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19/04/2015

INAUGURATION D'UNE STELE AUX MORTS DE LA GUERRE D'ALGERIE LE 27 SEPTEMBRE 2014

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Samedi 27 septembre 2014, un évènement important pour le monde combattant s’est produit à Chatou. A l’initiative de la Fédération Nationale des Anciens Combattants d’Algérie (F.N.A.CA.) , de son président Monsieur Pierre Pourchet  et du porte-drapeau de la ville, Monsieur Jean-Pierre Ratel, qui fut la cheville ouvrière de cette affaire pendant et au terme de vingt ans de présence au conseil municipal, une stèle dédiée aux morts de l’Algérie et des combats relatifs au Maroc et en Tunisie a été inaugurée place Gutenberg au-delà du rond-point de l’Europe. Monsieur Fournier, maire de Chatou, aura été le premier magistrat de la ville à accéder à cette demande.

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Monsieur Pierre Pourchet, président de la F.N.A.C.A

et Monsieur Cancellier, président d'honneur

 

Ce type de monuments est encore rare car la guerre d’Algérie s’est prolongée dans les cœurs et la bataille qui a fait rage dans la détermination des dates commémoratives, 19 mars 1962, date des accords d’Evian ou 5 décembre, date fictive, s’est soldée par une forme de paralysie mémorielle tranchée seulement récemment par la loi sur le 19 mars 1962 défendue par la F.N.A.C.A.  

Par ailleurs, la guerre d’Algérie a été le théâtre de tels crimes, de tant de dévastation dans les familles et d’une scission entre les deux populations de France et d’Algérie, qu’il est à la fois difficile d’en parler et plus encore de s’entendre  sur l’hommage rendu.

Celui dont nous parlons est un hommage à tous les morts sans distinction entre 1952 et 1962 et il est vrai qu’on ne peut qu’être sensible à cette reconnaissance qui touche malheureusement des morts victimes d’un conflit où la surenchère de la violence avait empêché la négociation.

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Inauguration de la stèle par Monsieur Fournier, maire de Chatou,

Monsieur Lequiller, député de la circonscription

et Monsieur Jean Liéval, ancien combattant d'Algérie

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L’Algérie n’était pas une colonie comme les autres puisqu’instaurée en 1830, elle était devenue un pays divisé en trois départements français envoyant des élus aux deux chambres du Parlement. D’une terre inhospitalière, l’entreprise des colons français l’avait conduite à la construction de cités aux architectures remarquables, comprenant la cohabitation de cathédrales, mosquées et synagogues, au développement d’une agriculture prospère et pourtant improbable, à la construction d’équipements publics  et à la création de services publics n’ayant rien à envier à ceux de la métropole, et enfin, à la fin des années cinquante, à la découverte de gisements de  pétrole.  Dans toute l’histoire de la colonisation, on peut affirmer que l’Algérie demeure un exemple dans le développement. C’est pourtant là qu’il y eut le plus d’incompréhension et de vies perdues.

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Monsieur Jean-Pierre Ratel, ancien élu et porte-drapeau de la ville, cheville ouvrière de la décision de créer une stèle commémorative à Chatou.

 

Le problème n’était pas tant que la France n’était pas capable d’assurer le développement de l’Algérie mais que la majorité musulmane qui lui était hostile n’avait aucun droit ni influence sur le cours de l’évolution.  Les révoltes qui éclatèrent en 1945 à Sétif furent réprimées dans le sang puis, à la suite d’un calme de quelques années, le 1er novembre 1954 marqua le début de la Toussaint Rouge avec l’assassinat de jeunes instituteurs français, inaugurant une guerre civile de dix ans.

 

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Le 11 juin 1957 rue d'Isly à d'Alger, l'incendie en représailles de voitures de musulmans à la suite de l'attentat à la bombe du F.L.N. au dancing du casino de la Corniche.

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Un contrôle d'identité en 1956

 

En 1956, on recensait  4 .000 attentats du F.L.N. puis, après une reprise en mains militaire à la suite  du retour du général de Gaulle, pas moins de 1.500 attentats en 1959. Le quotidien des habitants fut émaillé par le couvre-feu, les attentats, les massacres, la torture, les représailles, les charniers. Comme les négociations, la vie devint impossible. On estima à 500.000 le nombre de militaires nécessaires pour assurer le maintien de l’ordre.

