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21/08/2014

LE CABINET DE TRAVAIL ET LE BUREAU PAR GEORGES REMON

 

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Bureau d'un administrateur - maison DIM, meubles en palissandre, frise de couleur crème, fauteuil en cuir rouge

 

Le catovien Georges Rémon (1889-1963) est l'homme le plus prolixe de ce blog. Décorateur du début du siècle à la deuxième guerre mondiale, il anima la rubrique des Arts Décoratifs, soit par ses entreprises notamment sur les grands paquebots, soit par ses nombreux articles sur la production et la création dans les arts décoratifs. 

Le temps s'y prêtait merveilleusement puisque quelques années après la victoire de 1918, la France s'offrit le prestige de l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925, marquant par là-même qu'une victoire militaire dans un pays exsangue pouvait précéder sa formidable renaissance, et même sa révolution, dans les arts. 

Nous nous permettons ainsi d'évoquer un article de sa main édité dans la revue "L'Art Vivant" du 1er juin 1925 consacré au cabinet de travail qui nous a paru très évocateur de son époque: 

"L’homme d’affaires est un homme pressé. C’est surtout un homme précis. Son cabinet de travail et de réception  doit donner une impression d’ordre, de méthode, de netteté.

Il serait trop aisé de décrire tour à tour, afin de les mieux opposer, un bureau d’homme d’affaires  du bon vieux temps, comme un Balzac, ou un Dickens se seraient plu à en détailler le troublant fouillis et celui qui convient à un administrateur imbu des sobres pratiques à l’américaine.

Point de dossiers  et de liasses en désordre, de paperasse à la traîne, point de ces lamentables cartons verts que nos administrations publiques seront bientôt seules à vouloir tolérer.

 
Dans une pièce où l’air et la lumière circulent librement, les meubles devront être nets, et les moins heureux ne seront sans doute pas ces classeurs ingénieusement disposés et répartis, en chêne transparent vernis, ou encore ces bureaux admirablement agencés , répondant de façon parfaite à leur destination même, et dont la conception suit, peut-on dire, des données d’une rigueur toute scientifique.

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Bibliothèque maison DIM en acajou satiné ciré

 

Mais parce que les solutions à adopter sont des plus rigoureuses, la recherche en devait déduire et tenter nos décorateurs amis de la simplicité et que n’effraie pas l’apparent paradoxe de communiquer à une idée empreinte d’une sécheresse toute géométrique, par d’adroits et quasi insensibles correctifs, ce charme tout particulier qui s’attache à tout ce qui satisfait pleinement la raison.

Nous signalions naguère le cabinet de l’administrateur des ateliers DIM comme réalisant d’une manière ensemble ingénieuse et confortable le problème de l’installation de bureau moderne.

 

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Meuble secrétaire en ébène macassar verni, filet d'ivoire - maison DIM

 

En voici maintenant un autre, que nous estimons également très réussi, œuvre de Francis Jourdain. C’est le bureau d’un directeur, réduit à sa plus simple expression et dont l’agrément certain vient, à coup sûr, de quantités de petits détails observés avec une jalouse et méticuleuse attention. Ce sont les bureaux de de forme carrée reposant sur des pieds de boule qui en atténuent la rigidité ; c’est le dessin des sièges, fauteuils et chaises, qui, en dépit de l’inscription murale invitant le visiteur à être bref, n’entendent pas commettre cette impolitesse d’être inconfortables ; c’est encore la présence d’un tapis dont la tonalité discrète réchauffe cependant l’aspect plutôt frigide des parois nues. Et j’aime aussi la forme choisie pour le plafonnier et l’abat-jour de la lampe de bureau. Cet ensemble constitue une heureuse synthèse. Nous en proposerons d’autres exemples dont nous aimons le parti de simplification ordonnée avec goût.

Dans une lettre adressée à la Grande Mademoiselle, Madame de Motteville, contemporaine des Précieuses, écrivait : « je voudrais que dans toutes les petites maisons il y eut des chambres lambrissées de bois tout uni et dont le seul ornement serait la netteté, et que chacun de nous eût un cabinet qui, selon vos ordres, belle Amelinte, fût rempli  de livres ».

Ce n’est pas de la bibliothèque féminine que nous voulons parler mais du bureau que les femmes de jour conçoivent comme un meuble élégant, laissant au Grand Siècle le goût de la pédanterie chez les femmes.

Nos décorateurs ne sont plus à chercher des bureaux et de secrétaires, aimables de lignes et de couleurs, qui prendront place dans le petit salon ou le boudoir de Madame, sans toutefois revêtir un caractère frivole.

Tel celui de Marcel Charpentier, prévu pour un coin de boudoir, pièce finement dessinée, laquée noir avec panneaux en aventurine or.

 

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Bureau des ateliers Marcel Charpentier - meubles en loupe d'orme et noyer ciré, fauteuil en cuir

 

Tel encore le bureau en amaranthe et bois noir, avec marqueterie, de Maurice Dufrene.

Et tel surtout le secrétaire édité par DIM, meuble précieux en ébène macassar verni, avec filets d’ivoire.

Ces meubles attestent que si nos décorateurs savent, s’il le faut, s’astreindre à respecter la rigueur géométrique d’un ensemble, ils n’en ont pas moins, quand il s’agit de décorer de la demeure féminine le souci de montrer tels qu’ils sont, épris d’élégance et de distinction.

