23.02.2010

LES ARTS DECORATIFS A L'EPOQUE DE L'USINE PATHE (1929)

SUTTON INDUSTRIE FACADE PATHE.jpg
 
Fade de l'usine Pathé-Marconi en 1998 rue Emile Pathé à Chatou 
 
Chatou est le berceau de l'industrie
phonographique française en 1898
et le berceau du microsillon en Europe en 1951 
 
Usine Pathé1929.gif
photo ADAGP - J-B.Vialles - répertoire Inventaire Général pour l'Ile-de-France
 
 
PATHE FACADE PLAN.jpg
 
 
Extrait du plan de l'usine de 1929 des architectes londoniens Wallis, Gilbert et Partners : la porte d'entrée (à droite) était prévue avec des motifs décoratifs. Les plans sont signés de la Compagnie Française du Gramophone, filiale française de la compagnie anglaise Gramophone, plus connue sous le sigle "La Voix de Son Maître", l'une des trois sociétés phares formant le consortium de production phonographique à Chatou avec Columbia et Pathé, en fait la Compagnie des Machines Parlantes d'Emile Pathé. La réunion de l'ensemble prendra le nom d'Industries Musicales et Electriques (I.M.E.)Pathé-Marconi en 1936. Aprés-guerre, la production phonographique aux usines de Chatou couvrira un trust mondial des marques Pathé, Columbia, La Voix de Son Maître, Swing, Odéon, Cetrasoria, Pathé-Vox, Metro-Goldwyn-Mayer (musiques de films), Capitol, ce dernier fleuron de l'édition phonographique américaine étant racheté par EMI.
 
 
CATALOGUE 1959.jpg
 Couverture du catalogue de microsillons 1959
collection Pierre Arrivetz
 
L'association Chatou Notre Ville a mené deux grands combats dans son existence depuis 15 ans : la sauvegarde de la Foire à la Brocante et aux Jambons dans l'Ile de Chatou menacée par un projet public de complexe hôtelier en 1994, combat réussi au terme de 4000 signatures, le combat pour une préservation partielle de l'usine Art Déco Pathé-Marconi de 1999 à 2004, combat, qui, malgré les pétitions les plus prestigieuses, a vu le triomphe, avec le soutien avancé des pouvoirs publics locaux, de la spéculation la plus banale et la table rase du berceau du microsillon qu'était l'usine. Celle-ci avait été construite de 1929 à 1931 sur les plans des architectes Art Déco anglais les plus célèbres, Wallis, Gilbert et Partners. La présente rubrique présente des aménagements intèrieurs Art Déco contemporains de l'usine Pathé, laquelle aurait pu abriter un certain nombre d'équipements publics de la commune (médiathèque, conservatoire, salle de spectacle et de cinéma ...).
SUTTON INDUSTRIE CASSANDRE.jpg
Affiche de Cassandre de 1932
FOLIE DU DISQUE.jpg
Dessin de Raymond Gid pour les costumes de l'un des 45 tableaux
de la revue du Casino de Paris "Paris qui brille" de novembre 1931:
"La Folie des Disques" avec Mistinguett,
grande vedette de la Compagnie des Machines Parlantes
 
 
Rappelons aussi que la société Pathé,   branche cinématographique indépendante d'EMI (cette dernière société avait mis en vente l'usine), avait proposé d'apporter son aide documentaire et matèrielle en suggérant la réalisation d'un musée des industries cinématographiques et musicales dans le cas où les collectivités publiques auraient entrepris une conservation.
 
 

numérisation0008.jpg

La salle cinématographique du Palais de l'Information construit pour l'Exposition Coloniale de Paris de 1931
CITE INFORMATION 1.jpg
Une image de l'ancien monde de la IIIème République : le président de la République Paul Doumer traversant le corridor Art Déco du Palais de l'Information de l'Exposition Coloniale de Paris de 1931 aux côtés de son organisateur, le ministre Paul Reynaud.
 
CITE INFORMATION 3.jpg
L'entrée du Palais de l'Information vue de la Porte Dorée.
Le Palais couvrait une supercie de 19.000 mètres carrés.
 
CITE INFORMATION 4.jpg
Le grand hall du bureau de la presse au Palais de l'Information.
 