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Arrivée à Alger des appelés du contingent

 

Alors que 250.000 soldats était présents et envoyés par la conscription de la métropole, la plupart d’entre eux s’interrogeait sur le sens de la mission puisqu’aucune discussion n’était possible en dehors de l’indépendance. On ne trouva d’ailleurs pas d’homme politique capable de sortir honorablement du bourbier. La  IVème République y laissa son existence et le général de Gaulle y vit sans doute son seul échec dans l’estime que les français lui avaient toujours accordée.

Alors qu’entre mars et août 1962, on enregistra plus de 700.000 départs de français européens ou harkis vers la France, on s’interroge sur le sort des 400.000 autres européens, qui, malgré tout, faisaient partie des statistiques de l’Algérie jusqu’alors. Quant aux survivants, ils ont survécu mais c’est bien le seul accueil qui leur a été réservé. L’auteur de ces lignes, engagé il y a dix ans dans le contentieux en droit public, peut attester que l’administration française refusait méthodiquement et régulièrement les pensions dues aux anciens combattants d’origine musulmane qu’on avait enrôlés dans l’armée en leur promettant une rémunération. Seul un procès devant la juridiction administrative permettait de faire annuler les arguments fallacieux et finalement indignes, employés contre une population âgée que l’on réussissait encore à maltraiter.

 

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Quelques 50.000 soldats harkis furent enrôlés dans l'armée française

 

Aujourd’hui, le deuil commence à se faire et c’est l’honneur de Chatou, de la F.N.A.C.A. et de tous ceux qui se sont associés à cette manifestation, d’avoir rappelé le souvenir de ceux qui sont morts pour l’Algérie. La cérémonie qui s’est déroulée le 25 septembre a rassemblé sous un temps ensoleillé, elle a rendu l'hommage qui s’imposait à trop de victimes innocentes et leur a apporté la lumière qui leur était due.

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Une photo pour l'histoire réunissant les protagonistes

de la stèle aux morts d'Algérie de Chatou

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De gauche à droite, Monsieur Cancellier, président d'honneur de la F.N.A.C.A et Monsieur Pourchet, président. 

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L'harmonie du Vésinet a accompagné l'inauguration

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Un cocktail salle Pierre Desproges à l'espace Hal Singer boulevard de la République était offert par la municipalité et a réuni prés d'une centaine de participants.

 

08/04/2015

DISCOURS DE M.PIERRE BOURGEOIS PDG DE PATHE-MARCONI, A SA PRISE DE FONCTION

 

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Pierre Bourgeois, président de Pathé-Marconi de 1949 à 1959

 

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Emile Pathé, fondateur avec son frère Charles de la Compagnie Générale des Phonographes, Cinémas et Appareils de Précision en 1898, président de la Compagnie Générale des Machines Parlantes de 1919 à 1936, puis de Pathé-Marconi de  1936 à sa mort en 1937

  

Monsieur Pierre Bourgeois est devenu président de Pathé-Marconi de 1949 à 1959. A l'occasion de sa prise de fonction, il rendit un hommage au fondateur de l'industrie phonographique française et des industries de Chatou, dans un discours que son petit-fils, Monsieur Emmanuel Bourgeois, a bien voulu nous communiquer :

Monsieur Emile Pathé est né à Paris le 10 février 1860 et il est décédé à Pau le 3 avril 1937.

Il est un exemple de ce que peut réaliser un homme d'origine modeste, n'ayant reçu qu'une instruction élémentaire, lorsqu'à une belle intelligence se joignent une grande puissance de travail, une volonté ferme, une persévérance que les insuccès et les déboires ne peuvent entamer; une imagination vive toujours en éveil.

Ce n'est qu'en 1894 qu'il trouve la voie qui doit le conduire au succès en s'intéressant avec son frère Charles au Phonographe, conçu théoriquement par Charles Cros et réalisé pratiquement par Thomas Edison.

Dans un modeste local, à Vincennes, avec de très petits moyens, les deux frères arrivèrent à fabriquer des cylindres de cire et à les enregistrer.

A ce moment, le Cinéma faisait son apparition; les deux frères Pathé, avec la même intuition, qui peut paraître toute simple aujourd'hui mais qui était extraordinaire il y a cinquante ans, pressentent comme pour le Phonographe, l'avenir du Cinéma et ils s'y intéressent également. Dès lors, ils se partagent la besogne; Charles s'occupe exclusivement du Cinéma; Emile se voue corps et âme, avec une ardeur qui ne s'est jamais démentie, au Phonographe.