Georges Rémon

"L'Art Vivant" - 1er juin 1925

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19/01/2014

PROJET DE LOI ALUR : INTERVENTION DE MONSIEUR JACQUES MYARD ET DE L'ASSOCIATION A SA SUITE

Le projet de loi ALUR de Madame DUFLOT, ministre de l'Ecologie et du Développement Durable, prévoit la suppression de la possibilité d'établir des règles de coefficients d'occupation des sols et de superficie minimale constructible dans le Plan Local d'Urbanisme.

Nous informons nos internautes que le débat a vu l'intervention de Monsieur Jacques Myard, député des Yvelines, en coopération avec Monsieur Woerth, député de Chantilly, au secours des villes parcs inscrites à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Cette intervention s'est traduite par l'amendement suivant accepté par Madame la Ministre de l'Ecologie : 

"Dans les secteurs bâtis des zones urbaines issues d'une opération d'aménagement d'ensemble d'un domaine boisé, antérieure au XXème siècle, et ayant conservé leur caractère remarquable de parc, le plan local d'urbanisme peut comporter des dispositions règlementant la surface de plancher des constructions en fonction de la taille des terrains si la préservation de la qualité des boisements et espaces verts le justifie".

Une telle disposition permettra notamment de maintenir une protection des sites du Vésinet et de Maisons-Laffitte, lesquels comme tout site inscrit, ne sont pas inconstructibles selon la loi.

Notre association remercie chaleureusement Monsieur Myard pour son implication de surcroît efficace dans ce débat touchant le patrimoine français. 

En ce qui nous concerne, nous n'avons pu qu'écrire à notre tour à Monsieur Myard qui nous avait informés de cette heureuse initiative afin de lui demander l'amendement suivant visant les cas d'identification du patrimoine local par les communes elles-mêmes en dehors des cas de villes-parcs :

" Monsieur le Député,

Ayant connaissance de votre message et représentant l'association Chatou Notre Ville ayant notamment pour objet la défense du patrimoine de la commune, je tiens à vous remercier particulièrement pour votre proposition d'amendement du projet de loi ALUR laquelle permettra, nous l'espérons, de conserver des éléments majeurs du patrimoine français et franciliens en l'occurrence.

Compte-tenu de l'initiative que vous avez prise, je me permets de solliciter également votre intervention pour proposer l'amendement suivant avant qu'il ne soit trop tard :

"Des règles de coefficients d'occupation des sols et(ou) de superficie minimale constructible pourront être conservées dans les cas suivants :

- dans le périmètre des villes-parcs sites classés ou inscrits à l'Inventaire

- dans le périmètre des zones urbaines du Plan Local d'Urbanisme relevant de l’application de l'article L.123.1  5  du Code de l'Urbanisme 7ème alinéa

- dans le périmètre des terrains occupés par des édifices relevant d'une obligation de conservation dans le règlement du Plan Local d'Urbanisme au titre de l'article L.123.1  5 du Code de l'Urbanisme 7ème alinéa"  

Vous remerciant de votre écoute et de votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Député-Maire, l'expression de notre reconnaissance et de mes meilleurs voeux pour l'année qui s'ouvre.

Pierre Arrivetz

Association Chatou Notre Ville "

 

 

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03/11/2013

QUAND L'ILE ETAIT "DANS LE COLLIMATEUR" COTE CARRIERES-SUR-SEINE

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L’Association, qui s’est battue naguère avec succès contre un projet de complexe hôtelier dans l’Ile (1994) et est intervenue plus récemment d’un point de vue juridique contre l’implantation d’une tour sur les bords de Seine de Rueil (2011), ne pouvait que donner connaissance à ses internautes de l’article suivant :

"L’Ile de Chatou est, à son tour, gravement menacée par un projet aussi monstrueux qu’il veut être grandiose : l’édification d’une construction monumentale surmontée d’une tour haute de 200 mètres et flanquée d’un immense cinéma en plein air pour automobilistes, tel qu’il en existe aux Etats-Unis sous l’appellation curieuse de « Drive in Theatre ».

La maquette de cet ambitieux ensemble existe. Elle était exposée – il est vrai – à la mairie de Carrières pour la durée de l’enquête publique préalable à la demande d’autorisation de construire, enquête que, visiblement, on a voulu escamoter, mais dont les conclusions grâce à la vigilance de quelques-uns, n’en devraient pas moins être singulièrement défavorables.

C’est qu’il y a plusieurs raisons essentielles pour s’opposer à ce projet. La première : l’Ile de Chatou reste un havre de calme et de verdure exceptionnellement à l’abri du grand trafic. Elle possède un magnifique rideau de peupliers qui sont inscrits à l’inventaire des sites protégés.

La seconde : l’Ile de Chatou figure au plan d’aménagement de la région parisienne au titre d’espace vert et d’emplacement de terrains de jeu.

Il faut croire néanmoins qu’il existe des possibilités de passer outre ces considérations puisqu’une importante société n’ayant pas pour habitude de s’engager à la légère, a commencé d’y acheter des terrains et a entrepris des frais importants pour la réalisation d’une maquette définitive.

Or, il y a tout juste huit jours, à l’occasion de la journée d’étude de La Ligue Urbaine et Rurale, qui s’est tenue à Paris, Monsieur Robert Sudreau, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme, annonçait deux mesures bien précises, propres à éviter désormais des actes de vandalisme tels que nous en avons souvent dénoncés ici-même, ou des constructions abusives.

L’une de ces mesures, justement, vise plus particulièrement la protection, la conservation et la restitution des bois, forêts et espaces verts.

Implicitement, c’est le rejet pur et simple du projet de Chatou.

