1804

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/03/2015

CHARLES DESPEAUX (1828-1918), RAFFINEUR ET CATOVIEN

SITE VILLA rue Labelonye 20 2.gif

La villa de Charles Despeaux 20 rue Labélonye à Chatou en 2005 - l'auteur remercie Monsieur Malfanti qui lui a permis de prendre ce cliché et de l'insérer dans son livre "Chatou, de Louis-Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878" (2005).

 

 

L’utilisation du pétrole remonte aux temps anciens mais son exploitation industrielle entra dans le monde moderne lorsqu’un beau jour de 1858, l’américain Drake, qui faisait des sondages dans la vallée de l’Oil Creek en Pensylvanie en vue de découvrir des sources salées, « vit jaillir avec la violence d’un puits artésien une source d’huile combustible  qui débitait près de 4000 litres par jour ».

Vingt ans plus tard, plus de 15.000 puits de pétrole étaient exploités aux Etats-Unis. Premier producteur de pétrole à la fin du XIXème siècle, les Etats-Unis n’eurent guère pour concurrent que l’empire russe dont la principale exploitation se situait dans le Caucase aux environs de Bakou. Certains commentateurs considéraient néanmoins dés cette époque que la Russie était appelée à devenir la première puissance mondiale au XXème siècle en raison de l’ampleur de ses ressources pétrolières inexploitées.

Energie nouvelle, le pétrole éclaira si l’on peut dire l’Exposition Universelle de Paris de 1878. Il y fut rappelé qu’un petit nombre d’entreprises de raffinerie s’était développé en France devant la consommation grandissante du pétrole. Pas moins de 18 entreprises étaient ainsi recensées. Parmi les plus importantes figuraient celles de Monsieur Deutsch dont les usines étaient situées à Rouen et à Pantin, de Desmarais frères et Labouret implantés à Colombes, de Roguier, mais surtout  de Fenaille et Despeaux dont les raffineries étaient établies à Bordeaux et Aubervilliers.

L'importance du pétrole fut plus affirmée encore lors de l'Exposition Universelle de Paris de 1889. Le peintre de Croissy, Théophile Poilpot (1848-1915), y réalisa des panoramas commandés par les frères Deutsch, héritiers de Monsieur Deutsch, présentant les paysages de sites d’exploitations pétrolières en Pennsylvanie et à Bakou.

PETROLE 2.jpg

Gravures du panorama du peintre Poilpot sur l'exploitation du pétrole en Pensylvanie et à Balakhané prés Bakou à l'Exposition Universelle de Paris de 1889.

16. POILPOT PETROLE 2.jpg

 

Charles Despeaux fut approché par l’un de ses contemporains  qui en dressa la biographie à la veille du XXème siècle  : né le 27 septembre 1828 à Méru en Seine-et-Oise, fils d’un capitaine d’infanterie, Monsieur Despeaux était devenu apprenti ébéniste avant d’être appelé pendant sept ans sous les drapeaux. Il en était sorti sergent-major et s’était fait embaucher par l’entreprise de parents de la famille, celle de Messieurs de Chatillon et Montauriol, fabricants de graisse pour les voitures à cheval. Ceux-ci eurent l'idée de demander à Charles Despeaux d’établir un projet de reconversion de l’entreprise dans la distillerie du pétrole. C’est alors que Charles Despeaux dessina en quelques jours les plans d’une chaudière.

Lors des premières expériences, les ouvriers craignirent une explosion et Charles Despeaux, qui n’avait pas froid aux yeux, s’assit sur la chaudière toute la journée pour les convaincre du bien-fondé de la technique employée.

Il fut associé à la dénomination de la société vers 1868  et en 1878, la maison Fenaille, Chatillon, Despeaux et Fournier obtînt une médaille d'or à l'Exposition Universelle de Paris de 1878 dans la classe 47 des produits chimiques et pharmaceutiques.

Quelques années plus tard, l'entreprise prit la dénomination de Fenaille et Despeaux. Monsieur Fenaille père disparut en 1883 mais son fils reprit le flambeau. Charles Despeaux et lui se distinguèrent par l'installation de nouvelles usines à Quevilly, Rouen, Règles-les-Bordeaux, et New-York.

Fournisseur notamment des hôpitaux civils et militaires et de la Marine pour la commercialisation de la « Pétréoline » utilisée en « pharmacie, parfumerie, art vétérinaire », l’entreprise reçut entre autres une médaille d’argent à l’Exposition Universelle de Paris de 1889.

Le gouvernement, songeant sans doute aux applications quotidiennes et militaires que son industrie avait apportées à la France, décida de décerner à Charles Despeaux La Légion d’Honneur au grade de Chevalier par un décret du ministre du Commerce du 14 août 1900.

 

DESPEAUX SIGNATURE.jpg

La signature de Charles Despeaux en 1900 dans son dossier de la Légion d'Honneur - Ministère de la Culture, base Leonore LH/755/2

 

 

Charles Despeaux contribua à l’effort national pendant la Grande Guerre. Bien connu à Chatou où il emménagea dans l’une des plus belles villas de la cité vers 1879, il fit des dons à l’Eglise Notre-Dame de Chatou pour le remplacement de ses vitraux et il est dit que l’un d’entre eux représenterait les enfants Despeaux. Monsieur Despeaux mourut à l'âge de 91 ans le 28 juillet 1918 sans connaître la victoire des Alliés. Il avait traversé le XIXème siècle de Charles X à la Première guerre mondiale.

Sa veuve créa une fondation en son nom et celui de son mari et fit un legs à la commune. Par une délibération du conseil municipal du 21 décembre 1918, la rue Verte au sud de la voie ferrée fut rebaptisée du nom de "Charles Despeaux" en souvenir de l'abandon de terrain que celui-ci avait consenti à la commune dans le siècle précédent pour l'ouverture de cette voie.  

 

Sources :

Les Merveilles de l'Exposition de 1878, ouvrage édité par des écrivains spéciaux et des ingénieurs, édition Librairie Illustrée, Librairie Dreyfous

L'Exposition de Paris publiée (1889) avec la collaboration d'écrivains spéciaux, édition Librairie Illustrée

Les produits chimiques à l'exposition universelle Paris 1878 par Riche, Alfred

Le journal de la santé illustré

Ministère de la Culture, base Leonore LH/755/2

Annuaire des contemporains, 1898

Registre des délibérations du conseil municipal

15/03/2015

RAIMU, UNE GRANDE VOIX PRESSEE A CHATOU

RAIMU JEUNE.jpg

Raimu encore jeune acteur du cinéma muet

 

La voix de Raimu (1883-1946) a traversé le cinéma et le temps. L’artiste, de son vrai nom Jules Mauraire, avait commencé sa carrière avant 1914, engagé par Mayol, conseillé par Lucien Guitry. Pendant la Première guerre, il avait été recruté par Georges Feydeau (1862-1921) pour la reprise de « Monsieur Chasse » au Théâtre de la Renaissance en 1915 puis enrôlé par Sacha Guitry pour créer sa pièce « Faisons un rêve » au Théâtre des Bouffes Parisiens le 3 octobre 1916, pièce que Guitry transforma plus tard en film (1936).