 
CINEMA AMERICAIN 1.jpg
 
Une salle de théâtre américaine en 1933 
(une spectatrice presse sur un bouton
pour obtenir le programme)
THEATRE AMERICAIN 3.jpg
THEATRE AMERICAIN 2.jpg
  
"Il est à peu près impossible d’énumérer les innombrables détails qui font de ces salles de spectacles des merveilles d’ingéniosité, de confort et de luxe. Quand un européen visite ces théâtres, il est comme Ali Baba pénétrant dans la caverne où se trouvent amassés des trésors . Chaque partie a été étudiée avec tant de soin et décorée avec tant de raffinement que l’on éprouve une sorte d’ivresse non pas tant à cause de la perfection que de la richesse de l’ensemble. Il ne faudrait cependant pas croire que ce luxe soit tapageur. Le style moderne, qui aime la simplicité, a permis aux architectes et aux décorateurs d’éviter certaines fautes qu’avaient commises les entrepreneurs de certains cinémas, « les plus grands du monde », qui étaient comparables à des châteaux forts transformés en salles des ventes. (…) Tout est donc combiné pour que le spectateur ne subisse aucune contrariété et qu’il ait une joie complète. Et, de fait, dés qu’il est entré dans un de ces nouveaux théâtres, l’homme de la rue est baigné dans une atmosphère miraculeuse. (…)

Après avoir visité ces théâtres, j’ai cherché une faute, une erreur de goût , un détail à critiquer, et je dois dire que l’éblouissement  que m’imposaient tout ce luxe et cet incroyable confort, ne m’a pas permis de garder tout mon sens critique (…) Ph.S

 

(Le Miroir du Monde 10 juin 1933)

 

 REX HAIK.jpg
Le Grand Rex, créé par Jacques Haïk et inauguré le 8 décembre 1932, contemporain de l'usine Pathé. Conçu pour 3300 places par l'architecte Auguste Bluysen et l'ingénieur Emerson, il demeure l'un des rares cinémas Art Déco français ayant gardé une authenticité. Il est le pionnier des salles dites "atmosphériques" dont la décoration prévoyait un ciel étoilé. La salle fut pourvue d'un décor paysagé dans le style Art Déco méditerranéen des villas de la Côte d'Azur. Son escalier mécanique, premier du genre en France, fut inauguré en 1957 par Gary Cooper et Mylène Demongeot.
 

REX.jpg

Le Rex à son inauguration en 1932
 
NORMANDIE THEATRE.jpg
Le théâtre du paquebot Normandie (1935)
NORMANDIE 1.jpg
 
SALON NORMANDIE.jpg 
 Ci-dessus, le grand salon du paquebot Normandie par le cabinet d'architectes Bouwens de Boijen avec les peintures de Dupas, les laques de Dunand, les verres gravés du maître-verrier Champigneulle.
numérisation0036.jpg
A bord du paquebot Normandie, la porte en laque signée Dunand
entre le grand salon et le fumoir.
NORMANDIE SALLE A MANGER.jpg
Salle à manger Art Deco du paquebot Normandie
NORMANDIE GRAND HALL.jpg
Grand hall du paquebot Normandie
 
 
L'ILLUSTRATION.jpg
Le 30 juin 1933, l'imprimerie du grand journal l'Illustration fut inaugurée à Bobigny, oeuvre de Messieurs Lefébure, dessinateur, et Hischmann, ingénieur. La porte d'entrée du hall ci-dessus était de Raymond Subes. Ci-dessous le grand hall Art Deco. Tout concourait à en faire un chef d'oeuvre de l'art industriel français. Le bâtiment, en béton armé comme l'était l'usine Pathé, a été préservé par les pouvoirs publics et est en cours de restauration bien qu'il n'ait jamais eu l'importance de l'usine Pathé de Chatou dans la culture du XXème siècle. Sa nouvelle vie est celle d'un équipement public universitaire.
 
(L'Illustration 1er juillet 1933)
L'ILLUSTRATION LE GRAND VESTIBULE D'HONNEUR.jpg
L'ILLUSTRATION COUVERTURE.jpg
  
 
A l'Exposition Universelle de Paris de 1937,
le pavillon Photo Cine Phono
 
 
EXPO 1937.jpg

07.03.2009

EVOCATION D’UNE PROPRIETE D'ARTISTES SUR LES BORDS DE SEINE A CHATOU

FALCONETTI.jpg

 

 

"Les propriétés ne font pas défaut à Mademoiselle Falconetti ; cependant entre toutes, l’artiste préfère la maison qu’elle possède à Chatou. C’est une grande bâtisse blanche, carrée, élégante, avec des fenêtres arrondies. Une marquise de fer forgé, très ouvragée, orne la porte d’entrée qui s’ouvre sur un perron.