Si, sur le plan de l’architecture, le « building » en question est séduisant, l’emplacement choisi pour son édification est mauvais. C’est contre cela que nous nous élevons.  Ce gratte-ciel de 200 mètres de haut (les deux tiers de la Tour Eiffel) garantit l’enlaidissement de tout le centre de Carrières-sur-Seine, par son implantation dans l’axe de la mairie, ancienne demeure de Madame de La Vallière, et de son parc magnifique dessiné par Le Nôtre. A ce propos, on ne veut pas croire les bruits selon lesquels les jardins de Le Nôtre doivent subir des transformations afin d’y aménager…une piscine.

« Chacun s’incline devant les impératifs d’une nécessaire modernisation, écrivait hier notre éminent collaborateur et ami André Siegfried, mais n’est-il pas des cas où d’autres considérations doivent avoir le pas, le maintien, par exemple, de sites illustres, de parcs hérités de la tradition, d’espaces verts aussi nécessaires à l’hygiène qu’à la beauté de nos villes ?

D’autre part, a fait remarquer Monsieur Jean-Claude Marnez *, jeune architecte qui mène campagne contre cette nouvelle menace, l’affectation de la construction ne semble pas bien définie. Il est question, en effet, d’un « Centre de Liaison Européen » avec un hôtel, de services administratifs de sociétés privées qui domineront de leurs 200 mètres de haut…

Nous nous rangeons à son avis : il semblerait préférable  de placer un tel ensemble prés de la route monumentale qui doit, dans les années à venir, relier le rond-point de la Défense à Maisons-Laffitte, plutôt que dans une des seules régions  très proches de Paris qui n’a pas subi la pousse des grandes constructions et dont le charmant paysage reste à peu prés tel que l’ont peint Manet et les Impressionnistes.

 

Jacques Nosari

Le Figaro - 16 décembre 1958

 

Note de l’auteur de cette transcription : * la famille Marnez de Carrières-sur-Seine compte plusieurs générations d’architectes qui ont honoré notamment l’architecture en pierre de taille dans la Capitale et continue aujourd’hui l’œuvre de ses aïeux (cabinet R. Marnez de Neuilly-Sur-Seine). Ce détail en amène un autre : à Carrières-sur-Seine également est né l’architecte Alfred Gaultier (1847-1909), auteur des villas Lambert à Chatou, ensemble comprenant château et villas, joyau des architectures néo-gothique et néo-renaissance des années 1880-1890, répertorié à l’Inventaire mais malheureusement non inscrit au titre de la protection des Monuments Historiques ou des sites à conserver.

N.B : Le Figaro au même titre que Le Monde et Le Moniteur avaient également fait l’honneur de la presse en consacrant de pleines pages sur la destruction de l’usine Pathé-Marconi de Chatou en 2001-2002 à la requête de l’association. Ces articles avaient conduit à un reportage au journal de TF1 de 20 heures et à une reconnaissance particulière de la cause défendue par l’association au Salon du Patrimoine au Carrousel du Louvre en 2002, 800 personnes de toutes nationalités s’étant empressées de signer sa pétition durant les 4 jours du Salon.

27/10/2013

"QUAND L'ART DECO SEDUIT LE MONDE" SAUF CHATOU...

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C'est sur l'affichage de ce bas-relief de la façade d'entrée du Théâtre des Folies Bergères réalisé par Maurice Picaud en 1928 que la Cité de l'Architecture et du Patrimoine vient de lancer au Trocadéro la plus grande exposition sur l'architecture Art Déco (1919-1940) et sur l'oeuvre de ses promoteurs français, en France et dans une partie du monde où leur pérennité a été assurée. Alors que l'Art Déco avait séduit et continue de séduire par son mobilier, on doit à cette magnifique exposition d'y étaler quantité de palettes et plans des constructions privées et publiques ayant fait la renommée de ce style resté sans succession.

L'exposition se déroule jusqu'au 17 février 2014, offrant à titre extraordinaire des séances de cinéma sur les films de l'époque dans le cadre d'un cycle "L'Art Déco à l'écran", dont un documentaire qui intéressera les membres de l'association sur un thème largement abordé pour des raisons locales "A bord du Normandie" les samedi 23 novembre 2013 et 18 janvier 2014 à 18h30.

Nous ne pouvons qu'exhorter les Catoviens à se rendre à cette exposition.

Face à une telle reconnaissance, notre association a la responsabilité, puisque c'est son objet social, de constater qu'à Chatou, l'Art Déco était peu présent mais que la municipalité a cru faire oeuvre de modernité en en condamnant méthodiquement ses rares illustrations :

* l'usine Pathé-Marconi, berceau du microsillon en 1951, érigée rue Emile Pathé sur des plans de 1929 du cabinet Wallis, Gilbert et Partners, les plus grands architectes anglais de l'Art Déco, répertoriée à l'Inventaire, détruite en novembre 2004 pour la réalisation d'une Zone d'Aménagement "Concertée" malgré une liste impressionnante d'oppositions dans le monde du cinéma, du patrimoine, de l'entreprise, de l'architecture et même de la politique

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Cliché pour l'Inventaire général - J-B Vialles (1985)

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Extrait du plan de Wallis, Gilbert et Partners

 

* l'ancien cinéma de Chatou "l'Olympia", érigé rue du Général Colin en 1925 sur les plans de l'architecte Lucien Desgrivan, condamné par le PLU voté le 9 novembre 2006 lequel autorise la construction d'un immeuble de 16 mètres de hauteur à son emplacement (PLU - zone URB / emprise au sol autorisant la constructibilité sur 100% de la superficie du terrain (art.UR.9 du règlement du PLU) / hauteur autorisée  16 mètres (art.UR.10 du règlement du PLU).

