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16/01/2013

CHATOU A L'HEURE DU CINEMA

Aprés avoir proposé et contribué à la réalisation d'une exposition sur l'histoire de la gare de Chatou  sur le quai du RER A et suggéré le nom d'Emile Pereire pour baptiser la placette sud de la gare, l'association a demandé à la municipalité la réalisation d'un circuit historique dans Chatou et proposé un premier parcours sur la mémoire du cinéma. En voici le contenu :

  

FERDINAND ZECCA, LE PIONNIER 

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Ferdinand Zecca et Charles Pathé avant 1914

 

Louis-Ferdinand Zecca a porté les premières heures du cinéma. Né à Paris le 19 février 1864 dans une famille de techniciens du music-hall, enchaînant les petits métiers, son destin bascula lorsqu’il fut embauché en 1898 dans la première usine phonographique Pathé boulevard de la République à Chatou.

Particulièrement attentif et ingénieux, il y déploya une activité dans tous les secteurs de la production. Alors que s’annonçait l’Exposition Universelle de Paris de 1900, Charles Pathé demanda à son frère Emile, dirigeant de la branche phonographique, s’il connaissait quelqu’un susceptible de monter un stand pour l’exposition.

Emile lui recommanda Ferdinand Zecca. Celui-ci fut recruté sur le champ par Charles Pathé qui n’eut qu’à s’en féliciter, la société se voyant attribuer plusieurs prix au sortir de l’exposition. Charles Pathé demanda alors à Ferdinand Zecca d’être son collaborateur pour le cinéma : association exceptionnelle puisque de 1900 à 1918, Ferdinand Zecca fut l’auteur, le comédien ou le réalisateur d’une centaine de films muets produits par Pathé, se distinguant notamment par sa mise en scène des trucages.

Il fut également l’un des directeurs du Pathé-Journal, premier journal d’actualités cinématographiques créé en 1908 par Charles Pathé, le directeur de Pathé Exchange Incorporation aux Etats-Unis en 1919 puis le directeur artistique de Pathé-Baby au début des années vingt.

Il revint un temps à Chatou habiter les 3 bis et 1 bis rue du Capitaine Guynemer où il est recensé en 1928 et 1931. 

Ferdinand Zecca mourut à Vincennes le 23 mars 1947. Sa tombe y voisine celle de Charles Pathé, avec qui il bâtit le premier empire mondial du cinéma (1900-1918) avant Hollywood.

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Ferdinand Zecca – portrait dans « Pour Vous » - 8 octobre 1931

 

LUCIEN DALSACE, LE JEUNE PREMIER DU CINEMA MUET

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Les lumières du cinéma faisaient oublier les années perdues de la Grande Guerre, brillant dans les têtes de spectateurs avides de distractions nouvelles, et déjà Chatou pouvait s’enorgueillir de compter l’un de ses enfants dans le cœur de millions d’admiratrices.

Lucien Dalsace, de son vrai nom Gustave Louis Chalot, avait vu le jour à Chatou le 14 janvier 1893 54 avenue du Chemin de Fer - actuel 40 place Maurice Berteaux - où ses parents demeuraient.

Chasseur puis aviateur pendant la Première guerre mondiale, il avait fait ses débuts au Théâtre de Paris au lendemain de l’Armistice et s'était engagé dans l’aventure du cinéma.

Il fit la joie des producteurs du cinéma muet, tournant près de trente films dans des rôles de jeune premier tels que « Ferragus », « L’Aviateur Masqué », « Belphégor », « L’Occident » et « La Tentation » (illustration ci-dessus de 1929).

1930 marqua son éclipse avec l’arrivée du parlant, la mort de son père et la reprise de son affaire de parfumerie boulevard Saint-Michel. Grâce au réalisateur Léon Mathot, Lucien Dalsace revint au grand écran en épousant des rôles successifs dans « Chéri-Bibi » (1937) aux côtés de Pierre Fresnay et Jean-Pierre Aumont, « Le Révolté » (1938) avec Pierre Renoir, Charpin et Aimé Clariond et « Rappel Immédiat » (1938) dans lequel il fut l’un des partenaires d’Eric Von Stroheim. Il termina sa carrière dans « Deuxième Bureau contre la Kommandantur » (1939) de René Jayet et Robert Bibal et « Patrouille Blanche » (1941) de Christian de Chamborant.