Les deux frères avaient formé entre eux une petite société en 1896. Des capitalistes, vivement frappés des résultats qu'ils avaient obtenus, leur conseillèrent de créer une société plus importante qui mettrait à leur disposition les capitaux leur permettant de poursuivre et de développer leurs travaux. C'est ainsi que prit naissance la Cie des Phonographes, Cinématographes et Appareils de Précision 98, rue de Richelieu, qui devint la Compagnie Générale des Etablissements Pathé-Frère (Phonographe & Cinématographe) 30 Boulevard des Italiens.

Revenons à l'œuvre d'Emile Pathé.

En 1897, pour répondre aux demandes sans cesse accrues des amateurs de Phonographe, il devint nécessaire de créer une usine. Elle fut construite à Chatou où elle occupe actuellement une superficie de 22.400 mètres carrés, + 26.500 m² occupés.

Du point de vue technique, le labeur d'Emile Pathé et de ses collaborateurs fut immense: tout était à  créer et l'on peut se rendre compte des difficultés à vaincre si l'on songe qu'il s'agit de construire par centaines de mille un matériel dont la précision est du centième de millimètre et qui doit être assez robuste et assez simple pour être employé par tout le monde.

Les jours d'Emile Pathé se passent à solutionner les problèmes qui se présentent chaque jour: construction ou fabrication; machines à enregistrer, cylindres en cire ou cires plates, galvanoplastie, matière à disques, presses, machines à reproduire (ce ne sont là que des têtes de chapitre) furent mises au point, perfectionnés d'une manière continue pendant cinquante ans.

L'activité d'Emile Pathé ne se borne pas à ces travaux, en voici quelques autres manifestations - pas toutes. Il donne un essor commercial considérable à la société; des succursales sont installées dans de nombreux pays portant très haut la renommée des produits français. Il s'occupe du nouveau droit qui se crée, par suite du développement du disque entre les auteurs, les éditeurs et l'industrie, question complexe, difficile, toujours en voie d'évolution en 1949.

Il est le premier à penser aux services que peut rendre la machine parlante aux écoles, à la propagation et à l'étude des langues vivantes, à la science pure, à la philologie: le Musée de la Parole de l'Université de Paris lui a d'ailleurs rendu justice en donnant le nom d'Emile Pathé à l'une de ses salles.

Le nom du Phonographe Pathé, du Pathéphone, grandit de plus en plus; les plus hautes récompenses lui sont décernées aux Expositions Françaises et Etrangères. Monsieur Emile Pathé est fait Chevalier de la Légion d'Honneur, puis Officier.

En 1919, le Phonographe se sépare complètement du Cinéma et ses activités se développèrent sous la raison sociale Compagnie Générale des Machines Parlantes Pathé-Frères, siège social: 30 Boulevard des Italiens.

En 1936, elle a absorbé la Compagnie Française du Gramophone (La Voix de son Maître, Columbia) et sa raison sociale est devenue Les Industries Musicales et Electriques Pathé-Marconi. Monsieur Emile Pathé en a été le Président du Conseil  d'Administration jusqu'à son dernier jour.

Ceci n'est que le bref résumé de toute une vie de travail et d'honneur. Tous ceux qui ont eu le privilège de vivre près de Monsieur Emile Pathé n'oublieront jamais la sûreté de son commerce, la délicatesse de son amitié, sa grande bonté.

Pierre Bourgeois

Président-directeur général

 

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Une pochette de disque 78 tours des années trente - collection Pierre Arrivetz

 

 Pour en savoir plus :

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En commande à chatounotreville@orange.fr ou directement par carte bleue dans la colonne de gauche du blog : "Editions historiques - commander"

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27/03/2015

L'ILE DE CHATOU ET BORDS DE SEINE : DES SCANDALES ET DES URGENCES

Notre blog sort de son aspect historique. L'Ile de Chatou et les berges de Seine sont en train d'être les victimes expiatoires d'une dévalorisation orchestrée et entretenue par les édiles de la commune. Cet ensemble ressemble plus à une catastrophe planifiée qu'à un avenir. Les sujets s'additionnent.

Sequana : l'association créée il y a plus de 25 ans est chassée du site Fournaise. Son objet : entretenir et restaurer le patrimoine nautique des bords de Seine. C'est ce qu'ont fait des bénévoles avec assiduité pendant toutes ces années, produisant de nombreuses yoles et canots, soit une activité unique en Ile-de-France au prix d'un savoir-faire sans équivalent dans notre région.

La municipalité à peine réélue il y a un an met fin à la convention des modestes locaux qu'elle occupait au profit d'ateliers de "la filière du bois."

