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26/02/2009

FRANCOIS EUGENE BARDON (1843-1901), ARCHITECTE DE LA VILLEGIATURE

L'un de nos plus importants architectes de la villégiature, François Eugène Bardon, est né dans notre commune en 1843.

 

Ses parents étaient "marchands de vin, traiteurs" à la sortie de la gare de Chatou. Son père, Jean Bardon, avait épousé Emilie Fournaise. Leur villa au numéro 1 de l’avenue des Vaucelles (avenue Paul Doumer depuis 1932) existe toujours.

 

A 18 ans, lors du recensement de Chatou de 1861, alors que son frère aîné, Emile, avait embrassé la profession de pâtissier, François Eugène Bardon se déclarait déjà architecte. L’avenir démontra qu'il ne s'agissait pas d'une usurpation.

 

 

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Lettre adressée par Monsieur Duchêne, entrepreneur à Croissy, à Monsieur Bardon, architecte à Chatou, affranchie le 24 juin 1866. Eugène Bardon a 22 ans. Communication de son Excellence Svend Weaver, ambassadeur du Danemark à Chypre (ancien Catovien) avec tous nos remerciements.

 

 

 

 

Croissy, le 22 juin 1866,

 

Monsieur,

Je m'engage à faire les grilles d'appui et grande grille porte du mur de clôture sur la route de la Faisanderie dans la propriété de Monsieur Paulé au Vésinet, savoir : les grilles mur d'appui ayant environ 9,40 m de long sur 1,20 m entre traverses divisées en 6 parties, chaque partie composée de 11 barreaux carrés de 0,016 posés sur ch...

Lesdits ornés par le haut de lasses en fonte faite sur modèle, bagues formant astragale et bases, haut et bas. Lesdites soutenues par six pilastres en fer forgé d'après détail remis par l'architecte, montants principaux 0,020 x 0, 030 etc..

Les deux pilastres de la porte avec montant plus forts et couronnés par une moulure en fonte avec ornement en fer forgé au-dessus.

La porte de 1,60 m de long sur 2,50 à 2,60 m de haut, ladite composée de barreaux en fer carré de 0,016 ornés comme ceux des grilles mur d'appui montants extrêmes et traverse basse en fer carré de 0,027 traverse haute circulaire et celle intermédiaire en 0,0020 x 0,0027, montant milieu idem aux traverses avec recouvrement panneaux du bas formant soubassement en tôle de 0,003 mm d'épaisseur, soutenus par des croisillons en fer carré, 0,020 x 0,020 avec motif milieu à la demande et moulure encadrant  lesdits.

Ladite fermée par une serrure de sûreté et un verrou haut et bas à rappel, le tout suivant les détails qui seront remis lors de l'exécution par l'architecte pour la somme de fixe et à forfait de 400 francs. Ladite mise en place le 15 juillet 1866. De plus, je m'engage à payer à Monsieur GRUT la somme de 10 francs par chaque jour de retard sur l'époque ci-dessus fixée. Agréez mes salutations.

Duchêne

 

La renommée de François-Eugène fut acquise lorsqu’il exposa un pavillon à l’Exposition Universelle de Paris de 1878, ce qui lui valut ensuite de nombreuses commandes.

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Pavillon de l'Exposition Universelle de Paris de 1878 (détruit)

par François Eugène Bardon, architecte de Chatou

Découverte : association Chatou Notre Ville en 2001 à l'occasion du cdrom "Promenades dans Chatou"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les années 1878-1887 sous le mandat d’Ernest Bousson, François-Eugène devint l’architecte de nombreuses villas à Chatou. Par chance, plusieurs planches ont été publiées dans les revues d’architecture de l’époque.

 

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Villa du 15 avenue d'Aligre vers 1878 par François Eugène Bardon
Source : Revue La Brique Ordinaire
 
 
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Villa du Parc de Chatou pour Ernest Bousson vers 1876
par François Eugène Bardon
 
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Villa du 1 avenue Ernest Bousson (1878), par François Eugène Bardon. Le chiffre du propriétaire sur le haut de la façade a été détruit par les services techniques en 2000 et son état de dégradation ne fait pas honneur à la ville. Source : Revue La Brique Ordinaire.
 
