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09/02/2020

PATRIMOINE AUTOMOBILE : UNE NOSTALGIE A ENTRETENIR A CHATOU

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Derrière son entrée vestige de l'Exposition coloniale de 1931, le salon Retromobile 2020 s'apprête à fermer ses portes et comme chaque année, il est venu nous rappeler l'intérêt du patrimoine automobile dans le cœur des Français. Comptant 230.000 collectionneurs de voitures anciennes et 800.000 véhicules de collection, notre pays est à la tête d'une activité économique liée à ces véhicules estimée à 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, maintenant un savoir-faire dont la disparition serait regrettable. La Fédération Française des Véhicules d'Epoque et les nombreux clubs qui y sont affiliés représentent ce monde vivant et passionné traversant toutes les générations, drainant une nostalgie imperturbable.

Comme chaque année, l'exposition a mis en valeur une production française disparue mais glorieuse par son histoire, ses ingénieurs, ses carrossiers.

Bugatti, un nom italien venu s'implanter en France pour construire des véhicules d'exception, avait une représentante, un cabriolet de 1929 de même qu'Amilcar, constructeur de 1921 à 1939, vainqueur du Bol d'Or en 1922 et 1933.

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Facel Vega, dernier constructeur français de voitures de luxe entre 1954 et 1964, affichait un modèle "Excellence" produit de 1958 à 1964.

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Talbot, qui, depuis 1934, était gouverné par le goût sûr d'un autre italien installé en France, Monsieur Antony Lago, tira ses derniers feux en 1958 lorsque son patron ayant épuisé toutes ses ressources se résolut à vendre la marque à Simca dirigée par son homologue italien, Monsieur Henri Pigozzi. Était exposé un modèle Talbot Lago Sport de 1956 T 14 LS de 2,5 litres et 120 chevaux, un modèle rare produit à 54 exemplaires rappelant le prestigieux passé sportif de la marque.

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Ne quittant pas l'aventure de l'excellence française, le visiteur pouvait retrouver une voiture symbole de ce que fut l'art français appliqué à l'industrie automobile, une Delahaye de 1949 carrossée par Chapron. Delahaye, qui était né en 1894, disparut en 1954 auréolé du prestige de ses lignes qui vinrent embellir les concours d'élégance et attirer des acheteurs du monde entier.

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Panhard Levassor sous l'égide de son club présentait à son tour un cabriolet de 1932 résolument enchanteur et évocateur de la plus ancienne marque automobile française (1886). Panhard Défense, filiale de Renault, continue de nos jours à produire des véhicules militaires.

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Hotchkiss, qui construisit à Saint-Denis des voitures de 1904 à 1954 puis des véhicules militaires jusqu'en 1969, était dans un printemps d'avant-guerre, exposant un modèle cabriolet Hossegor 686 de 1937 dont la vitesse maximum était fixée à 155km/heure.

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Et puis réservons nos félicitations au club Salmson, qui défend avec vigueur cette marque automobile française installée à Boulogne-Billancourt qui s'afficha de 1920 à 1957 dans le club des marques de prestige. La société Wilo-Salmson, héritière de la firme Salmson fabricant de pompes à chaleur, a son siège social à Chatou boulevard de la République. Le club exposait un cabriolet S4D de 1936. L'un des objectifs de l'association est de réaliser à Chatou une exposition mettant en valeur l'histoire de cette marque peu connue du grand public.

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Enfin, au milieu de quelques milliers de visiteurs, un catovien participait à l'animation du stand du Club Vedette France, Monsieur Pierre Gaudet,  (propriétaire d'une Chambord française) posant ici avec l'un des clous du salon, une Simca Rallye Emisul 6M dérivée de la Chambord et produite au Brésil en 1966 qui avait fait la traversée sous les auspices de son heureux propriétaire.

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L'aventure Simca, qui connut son heure de gloire grâce à Monsieur Pigozzi, son patron emblématique de 1934 à 1964, avait commencé dans les ateliers de l'usine Donnet de Nanterre puis, à l'aune de la déconfiture de Ford France et d'un succès commercial amené à placer la Simca Aronde (1951-1964) au rang des voitures les plus vendues en France, s'était poursuivie par le rachat de Ford France par Simca en 1954.

En héritage, une usine ultra-moderne à Poissy qui fit les beaux jours de l'industrie et les modèles 8 cylindres Trianon, Versailles, Régence, donnant à Simca un haut de gamme américanisé à la française sur la base des études Ford.

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publicités collection P. Arrivetz

 

Le Club Vedette France rassemble aujourd'hui les possesseurs de Matford (alliance de Mathis et Ford de 1938 à 1940), Ford 1945-1954, et Simca Vedette dont la production s'étala de 1954 à 1961 à Poissy et de 1959 à 1969 au Brésil. 

Le point commun à toutes ces voitures, le vieux moteur Ford inusable lancé dans les années trente appelant les modèles Vedette à être la dernière génération de voitures françaises de série équipées d'un 8 cylindres susceptible de tirer ces véhicules d'1,3 tonnes.

La production française de Simca Vedette évolua dans sa motorisation : de 80 chevaux pour les modèles Trianon, Versailles, Régence fabriqués de 1954 à 1957, le moteur reçut 85 chevaux dans sa version Beaulieu, Chambord et Présidence de 1957 à 1961. Quant à la ligne, elle fut américanisée entre 1957 et 1961 avec un allongement de la carrosserie de 20 centimètres et des ailerons arrières typiques de la production Outre-Atlantique.

Mais alors que le marché des 8 cylindres s'effondrait en France sous le poids du prix de l'essence et une concurrence sans appel de la DS, ces voitures aux lignes des années cinquante continuèrent à être construites au Brésil qui devint la seconde patrie de Simca. La motorisation fut changée puisque pas moins de 140 chevaux furent assortis aux 8 cylindres, la Chambord brésilienne sortant à 42.910 unités. C'est ce modèle inconnu en France qui était ici présenté.

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Publicité pour Georges Irat - 1923

Chatou est en pointe pour le patrimoine impressionniste (Maison Fournaise), celui de l'art français dans les jardins à la fin de l'Ancien Régime (Nymphée de Soufflot), le patrimoine nautique (association Sequana). Nous souhaitons que notre ville, qui accueillit également boulevard de la République l'usine du constructeur automobile Georges Irat de 1921 à 1929, devienne un lieu de référence pour les véhicules anciens en Ile-de-France. L'Ile, en particulier, représente un espace qui pourrait leur être dédié ponctuellement.

 

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La revue "Chromes et Cylindres" du Club Vedette France

 

Pour en savoir plus :

Club Vedette France : www.clubvedettefrance.com

P.S : pour des raisons familiales, l'auteur de ces lignes est membre des deux clubs SIMCA et VEDETTE FRANCE qu'il recommande

Club Simca France : clubsimcafrance.fr

Amicale Salmson : www.amicale-salmson.org 

Club Georges Irat - La Voiture de l'Elite : www.clubgeorgesirat.fr

 

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