Sacha Guitry qualifiait Raimu d’ « admirable acteur instinctif. Instinctif à tel point qu’il pouvait faire n’importe quoi et que, même, il pouvait jouer n’importe comment. » Guitry, qui n’aimait pas l’injustice, déclara au sujet de la « parcimonie » supposée du comédien, qu’il pouvait témoigner d’une lettre en sa faveur sur le projet d’un film qu’il lui avait soumis et pour lequel  il lui avait demandé ses conditions par téléphone.

Raimu, en voyage à Londres, avait répondu par écrit : « Mon cher Sacha. Voilà. Pas d’appointements pour ce film. J’ai une femme charmante que j’aime beaucoup. Un souvenir pour elle. Pour moi, ma place sur l’affiche comme convenu. Et mes remerciements. Raimu. » « Vous devez bien penser combien j’aime à détruire les légendes absurdes » conclut Guitry à Cinémonde qui l’interviewait.  

RAIMU GUITRY.jpg

Sacha Guitry, scénariste, Robert Florey, réalisateur et Raimu dans son premier rôle parlant à l'écran dans le film "Le Noir et le Blanc" (1930).

De 1914 à 1946, Raimu avait joué dans une cinquantaine de pièces de théâtre et presque autant de films dont  il assurait immanquablement le succès. Avec Sacha Guitry producteur et réalisateur, il avait représenté cinq pièces et tourné deux films « Faisons un rêve » en 1936 et « Les Perles de la Couronne » en 1937.Mais le rôle qui marqua les générations fut certainement la série des films dont Marcel Pagnol fut l’auteur ou le dialoguiste, « Marius » (1931), « Fanny » (1932), « César » (1936).

La voix de Raimu rentra alors non seulement dans l’œuvre de Marcel Pagnol mais dans le cœur des français. C’est sans doute la raison pour laquelle Pathé-Marconi tira de ces films des disques sous le label Columbia en 78 tours (Columbia –BF - étiquette marron) puis en 33 tours (Columbia étiquette crème). Ceux-ci furent tous pressés aux usines de Chatou avant puis après la deuxième guerre mondiale. Quelques exemplaires ont été légués aux Archives de la ville de Chatou par l’auteur de ces lignes le 12 février 2013.

MARIUS DISQUE.jpg

Disque 78 tours Columbia - BF 4 "La partie de cartes" 

du film "Marius" (1931) pressé aux usines de Chatou

PATHE FACADE.gif

Aspect de l'usine Pathé-Marconi désaffectée en 1998 - construite en 1929-1930 sur les plans des plus célèbres architectes de l'Art Deco de Londres, Wallis, Gilbert et Partners, elle fut rasée en novembre 2004 pour la réalisation d'une ZAC

RAIMU ENTERREMENT.jpg

L'enterrement de Raimu à l'église Saint-Philippe du Roule en 1946 - plus de 4.000 personnes y assistèrent. Raimu mourut à l'hôpital de Neuilly le 20 septembre 1946 à la suite d'une anesthésie qu'il ne supporta pas.

A la mort de Raimu, Marcel Pagnol rendit un hommage à son acteur fétiche. Nous l'avons reproduit dans notre coffret audio « Les Voix de l’Après-Guerre 1946-1947 ». Ainsi les voix du grand acteur et celle du célèbre auteur ont aujourd’hui leur place dans le Panthéon des œuvres de Chatou où une magnifique industrie du son avait permis d’irriguer la culture du XXème siècle.  

COFFRET 1946-1947.jpg 

Sources :

Cinémonde 1er octobre 1946 / 19 novembre 1946

LOCO DU PATRIMOINE 2.jpg

03/03/2015

LE 22 NOVEMBRE 2014 POUR FETER SES 20 ANS, CHATOU NOTRE VILLE A RASSEMBLE AUTOUR DE LA PROJECTION DE LA MAIN AU COLLET (1954) D'ALFRED HITCHCOCK

BRIGITTE AUBER CARY GRANT.jpg

 

Discours d'introduction : Madame Brigitte Auber témoignant pour la première fois sur son aventure "hitchcokienne" de 1954. Une personnalité dont la jeunesse de coeur transparaît dans la vie et à l'écran et dont le rôle dans "La Main au Collet" asseoit le caractère attachant.

 

 Publié avec l'autorisation spéciale de 

Monsieur Sébastien Tiveyrat

responsable de la société éditrice 

http://www.swashbuckler-films.com/

Tous droits réservés

 et nos vifs remerciements à Monsieur Patrick Muller

 

Le samedi 22 novembre 2014, en présence de Madame Brigitte Auber, actrice clé du film, le grand public a pu redécouvrir "La Main au Collet" d'Alfred Hitchcock sur l'écran du cinéma de Chatou au titre de l'anniversaire des vingt ans de l'association.

 

LA MAIN AU COLLET.jpg

 

Un grand moment soutenu par des personnalités fidèles à nos évènements : Monsieur José Sourillan, ancien directeur des archives de RTL, maître d'oeuvre incomparable de l'ambiance historique sonore et cinématographique de l'association, Arnaud Muller, notre vice-président et sa famille, Madame Anne Catinat, fille de l'ancien maire de Chatou Jacques Catinat, créateur de la salle de cinéma de Chatou en 1976,  Madame Nicole Trabaud, épouse de Pierre Trabaud (1922-2005), notre acteur né à Chatou rue du Val Fleuri, Madame Françoise Arnoul, merveilleuse actrice naguère complice de Jean Gabin dans "French Cancan" (1955), accompagnées des directeurs de théâtres parisiens qui nous ont fait l'honneur de leur présence également. Instants d'émotion devant une salle remplie, grâce à une équipe du cinéma de Chatou qui avait fait diligence à bien des égards emmenée par son directeur, Monsieur Le Bris, et une organisation pour la publicité et le buffet mise sur pied par nos dix-huit administrateurs mobilisés. 

 

CINEMA CHATOU TECHNICIEN.jpg

A "la barre" du matériel 35 mm remis en service, Monsieur Bruno Di Fonzo, projectionniste du cinéma de Chatou.

  

Un petit diaporama sur format de nuits blanches de type "DCP" élaboré par Monsieur Yohann Florentin, informaticien et coach sportif, précéda la projection soutenu par les orchestres symphoniques de musique légère d'après-guerre affectionnés par le président de l'association.

 

 

Ci-dessus, le diaporama des 20 ans de l'association Chatou Notre Ville : actions de sauvegarde, commémorations, conférences, expositions, recherches ayant mené à des éditions de cdrom, coffrets audio, revues, livres, projections cinématographiques consacrées à la mise en valeur du patrimoine de Chatou, le tout reposant sur la seule adhésion des Catoviens, l'association n'étant pas subventionnée selon ses statuts.