 

La façade est à demi-cachée sous des haies fleuries. Il y a une grande terrasse qui s’en va jusqu’à la Seine, et d’où l’on voit les petites villes qui paressent dans un bain de soleil, sur l’autre rive.

 

De cet observatoire que ne trouble aucun beuglement de clackson et où nulle poussière d’auto n’arrive, on plonge, au-delà du fleuve que sillonnent de lents remorqueurs, dans un horizon de verdure, de plaines tâchetées, de coteaux chevelus. Des bois, piqués par la première pointe d’automne, ont des feuillages qui se dorent ; et leur ligne se découpe dans le ciel bleu, bleu très doux d’Ile-de-France – comme l’échine d’un fauve qui s’apprête à bondir.

 

Proche est l’île de Croissy que chanta, en des vers érotiques, Catulle-Mendés, ce parnassien à la muse jamais lassée. Un parc entoure cette demeure ; et n’étaient les allées trop soigneusement ratissées, on croirait à pénétrer dans des fourrés plein d’ombre ; à voir ces bouquets d’arbres massifs qui ont dépassé leur centième année ; à découvrir ces rocailles que mangent les mousses, être perdu au cœur de quelque vieux bois.

 

Mais soudain les chemins se rejoignent et voici dans une clairière de spacieux fauteuils en rotin, un petit guéridon très coquet sur lequel le thé refroidit…et l’on cherche l’orchestre pour quelque five o’clock dansant.

 

Le mobilier de cette villa est simple, confortable ; les bibelots mêlent leurs formes frêles et précieuses aux fleurs qui éclatent dans des vases au flanc large.

 

- Ce qui m’a fait choisir cette demeure, mon Dieu, le hasard…le bienheureux hasard, me dit Mademoiselle Falconetti, le même qui vient en aide aux auteurs pour dénouer les situations les plus embrouillées. Je suis venue, j’ai vu, je fus conquise ; et depuis, tout me retient ici : le calme, l’air, la belle route que l’on prend pour arriver à Chatou, le limpide horizon où les yeux se reposent et puis, les souvenirs – les souvenirs – les souvenirs de théâtre, car cette villa appartenait naguère à Anna Judic. Et l’interprète de tant d’œuvres dramatiques nous parle de l’ombre légère de celle qui fut une fine, délicate et sensible chanteuse d’opérette."

 

Pierre Heuzé

COMEDIA - 28 AOUT 1926

 

 

Les habitantes célèbres du 3 avenue d’Eprémesnil

 

 

René Jeanne Falconetti (1892-1946), actrice du cinéma muet, directrice du Théâtre de l’Avenue, héroïne au cinéma de « La passion de Jeanne d’Arc » de Carl Dreyer en 1926 (illustration ci-dessous), joua au théâtre Edouard VII « Le Comédien » de Sacha Guitry en 1921, au théâtre de l’Athénée « La Guerre de Troie n’aura pas lieu » de Jean Giraudoux en 1935.

 SITE CNV FALCONETTI.jpg

L'actrice de Chatou en couverture du magazine "Mon Ciné" le 3 novembre 1927. Le réalisateur Carl Dreyer signa l'une des plus grandes fresques sur Jeanne d'Arc. Il employa notamment le petit-fils de Victor Hugo pour dessiner les costumes du film. Jeanne d'Arc avait été canonnisée en 1924.
 