Redevenu parfumeur à Paris, il s’éteignit le 3 juillet 1980 à L’Haÿ-Les-Roses.

 

RENE-JEANNE FALCONETTI,

"JEANNE D'ARC"

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Née le 21 juillet 1892 à Pantin, René Jeanne Falconetti fut une actrice de théâtre, à l’Odéon puis à la Comédie Française, avant de devenir une figure éphémère et marquante du cinéma muet. C’est en effet son rôle-titre dans « La passion de Jeanne d’Arc » de Carl Dreyer à l’affiche en 1927 qui la fit rentrer dans les annales du cinéma.

Ce film, considéré encore aujourd’hui comme la plus grande fresque sur Jeanne d’Arc, était intervenu deux ans après la canonisation de Jeanne. Le réalisateur avait obtenu entre autres la participation du petit-fils de Victor Hugo pour dessiner les costumes du film.

René Jeanne Falconetti s’était fait remarquer au théâtre Edouard VII en jouant dans la pièce « Le Comédien » de Sacha Guitry en 1921 et au théâtre de l’Athénée « La Guerre de Troie n’aura pas lieu » de Jean Giraudoux en 1935. La comédienne, dont le talent aurait pu lui permettre de devenir une sociétaire permanente de la Comédie Française, mit obstacle à sa carrière par un tempérament difficile, ce qui la conduisit à assurer ses propres productions en devenant directrice du Théâtre de l’Avenue.

C’est en 1924 que Jeanne Falconetti s’installa 3 avenue d’Eprémesnil dans une villa blanche aujourd’hui disparu. Dans un entretien à Comoedia du 28 août 1926, elle déclara : "Ce qui m’a fait choisir cette demeure, mon Dieu, le hasard…le bienheureux hasard, le même qui vient en aide aux auteurs pour dénouer les situations les plus embrouillées. Je suis venue, j’ai vu, je fus conquise ; et depuis, tout me retient ici : le calme, l’air, la belle route que l’on prend pour arriver à Chatou, le limpide horizon où les yeux se reposent et puis, les souvenirs – les souvenirs – les souvenirs de théâtre, car cette villa appartenait naguère à Anna Judic. Et l’interprète de tant d’œuvres dramatiques nous parle de l’ombre légère de celle qui fut une fine, délicate et sensible chanteuse d’opérette."

Contre ses prévisions, l’actrice dut se séparer de sa propriété de Chatou en 1931. Après s’être exilée au début de la Seconde Guerre Mondiale en Argentine, elle mourut à Buenos-Aires le 12 décembre 1946.

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Falconetti, par Kisling – « Pour Vous » - 15  juin 1933

 


MARCELLE ROMEE, UNE ETOILE TROP TOT DISPARUE

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Marcelle Romée, née le 7 février 1903 à Neuilly-sur-Seine, est une météorite du cinéma parlant dont la présence et la beauté purent éclipser ses partenaires. L’actrice connut son premier succès au théâtre en 1930 dans « Les Trois Henry » d’André Lang à la Comédie Française où elle avait interprété les jeunes premières dramatiques de tout le répertoire classique. Puis elle enchaîna quatre films, le premier en 1930, « La Lettre » de Louis Mercanton, et trois films en 1931, « Le Cap Perdu » d’Ewald André-Brunot, « Une nuit à l’hôtel » de Léo Mittler et enfin, son film fétiche, « Cœur de Lilas » d’Anatole Litvak. Dés son premier film, « La Lettre », la comédienne reçut les honneurs de la presse : «Marcelle Romée apporte au cinéma français son talent jeune et ardent, sa sincérité dans l’expression, sa science de la diction, pure, claire et toujours profondément humaine» (Ciné-Miroir 10 octobre 1930).

Alors que son ascension épousait irrésistiblement l’arrivée du cinéma parlant, Marcelle Romée vit sa santé se dégrader dans l’année 1932 au point de prendre une tournure dramatique. Hospitalisée pour dépression à la clinique de la Villa des Pages 40 avenue Horace Vernet au Vésinet, l’actrice échappa à la vigilance des infirmières et s’enfuit la nuit du 3 décembre 1932 pour se jeter dans la Seine du pont de Chatou (ancien pont routier aujourd’hui disparu et situé alors rue du Port).