 

N.B: pour revenir sur les videos, cliquez sur le petit cercle en bas à gauche de l'écran video

 

 

Après la projection, très bonne ambiance d'un public à la fois averti et comblé. En 1954, Hithccock a filmé la Provence telle que l'avaient connue autrefois les peintres, quelques années avant sa dénaturation par les buildings, une Delahaye 135 parmi les dernières produites de la marque qui disparaissait s'enfuit dans sa robe rouge dans une course-poursuite avec la police, l'ambiance glamour entretenue par Grace Kelly et Cary Grant est ponctuée par l'interprétation irremplaçable de Jessy Roy Landis et John Williams apportant humour et légèreté. Les quelques longueurs du film sont digérées par le paysage, la distribution et une ambiance qui lui donnent son caractère unique.  On conserve un regret pour le fonctionnement d'un micro sur deux des services techniques gênant l'interview. Brigitte Auber nous apporte de nouveaux témoignages. Grande modestie malgré la scène finale sur des toits reconstitués en studio mais en véritable hauteur avec Cary Grant. Ce dernier, vendu par son père à un cirque, ayant eu une enfance terrible, avait fait carrière comme trapéziste avant de devenir acteur. Un parcours simililaire de Brigitte Auber, trapéziste de son état, et toute jeune actrice encore méconnue aux Etats-Unis. Cary Grant vînt la chercher à l'aéroport pour l'emmener au studio de la Paramount *, un beau soutien alors que les usages étaient l'envoi d'une voiture par la société de production.   

 

 

Un buffet attendait nos participants sous le cinéma salle Jean Françaix où la satisfaction était là, au milieu d'une foule de participants apportant leur enthousiasme et leur adhésion. Soyez remerciés pour votre soutien et ne retenez que nos souhaits de bonnes fêtes de fin d'année et nos meilleurs voeux pour 2015 !

 

* La Paramount a été créée en 1914 notamment par Adolphe Zukor et constitue l'un des plus anciens studios américains en activité. En France, la Paramount a implanté son premier (et unique) cinéma boulevard des Italiens à Paris, le "Paramount Opera" en 1927 dont elle resta propriétaire pendant 80 ans avant que Gaumont ne le reprenne. Paramount a connu son plus grand succès avec "Titanic" en 1997.

 

L'association adresse ses  très grands remerciements à Monsieur Bertrand Laigle, adhérent de longue date, pour toutes ses videos qui nous ont permis de garder témoignage de cette soirée d'anniversaire ainsi qu'à Monsieur Yohann Florentin, qui a converti le diaporama cinéma format DCP pour ce blog.

 

 

 Sans vous, rien n'est possible

Rejoignez-nous

 

 

Le Courrier des Yvelines en parle 

ARTICLE CNV 20 ANS.jpg

 

 

LOCO DU PATRIMOINE 2.jpg

Locomotive 241 P Mountain SNCF fabriquée aux usines Schneider du Creusot entre 1948 et 1952, moteur 4.000 CV, dernière série des locomotives à vapeur françaises, emblème de l'association.

02/03/2015

MAURICE DE VLAMINCK (1876-1958) EN MAJESTE A RUEIL

VLAMINCK EXPO 1.jpg

Rueil ville impériale accueille du 30 janvier au 25 mai 2015 une très grande exposition sur Maurice de Vlaminck (1876-1958) dans un cadre idyllique, l'atelier Grognard 6 avenue du Château de la Malmaison. Cette exposition signifie pour beaucoup d'entre nous une découverte. Une soixantaine d'œuvres de grand format de cet artiste qui habita Le Vésinet (1879) puis Chatou (1893) puis Rueil (1902) est présentée au public. Ce n'est pas le nez sur les peintures que nous les découvrons mais au contraire avec le recul qui leur donne une perspective, une couleur et une ambiance qui pénètrent le spectateur. De 1900 à 1950, Vlaminck a interprété les villes et les paysages de la France. Au cours de ses cinquante ans, son style s'est affirmé et affiné mais il n'a pas changé contrairement à d'autres. Maurice de Vlaminck  a éprouvé jusqu'à la dernière minute le même enchantement, la même nostalgie, le même goût de faire apparaître la couleur nuancée des champs, du ciel, des chemins, des carrefours, de la mer, cette couleur qu'il voulait comme la vie et qui traça sa route. Vlaminck n'a jamais abdiqué son talent pour la première faveur. Il est resté lui-même jusqu'à sa mort et s'est inscrit parmi les plus grands peintres français du XXème siècle. La Ville de Rueil lui rend un hommage historique et nous l'en remercions.

DERAIN VLAMINCK 1942 1.jpg

Derain et Vlaminck qui se rencontrèrent à Chatou où ils vécurent. Notre blog leur a consacré plusieurs rubriques.

LOCO DU PATRIMOINE 2.jpg

01/03/2015

NORMANDIE NIEMEN LE SAMEDI 25 MAI 2013 AU CINEMA DE CHATOU

AFFICHE NN léger.jpg

Affiche de Chatou Notre Ville - maquette Patrick Arrivetz

NORMANDIE NIEMEN PIERRE TRABAUD MARC CASSOT.jpg

Pierre Trabaud et Marc Cassot  dans "Normandie Niemen" - collection Nicole Trabaud

 

Samedi 25 mai 2013, grâce à l'initiative conjointe de l'association, à son investissement  publicitaire et au risque pris par Monsieur Francis Lebris, gérant depuis 25 ans du cinéma de Chatou qui mérite nos applaudissements, directeur de la société Anim Action assurant le fonctionnement du théâtre André Malraux à Rueil et des cinémas de Chatou et de Rueil, le cinéma de Chatou s'est rempli de spectateurs venus voir un film de Jean Dréville en hommage à l'acteur Pierre Trabaud, né à Chatou, rue du Val Fleuri le 7 août 1922, "Normandie Niemen", de 1959. Un film sorti en septembre 1960 qui obtînt à l'époque 3. 485. 432 entrées.

Moment très émouvant puisque l'association et le cinéma accueillaient notamment Nicole Trabaud, épouse de l'acteur disparu, Marc Cassot, acteur principal du film, Paule Emanuele, épouse de l'un des acteurs disparus et vedette du doublage, et Jean-François Anière, président de l'association Normandie-Niemen.

Nous faisant l'honneur de leur présence après une démarche que nous avions tentée, deux représentants de l'Ambassade de la Fédération de Russie, le commandant Vasily Ilchenko, Attaché adjoint à la Défense, et le comandant Oleg Boudnikov, Attaché Naval adjoint, vinrent s'ajouter au public et à de nombreuses personnalités dont notre ami José Sourillan, ancien directeur du service documentation de RTL. Leur annonce couverte d'applaudissements a révélé une sympathie profonde dans le sentiment des spectateurs. Outre l'hommage à Pierre Trabaud, l'hommage à la fraternité d'armes franco-russe a ainsi surgi avec émotion.