 

Anna Judic (1850-1911), artiste de l’opérette, l'une des premières artistes produites sur cylindres Pathé à Chatou vers la fin de sa vie

 

 

 

 

 

SUTTON INDUSTRIE Anna Judic.jpeg
La catovienne Anna Judic, en couverture du Monde Illustré le 7 octobre 1893
Elle créa notamment pour Offenbach le rôle de la princesse Cunégonde dans son opérette "le roi Carotte" en 1872
collection Pierre Arrivetz

 

 

 

 

 

 

Anna Judic, de son premier nom Anna Damien, naquit à Semur en Côte d’Or en 1850. Elle était la fille de la buraliste du théâtre du Gymnase, elle-même maîtresse du directeur de ce théâtre. Après une année passée au Conservatoire, c’est au Gymnase qu’elle débuta une grande carrière d’artiste d’opérette en jouant “les Grandes Demoiselles” en 1867. Elle se maria en 1868 avec M. Judic, un commissionnaire  employé par des troupes avec succès pour ses dons de comique, chanteur et musicien.  En 1868, elle fut embauchée au théâtre de l’Eldorado. C’est là qu’elle devint une étoile en jouant notamment “Paolo et Pietro”, “la Vénus infidèle, “Faust passementier” etc...

 

Un journaliste écrivit: “ L’ingénue Judic est une véritable croqueuse de pommes; avec son bon rire d’enfant, elle nous jette au visage les pépins du fruit défendu”. Le directeur de l’Eldorado fut à ce point satisfait qu’il alla jusqu’à embaucher son mari comme régisseur du théâtre. Le 4 septembre 1870, jour de la déclaration de guerre à la Prusse, l’Eldorado ferma ses portes. Les Judic partirent en tournée dans les grandes villes de Belgique. Partout ovationnée, ce fut le triomphe à Bruxelles lorsque Anna prêta son concours à une oeuvre de bienfaisance, “La Crèche Marie-Louise”.

 

De retour en France, elle se produisit au Grand Théâtre de Lille où elle chanta le 22 janvier 1871 au profit des blessés français. La représentation, qui rapporta une souscription de 27.000 F  or, valut à  Anna Judic de recevoir un superbe médaillon de la ville.

 

En 1872, Jacques Offenbach et Victorien Sardou l’appelèrent pour créer au Théâtre de la Gaîté le rôle de la princesse Cunégonde dans “le Roi Carotte”. Elle alla “se faire couvrir de roses au théâtre de l’Alcazar à Marseille” (“Paris-Artiste” - 20 octobre 1883) puis le théâtre des Folies-Bergères lui fit tourner “Ne m’chatouillez pas, éclat de rire en six couplets” applaudi par la foule des parisiens et des étrangers (réf.idem).

 

Après des représentations du “Roi Carotte” à la Gaîté, le directeur des Bouffes-Parisiens l’engagea  pour créer le rôle de Malda dans “la Timbale d’argent” de Jaime fils et Léon Vasseur. Elle ne quitta les Bouffes qu’en 1876  après avoir chanté notamment dans “Petite Reine”, “Branche cassée”, “Mme l’Archiduc”.  Elle entra alors au Théâtre des Variétés pour créer “Docteur Ox”, “Charbonniers”, “Niniche”, “La femme à papa”, “la roussotte”, “Lili”, “Mamzelle Nitouche”, “la Cosaque”, “la Noce à Nini”, “la Japonaise” etc... Elle y reprit également “la Belle Hélène”, “la Grande-Duchesse”, “Le grand Casimir”, dont les rôles avaient été attribués auparavant à la célèbre cantatrice Hortense Schneider.

 

Elle  tourna ensuite à l’Eden-Théâtre “La fille de Mme Angot” et après plusieurs tournées à l’étranger et quelques représentations aux Menus-Plaisirs, à l’Eldorado et à l’Alcazar d’Ete, elle rentra aux Variétés dans “Lili” en 1894, reprit “Nitouche” et créa “Rieuse”. Engagée au Théâtre du Gymnase, elle créa “l’Age Difficile” en 1895. C’est en 1883 qu’Anna Judic acheta la propriété du 3 avenue d’Epremesnil. La Liberté de Seine et Oise du 21 avril 1911 rapporta : “très éprise des beautés de la région, elle avait chargé une pléiade d’artistes d’en peindre les plus jolis sites qui garnissaient cette villa, où tout le monde du théâtre, de la littérature et des arts défila...”.

 

En 1892, Anna Judic fut décorée à Constantinople par le sultan. Elle mourut à Golfe Juan en avril 1911, où depuis trois mois, la maladie la tenait alitée.