 

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* des villas situées avenue Adrien Moisant, rue Henri Penon et rue de la Faisanderie auxquelles ont été retirées l'obligation de conservation prévue antèrieurement en dépit des dispositions ouvertes à la protection de l'article L.123-1 7 du Code de l'Urbanisme

 

L'Association Chatou Notre Ville, qui entend sauver et valoriser le patrimoine de Chatou, continuera à se battre pour mettre un point final à ce jeu de massacre ordonné principalement à l'aûne d'une volonté de densification et d'une indigence culturelle imputables aux seuls élus locaux, laquelle n'a invariablement pour résultat que la spéculation au profit de la dévalorisation de Chatou.

  

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31/05/2013

L'ANCIEN CINEMA DE CHATOU (1925) PROMIS A LA DESTRUCTION

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En France, l'Art Deco a laissé de nombreuses traces dans le mobilier. Dans l'architecture, les oeuvres sont plus rares, souvent non reconnues comme c'est le cas à Chatou. Elles sont généralement concentrées sur des constructions dans l'industrie ou les équipements publics ou de loisirs.

 

A ce titre, on citera la salle des ventes rue du Général Colin. Celle-ci fut l'ancien cinéma de Chatou construit en 1925 pour le compte de Messieurs Weiner et Certain, habitants de Croissy et du Vésinet, sur les plans de l’architecte Lucien Desgrivan par l’entreprise A.Tschoffen et Compagnie. D’abord  dénommé Magic-Ciné, il fut repris en 1935 et s’appela l’Olympia. Il fut arrêté en 1976 lorsque fut construit le centre Jacques Catinat et depuis est devenu une salle des ventes. Contemporaine de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris de 1925, son architecture en fait un témoignage intéressant l’inventaire de notre ville qui mériterait une remise en valeur. 

 

Malheureusement, la règlementation actuelle du Plan Local d'Urbanisme voté le 9 novembre 2006 le condamne à la destruction à la première vente : l'immeuble a été placé dans une zone URB (plan 4-2-2 du PLU) avec une emprise au sol autorisant la constructibilité sur 100% de la superficie du terrain (art.UR.9 du règlement du PLU) pour une hauteur autorisée à 16 mètres (art.UR.10 du règlement du PLU).

 

Aprés l'usine Pathé-Marconi (1929) démolie en 2004 grâce à une règlementation municipale sur mesure (règlement de ZAC voté en 2003), ce serait donc le deuxième témoignage de bâtiment Art Déco de Chatou qui serait amené à disparaître sur une volonté locale.

 

L'association Chatou Notre Ville demande depuis 7 ans l'établissement dans le PLU d'un inventaire des bâtiments à protéger en leur affectant une obligation de conservation conformément à la faculté ouverte par l'article L.123-1-5 7°) du Code de l'Urbanisme.

 

 

14/02/2013

LE VESINET, UN COMBAT A MENER

Le Vésinet, c’est avant tout une œuvre unique en Ile-de-France, la quintessence de l’architecture urbaine et paysagère conçue par Alphonse Pallu et le comte de Choulot, dont l’audace est entrée dans la postérité. Et si l’on parle des fondateurs, on peut évoquer ceux qui l’ont aimé jusqu’à leurs derniers jours, Joséphine Baker, Jeanne Lanvin, le philosophe Alain, Luis Mariano, Carette, Alain Decaux et bien d’autres. Le hâvre que représente Le Vésinet, défendu avec passion par plusieurs générations de la famille Jonemann, est pour la première fois menacé par un bouleversement complet au terme d’un projet de Plan de Local d'Urbanisme, les deux crises majeures pour son aménagement datant de l’entre-deux-guerres et du début des années soixante.  

Mardi 12 février 2013, l’association participait à cet effet à une réunion à laquelle elle avait été invitée par le collectif SAUVER LE VESINET, réunissant diverses associations dont le Syndicat d’Initiative du Vésinet.

Ce fut l’occasion d’entendre des hommes et des femmes de conviction attachés au cadre du Vésinet tel qu’il est, loin des intrigues qui se trament à l’intérieur et à l’extérieur de la commune depuis des années au gré de combinaisons sans vergogne. Car le constat est là : il y a tout à gagner à faire retirer ce projet. Il y a tout à perdre à se résigner. Le collectif, qui a dépouillé le document présenté de 680 pages, insiste sur un point essentiel et évident : Le Vésinet ne se divise pas. C’est un ensemble dont la collectivité tout entière bénéficie d’un bout à l’autre de l’Ile-de-France. Réduire les jardins, c’est faire disparaître des arbres, c’est entrer dans le cercle infernal des collectifs à tous les carrefours. C’est faire du Vésinet une banlieue.

Il est bien certain que l’action de SAUVER LE VESINET est contraire à toutes les vendettas idéologiques du moment, aux intrigues de partis et aux ambitions spéculatives. C’est précisément ce qui fait sa force aujourd’hui et demain. Les exposés entendus montrent d’ailleurs que contrairement à beaucoup, l’association sait de quoi elle parle. Et à chacun de se poser la question : pourquoi souhaiter la densification d’une ville fondée sur son intérêt paysagé ?

SAUVER LE VESINET est aujourd’hui une association qui a le goût du Vésinet, goût que nous partageons et au nom duquel nous lui avons apporté notre soutien. Le conseil municipal qui a voté le projet est aujourd’hui en phase de dissolution faute de quorum, 11 conseillers municipaux ayant eu la force et le courage de démissionner pour empêcher à l’avenir la réunion du conseil sur la base de ce projet. Nous leur rendons hommage ainsi qu’à tous les bénévoles qui engloutissent leur vie dans ce combat. Conserver un patrimoine tel que celui du Vésinet, ce n’est pas un crime, c’est un devoir.