NNIEMEN 7.jpg

Le commandant Vasily Ilchenko, Attaché adjoint à la Défense à l'ambassade de Russie, le commandant Oleg Boudnikov, Attaché Naval adjoint à l'ambassade de Russie, Nicole Trabaud, épouse de Pierre Trabaud ("Chardon" dans le film), Paule Emanuele, épouse de Jean-Claude Michel ("Flavier" dans le film), photographiés devant l'écran du cinéma après la projection. A côté de Nicole Trabaud, Marc Cassot, qui épouse le rôle-titre du film.

CASSOT NORMANDIE.jpg

Marc Cassot, à gauche dans le rôle de Marcellin et Vitali Doronine, à droite, dans le rôle du général Komarov. Cinémonde 8 mars 1960 - collection de l'auteur 

MARC CASSOT.jpg 

Marc Cassot en couverture de Radio Télévision Cinéma du 6 mars 1960 - collection de l'auteur

 

La copie du film projetée, en format 35 mm, était due au Service des Projections Publiques de Gaumont et à l'action de sa responsable, Madame Olivia Colbeau-Justin, lequel dispose de la seconde et unique copie du film après la Cinémathèque Française, copie non restaurée mais dans un état excellent. Cela nous a permis d'apprécier magnifiquement ce film qui aspirait chaque spectateur dans son histoire et ses images, les comédiens franco-russes étant tous dignes d'éloges et les critiques mitigées sur internet, à remiser d'urgence.

 

NNIEMEN 3.jpg

Le commandant Oleg Boudnikov, Attaché naval adjoint, Nicole Trabaud, Marc Cassot.

 

NNIEMEN 5.jpg

Le commandant Vasily Ilchenko, Attaché adjoint à la Défense, Nicole Trabaud, Paule Emanuele, le commandant Oleg Boudnikov, Attaché naval adjoint.

NNIEMEN 4.jpg

Paule Emanuele, actrice, voix de doublage, épouse de Jean-Claude Michel ("Flavier" dans le film), Marc Cassot, acteur principal du film, Nicole Trabaud, épouse de Pierre Trabaud ("Chardon" dans le film), Hélène Otternaud, épouse de Jacques Richard ("Colin" dans le film).

 

PHOTO DE FAMILLE 0.jpg

Photo de famille après le film : José Sourillan, ancien directeur du service documentation de RTL, auteur de disques et documentaires dont le coffret audio de Chatou Notre Ville LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945, Jean-Philippe Bernard, trésorier de l'Association des Amis de Ferdinand de Lesseps et du canal de Suez, ingénieur général de l'armement naval et directeur honoraire de la SNCF, Jean-Pierre Tron, président adjoint et porte-drapeau du Mémorial Normandie-Niemen, le général de Saint-Julien, grand témoin du coffret LES VOIX DE L'APRES-GUERRE 1946-1957 en préparation, Lucien Ruchet, trésorier de l'Amicale des 27 Fusillés, FFI et Résistants, Evelyne Du Pan, administratrice, Jean Liéval, grand témoin des coffrets audio LES VOIX DE LA GUERRE et LES VOIX DE L'APRES-GUERRE, Jean-Pierre Ratel, conseiller municipal, Jean-François Anière, président du Mémorial Normandie-Niemen, Nicole Trabaud. 

PHOTO DE FAMILLE 1.jpg

Photo de famille suite : Marc Cassot, le commandant Oleg Boudnikov, Paule Emanuele, le commandant Vasily Ilchenko, Pierre Arrivetz, président-fondateur de Chatou Notre Ville, Hélène Otternaud, Arnaud Muller, informaticien vice-président de l'association Chatou Notre Ville et réalisateur du coffret audio LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945, Alain Hamet, président de l'Amicale des Résistants, FFI et 27 Fusillés, Murielle Amiot, catovienne et membre actif de Chatou Notre Ville, Gabriel Lenoir,  catovien et membre actif de Chatou Notre Ville, voix historique du coffret LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945.

NORMANDIE NIEMEN PUB 1.jpg 

L'association, qui avait jusqu'à présent édité des livres, revues, coffret audio, organisé conférences et expositions (Georges Irat en 2005, histoire du train Paris-Le Pecq gare RER A de Chatou depuis 2008) en faveur de la mise en valeur du patrimoine et de l'histoire de Chatou, a , ce jour-là, franchi une nouvelle étape, celui de la projection cinématographique grand public. Le moment vécu par elle, ses administrateurs et tous les spectateurs, a été immortalisé par deux de ses adhérents, Monsieur Bertrand Laigle et Madame Véronique Pecheraux, administratrice. Une communication est en préparation sur le sujet.

 

 

Ci-dessous, vidéo de la présentation du film (source: Bertrand Laigle à qui nous adressons notre reconnaissance), à lire en installant ou en ouvrant votre lecteur Windows Media Player :



 

CINEMA DELEGATION. 2 jpg.jpg

 

Ci-dessous, une courte présentation de "Normandie-Niemen" avec l'autorisation spéciale de la société Gaumont à qui nous adressons nos plus vifs remerciements, à lire en installant ou en ouvrant votre lecteur Windows Media Player : 


  

montages video : Patrick Arrivetz

 

DSC03289.JPG

Jean-François Anière, président de l'association Normandie-Niemen domiciliée au Musée de l'Air et de l'Espace, véritable puits de science sur l'escadrille et défenseur inlassable de sa mémoire.

normandieniemen.free.fr/

AFFICHE NICOLE 1.jpg

 

La société GAUMONT édite le DVD du film "Normandie Niemen" que nous vous recommandons.

GAUMONT DVD.jpg

 

BERTRAND LAIGLE QUI A FILME.jpg

Bertrand Laigle, excellent auteur de la vidéo de présentation du film et des photos de groupe ci-dessus.

VERONIQUE TROMBI 2008.jpg

Véronique Pecheraux, administratrice ayant permis la conservation de très belles photos de l'évènement ci-dessus.

 

 

 

 

 

ESCADRILLE.jpg

 

 

LOCO DU PATRIMOINE 2.jpg

 

Locomotive 241 P SNCF fabriquée aux usines Schneider du Creusot de 1948 à 1952, emblème de l'association.

 

18/02/2015

RETROMOBILE 2015 : UN GRAND CRU ET DES CLINS D'OEIL A CHATOU

Quelques clichés du Salon Retromobile pris le 8 février 2015 vous paraîtront peut-être incongrus dans le cadre de notre blog. Non, parce qu'ils ne sont pas dénués de toute note catovienne.

Et pour une raison plus forte que la raison, nous choisissons de vous délivrer exclusivement un échantillon de cette production française des années trente à cinquante que firent rayonner tant de nos artistes carrossiers et ingénieurs, lorsque le mot France s'appliquait à l'art, au prestige et à la qualité de l'industrie automobile. La France n'avait pas à chercher ailleurs ce qu'elle n'avait pas. Elle l'avait et attirait ceux qui, à l'étranger, avaient besoin d'elle.