 

PIERRE TRABAUD, L'HOMME TRANQUILLE

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Une poignée de main, un sourire et la franchise de l’honnête homme. Tel fut Pierre Trabaud dans la vie comme à travers la trentaine de films drames ou comédies qu’il tourna. Les Français l’ont bien connu dans le rôle de l’instituteur de « La Guerre des Boutons » (1960) mais sa carrière a déroulé des tranches de vie d’un pt’it gars amoureux dans « Rendez-Vous de Juillet » (1946), « Antoine et Antoinette » (1949), «Parti Sans Laisser d’Adresse» (1950 ci-dessus ), d’un marginal dans «Les Chiffonniers d’Emmaus» (1954), d’un homme de foi dans « Le Défroqué » (1954), d’un pilote de guerre dans « Normandie Niemen » (1959), celle de Napoléon au théâtre dans « Madame-Sans Gêne » (1980).

Pierre Trabaud a également donné sa voix à des feuilletons tels que « Les Mystères de l’Ouest », des dessins animés tels que « Daffy Duck », « Les Fous du Volant », « Astérix Le Gaulois », « Astérix et Cléopâtre », « Lucky Luke », « La Ballade des Dalton », « Les Dalton en Cavale »....

Dans une époque où les seconds rôles valaient les premiers, il donna la réplique à Pierre Fresnay, Louis Jouvet, Sydnet Bechet, Bernard Blier, Philippe Noiret, Cécile Aubry, Nicole Courcel, Françoise Arnoul. Passé réalisateur en 1982 avec « le Voleur de Feuilles », Pierre Trabaud nous a quittés le 26 février 2005.

 

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Avec Pierre Fresnay, dans "Le Défroqué" (1954)

 



Ses pairs ont porté un jugement unanime sur cet acteur qui refusait des propositions : un homme bon et droit, qui a marqué les grandes heures du cinéma des années cinquante. Pierre Trabaud obtint deux récompenses en 1954 pour son interprétation magistrale face à Pierre Fresnay dans « Le Défroqué » : « Le Triomphe du Cinéma 1954 » et « L’Ours » de Berlin. Sa dernière apparition fut pour le film de Bertrand Tavernier, « La Vie et rien d’Autre », tourné en 1988.

Pierre Trabaud est né à Chatou rue du Val Fleuri le 7 août 1922.

 

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Pierre Trabaud, l'instituteur de "La Guerre des Boutons" (1960)




PIERRE TRIMBACH, L'OPERATEUR DES PREMIERS FILMS

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Pierre Trimbach, deuxième debout en partant de la droite, et sur le trépied, Georges Denola, metteur en scène fétiche de la Compagnie Générale des Phonographes, Cinémas et Pellicules


Né le 5 octobre 1889 4 « chemin » de la Place à Chatou, Pierre Trimbach fut un opérateur de la Compagnie Pathé, directeur de la photographie des premiers films muets et des actualités Pathé. A la veille de sa disparition, il consigna ses souvenirs dans un ouvrage « le cinéma il y a 60 ans – quand on tournait les manivelles » (éditions CEFAG – 1970) :


« Je fus élevé dans cette coquette petite ville de la rive droite de la Seine (…) Elle fit rêver bien des poètes et son charme inspira de nombreux peintres (...). Etant enfant, les romans de "cape et d'épée" nous font rêver. A l'école du pays, souvent on nous parlait de Madame Bellanger qui habitait Chatou vers 1641 et, dont le fils, le célèbre Cyrano de Bergerac, parlait déjà, dans certains de ses romans, d'un voyage dans la lune ! Mes parents habitaient une confortable maison plantée au milieu d’un grand jardin décoré par une belle pelouse, des fleurs et des beaux arbres ; tout au bout il y avait un verger habité par des pruniers, cerisiers etc…


A la saison des fruits, ce verger était pour nous un vrai paradis terrestre, nous étions souvent perchés dans les arbres pour la cueillette. Les jours s’écoulaient tranquilles dans le charme de cette belle campagne d’alors ! mon père, qui avait été élève de Saint-Saens, était un bon musicien et surtout un très bon pianiste. Mon frère cadet, lui, était doué d’une voix de ténor ; il avait également un goût très développé pour l’aquarelle ! quant à moi, je n’avais pas encore percé. Des parents, amis et artistes, chanteurs, acteurs, peintres, qui villégiaturaient en été, formaient un groupe sympathique et très gai qui venaient dans cette maison où l’accueil était de tradition.


