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15/09/2007

PAUL ABADIE (1812-1884)

 

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Né à Paris le 9 novembre 1812 d'un père architecte de grande notoriété, Paul Abadie entra à l'école des Beaux-Arts de Paris en 1834. Il concourut en 1839 pour le prix de Rome sur le programme d'un hôtel de ville pour la capitale. Sa carrière débuta en 1844 lorsqu'il devint attaché à la Commission des Monuments Historiques avec la mission d'étudier les édifices du sud-ouest de la France. En 1845, il fut nommé Inspecteur des travaux de restauration de Notre-Dame de Paris dirigés par Lassus et Viollet-Le-Duc. Trois ans plus tard, il fut désigné architecte des édifices diocésains des circonscriptions de Périgueux, Angoulême et Cahors, fonction qu'il occupa jusqu'en 1883 hormis pour Cahors dont il ne conserva la charge que peu de temps. Il innova alors en marquant du style romano-byzantin, très spectaculaire, les restaurations des cathédrales Saint-Front de Périgueux  et Saint-Pierre d'Angoulême  ainsi que celle de l'Eglise Sainte-Croix de Bordeaux. Il devint également l'auteur de plusieurs édifices civils, parmi lesquels les Hôtels de Ville d'Angoulême en 1868  et de Jarnac.

C’est vers 1865 que Paul Abadie vint habiter à Chatou 6 route des Princes dans notre dépendance du Vésinet (sa villa est déclarée au cadastre en 1868), dont le côté pair fut rattaché à la ville nouvellement créée en 1875 sous le nom plus républicain d’avenue François Arago. Sa villa a hélas été détruite au XXème siècle et on n’en connaît aucune illustration. L'architecte siégea au conseil municipal de 1870 à 1875. 

Paul Abadie s'occupa de la restauration de la nef de l'Eglise Notre-Dame de Chatou en 1872, année où il fut nommé Inspecteur Général des Edifices Diocésains. L’édifice avait été durement touché par les bombardements Français du Mont-Valérien l'année précédente. Le caractère roman de la façade demeurait.

En 1874, Paul Abadie remplaça Viollet-Le-Duc comme architecte de Notre-Dame de Paris. La même année, il prit rendez-vous avec la postérité en remportant le concours pour l'édification de la Basilique du Sacré-Cœur au milieu de 78 projets, dont « presque tous s’imposèrent à l’attention avec des mérites incontestables » écrivit en 1933 l’abbé  Laligant, premier chapelain de la Basilique. Il est à retenir que sur les 78 projets, seuls  cinq ou six conservaient le style ogival du Moyen-Age. Tous étaient portés sur l’architecture à coupole néo-byzantine dont Paul Abadie était devenu le représentant à travers ses réalisations passées. Le soutien de Charles Garnier, membre du jury, ajouté à un devis moins onéreux que celui de ses concurrents, emportèrent le choix du projet Abadie.

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La construction de l'édifice, bénie par le pape et sanctionnée par l'Assemblée Nationale qui la déclara d'utilité publique le 25 juillet 1873, constitua une entreprise colossale. Elle fut entièrement financée pour un montant de 40 millions de francs par la souscription de 10 millions de fidèles.

 

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La première pierre fut posée le 16 juin 1875 par Monseigneur Guilbert, archevêque  de Paris, en présence du président de la République, le maréchal Mac-Mahon et d’Henri Wallon, ministre des Cultes. Les travaux démarrèrent très lentement car les carrières creusées sous la butte Montmartre exigèrent, au terme des préconisations de Monsieur Alphand, directeur général des travaux de la ville de Paris, le forage de 83 puits de 33 mètres de profondeur remplis de béton et reliés par des arcs. Ils ne furent achevés que le…16 octobre 1919, jour de la consécration de la Basilique.

Pendant les quarante années du chantier, le projet de Paul Abadie fut interprété. Sa mort laissa en effet de nombreuses questions techniques en suspens et provoqua de vives querelles de style entre les membres de l'Académie des Beaux-Arts, Charles Garnier, les rationalistes et les tenants de la tradition byzantine, de telle sorte que des décisions peu conformes au projet initial et souvent contradictoires,  furent prises au jour le jour. La majesté du monument fut cependant acquise  grâce à sa position dominante et à l'emploi de la pierre au grain serré de Château-Landon qui confère à la Basilique un effet de minéralité qui la rend unique et omniprésente dans le ciel parisien.

 

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Eglise de pèlerinage et monument très visité du tourisme international, le Sacré-Cœur, œuvre d'un Catovien peu ordinaire, symbolise Paris dans le monde entier.

Paul Abadie était Officier de la Légion d'Honneur, membre de l'Académie des Beaux-Arts, de l'Institut Royal des Architectes Britanniques, agrégé de l'Institut des Beaux-Arts d'Anvers et président du Cercle des Maçons et des Tailleurs de Pierre. De son œuvre, essentiellement consacrée aux édifices religieux, on ne recense que deux villas, dont la photographie de l'une a été conservée avec une inconnue sur son identification.

 

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La villa « La Gravière » devant laquelle pose debout
Paul Abadie et vraisemblablement son propriétaire  
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Paul Abadie mourut d'une attaque le 2 août 1884 sur le quai de la gare de Chatou en revenant d'exercer les fonctions de juré au concours du Grand Prix d'Architecture. Il repose au cimetière de Chatou. En 1972, le maire et historien Jacques Catinat donna son nom à une voie de Chatou. Le 19 juin 1998, l'association Chatou Notre Ville organisa la première conférence consacrée à l'oeuvre de l'architecte Catovien, salle Jean Françaix, par le gardien et promoteur de sa mémoire, Claude Laroche, architecte et ingénieur des études au Ministère de la Culture.

 

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Le Sacré-Coeur, oeuvre de Paul Abadie,
architecte et Catovien (de 1865 à 1884)

 

29/05/2007

UN MORT OUBLIE

Le 6 août 1855 fut enregistré à Marseille à 11 heures du matin le décès d'un habitant de Chatou, Théodore Pierre Victor Jacquin, 33 ans, soldat de la 5ème Compagnie du 1er Bataillon du 1er Régiment de Voltigeurs de la Garde Impériale. Le registre des décès de Chatou en fait mention en décembre 1856. Il est le mort de la guerre de Crimée de Chatou.

Cette guerre, injustement oubliée car particulièrement meurtrière (environ 400.000 morts), fut déclarée le 17 mars 1854 par la France et l'Angleterre contre la Russie qui s'était emparée d'une partie de l'Empire Turc.  L'objectif était de contrôler les Lieux Saints autour de Jérusalem. La victoire de la coalition de la France, de l'Angleterre et du Piémont dans la presqu'ïle de Crimée, symbolisée par la prise de Sébastopol par le maréchal de Mac-Mahon, se conclut par le Traité de Paris le 30 mars 1856. 

Pour la première fois depuis 7 siècles, la France et l'Angleterre se retrouvaient alliées dans un conflit. L'union fut de courte durée. Eclipsée par l'aura de Napoléon III qui triomphait de la Russie, conduisait les négociations,  et créait la future Roumanie, l'Angleterre retourna à son isolement jusqu'à la conclusion de l'Entente avec la France en 1904 quelques...50 ans plus tard. La victoire française en Crimée a depuis été célébrée à Paris par le baptême de ponts, de voies et de stations de métro. 

Source :

Archives Municipales de la Ville de Chatou - registre des décés