DSCN5516.JPG

Bugatti coupé Napoléon 1929 construite pour Ettore Bugatti lui-même - Musée Schlumpf. Ettore Bugatti (1881-1947), émigré italien, avait installé son entreprise à Molsheim en Alsace en 1909. La mort de son fils en août 1939 puis celle du fondateur en 1947 au terme de batailles qui ne firent pas honneur à l'état français achevèrent la société. Pendant 40 ans, Bugatti avait assuré le renom de l'automobile française, dont elle incarna le génie forte de ses 10.000 victoires et de ses 37 records. 

DSCN5519.JPG

Bugatti Park Ward 1933

DSCN5522.JPG

Bugatti cabriolet 

DSCN5524.JPG

DSCN5534.JPG

Hispano-Suiza (vers 1934) dont le stand était animé par Monsieur James Spanier, alpicois (habitant du Pecq) bien connu des amateurs de voitures anciennes. Hispano, célèbre comme Salmson pour ses moteurs d'avion équipant notamment l'armée britannique, arrêta sa production automobile en 1937, mettant fin à une concurrence qui la plaçait sur le terrain de Rolls-Royce.

Marque espagnole fondée en 1904, celle-ci avait connu sa délocalisation en France en 1911 et l'installation de ses usines de production automobile à Bois-Colombes. A la marque fut attaché en 1919 le bouchon de radiateur de la H-6-B représentant une cigogne, en hommage à Georges Guynemer, dont la célèbre escadrille des cigognes combattait aux commandes d'avions SPAD propulsés par des moteurs Hispano-Suiza. L'un des présidents d'Hispano-Suiza avant et après-la seconde guerre mondiale, Maurice Heurteux (1902-1965), fit carrière comme directeur des usines Pathé de Chatou de 1932 à 1934 et fit partie du petit cercle des administrateurs de Pathé-Marconi de 1936 à 1959. Il fut président d'honneur de la Société de Secours Mutuelle de Pathé-Marconi, héritière de la société mutualiste fondée par Emile Pathé en 1908.

DSCN5567.JPG

Bugatti 57 avant-guerre (1936)

DSCN5569.JPG

DSCN5585.JPG

Delage D8 120 1938 carrossée par Pourtout, qui fut également carrossier à Rueil dans les années vingt des Georges Irat de Chatou et devint maire de Rueil- Louis Delage (1874-1947), qui avait conçu l'excellence française appliquée à l'automobile et installé ses usines à Courbevoie, vivait non loin de Chatou au Pecq (78) dans un château qui a été rasé. Sa tombe est dans cette même ville. Qui sait parmi les habitants de la Boucle de Seine que Le Pecq est la ville de Delage ? la firme Delage, fondée en 1905, disparut en 1954 avec son associée Delahaye.

DSCN5584.JPG

 

DSCN5582.JPG

Talbot Lago Record T26 1947 - Fondée en 1903 par le français Adolphe Clément (Clément-Bayard) et le britannique Charles Chetwynd, comte de Talbot, la marque fut rachetée en 1919 par Darracq puis en 1934 par l'italien Antony Lago (1893-1960) qui lui fit connaître un nouveau départ dans les courses automobiles et sur le marché des voitures de luxe sportives.  En 1950, le président Vincent Auriol devait commander une Talbot Lago Record cabriolet 4 portes pour l'apparat présidentiel. Malgré tous ses efforts d'innovation, Monsieur Lago dut se résigner à vendre en 1958 Talbot et ses usines de Suresnes  à Simca.

DSCN5580.JPG

DSCN5530.JPG

Delahaye 1948 carrossée par Chapron - Fondée par Emile Delahaye (1843-1905) en 1894, Delahaye assura le concours d'élégance de l'automobile française jusqu'à sa disparition en 1954, s'attitrant les plus grands carrossiers français puis après son effacement, les collectionneurs outre-atlantiques qui embarquèrent la magnifique production des années 35-39. Hitchcock utilisa un cabriolet Delahaye bordeaux d'après-guerre 175 dans la première course-poursuite de son fameux film policier sur la Côte d'Azur "La Main au Collet" (1954), projeté pour l'anniversaire de ses vingt ans par l'association le 22 novembre 2014 au cinéma de Chatou. Les spécimen de cette époque encore présents en métropole conservent cette ligne proche de la perfection qui ne laisse personne dans l'indifférence.  

DSCN5531.JPG

DSCN5526.JPG

DSCN5527.JPG

DSCN5528.JPG

DSCN5529.JPG

DSCN5533.JPG

DSCN5538.JPG

Salmson cabriolet S4E 1949. Sydney Bechet, vedette Pathé-Marconi, Paul Meurisse et Georges Guétary, autre star de Pathé-Marconi après-guerre, possédèrent un modèle de ce type. La Société des Moteurs Salmson avait été fondée en 1913 par Emile Salmson (1859-1917) et orientée vers la construction de moteurs d'avions. Ses usines étaient à Billancourt. Son directeur emblématique fut Monsieur Jean Heinrich de 1917 à 1951 qui lui fit assumer, outre la production de moteurs d'avions, celles de voitures de luxe. La production automobile dut cesser en 1955. La société Salmson, héritière de ce passé prestigieux mais depuis concentrée sur la fabrication des pompes et systèmes de pompage - son métier initial en 1890 - est installée depuis plusieurs années boulevard de la République à Chatou où de temps en temps s'acheminent quelques légendes de son aventure automobile.

DSCN5540.JPG

DSCN5583.JPG

Delahaye 1950 par le carrossier de Levallois, Henri Chapron

DSCN5586.JPG

DSCN5588.JPG

 

DSCN5587.JPG

Ou l'on retrouve Rob Roy (1909-1992), l'illustrateur catovien, l'un de nos plus grands illustrateurs automobiles avec Geo Ham, Albert Brenet et d'autres grâce au stand de son fils Hubert de la Rivière né à Chatou également (ci-dessous), qui expose et publie avec succès l'oeuvre de son père dans la France entière et à qui l'on doit notamment une très belle exposition à Chatou en 2013.

DSCN5596.JPG

ROB ROY 1.jpg

Ci-dessus, dessin de la Bugatti gagnante du circuit de Vintimille en 1945 par Rob Roy.

ROB ROY 2.jpg

En 1935, Rob Roy acheta une BNC 100 cm3 (Bollack Netter et Compagnie, marque française fondée en 1923) et participa à plusieurs courses et rallyes dont celui du "Bol d'Or" dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye (ci-dessus au volant). Ses dessins peuplèrent  les revues automobiles de l'entre-deux-guerres à l'après-guerre.

http://www.art-robroy.com              

 

LOCO DU PATRIMOINE 2.jpg

14/02/2015

LES CARICATURES DU RESTAURANT FOURNAISE SAUVEES PAR LES AMIS DE LA MAISON FOURNAISE

CARICATURE FOURNAISE.jpg

Reproduction d'un cliché de Monsieur Roger Carli, restaurateur

Fournaise4.gif

Le samedi 7 février 2015 a marqué un évènement considérable pour la Maison Fournaise : l'inauguration des peintures du restaurant et leur mise sous cadre par les Amis de la Maison Fournaise, Monsieur Roger Carli étant leur restaurateur de grand talent.