 

 

20.02.2009

ART DECO : LES ARCHITECTES WALLIS, GILBERT ET PARTNERS

Usine Pathé1929.jpeg
SUTTON INDUSTRIE FACADE PATHE.jpg
SUTTON INDUSTRIE CATALOGUE 1954.jpeg
Catalogue Pathé-Marconi 1954
Un patrimoine culturel du XXème siècle
collection Pierre Arrivetz
*
L'usine Pathé (1929) de Chatou, berceau du microsillon en 1951, rasée en novembre 2004 pour un projet de promotion immobilière et ci-dessous, l'usine Hoover (1930), aujourd'hui à Londres, édifices de Wallis, Gilbert et Partners, architectes les plus célèbres de l'Art Déco en Angleterre (cabinet fondé en 1914). 
*
Leurs différentes usines ont été conservées dans la banlieue de Londres pour abriter des bureaux. Le Hoover Building, leur chef d'oeuvre, a servi de tournage à la série "Poirot" avec sir David Suchet. On doit notamment à Wallis, Gilbert et Partners l'ancienne usine des Parfums Coty à Brentford. Grâce à l'action de l'association, des signatures prestigieuses avaient demandé la préservation de l'usine de Chatou, au demeurant répertoriée par les services de l'Inventaire de la DRAC Ile-de-France depuis 1986. A de rares exceptions prés, la pauvreté culturelle des cercles politiques a fait le reste...
HOOVER.JPG
Une usine Art Déco signée des architectes de l'usine de Chatou,
le Hoover Building à Londres
- cliché J-Y Coupin -

27.10.2007

VILLA PETIT

fce0386ae2ed67e78d1c330ee6f670ea.gif

La villa édifiée à la veille de l'arrivée du chemin de fer en 1835 pour Camille Letertre, huissier de justice, agrandie par Jules Petit, conseiller à la cour impériale et conseiller municipal de Chatou sous Napoléon III (voir "Chatou, de Louis-Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878"), détruite avec la construction de la piscine. 

 

30.09.2007

LES RUES DETRUITES AVEC LA RENOVATION

ce909b1f54b2e26d614fa5e36bd3717b.gif
570caf314f280b301788d58bccdb5766.gif
L'avenue Foch (ancienne avenue de Saint Germain)
Détruite en 1966 lors de la Rénovation
et de la construction du nouveau pont.
La vue aérienne en couleurs des années 50 montre bien les bâtiments qui ont disparu à droite de l'hôtel de ville
fad5f3c9b9ce204f2e8adf4d0d9117fd.gif
efcdfc11e7724fc978bd548654f2159c.gif
La rue de la Paroisse détruite avec la Rénovation en 1966 - au début de la rue en couleurs en bas peu avant la destruction - et en noir et blanc au milieu de la rue avant 1914
1f74b7feb8d9855e497a9a3175fa196c.gif
Le quai de l'Amiral Mouchez, ses "maisons rouges" à l'extrême droite immortalisées par Vlaminck
 et sa promenade boisée détruits pour la Rénovation en 1966
0d42c03bbef6412a704e5de5b069784b.gif
La rue du Port, antique et vétuste mais pleine de charme
Rasée pour la Rénovation de Chatou en 1966

 

 

LA VILLA DE CHARLES LAMOUREUX

47cf21ae1ac2b975f9fe2e17840c756d.gif
L'une des façades de la villa Second Empire
de Charles Lamoureux (détruite dans les années cinquante)
voir rubrique "Charles Lamoureux"

26.08.2007

USINE PATHE, DES SOUTIENS POUR L'HISTOIRE

 

31baabfe686e77b41d07c841b7684538.gif
Usine Pathé-Marconi de Chatou (1929),
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes londoniens
Berceau du microsillon en 1951
Répertoriée par l'Inventaire Général
de la Région Ile de France depuis 1991
photo : J.B Vialles - ADAGP
e9f86143d2304887c056b77f82f49994.gif
Détail de façade de l'usine Pathé-Marconi à l'abandon.
Il n'y a guère qu'à Chatou que le négationnisme concernant le patrimoine industriel sévit encore.
La spéculation et la banalité ont fait office de victoire publique sur un édifice emblématique de la culture du XXème siècle. 
 