 
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Agrandissement de la villa de Charles Lambert rue Labélonye vers 1881 (devenue plus tard
la villa de son gendre Maurice Berteaux) par François Eugène Bardon.
 
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Villa de l'avenue de Croissy (depuis 1918 rue du Général Colin)
par François Eugène Bardon. Source : Revue La Brique Ordinaire.
 
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Villa au Vésinet vers 1878 par François Eugène Bardon.
Source : Revue La Brique Ordinaire
 
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Deux autres villas de Chatou attribuées à Bardon, l'une avenue du Général Sarrail
l'autre ci-dessous avenue des 27 Martyrs.
 
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En 1880, Eugène Bardon se vit confier par le conseil municipal la mission de refaire la façade de l'Eglise de Chatou, abîmée par les bombardements de 1871. La belle façade romane de l'église disparut au profit d'un style néo-gothique très en vogue, reproduction de façades d'églises parisiennes.

 

 

En 1881, il devint propriétaire et résident de l’hôtel particulier du 5 place Charles de Gaulle, construction qu’il édifia au milieu d’autres afin de permettre l'achat du nouvel hôtel de ville par la "Société Civile de Chatou" avec seize autres Catoviens. Il fit donc partie des « Dix-Sept » bienfaiteurs de l’hôtel de ville et de ses abords dont le surnom est perpétué par une rue de la ville. En 1883, il délivra les plans de l'école maternelle de la rue Ernest Bousson.

 

François-Eugène mourut précocement à son domicile parisien 24 rue d'Enghien le 24 octobre 1901. Son fils, André Bardon, fut tué au combat le 22 octobre 1918 à Somme Py dans la Marne.

 

L'on doit à Madame Sophie Cueille, chercheur à l'Inventaire Régional d'Ile de France, d'avoir mis en lumière en 1986 l'oeuvre de ce Catovien dont le nom illustre à lui seul une partie du patrimoine de notre ville. Son portrait était inconnu, nous l'avons trouvé grâce à la vente d'un collectionneur de Gannat dans l'Allier. Le voici.

 

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 Eugène Bardon, photo des années 1870 par Marius,

photographe 55 rue de Réaumur, Paris

collection Pierre Arrivetz

 

 

Sur la proposition de l'association, un hommage lui a été rendu par la municipalité par la dénomination du petit square de l'avenue d'Aligre inauguré le 22 décembre 2009 et une plaque illustrée de son portrait.

 

 

 

17/11/2007

LA CONSTRUCTION DE L'EGLISE SAINTE-THERESE DE L'ENFANT JESUS

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L'Eglise Sainte-Thérèse avant sa rénovation en 2005
Le relief des décors de façades a disparu

 

 

L’Eglise Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus située 36 route de Maisons fut consacrée le dimanche 23 octobre 1932 par Monseigneur Millot, « prélat de sa Sainteté, vicaire général, archidiacre de Versailles », assisté du chanoine Flavigny, vicaire général honoraire, curé doyen de Saint-Germain-en-Laye et de l’abbé Fossard, chanoine du chapitre de la cathédrale de Versailles.

Le curé de Chatou, l’abbé Basler, rendit hommage à ses prédécesseurs qui avaient été à l’origine du projet. Un sermon de Monseigneur Millot s’ensuivit dans une atmosphère très émouvante qui se termina par la bénédiction du Saint-Sacrement puis la consécration de la chapelle. A la fin de la cérémonie, les roses de Sainte-Thérèse furent distribuées aux paroissiens.