Pour le conseil d'administration

Pierre Arrivetz 

 

 

Pour en savoir plus :

http://sauverlevesinet.wordpress.com

 

 

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Villa au Vésinet par l'architecte catovien Eugène Bardon (1843-1901) dans les années 1870 - Revue La Brique Ordinaire - villa située avenue de la Princesse

 

 

 

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08/11/2011

OPERATION RAMASSAGE DES DECHETS DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011

Monsieur Jean-Louis Boulègue, conseiller municipal, a pris l’initiative avec le soutien de la Ville de s’adresser aux élus et conseils de quartier pour organiser dimanche 6 novembre 2011 une matinée bénévole de ramassage des déchets sur les bords de Seine. Rappelons que ceux-ci longent Chatou sur plusieurs kilomètres. Environ cinquante bénévoles se sont retrouvés parmi lesquels des administrateurs de Chatou Notre Ville (notre photo ci-dessous), Catherine Bastien (secrétaire), François Nicol (trésorier), Lars Nordin, Jean-Claude Roekens (ancien trésorier et fondateur) et Pierre Arrivetz. Le parcours sélectionné par notre équipe a été le pont du RER vers Carrières-sur-Seine. Arrivés à la rue du Port, c'est-à-dire au tiers du parcours, les sacs étaient pleins, nous n’en n’avions plus et les trois heures programmées s’étaient écoulées depuis le rendez-vous à neuf  heures du matin. Car il ne faut plus s’en cacher : les bords de Seine et l’Ile sont devenus la déchetterie dans la ville.

 

Nous avons donc fait les propositions suivantes auprès de la municipalité :

 

- mettre en place d'autres points poubelles,
- écrire à toutes les associations (pêcheurs, randonneurs, scouts...) sur ce que nous constatons en insistant sur le patrimoine non seulement historique (bien qu'il n'ait plus la configuration d'origine), mais sur la destruction du patrimoine végétal, de l'écosystème par une pollution galopante due à une incivilité maladive de consommateurs pavloviens en demandant de communiquer auprès de leurs adhérents
- faire financer par le festival INOX un forfait de nettoyage (on a le sentiment d'une récente dégradation festive)
- mettre des rappels civiques : "les berges de Seine sont le patrimoine de tous. En refusant de jeter vos déchets dans les poubelles, vous le condamnez".
- mettre des points photos et rappels historiques : les berges "ancienne manière", la peinture des Fauves, les récits sur ou de Maupassant, les croisières du "Touriste", le Cercle Nautique de Chatou… Nous devons "décrocher" toute cette histoire de la seule île de Chatou et la ramener sous les yeux des nombreux promeneurs du circuit Croissy-Carrières. Par ailleurs, le remplacement des rambardes d'autoroute d'époque "Jacques Borel" ne nuirait pas à l'embellissement des lieux et s'il y avait un dragage du fond de la Seine, nous serions sans doute surpris du résultat.

Les berges de Seine ne faisant pas partie du domaine communal, des actions de sensibilisation sont indispensables pour empêcher leur dégradation.

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Une image des bords de Seine du pont de chemin de fer vers Carrières-sur-Seine en 1900 : les berges sont à hauteur de l'eau, les attelages s'ébranlent dans la poussière du chemin de halage pour emmener les villégiateurs.

 

Nous saluons la très belle initiative de Monsieur Boulègue, harassante mais bienvenue, peu coûteuse mais rétablissant l’esprit collectif, ainsi que la présence du maire et d’une poignée d’élus qui ont participé à cette matinée très productive. L’adhésion était là et tout en espérant les premières mesures, on peut s'attendre à un élargissement de cette journée l’an prochain.

 

 

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Une armée en campagne :

les administrateurs de Chatou Notre Ville

photo - Ville de Chatou

 

 

"(...) D’autres fois, nous partions, pour faire en explorateurs une balade à pied de vingt à trente kilomètres. Nous remontions la Seine jusqu’à Saint-Ouen en suivant la berge. Notre enthousiasme n’avait d’égal que notre endurance et notre bonne humeur. Cinq francs dans la poche : nous n’en demandions pas plus ! nous déjeunions au hasard d’un morceau de boudin ou de petit salé ; tout nous était bon et la vie nous paraissait belle. La fille qui nous servait, les masures dans le soleil, les remorqueurs qui passaient, traînant une file de péniches : la couleur de tout cela nous enchantait… c’était Chatou !"

Maurice de Vlaminck (1876-1958)

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Locomotive SNCF 241 P compound fabriquée aux usines Schneider du Creusot de 1948 à 1952, emblème de l'association.

 

 

 

01/08/2011

NYMPHEE DE SOUFFLOT (1774) : ON FINANCE TOUT SANS ETRE PROPRIETAIRES ?

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Le Nymphée de Soufflot (carte avant 1914)
 
Classé monument historique en 1952, joyau du Parc de Chatou
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photos 1996
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La sauvegarde du Nymphée :

une affaire plus pitoyable que glorieuse

1999 : à la suite d’une importante campagne de presse initiée par l’association de défense du Nymphée de Soufflot que nous avions créée et notamment d’un article d’Emmanuel de Roux dans le journal « Le Monde » du 14 octobre dans lequel l’architecte en chef des monuments historiques déclarait concernant l’état du Nymphée qu’  « un accident n’est pas impossible », la municipalité a décidé de demander une étude sur l’état du monument, classé depuis 1952. Cette étude aurait eu lieu mais n’a jamais pu être produite et est demeurée sans suite.