Cette demeure était assez retirée, elle était même la dernière maison du pays et la vue s’étendait sur les coteaux et les vignobles jusqu’à Carrières et Montesson. On peut dire que pendant la saison d’été, tous les samedis soirs il s’y donnait de véritables concerts et cela parfois jusqu’à deux ou trois heures du matin. (…) ».


De 1908 à 1925, la carrière de Pierre Trimbach se déroula à la S.C.G.A.D.L., Société d’Edition Cinématographique des Auteurs et des Gens de Lettres. Cette société n'était autre qu'une filiale de Pathé pour le tournage de films d’auteurs, et se distingua dans de grands succès populaires du cinéma muet. L'activité de Pierre Trimbach fut entrecoupée de reportages pour le Pathé-Journal, ce qui le ramena à Chatou pour y filmer notamment le départ de la course Paris-Roubaix (1902) et les funérailles nationales du ministre et député-maire de la ville, Maurice Berteaux (1911).

Sa vie de famille le poussa hélas à donner sa démission lorsqu’on lui demanda de partir en Egypte pour tourner « Le Roman de la Momie » de Théophile Gautier en 1925. Il poursuivit alors sa carrière chez Kodak-Pathé. Pierre Trimbach mourut à Colombes le 6 octobre 1972.

 

JEAN MARAIS,

L'ENFANT TERRIBLE 

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Jean Marais et Alida Valli dans « Les Miracles n’ont lieu qu’une fois », un film franco-italien d’Yves Allégret (1951)

 

Si Jean Marais, né le 11 décembre 1913 à Cherbourg, vint habiter Chatou dans son enfance, ce fut dans le cadre de dissensions familiales qui poussaient sa mère à fuir la présence paternelle. La famille Marais fut ainsi domiciliée 101 rue de Saint-Germain (avenue Foch depuis 1931) de 1923 à 1931. Le recensement de Chatou nous apprend que le foyer était composé de Joséphine Beuzon, sa grand-mère, « rentière », Louise Vassord, sa tante, Marie Marais, sa cousine déclarée « aviatrice », et Henri Marais, frère de Jean, de quatre ans son aîné.


Renvoyé de toutes les écoles pour indiscipline, Jean Marais fut à la fin des années vingt un employé des usines Pathé boulevard de la République avant de devenir figurant pour Victor Trivas puis Marcel Lherbier. Après un échec au Conservatoire, il fut servi par ses cours de théâtre chez Charles Dullin, ce qui lui valut de rencontrer Jean-Pierre Aumont et grâce à lui, de faire connaissance de Jean Cocteau en 1937 qui l’employa dans ses pièces.


A partir de 1943, un succès continuel accompagna ses différents films dans les registres les plus divers, qu’ils soient écrits ou réalisés par Jean Cocteau (« La Belle et la Bête », « L’Aigle à Deux Têtes », « Les Parents Terribles », « Orphée »), portés par Jean Delannoy (« Le Secret de Mayerling », «L’éternel retour», « Aux Yeux du Souvenir »), André Hunebelle (« Le Bossu », « Le Capitan », la série des « Fantômas »), Sacha Guitry (« Si Versailles m’était conté », « Si Paris m’était conté », « Napoléon ») et bien d’autres. Cascadeur, poète, sculpteur, il fut un comédien accompli, poursuivant une importante carrière au théâtre de 1937 à 1997.

Le cancre belliqueux qui avait élu domicile à Chatou, né dans une famille instable, demeure aujourd’hui l’une des plus grandes vedettes du cinéma français du XXème siècle.

 

L'ANCIEN CINEMA

DEVENU SALLE DES VENTES,

UN VESTIGE ART DECO

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Le bâtiment du 33 rue du Général Colin fut la première salle de cinéma en titre dans la commune. Edifiée en 1925 par Messieurs Weiner et Certain, habitants de Croissy et du Vésinet, celle-ci fut réalisée par l’entreprise A. Tschoffen et Compagnie sur les plans de l’architecte Lucien Desgrivan.


D’abord dénommée « Magic-Ciné », la salle fut reprise en 1935, entamant une nouvelle carrière sous le nom de «L’Olympia». Le cinéma fut arrêté en 1976 lorsque fut construite la salle Louis Jouvet dans le cadre de la rénovation engagée autour de la Place Maurice Berteaux. L’édifice demeure un témoignage unique dans la commune du style Art Déco appliqué à un bâtiment recevant du public.

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