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20/09/2011

LE PROJET DE TOUR DE RUEIL A L'ENQUETE PUBLIQUE

LETTRE DEPOSEE PAR L'ASSOCIATION  A L'ENQUETE PUBLIQUE DU PLU DE RUEIL LE 27 JUIN 2011

 

" ENQUETE PUBLIQUE DE REVISION DU PLU DE RUEIL

A l’attention de Monsieur le Commissaire-Enquêteur

Rueil : les deux Empires y ont connu leur intimité, un maître en peinture, Manet, en a laissé le souvenir fugace d’une maison dans la verdure, un roi du vaudeville, Georges Feydeau, y a fini ses jours, un génie de la carrosserie, Marcel Pourtout, en a conduit les destinées, un authentique résistant, Jacques Baumel, lui a donné son développement et son cœur de ville restauré. Les aspects de notre civilisation moderne s’y reflètent et s’y sont bercés.

Rueil semblait avoir été conçue pour accueillir, bien vivre et s’étoffer, non pour écraser. C’est ainsi que le projet de tour d’une des entreprises les plus prestigieuses du pays se heurte à un sentiment plus fort que tout, celui que chaque Français ressent pour son paysage et son environnement. Une tour à la Défense témoigne du progrès économique, une tour à 300 mètres des bords de Seine défie et déflore notre perception de l’environnement. Son annonce est un choc immédiat sans rien connaître du projet.


Ses promoteurs, par définition et par intérêt, ne sont pas enfermés dans l’histoire. Ils cultivent le dynamisme économique, un savoir-faire mondialement reconnu, une création de richesse qui rehausse l’image du pays.

 
Mais Chatou, qui a nourri l’école des Impressionnistes et l’école des Fauves, Chatou dont le clocher témoigne des premiers temps, Chatou, qui incarne à travers le hameau Fournaise au bénéfice de la région, et de Rueil en particulier, la mémoire des bords de Seine, de sa villégiature et de ses artistes sur tous les continents, n’a pas vocation à se présenter en victime expiatoire d’un projet conçu sans respect pour son environnement.

 
Peut-on mesurer les conséquences environnementales et les pollutions sonore et visuelle engendrées par un tel projet ? c’est impossible mais pourtant chacun les imagine.

 
Le concept d’une construction à cet emplacement, vide de toute habitation, pouvait paraître idéal mais le gigantisme du projet obère cette vision malgré une volonté évidente de l’architecte de ne pas répéter les erreurs du passé par un emploi habile du verre.

 
Dans les documents présentés, on commence par regretter le manque de lisibilité pour le public par l’emploi de normes non expliquées (norme de 162 NGF du plan de zonage à laquelle renvoie le règlement de zonage page 19). Puis, lorsque l’on recherche la signification d’une hauteur autorisée de 162 NGF par ses propres moyens, on découvre une hauteur de 132 mètres, soit bien supérieure à la hauteur estimée de 95 mètres annoncée sur le site même de l’architecte du projet.

Mieux encore, un problème surgit quant à l’emprise au sol autorisée. En effet le Plan Local d’Urbanisme doit être compatible avec les règles d’emprise au sol déterminées par le Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI).

Or, le PPRI prévoit dans cette zone qualifiée de dense :
« Art. 3.2. Sont autorisés sous conditions :
Tous les types de construction ou d’occupation sont autorisés sous réserve des prescriptions ci-dessous :
a) Les constructions nouvelles
Sur toute unité foncière de plus de 2 500m², l’emprise au sol des constructions à usage principal d’habitation et de bureaux est limitée à 40%. Elle est portée à 60% pour toutes les autres constructions. En cas d’opération d’aménagement d’ensemble, ces emprises au sol sont réparties sur l’entité foncière hors surfaces de voirie. »

 
En contradiction, le PLU prévoit : « article UA 9 : Emprise au sol des constructions : Zones Uac : « les constructions seront situées à l’intérieur des zones constructibles repérées au document graphique » (règlement page 17), donc une emprise au sol autorisée de 100 % de la superficie de la parcelle constructible au lieu des 60% maximum prescrits par le PPRI.

Il y aurait donc incompatibilité entre le règlement du PLU et les prescriptions du PPRI, l’annulation de l’article du PLU pouvant être obtenue à ce titre.

 
Ajoutons qu’aucune perspective de création de ligne nouvelle de transports en commun n’est mentionnée dans le Projet d’aménagement et de développement durable (PADD) en introduction au règlement. Or, le projet concentrera un flux de circulation vers la tour en provenance de l’est et de l’ouest parisien. Cette situation ne pourra que s’aggraver puisque le PADD du projet de PLU de Rueil affiche un objectif de 81.000 habitants en 2015 contre 78.200 recensés en 2008.


Chatou n’a jamais nui au développement de Rueil mais aujourd’hui la question doit être posée : si Rueil n’est pas capable de se plier à une contrainte réglementaire et de rechercher un équilibre urbain, qu’en sera-t-il demain ? croit-on que les populations de la région s’y installent pour contempler des tours ? un siège social ne peut-il rester dans une commune sans nuire à son environnement ? il faut modifier ce projet. L’effet d’écrasement en perspective dans un tel site effacera toujours son intérêt. Or, même si Rueil n’est pas une ville impressionniste, l’intérêt commun reste de réussir ce projet économique en jetant la passerelle sur les rives de nos deux départements. Le choc doit être évité et les propositions revisitées.

Pour l’association, le président,
Pierre Arrivetz

 

Association loi 1901, déclarée en 1994, sans but lucratif,
ayant pour objet la défense du patrimoine et de l'environnement de Chatou, la mise en valeur de son histoire. B.P.22. .78401 Chatou cedex, siège social : 14 avenue de Brimont, 78400 Chatou - chatounotreville.hautetfort.com – tél : 06 33 33 25 76 (Pierre Arrivetz) – piarri@orange.fr "

 

Dernière nouvelle : dans son rapport rendu le 5 août 2011, le commissaire-enquêteur, Monsieur Briend, a fait état d'une très large majorité de Rueillois qui se sont exprimés contre le projet de tour. Il a émis un avis favorable à la révision du PLU avec une réserve et huit recommandations. La seule réserve concerne le zonage du projet de tour. Le commissaire-enquêteur a préconisé de changer la zone UAcn  concernée en zone UAc en n'autorisant qu'une construction R+7 à cet emplacement. Le maire de Rueil dans une lettre du 8 juillet 2011 déposée à l'enquête a indiqué quant à lui qu'il examinait une alternative pour la construction du siège social de Vinci dans un autre lieu. L'entreprise Vinci représente 9% des recettes des impôts communaux selon le maire. Un tel projet ne pourrait voir le jour avant 2015 selon lui. Un emplacement prés de Nanterre qui avait déjà été évoqué serait pressenti. La lettre de l'association n'a été que la 73ème observation sur les 284 émises sur le registre d'enquête. La mobilisation exceptionnelle de l'association Bellerive de Rueil (pétition de 6406 signatures) a porté ses fruits. Les interventions de Chatou ne sont pas évoquées dans les conclusions du commissaire-enquêteur. Sauf adoption en l'état du projet de PLU par le conseil municipal de Rueil, une page devrait donc être tournée.



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