DSCN5502.JPG

Par la fenêtre du restaurant, les reflets argentés de la Seine croisaient un rendez-vous qui réunissait nombre de personnalités * pour lesquelles le temps n'avait en rien altéré les convictions et la fidélité. Mises à l'épreuve trente ans plus tôt lorsqu'il fallut obtenir d'arracher le bâtiment à la ruine et de lui redonner vie, celles-ci étaient encore présentes ce jour-là. Rendons-leur hommage. Sans elles, rien n'était possible et Fournaise ne serait plus qu'un souvenir.

DSCN5506.JPG

Les associations de patrimoine ont en effet cette faculté de transcender l'indifférence et l'esprit d'abandon qui enterrent les causes justes et nobles dans une société rassasiée. Le monde d'Alphonsine Fournaise, celui de son cher Renoir, de Caillebotte et de tant d'autres a peut être regardé la scène. Il y aura vu qu'une partie de notre humanité refusait de se délier d'une histoire de couleurs, de liberté, de bien-être et d'insouciance.

DSCN5509.JPG

 

DSCN5512.JPG

Madame Marie-Christine Davy, présidente des Amis de la Maison Fournaise et Monsieur Roger Carli, restaurateur des peintures

 

Les œuvres restaurées apportent leur part de mystère. On ne connaît pas l'artiste qui les a signées ni leur date exacte. Seule une fresque mettant en scène l'attaque du Mahdit contre l'occupation anglaise nous révèle que l'épisode se passe en 1882 ou dans la période qui a suivi. Les dessins prennent un tour de caricature bon enfant. Ils ne seraient pas obligatoirement l'œuvre d'un peintre déclaré (caricaturiste comme Robida ou autre ?) . Les personnages auraient-ils un style anglais ? "l'hydre de l'anarchie" y est inscrit également. Si Alphonsine Fournaise avait tenu un journal, nous aurions tout su. 

Les Amis de la Maison Fournaise ont encore du travail. Mais l'Histoire a déjà tranché en leur faveur. 

 

BULLETIN AMF.jpg

La dernière gazette n°10, très bien illustrée et instructive des Amis de la Maison Fournaise - 2ème semestre 2014. Du tableau de l'enterrement à Chatou de Derain au salon des caricatures du restaurant Fournaise, une partie de l'âme artistique de la commune est encore à découvrir.

contact : amisfournaise@gmail.com

 

* Parmi les personnalités présentes, Monsieur Philippe Tesson, catovien d'adoption, critique d'art, journaliste, ancien directeur du Quotidien de Paris, président du jury du Prix Interallié, Officier de la Légion d'Honneur, Monsieur Alain Gournac, sénateur des Yvelines, membre de la Commission Défense, Monsieur Stéphane Grauvogel, Sous-Préfet de Saint-Germain-en-Laye, le président d'honneur, Monsieur Jean Guy Bertauld  

LOCO DU PATRIMOINE 2.jpg

         

30/01/2015

A CHATOU, L'HISTOIRE COMBATTANTE VIT

 LOGO FFI.jpg

27 MARTYRS.gif

L’Amicale des 27 Martyrs de Chatou entretient depuis sa création en janvier 1946 l’hommage aux victimes de l’un des deux massacres d’août 1944 en Ile-de-France, celui de Chatou où 27 résistants du château de la Pièce d’Eau villas Lambert  furent dénoncés par des civils puis massacrés par un détachement SS le 25 août 1944. Les 27 étaient âgés de 16 à 53 ans. Leurs tombes sont pieusement entretenues dans le cimetière de Chatou, leurs visages affichés dans le hall de l’hôtel de ville. Ce drame qui fit l’actualité de l’après-guerre fut l’un des rares qui bénéficia d’un procès entraînant des condamnations à mort et l’emprisonnement d’une chaîne de coupables.

SITE 27 MARTYRS 3.gif

Au cimetière de Chatou en août 1944 après le massacre

 

Mais depuis quelques années, l’Amicale, qui a toujours maintenu des hommages les 25 août et lors des cérémonies de la Libération en septembre, a gagné du terrain dans son action : la sollicitation des familles éparses des Fusillés a permis d’en regrouper un tiers au sein de l'association grâce notamment à l’action de Madame Annick Couespel, administrateur, Le Journal du Dimanche, Le Courrier des Yvelines, Le Parisien ont publié divers articles sous les auspices de Monsieur Alain Hamet, petit-fils du commandant Torset assassiné et président, l’Amicale a été partie prenante dans la réalisation d’un coffret audio « LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945 » produit par l’Association Chatou Notre Ville,  réalisé par José Sourillan, ancien directeur des archives de RTL et Arnaud Muller, vice-président de Chatou Notre Ville. Ajoutons que la commémoration des 70 ans a généré un car comble aux cérémonies cependant que les jeunes s’associent de plus en plus volontiers à l’hommage rendu par l’Amicale grâce au soutien de la municipalité. Celui-ci a d’ailleurs été rappelé par Monsieur Fournier, maire de Chatou et vice-président du Conseil Général à l’occasion de l’assemblée générale qui s’est déroulée le dimanche 25 janvier 2015 aux Champs Roger.

AGO 2015 27 2.jpg

L'Assemblée générale de l'Amicale  le 25 janvier 2015 : de gauche à droite de la table, Monsieur Ghislain Fournier, Monsieur André Le Lan, Madame Annick Couespel, Monsieur Jean-François Bel, Monsieur René Prévost, Monsieur Alain Hamet, Monsieur Olivier Roy, Madame Nadine Hamet, Monsieur Lucien Ruchet.

En outre, une initiative heureuse a été prise à la demande de l’Amicale avec le soutien de Monsieur Alain Gournac, sénateur des Yvelines : la réédition et la diffusion par le Souvenir Français Chatou-Montesson dirigé par Monsieur Jean-Claude Issenschmitt du livret de 1947 édité par les divers mouvements de la Résistance sur le massacre, notre association ayant été en mesure de communiquer un original pour sa reproduction.

LIVRET 27 1.jpg

La salle de l’assemblée de l’Amicale du 25 janvier 2015 comptait plusieurs personnalités dont, outre Monsieur le maire de Chatou, Monsieur Jean-François Bel, maire de Montesson, qui a tenu un beau discours comme son collègue, Monsieur Christian Faur, maire-adjoint délégué aux Anciens Combattants, Monsieur André Le Lan, vice-président du Comité de la Légion d’Honneur de la Boucle de la Seine, Monsieur José Pamies, Président du Comité d’entente des associations d’anciens combattants et victimes de guerre de Houilles-Carrieres-sur-Seine dont l’Amicale est membre, Madame Claire Salvy, fille de l’avocat ayant défendu l’un des dénonciateurs, Paul Graff et membre du Souvenir Français, Comité de Versailles.     