48091762d9aa18d598c937c79c8ee9b5.gif

La sauvegarde de l’usine Pathé-Marconi

au 1er octobre 2004:

des soutiens pour l’histoire

 

Eddie Barclay, Fondateur de la Compagnie Phonographique Française (1945), Ancien industriel du disque, Emmanuel Bréon, Directeur du Musée des Années Trente, Conservateur en chef des Musées de la Ville de Boulogne, Jean-Christophe Averty, Créateur et animateur de l'émission "Les Cinglés du Music-Hall" sur France-Culture, Maurice Culot, Architecte, Membre de la Commission des Monuments Historiques, Grand Prix de la Critique Architecturale, Chargé de mission à l'Institut Français d'Architecture, Président de la Fondation pour l'Architecture - Bruxelles, Jean-Marie Drot, Catovien, Ancien directeur de l'Académie de France d'Architecture à Rome, Auteur-réalisateur d'émissions de radio et télévision, Charles Bourély, Catovien, Inspecteur Général Honoraire des Monuments et des Sites, Pierre Vercel, Catovien, Ancien directeur général et président de Pathé-Cinéma, Pascal Sevran, animateur - réalisateur de télévision, spécialiste de la chanson française, Le Prince Géraud de la Tour d'Auvergne, Inspecteur Général Honoraire de l'Administration Culturelle, Président de Portus Magnus, association internationale pour le développement archéologique, écologique et portuaire d'Alexandrie,  Marie-France Calas, Conservateur Général du Patrimoine, Spécialiste du patrimoine sonore et audiovisuel,  José Sourillan, Ancien Directeur des Archives Audiovisuelles de RTL, auteur de disques d’histoire et de documentaires, Roselyne Germon, petite-nièce de Jacques Haîk, Créateur du cinéma " Le Grand Rex " (1932),  André Hébrard, Catovien, ancien haut fonctionnaire délégué à la Reconstruction, Georges Martin Saint-Léon, Catovien, Ancien président de l'Office du Tourisme de Chatou-Croissy-Carrières-Montesson, Pathé, Société cinématographique créée par Charles Pathé en 1896, L.V.M.H (Moët Hennessy Louis Vuitton), Institut des Archives Sonores, Société possédant un fonds historique de 400.000 documents sonores de 1880 à nos jours - projet d'"université de la parole", les familles de Charles et Emile Pathé, Line Renaud, chanteuse, comédienne, Pierre Arditi, comédien, Claude Piéplu, comédien, Annie Cordy, chanteuse, comédienne, Georges Lautner, cinéaste, Mick Micheyl, chanteuse, sculpteur, Claude Bolling, musicien, chef d'orchestre, Claude Pinoteau, cinéaste, Pierre Tchernia, cinéaste, créateur de l'émission de télévision " Monsieur Cinéma ", Robert Enrico, cinéaste (décédé), Bruno Podalydés, Catovien, cinéaste, Yves Duteil, chanteur, Clelia Ventura, Catovienne, scénariste, fille de Lino Ventura, Odette Ventura, épouse de Lino Ventura, Marie-Christine Audiard, épouse de Michel Audiard,  Marie-Thérèse Orain, comédienne, chanteuse, Europa Nostra, Association paneuropéenne du Patrimoine, présidée par Son Altesse Royale le Prince Consort de Danemark, Société pour la Protection du Paysage et de l'Esthétique de la France, association reconnue d'utilité publique, membre de la Commission des Monuments Historiques, La Demeure Historique, association reconnue d'utilité publique, L'Institut du Patrimoine Wallon, Comité d'information et de liaison pour l'archéologie, l'étude et la mise en valeur du patrimoine industriel (CILAC), Association des Amis du Musée de Nogent, Musée-Association " Les Amis d'Edith Piaf ", Association " Les Amis de Barbara ", Association " Les Amis de Tino Rossi”, Association " Les Amis de Louis Amade " (préfet de police, poête, auteur de chansons de Gilbert Bécaud et Charles Trénet), Association du souvenir à Luis Mariano, Association “Les Amis de Jean Sablon”,  Jean-Pierre Pasqualini, Rédacteur en Chef du Magazine Platine, Spécialiste de la chanson française, Corinne Lepage, ancien ministre de l'Environnement (Cap 21), André Santini, député-maire (UDF) des Hauts de Seine, le prince Charles Bonaparte, maire-adjoint d’Ajaccio, Emmanuel Hamelin, député (UMP) de Lyon, membre de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée Nationale, Olivier Dassault, député (UMP) de l'Oise, Pierre Amouroux, député (UMP) des Yvelines, Jérôme Lambert, député (PS) de la Charente, Anne Hidalgo, première adjointe (PS) au Maire de Paris, Serge Méry, vice-président (PS) du Conseil Régional d'Ile de France, Olivier Galiana, conseiller régional (PS) d'Ile de France, Michel de Rostolan, conseiller régional (FN) d'Ile de France, Michel Bayvet, conseiller régional (FN) d'Ile de France, Martine Lehideux, conseillère régionale (FN) d'Ile de France, Gilberte Decossin, ancienne déléguée du comité d’entreprise de l’usine de Chatou (CGT).