2006 : lors du vote du plan local d’urbanisme le 9 novembre, a été inclus  dans le nouveau plan le rapport de présentation précisant la position de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) au sujet du Nymphée. On y lit :   « Orientations à venir suggérées par la DRAC : le site est bien conservé et peut être visité. Le syndicat d’initiatives de la ville de Chatou *, en relation avec les propriétaires, organise des visites de cette voûte à la stéréomie surprenante. »

* Précisons que le syndicat d’initiatives de la ville de Chatou avait été dissous trois ans plus tôt par la municipalité

 

2009-2010 : l'association Chatou Notre Ville consacre une page au Nymphée dans un tract distribué en avril 2009 aux Catoviens à quelques milliers d'exemplaires. La municipalité nouvellement élue en 2008 provisionne 75.000 euros sur les deux exercices 2009 et 2010 afin de financer une étude sur l’état du Nymphée

2011 : la municipalité annonce en conseil municipal que le Nymphée pourrait être restauré sur les fonds publics sans participation  des propriétaires et sans acquisition par la collectivité de la parcelle en contrebas sur le quai de Seine sur laquelle se trouve le monument. Le droit de visite serait étendu mais cependant il convient de rappeler que ce droit est négociable annuellement avec les propriétaires.

Notre position : le Nymphée, comme la défunte usine Pathé-Marconi, a été traité de manière pitoyable par les pouvoirs publics qui ne manquent pourtant pas de faire de  la mise en valeur des bords de Seine l’un de leurs  objectifs. Les propriétaires ont quant à eux failli dans leur mission d’entretien prescrite par la loi, témoignant de surcroît de plus d’obstruction que de bonne volonté.

Il est maintenant acquis que la propriété privée du monument l’entraîne à sa perte depuis vingt-cinq ans. Pour y remédier, l’acquisition de la parcelle en contrebas sur laquelle il se trouve, inconstructible, par une collectivité,  nous paraît être la seule solution acceptable et défendable vis-à-vis des Catoviens afin de permettre son exploitation, son rayonnement et par là-même sa sauvegarde, laquelle n'est pas pour nous négociable. Nous indiquons en annexe les articles de loi concernant un changement de propriété du monument.

Face à la Maison Fournaise, le Nymphée représente l’un des derniers vestiges de l’art Français des jardins à la fin de l’Ancien Régime. Il se trouve également lié à l'histoire politique de cette époque par la qualité de son commanditaire, le ministre Bertin.   

 

Extraits de la loi de 1913 sur les monuments historiques :

"Article 9-1

(Loi n° 66-1042 du 30 décembre 1966, art. 2)

(Loi n° 77-1467 du 30 décembre 1977, art. 87)

Indépendamment des dispositions de l'article 9, troisième alinéa ci-dessus, lorsque la conservation d'un immeuble classé est gravement compromise par l'inexécution de travaux de réparation ou d'entretien, le ministre chargé des affaires culturelles peut mettre en demeure le propriétaire de faire procéder aux dits travaux, en lui indiquant le délai dans lequel ceux-ci devront être entrepris et la part de dépense qui sera supportée par l'Etat, laquelle ne pourra être inférieure à 50 p. 100. La mise en demeure précisera les modalités de versement de la part de l'Etat.

L'arrêté de mise en demeure est notifié au propriétaire. Si ce dernier en conteste le bien-fondé, le tribunal administratif statue sur le litige et peut, le cas échéant, après expertise, ordonner l'exécution de tout ou partie des travaux prescrits par l'administration.

Le recours au tribunal administratif est suspensif.

Sans préjudice de l'application de l'article 10 ci-dessous, faute par le propriétaire de se conformer, soit à l'arrêté de mise en demeure s'il ne l'a pas contesté, soit à la décision de la juridiction administrative, le ministre chargé des affaires culturelles peut, soit faire exécuter d'office les travaux par son administration, soit poursuivre l'expropriation de l'immeuble au nom de l'Etat. Si les travaux sont exécutés d'office, le propriétaire peut solliciter l'Etat d'engager la procédure d'expropriation ; l'Etat fait connaître sa décision sur cette requête, qui ne suspend pas l'exécution des travaux, dans un délai de six mois au plus et au terme d'une procédure fixée par décret en Conseil d'Etat. Si le ministre chargé des affaires culturelles a décidé de poursuivre l'expropriation, l'Etat peut, avec leur consentement, se substituer une collectivité publique locale ou un établissement public.

En cas d'exécution d'office, le propriétaire est tenu de rembourser à l'Etat le coût des travaux exécutés par celui-ci, dans la limite de la moitié de son montant. La créance ainsi née au profit de l'Etat est recouvrée suivant la procédure applicable aux créances de l'Etat étrangères à l'impôt et aux domaines, aux échéances fixées par le ministre chargé des affaires culturelles qui pourra les échelonner sur une durée de quinze ans au plus, les sommes dues portant intérêt au taux légal à compter de la notification de leur montant au propriétaire. Eventuellement saisi par le propriétaire et compte tenu de ses moyens financiers, le tribunal administratif pourra modifier, dans la même limite maximale, l'échelonnement des paiements. Toutefois, en cas de mutation de l'immeuble à titre onéreux, la totalité des sommes restant dues devient immédiatement exigible à moins que le ministre chargé des affaires culturelles n'ait accepté la substitution de l'acquéreur dans les obligations du vendeur. Les droits de l'Etat sont garantis par une hypothèque légale inscrite sur l'immeuble à la diligence de l'Etat. Le propriétaire peut toujours s'exonérer de sa dette en faisant abandon de son immeuble à l'Etat.