8 mai 2010 10.jpg

Le président de l'Amicale, Alain Hamet, s'entretenant avec des jeunes de Chatou participant aux cérémonies du cimetière des Landes en 2010

 

Chatou Notre Ville était représentée à l'assemblée par Monsieur Pierre Arrivetz, président-fondateur, conseiller municipal, porte-drapeau suppléant de l'Amicale accompagné de Monsieur José Sourillan, partenaire de Chatou Notre Ville, réalisateur de documentaires filmés diffusés notamment sur les chaînes du câble (Paris Occupée, Paris Libérée, série sur les actrices Annabella (version française et version anglaise), Simone Simon…), documentaires d’histoire sonore (coffrets de disques de l’année chez RTL, disques sur le général de Gaulle (Grand prix du disque), le maréchal Leclerc, le maréchal de Lattre etc… , collaborateur d’un coffret audio sur le Titanic réalisé par l’Institut des Archives Sonores, auteur pour Chatou Notre Ville des coffrets « Les Voix de la Guerre 1939-1945 » (2011) et « Les Voix de l’Après-Guerre 1946-1947 » (2014) à partir de voix historiques et de témoignages de membres de l’Amicale et d’habitants de Chatou et des environs. Chatou Notre Ville a profité de l'assemblée pour faire don de quelques coffrets audio 39-45 à l'Amicale (on y trouve le récit des 27 et un témoignage ainsi que la voix de Georges Mandel, ministre né à Chatou en 1885 assassiné par la Milice en juillet 1944), l'objectif étant la conservation et la transmission de cette mémoire combattante.

Les famillles des Résistants y étaient bien présentes à travers  les membres du bureau et ses adhérents parfois en dépit de l’éloignement : Mesdames Jocelyne Ghersa-Fisseux et Danielle Moulinier, Monsieur  Jacky Couespel, Messieurs Cédric Tache et Jonathan Saulnier.

Le bureau de l’Amicale  a été réélu à l’unanimité : Monsieur René Prévost, président d’honneur, Monsieur Alain  Hamet, président, Monsieur Olivier Roy, vice-président, Madame Nadine Hamet, secrétaire, Monsieur Lucien Ruchet, trésorier général, Madame Annick Couespel-Chuberre, déléguée aux Familles.

Des décès ont été annoncés par le président : ceux de Madame Michelle Noe, le 7 Mai 2014, sœur de Monsieur Robert Noe, résistant fusillé par les SS le 25 Août 1944 à Chatou et de Madame Reine Denise Denis, le 29 Novembre 2014, épouse de Monsieur André Denis, ancien Président de l'Amicale. 

Le président a signalé que le samedi 7 Février 2015 était prévue une cérémonie de remise de fanion aux stagiaires de la promotion 2014-2015 de Préparation Militaire Marine au Centre de la Marine de Houilles « Commandant Millé ».

Enfin, l’organisation des cérémonies 2015 était en discussion avec les villes de la Boucle et le comité de la Flamme de l'Arc de Triomphe. Car il s’agit bien d’une flamme : 27 enfants du pays parfois très jeunes, massacrés pour leur idéal de liberté, dont nombre d’habitants ignorent encore le sacrifice mais dont la mort soulève la conscience et a revêtu pour toujours le voile du drapeau français.

 

Amicale Des Anciens de la Résistance et F.F.I. et Familles de Fusilles de la Résistance, 6ème Région Ile-de-France - Monsieur Alain Hamet, Président, 4, route de Montesson, 78420 Carrières-Sur-Seine -Tél.  06.60.93.95.77 , mail : alainhamet@orange.fr.          

 

ACPG 1.jpg 

L'après-midi du 25 janvier 2015 avait lieu l'animation dansante de l'association des Combattants Prisonniers de Guerre de 39-45, d'Afrique du Nord et des Théâtres d'Opérations Extérieures salle Jean Françaix.

ACPG 2.jpg

 

numérisation0025.jpg

Après avoir adressé son bulletin de bonne année aux adhérents (ci-dessus), le président fédéral de la section de l'ex Seine-et-Oise, Monsieur Jean-Claude Issenschmitt, catovien d'une famille installée depuis plus de cent ans dans notre ville, ancien adjoint au maire et fonctionnaire du ministère de la Défense, organisait comme chaque année depuis vingt ans le goûter de la Galette des Rois dans l'ambiance de l'orchestre d'Amaury. Monsieur le sénateur Gournac, membre de la commission Défense du Sénat, est venu apporter son soutien et ses encouragements à la manifestation comme il le fait depuis toujours (ci-dessous).

ACPG 0.jpg 

L'une des prouesses de Monsieur Issenschmitt et de son épouse qui porte une grande partie de l'organisation sur ses épaules, est en effet de réussir à faire venir chaque année plus d'une centaine de personnes pour danser sans interruption de 14h à 19h sur des musiques diverses sous le prétexte de la nouvelle année.

Ainsi les réjouissances donnent évidemment une forme de convivialité encore rare dans notre ville ce qui surprend celui qui participe pour la première fois. Nous convions tous les plus de soixante ans à soutenir cette cause dans laquelle ils trouveront leur compte de sympathie, d'entraide et de cordialité. Mieux qu'un discours, l'association entretient une détente lorsque les sorties se font rares et que la sinistrose gagne.

Monsieur Issenschmitt fait également partie des grands témoins que nous avons tenu à enregistrer dans le coffret audio LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945 et qui nous honore par son soutien. 

A la suite de son assemblée générale annuelle, l'association organise un repas au restaurant LE ROYAL 48 rue des Cormiers à Chatou dimanche 8 février 2015 où elle peut prétendre comme chaque année remplir une salle acquise à sa restauratrice et sa cuisine.

Cela ne saurait faire oublier que l'association des Combattants Prisonniers de Guerre prend position lors de ses congrès pour la défense des intérêts matériels et moraux des familles de combattants, fraction non bruyante de la population dont le tribut à la défense du pays est souvent lourd et généralement ignoré.

Ainsi donc, nous croyons devoir réaffirmer que leurs animateurs ont du mérite, du talent, de la droiture et un courage que ne démentent pas les fidélités qui les entourent. Chers Catoviens, soyez au rendez-vous de l'association, elle offre un aspect non consommable de notre société, des valeurs de sympathie et de soutien à un patriotisme de bon aloi qui garde tout son sens dans un pays comme le nôtre.

 

Association des Anciens Combattants Prisonniers de Guerre - Monsieur Jean-Claude Issenschmitt, 68 boulevard Jean Jaurès 78400 Chatou, tel : 01 39 52 96 69.