 

47272dcc4ad1535fcc61bf25de744316.jpg

L’alerte médiatique était donnée depuis plusieurs années par le Courrier des Yvelines et le Parisien. Elle prit un nouveau tour lors du Salon du Patrimoine au Carrousel du Louvre consacré au patrimoine industriel en novembre 2002, auquel participa l’association aux côtés de l’entreprise Pathé. Le journal “Le Monde”, sous la plume d’orfèvre d’Emmanuel de Roux, puis “le Figaro”, dans un grand article d’Hervé Guénot et enfin TF1, dans son journal de 20 h incluant un reportage mémorable de Marion Desmarrets présenté par Claire Chazal, mirent la question sous les yeux de l’opinion publique. Le Moniteur, le Nouvel Observateur, furent aussi de la partie. Le ministre de la Culture de l’époque, Jean-Jacques Aillagon, se concerta avec le maire et l’ABF partisans de la démolition, et refusa une mesure de protection. L’enquête publique en avril 2003 dans la commune révéla ensuite 1806 signatures sur 1877 favorables à une conservation partielle du site (96% des avis exprimés).

1e99485bb5bd0a5040b469a82bdb0253.gif
Cassandre - 1932

 

En septembre-octobre 2004, l’association ayant saisi les élus nationaux , le président de l'Assemblée Nationale, Monsieur Jean-Louis Debré, saisit le Ministre de la Culture, de même que le ministre de l'Intérieur et le Ministre des Libertés Locales, Monsieur Jean-François Copé. Le ministre des Finances, Monsieur Nicolas Sarkozy, demanda au préfet d'examiner notre dossier avec " bienveillance. " Le successeur de Monsieur Aillagon refusa à son tour de donner suite aux demandes que l’association adressa en mai et septembre 2004 lorsque le site était encore debout.

 

Jusqu’à la fin, il ne fut jamais tenu aucun compte des arguments des défenseurs d’une conservation partielle. Le site fut entièrement rasé en novembre 2004.

 

d356a9235568e70d08cee24c8e7a32f2.jpg
Victoria Coach Station (1931-1932) à  Londres
(gare routière pour les bus)
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes de l'usine de Chatou
8d6c86a4ccc4d2fd8b42b12582020cab.jpg
Usine des parfums Coty (1932) à Brentford
dans la banlieue de Londres
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes de l'usine de Chatou
e7bd66c2959eaa2d9c80a32329382b6a.jpg
Usine de la Compagnie Générale d'Electricité (1920-1922)
à Birmingham dans la banlieue de Londres
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes de l'usine de Chatou
efad2f3b3eaf7e5db47c920f332bd15e.jpg
Usine Hoover (1932)
aprés ravalement
et avant ravalement ci-dessous
à Perivale dans la banlieue de Londres
par Wallis, Gilbert et Partners, architectes de l'usine de Chatou
53203c6891f3865049e770c2f1df3460.gif
Ces usines existent toujours et accueillent de multiples entreprises, la règlementation d'urbanisme de Londres gardant comme limite de hauteur constructible celle des bâtiments existants. La série"Poirot" avec David Suchet dans le rôle-titre a été tournée en partie dans les usines de Wallis, Gilbert et Partners

 

 

 

 

 

 

Histoire locale : Wallis, Gilbert et Partners sont les plus célèbres architectes anglais de l'Art-Déco. A cet égard, il est remarquable que l'ABF architecte en chef des monuments historiques des Yvelines et la ville de Chatou ont toujours nié tout intérêt architectural à l'usine Pathé de Chatou.

Le projet initial de remplacement de l'usine par des bureaux et logements promu en 1999 par la municipalité a simplement été changé en logements et maison de retraite en 2001 sans qu'aucune démarche n'ait jamais été entreprise pour une conservation partielle du site. La municipalité a reçu le soutien du MNR, des deux élus socialistes locaux, a passé un accord avec un autre groupe nouvellement élu qui a étalé son entente sans contrepartie sur le sujet dans le Courrier des Yvelines. 