Article 9-2

(Loi n° 66-1042 du 30 décembre 1966, art. 2)

Les immeubles classés, expropriés par application des dispositions de la présente loi, peuvent être cédés de gré à gré à des personnes publiques ou privées. Les acquéreurs s'engagent à les utiliser aux fins et dans les conditions prévues au cahier des charges annexé à l'acte de cession. Des cahiers des charges types sont approuvés par décret en Conseil d'Etat. En cas de cession à une personne privée, le principe et les conditions de la cession sont approuvés par décret en Conseil d'Etat, l'ancien propriétaire ayant été mis en mesure de présenter ses observations.

Les dispositions de l'article 8 (quatrième alinéa) restent applicables aux cessions faites à des personnes publiques, en vertu des dispositions du premier alinéa du présent article."

Pour l'association, la situation est claire : la cession du terrain du Nymphée, inconstructible et en contrebas du terrain principal des propriétaires, soit par voie amiable soit par voie d'expropriation par l'Etat puis sa cession- pour une somme symbolique compte-tenu des travaux à entreprendre - par l'Etat à une collectivité publique, commune, conseil général ou autre, est la seule garantie d'une exploitation en proportion des sacrifices financiers consentis unilatéralement, mais surtout la seule garantie d'une préservation du monument jusqu'ici livré à la situation d'incapacité de propriétaires privés et d'absence d'ouverture au public significative.

Cette opportunité de devenir propriétaire du terrain du Nymphée ne se représentera pas. Ne commettons pas une erreur définitive.

 
 

 

 

 

 

 

Histoire : le Nymphée représente le seul vestige du domaine de Bertin, dernier seigneur de Chatou de 1762 à 1789, intendant du Roussillon en 1750, de Lyon en 1754, lieutenant général de police de Paris en 1757, puis ministre de Louis XV (contrôleur général des finances) et de Louis XVI (affaires étrangères, agriculture, mines...) de 1759 à 1781.  Partisan de la réforme Maupéou des Parlements sous Louis XV,  le ministre Bertin se distingua par sa probité et son activité en faveur des Finances (guerre de Sept Ans), de l’Agriculture, des Chartes, des Postes et des Mines, laquelle lui valut une considération sans faille des souverains.

 

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Gravure de Bertin, par Roslin, Institut de France, Tous droits réservés , don du comte et de la comtesse de Lambertye – décembre 1937. Le dernier seigneur de Chatou fut ministre de Louis XV et de Louis XVI, pour en savoir plus, consulter l'article qui lui est consacré dans notre rubrique "Le dernier seigneur de Chatou."

 

 

Bertin       développa les sociétés d’agriculture sur l’ensemble du territoire, créa les écoles vétérinaires, le cabinet des Chartes, le premier réseau postal d’envergure, eut l’intelligence de promouvoir l’instauration d’un cadastre, ce qui entraîna sa chute du contrôle des finances en 1763 à la suite de la révolte des Parlements, et d’encourager les ministres réformateurs. Afin de l’honorer à la suite de sa délicate mission de Contrôleur Général des Finances pendant la guerre de Sept Ans, Louis XV lui accorda la seigneurie de Chatou et de Montesson.

 

 

A Chatou, il réalisa un parc, un château et un nymphée, ainsi qu'un terrain voué à l’agronomie et à l’élevage des moutons mérinos qui s’étendait aux terres de Montesson.

 

Le parc fut une œuvre décorative comportant six statues de l’ancien fronton de l’aile droite du château de Versailles, des statues antiques, douze bustes en marbre d’empereurs romains, un pavillon chinois et un jeu de bagues dont l’exécution fut confiée à Lequeu. Deux pots à feu du château de Versailles et conservés depuis à l’ancien bailliage furent disposés également.

 

Le château fut réalisé en 1780 par Jacques Germain Soufflot, l’un de nos plus grands architectes, auteur du futur Panthéon et des « travaux d’embellissement » de Lyon, Intendant des Bâtiments Civils du roi de 1776 à sa mort prématurée en 1780.

 

Le Nymphée fut conçu par Soufflot qui en délivra les plans en 1774. Par suite de sa maladie, son exécution fut terminée en 1777 par Lequeu. 

 

Le parc fut anéanti à la Révolution.

Le château fut détruit en 1912.

 

Le Nymphée échappa de peu à la destruction en 1914 grâce à la guerre, laquelle fit sombrer un projet de lotissement sans état d’âme. Un article de l’Illustration faisant état des démarches de la Société de Protection du Paysage et de l’Esthétique de la France en atteste. Sa conservation fut finalement acquise dans le lotissement du parc de Chatou dans les années 20.

 

Folie ornementale, le Nymphée recueillait les eaux de ravinage en provenance du domaine pour les conduire jusqu’à la Seine. Le monument, d’une trentaine de mètres de long, éclaire les bords de Seine de sa polychromie originale, assise sur des matériaux ordinaires, scories de mines et pierres meulières, apportées sans doute par Bertin, qui fut notamment ministre des Mines.

 

Ci-dessous, une affiche de la conférence réalisée par l'association le 19 mai 1999 avec Monique Mosser, chercheur de renommée internationale sur les jardins, sur l'oeuvre de Soufflot.

 

A cette époque, nous avions créé une seconde association consacrée uniquement au cas du nymphée de Chatou et alerté les médias. "Le Monde", sous la plume du regretté Emmanuel de Roux, fit un article éloquent sur la situation calamiteuse du nymphée abandonné par les ministères de la culture successifs, les propriétaires et les collectivités locales démissionnaires.