Un témoin reporter écrivit : « nous pensions avec gratitude à cet admirable clergé du diocèse de Versailles, qui, avec opiniâtreté et succès, grandit le domaine du Christ, aux dépens d’un matérialisme, qui, malgré sa puissance et son hostilité, n’a pu éteindre complètement, dans le cœur du peuple, « la flamme du souvenir religieux » selon l’expression de Monseigneur Millot. »

L’édifice fut construit à Chatou par l’Entreprise Générale de Grands Travaux sur les plans du cabinet d’architecture O.S. Michelin, 25 rue Vaneau, Paris 7ème. Monsieur Michelin était le directeur de la revue mensuelle d’art catholique  « Autour du Clocher », du nom de la  société qu’il dirigeait, elle-même répertoriée comme « office technique général de construction religieuse », finançant les constructions religieuses aux taux les plus bas.  La revue était quant à elle patronnée par Paul Plument de Bailhac, président du Salon de l’Ecole Française.   
 
  
 

 

 

 

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A l’occasion du salon de l’Ecole Française qui se déroula au Grand Palais du 4 janvier au 1er février 1933, le cabinet d'architecture O.S.Michelin présenta un projet d’église de nouveau dédié à Sainte-Thérèse dans un style «d'art moderne de filiation classique» (ci-dessous).

 

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Au lendemain de la grande Exposition Coloniale de Paris de 1931 qui avait connu un succès retentissant (34 millions de visiteurs) et crépusculaire, l’architecte retint naturellement  pour ses plans de Chatou un style appelé à être promu indifféremment dans l’empire colonial français et dans la métropole. L’originalité de la construction est donc à chercher ailleurs.

 

 

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 Plans de la nouvelle église Sainte-Thérèse
 
 
 
A la vérité, l’époque, qui ne permettait plus les fastes architecturaux d’avant 1914, consacra un nouveau procédé de construction dont l’église Sainte-Thérèse fut l’un des premiers exemples.  Il s’agit du procédé dit « à panneaux » des Forges et Ateliers de Commentry-Oissel, entreprise située 18 rue Jean Goujon à Paris 8ème.

Ces panneaux étaient constitués par des cadres en profilés, revêtus extérieurement de plaques de ciment amiante compressé, remplis en atelier de béton cellulaire armé. L’ensemble donnait un montage avec un panneau de béton armé dont les angles étaient protégés par des cornières, la face vue habillée d’une plaque de fibrociment de forte épaisseur remplaçant l’enduit et assurant une étanchéité parfaite selon l’ingénieur René Hochstaetter.

La construction de ce type d’édifice ne ressemblait-il pas à du grand « Meccano » ? une plate-forme en maçonnerie était réalisée, une ossature métallique venant des Forges et Ateliers de Commentry-Oissel était montée sur l’assise, les parois étaient ensuite glissées dans l’ossature conçue pour les recevoir et maintenues au moyen de couvre-joints. A moindre coût, une couverture en tuile ou fibrociment - l'église Sainte-Thérèse bénéficia heureusement de l'ardoise - achevait la mise hors d’eau du bâtiment. La face intérieure de cette couverture était doublée d’une paroi d’isolement en plaques spéciales posées spécialement sous la charpente. Enfin, les menuiseries , peinture et vitrerie constituaient la touche finale du chantier.

On relevait la possibilité de démonter le bâtiment pièce par pièce, la seule nouvelle dépense étant dans le cas d'un déplacement une assise nouvelle de maçonnerie.

Il reste une poignée de ces églises en Ile de France. Malgré leur construction bon marché, leur architecture contraste avec la monotonie de nos banlieues.   

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 Clichés de l'Eglise Sainte-Thérèse en construction

 

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Carte éditée en hommage à l'abbé Eugène Basler (1871-1934),curé de Chatou de 1927 à 1934. Aumonier volontaire pendant la Grande Guerre, il fut plusieurs fois décoré pour sa bravoure. En janvier 1934, il fut  élevé à la dignité de chanoine titulaire de la cathédrale de Versailles. C'est sous son sacerdoce que fut inaugurée l'église Sainte-Thérèse à proximité des quartiers du boulevard de la République et du Val Fleuri en plein développement.

 

 

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