paris à laquelle il participa, et indirectement par Lucien Ruchet, trésorier de l'Amicale des 27 et Alain Hamet, son président.

L'Amicale des 27, par la mobilisation d'Alain Hamet, président de l'Amicale et petit-fils du commandant Torset assassiné, en direction de la presse (Le Parisien / Le Courrier des Yvelines) et d'Annick Couespel, descendante d'André Couespel, assassiné, auprès des familles des victimes, a permis une manifestation qui honorait le combat de la Résistance. 

Complétant le ban d'une représentation assez étoffée conduite par le général Compain, Monsieur André Le Lan représentait la Légion d'Honneur et Madame Chevalier l'Ordre National du Mérite.

4 élus du conseil municipal de Chatou sur 35 étaient présents, Pierre Arrivetz, Jean-Pierre Ratel, Didier Perrière et Christian Faur, délégué aux anciens combattants. Les jeunes du conseil municipal avaient également fait preuve d'un acte de devoir en assurant une présence en nombre, confirmant l'état d'esprit qui les anime. 

Notre meilleure surprise a été de retrouver le commandant Vasiliy Ilchenko, attaché militaire, présent à la cérémonie dans le cadre de la délégation de l'ambassade de Russie. Le commandant avait participé à la projection à Chatou le 25 mai 2013 du film "Normandie Niemen" organisée par l'association à la suite d'une invitation adressée par ses soins à l'Ambassade de Russie.

Promu lieutenant-colonel de l'armée russe en juin dernier, nous lui adressons nos  félicitations appuyées. Nos associations Chatou Notre Ville, Union Nationale des Combattants et Amicale de la Résistance souhaitent conserver des liens privilégiés avec les attachés militaires de l'ambassade et dans la mesure du possible les revoir à Chatou dans le cadre des manifestations anniversaires de 2014 (1914/1944). Christian Faur, qui n'avait pas été présent à la projection du film le 25 mai, a tenu particulièrement à rencontrer et faire venir nos amis russes à Chatou à la prochaine cérémonie dans le jardin de l'hôtel de ville dans dix jours.

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Suzanne Blache, secrétaire-adjointe de CNV et Gabriel Lenoir, à l'extrême-droite, Lucien Ruchet, trésorier et porte drapeau de l'Amicale, descendant de la famille de Jean Mauchaussat, assassiné.

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