 

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28/10/2007

VILLAS SANS PROTECTION DANS LE PLAN LOCAL D'URBANISME (PLU)

En approuvant le PLU voté le 9 novembre 2006 après une enquête publique houleuse marquée par une manifestation de 250 personnes, la municipalité a restreint la liste des villas remarquables en annexe du PLU de 254 à 53. L'association demande une révision de cette politique :
 
1°) D'une part en révisant à la hausse cet inventaire

 

2°) D'autre part en inscrivant dans PLU l'obligation de conservation des bâtiments en application de l'art.L.123-1  alinéa 7 du Code de l'Urbanisme 
 
Certaines rues ont perdu tout classement : l'avenue de Brimont ne compte plus que deux pavillons de gardien répertoriés et plus aucune villa, l'avenue des 27 Martyrs ne compte plus aucune villa répertoriée.
 
Ce reportage n'est pas exhaustif (à titre d'exemple, l'avenue des 27 Martyrs, dont les villas ont été entièrement déclassées au profit d'un ilôt où la démolition est autorisée, n'y figure pas). L'association remercie chaleureusement François Nicol, Michel Thiéblin et Louis Bernard qui ont pris ces clichés. Ces derniers sont les témoins de la richesse et de l'ecclectisme architectural du patrimoine de notre ville. 
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Villa du Second Empire du 20 rue Labélonye ayant appartenu à Charles Despeaux, pionnier de l'industrie du pétrole  
 
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Villa du Second Empire du 3 avenue Gambetta 
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Villa municipale 1880 du 3 avenue Ernest Bousson
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Villa Second Empire du 93 rue du Général Leclerc ayant appartenu aux maires Paul Girard (1877-1878) et Henry Verken (1947-1953)
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"Castel de Flandres" 1880 (du nom de l'avenue de Flandres qui préexista au boulevard de la République baptisé en 1884)  
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Villa du chemin de halage 88 avenue Gambetta
 
 
 
 
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Villa 1900  du 1 rue du Sentier
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Villa Art déco du 12 rue Henri Penon
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Villa Art déco du 20 avenue Adrien Moisant
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Villa Second Empire du 3 avenue d'Eprémesnil
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Villa du Second Empire du 20 avenue de Brimont ayant appartenu à un industriel également bienfaiteur de Paris
 
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Villa Second Empire de l'avenue de Brimont
 
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Immeuble du 23 ter rue Labélonye
 
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Villa Second Empire de l'avenue de Brimont
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Villa du 16 rue Labélonye 
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Villa style chalet du Second Empire du 30 ter avenue Foch 
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Villa Second Empire de l'avenue de Brimont
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Villa style chalet du 40 rue Labélonye
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Villa Second Empire de l'avenue de Brimont
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Villa 1904 du 17 avenue du Général Sarrail
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Villa Second Empire du 20 avenue d'Eprémesnil
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Villa Second Empire du 22 avenue des Tilleuls
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Villa Second Empire du 3 avenue Roger
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Villa 1880 de l'avenue Victor Hugo
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Villa du 9 rue Lafontaine
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Villa Sarah de l'avenue de Brimont ayant appartenu à l'avocat Emile Salle, conseiller municipal de Chatou (1870-1877), témoin dans l'affaire Dreyfus
 
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Villa du Second Empire du sénateur Suin, conseiller d'Etat et conseiller municipal de Chatou sous Napoléon III
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Immeuble du 17 avenue Larcher, édifié en 1904 par l'architecte catovien Gustave Grenier
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Villa du 49 Route de Carrières
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Villa Second Empire du 35 Allée de Trianon
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Villa 1889 du 32 avenue Foch
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Immeuble du 44 place Maurice Berteaux, on regrette qu'il ne bénéficie pas d'un encouragement à l'harmonisation et à la pose d'un décor de vitrines à l'ancienne
 
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Villa Second Empire du 10 rue Georges Clémenceau
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Villa du Second Empire du 20 avenue des Tilleuls
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Villa 1876 du 15 avenue Roger
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Villa du 32 rue Labélonye
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Villa du Second Empire du 26 avenue des Tilleuls
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Villa du Second Empire du 40 rue des Ecoles ayant appartenu à Rhené Baton, directeur des concerts Durand et Pasdeloup
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Villa "Les Cèdres" du Second Empire rue de Sahüne ayant appartenu à Henri Penon, décorateur de l'impératrice Eugénie
 
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Villa style normand du 17 rue François Laubeuf du Second Empire -on distingue le porche pour le passage d'une voiture à cheval
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Villa 1900 du 2 rue des Sablons (très belle meulière)
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Villa  avant 1914 du 14 rue Lafontaine
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

25/10/2007

PAVILLON DE GARDIEN SECOND EMPIRE

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Ce petit pavillon de gardien élevé à la gare de Chatou sous le  Second Empire en même temps que la très belle villa pierre et briques  aujourd’hui rénovée est actuellement condamné à la destruction par le PLU , celui-ci prévoyant un emplacement réservé pour la création d’une gare routière (plan 4-2-3 du PLU) . Compte-tenu de sa situation exceptionnelle et de son décor de briques si caractéristique, il serait bien plus intéressant de le conserver pour y aménager un office du tourisme qui fait défaut et un service culturel.

Quant à la gare routière, elle pourrait parfaitement s’installer sur le parking du bureau de la SNCF rue Paul Flament à condition de supprimer sur cet emplacement la zone de constructibilité de 16 mètres de hauteur avec 80% d’emprise au sol dans le PLU (art.UC.9.2 et U.C.10.2 du règlement du PLU)...