 

LOCO DU PATRIMOINE.jpg

29/01/2015

UNE NOUVELLE ANNEE ET DES VOEUX POUR TOUS NOS INTERNAUTES

 

LOGO PETIT.jpg

 

 

blog

chatounotreville.hautetfort.com :

 

48.657 visites en 2011  

68.619 visites en 2012

60.499 visites en 2013

 

86.457 visites en 2014

 

 

MERCI A TOUS

DE VOTRE FIDELITE

et

 

TRES BONNE ANNEE 2015

 

 

TOUS NOS VOEUX DE SANTE,

BONHEUR, PROSPERITE

 

 

Le conseil d'administration

 

Pierre Arrivetz (président - fondateur), Arnaud Muller (vice-président), François Nicol (vice-président), Paul Victoor (trésorier), Evelyne du Pan (secrétaire), Suzanne Blache (secrétaire-adjointe),Véronique Pecheraux, Jean-Claude Roekens (fondateur), Dominique Sevin, Bernard Bourquin, Martine Poyer (fondatrice), Marc Héritier, Elie Marcuse, Monique Heritier, Philippe Storm, Michel Cazals de Fabel, Gabriel Lenoir, Jean-Noël Roset, Lee Neumann.

 

LOCO DU PATRIMOINE 2.jpg

20/01/2015

PIERRE BOURGEOIS, PRESIDENT DE PATHE-MARCONI (1949-1959), UN FIDELE DE CITROEN

BOURGEOIS 15.jpg

Citröen 15 SIX-H 1954 - Automobilia Hors Série n°10 - la Citroën 15 fut produite de 1938 à 1954, sa petite sœur la "11" de 1934 à 1957.

 
Dès la fin des années 30, Pierre Bourgeois fut fidèle à Citroën et possesseur d'au moins 2 Traction Avant 15CV, dites 15-Six.
 
La présentation de la célèbre DS au Salon de Paris le 6 octobre 1955 révolutionna le marché de l'automobile, en proposant un véhicule à la ligne fluide né sous le crayon de Flaminio Bertoni. Équipée d'une direction à assistance hydraulique, d'une suspension hydropneumatique et d'un aménagement intérieur avant-gardiste, la DS motorisée par le 1,9L hérité de la Traction Avant rencontra, dès sa sortie, un engouement populaire sans précédent.
 
Pour son président, Pathé-Marconi fit l'acquisition d'une DS 19 teinte champagne AC 134 (AC pour André Citroën), toit aubergine AC 406, équipée de sièges Jersey bleu royal. Privilège de l'époque, Pierre Bourgeois en prit livraison aux usines Citroën du 117 quai de Javel avant même sa commercialisation officielle en décembre.
 
Ma famille me rappelait récemment que la DS champagne provoquait des attroupements dans les rues de Paris et qu'à chaque arrêt, de nombreux passants encadraient la voiture, assaillant de questions mon grand-père sur la suspension, les performances ou le confort. Il faut dire que l'auto n'était pas encore en vente au public et qu'elle fut sans doute la première à circuler dans les rues de Paris.

DS 19 1955 modèle 56 couleur champagne, toit aubergine

DS 19 1955 modèle 56 couleur champagne, toit aubergine © DR
 
Ainsi, tous les deux ans environ, se succédèrent plusieurs DS dans le garage de Pathé-Marconi, conduites par le même chauffeur mis à disposition par la maison de disques. Invariablement, les voitures arboraient désormais une peinture noire AC 200 et des sièges en Jersey gris éléphant.
 
L'amitié qui liait Pierre Bourgeois au président de la République René Coty est notoire. René Coty fit remettre une cocarde Présidence de la République à son ami afin de faciliter l'entrée de la DS noire dans la cour de l’Élysée. Il s'agit là d'un autre temps et on ne saurait bien sûr comparer les usages de la quatrième République avec ceux d'aujourd'hui.
 
Les deux hommes conversaient musique et choses de ce monde dans le salon-bibliothèque attenant aux appartements privés du palais. Dans l'angle, trônait un téléviseur La Voix de son maître, puis le long d'un mur, un meuble radio-disque en palissandre et touches d'ivoire offert par Pierre Bourgeois à René Coty.

Réception Élisabeth II d'Angleterre au château de Versailles mardi 9 avril 1957. Déjeuner dans la Galerie des Glaces organisé par le président René Coty. Arrivée du véhicule Citroën DS de M. Pierre Bourgeois

Réception Élisabeth II d'Angleterre au château de Versailles mardi 9 avril 1957. Déjeuner dans la Galerie des Glaces organisé par le président René Coty. Arrivée du véhicule Citroën DS de M. Pierre Bourgeois © DR - Collection E. Bourgeois

PBOURGEOIS RENE COTY.jpg 

M. Pierre Bourgeois, président de Pathé-Marconi (en costume clair), fait remettre un coffret de disques classiques à son ami le président M. René Coty. L'industrie de Chatou fut dans la fréquentation des chefs d'Etat.

Perron du Palais de l’Élysée. Juin 1958 © Michel Brodsky - Collection E. Bourgeois

 

L'été, prenant la route des vacances en direction du sud bordelais, Pierre Bourgeois emmenait DS et famille, conduisant au beau milieu de la route bien à cheval sur la ligne centrale ; il faut dire qu'il n'y avait personne, pas de ceintures de sécurité rendues obligatoires en 1973 seulement, pas de contrôles de vitesse. La performance des véhicules était au contraire un gage de bonne santé de l'économie française pendant les Trente Glorieuses et le 1er choc pétrolier n'arriva qu'en 1973 sous la mandature de Georges Pompidou.
 

DS 19 noire 1959 modèle 60

DS 19 noire 1959 modèle 60 © DR

 
Il est difficile de connaître le nombre exact de DS noires qui l'une après l'autre transporta les enfants d'école en goûter, les parents de réception en diner, la famille d'été en bord de mer. 5 ? 10 ? Une chose est certaine : à partir de 1955, aucun autre véhicule ne perturba la saga Citroën DS.
 
 
DS 21 Pallas bleu camargue modèle 73

DS 21 Pallas bleu camargue modèle 73 © DR

 
A sa retraite en 1972, Pierre Bourgeois acheta une DS 21 Pallas équipée du moteur 2,1L et de la classique boite de vitesses semi-automatique. Flambant neuve, la voiture était bleu Camargue couleur AC635, garnie de sièges en Jersey bleu.
 
J'étais tout petit, je la revois encore.

 
Emmanuel Bourgeois, petit-fils de Pierre Bourgeois
 
 
Pour en savoir plus sur Pierre Bourgeois et sa relation avec les usines de Chatou
 

CHATOU INDUSTRIE.jpg

Ce livre est assorti d'un disque audio contenant un reportage inédit aux usines de Chatou vers 1952-1953

 
 

LOCO DU PATRIMOINE 2.jpg