 

A l'enquête publique de 2003 en revanche, 1806 pétitions sur 1877 avis exprimés ont demandé la conservation au moins partielle de l'usine, soit 96% des avis exprimés. Mais ces avis n'intéressaient pas les pouvoirs publics, omnubilés par leurs projets immobiliers vertueux. 

 

 

 

b48bd8482868a342c4c62ab092ed71d2.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23.07.2007

LA VILLA DE CHARLES LAMBERT ET MAURICE BERTEAUX

63deca08cb54d3c2beb7934d3ad92fb6.jpeg
 

Charles Lambert, agent de change, fit édifier une splendide villa au 17 rue du Chemin Vert, rue Labélonye depuis 1879, vers 1865. Il devint maire en 1871-1872 et, républicain de conviction, fut associé à l'épisode tragi-comique de l'incertitude du régime entre 1871 et 1874 (pour en savoir plus, lire le livre "Chatou, de Louis-Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878" chez Alan Sutton). Son gendre, Maurice Berteaux, hérita à sa mort en 1886 de la villa, agrandie de deux ailes néogothiques. Malheureusement, la veuve de Maurice Berteaux fit raser ce monument du Second Empire sur disposition testamentaire en 1937 et l'ancien parc fut remplacé après la deuxième guerre mondiale par le lotissement des Oiseaux traversé par l'avenue Rubens.

22.07.2007

CHATEAU "NEUF" DE BERTIN

 

bc3bb7c7d83896abdf891e7969deb8d2.gif

Nommé seigneur de Chatou en 1762, le ministre Bertin (1759-1781) rentra en possession d'un domaine qu'il fit aménager dans le goût de l'époque avec un statuaire composé d'anciennes statues du château de Versailles, des bustes d'empereurs romains, un pavillon chinois, un jeu de bagues, un potager. Trois salles de verdure décoraient le parc, la salle des tyrans, la salle des empereurs romains, la salle du coucou ornée d'un cadran solaire placé sur une colonne de marbre brun. Soufflot et Lequeu se partagèrent les plans. Soufflot fit édifier le château et le Nymphée, et confia à Lequeu dont la réputation avait été faite lors de l'aménagement du parc Monceau, les décorations du parc.

 

 

 

 

a450f450be5112c8d1fe014f14cfb95d.gif
 

Le château, achevé en 1780, fut agrandi par son propriétaire sous l'Empire et la Restauration, Charles-Alexis Travault, maire de Chatou de la fin de l'Empire à 1823. Le château eut à subir les bombardements des batteries françaises du Mont Valérien en 1871 et ne fut jamais vraiment réparé par ses propriétaires successifs, tous issus de la famille de l'ancien maire Esther Lacroix (1829-1831). Ses derniers propriétaires, les héritiers Moisant, le firent raser sans bruit en 1910 dans la perspective de lotir le terrain.

Ils eurent sans doute la même idée pour le Nymphée en mars 1914 mais le projet échoua. A l'intervention de la Société de Protection du Paysage et de l'Esthétique de la France dans "L'Illustration" succéda la première guerre mondiale qui apporta le gel des opérations immobilières. Les héritiers de la famille Moisant confièrent à la Compagnie Pharos le soin de lotir en mars 1921, ce qu'elle fit en épargnant le nymphée. Quatre ans plus tard fut créé le syndicat des copropriétaires du parc de Chatou.  

 

21.07.2007

LE CHATEAU DU FERMIER GENERAL CHAPELLE

266a659a3d6900aeb2b6cea057fb330a.gif
Chatou-Croissy-Sur-Seine - Images du Patrimoine 1993

Face à l'actuel hôtel de ville, un magnifique château fut édifié en pierre et décor de briques par le fermier général Chapelle vers 1710. Passé en diverses mains, on le retrouve avec son domaine dans un dessin  du marquis d'Argenson, secrétaire d'Etat de Louis XV, qui dut fréquenter les lieux.

ac1a01ae7b2d96a158aa2dde34db0723.jpg

Son dernier propriétaire, le marquis d'Aligre, le fit malheureusement démolir en 1844 à des fins de lotissement. 

 

Toutes les notes