Alors que seul était à regretter un développement plus considérable du patrimoine nautique pour Chatou, la municipalité a donné ordre à l'association de quitter les lieux le 25 avril 2015. Cette décision prise sans information ni concertation tant avec le conseil municipal (qui n'a jamais rien voté sur le sujet) qu'avec les associations est une injure faite à l'histoire du site.

C'est en 1853 qu'Alphonse Fournaise, alors déclaré "constructeur de bateaux", a demandé à installer un hangar à bateaux rue du Port (délibération du conseil municipal du 30 décembre 1853). Cette autorisation lui ayant été refusée, Alphonse Fournaise a acquis un emplacement dans l'Ile quelques années plus tard avec le développement que l'on sait. Puis le Cercle Nautique de Chatou, qui semble-t-il existait déjà tacitement à en croire les mémoires de François Coppée, a été déclaré en 1902 avec le concours de Paul Poiret qui en a dessiné le drapeau. Les monotypes de Chatou ont été filmés dans les actualités cinématographiques des années vingt et ont participé à l'Exposition des Arts Décoratifs de 1925. Le Cercle Nautique de Chatou a continué à exister jusqu'en 1936 après s'être expatrié à Meulan en 1929.

A noter qu'au titre des exploits nautiques, le catovien Jean Sepheriades, conseiller municipal de 1947 à 1953 et habitant de la rue Charles Despeaux, fut le seul français vainqueur des "Diamonds Skulls" à Henley en 1946, dont les compétitions étaient dominées par les équipes anglo-saxonnes.

Sequana a construit, restauré, entretenu, fait naviguer 33 bateaux. Nous faisons partie de ceux qui pensent que l'association devrait prendre son dernier titre de gloire en participant à la construction de bateaux de croisière de la Belle Epoque pour convoyer les touristes sur la Seine dans les charmes du bois, du cuivre et de la vapeur.

En mettant dehors Sequana, ses bénévoles qui méritent nos applaudissements, c'est non seulement l'activité patrimoniale qu'on attaque sans vergogne mais une partie de l'histoire et de l'image de notre ville que l'on réduit à néant. Cela, nous ne pouvons l'accepter.

Soyez nombreux à soutenir notre demande de maintien de l'association Sequana sur les bords de Seine à Chatou : envoyez vos mails à

chatounotreville@orange.fr

Les aménagements sans autorisation dans l'Ile sur le terrain AE 19 de 4.500 m² derrière EDF: nous venons d'assister à la transformation en habitation d'un hangar dans une zone inondable interdite à l'habitation par le Plan Local d'Urbanisme et le Plan de Prévention des Inondations. L'association, consciente de l'exemple catastrophique donné pour l'Ile, a saisi le préfet, le procureur et la ville par l'intermédiaire de son conseil cet été mais la justice ne fait rien.

La Ville à sa suite a déposé plainte et refuse de demander la démolition de la rénovation entreprise. Pourquoi ? et pourquoi la Ville, au lieu de laisser ce terrain à un marchand de biens, n'en profite-t-elle pas pour l'acquérir (il est vendu au prix marchand 1.400.000 euros, le prix de la réfection de la place de la gare), pourquoi refuse-t-elle de communiquer le prix des Domaines de ce terrain inconstructible sauf pour l'extension d'activités existantes ? d'une superficie de 4.500 m², celui-ci offrirait un espace conséquent à un club nautique, un chantier naval de la Belle Epoque, une activité de restauration, et contribuerait à mettre un peu plus de vie dans l'Ile dite "des Impressionnistes".

Les expériences de légionellose d'EDF sur son site dans l'Ile pour les circuits de refroidissements : même avec les précautions d'usage de la société, l'une des plus fiables au monde, était-ce indispensable ? Est-ce souhaitable pour Chatou et la santé publique ?

Le Nymphée de Soufflot, monument historique de 1777, symbole de l'art dans les jardins avant la Révolution, construit à la demande du dernier seigneur de Chatou, le ministre Bertin, qui servit Louis XV et Louis XVI, et dont les plans furent dressés par l'un des grands architectes français du XVIIIème siècle , Jacques Germain Soufflot, est en train de partir en miettes au milieu d'une inertie et d'une incapacité qui peut donner honte à notre ville de 31.000 habitants, moins attachée à son patrimoine que le premier village de France. Propriété privée comme naguère la Maison Fournaise, sa ruine est en cours parce que la législation qui le protège n'est pas appliquée. Qui est responsable sinon les élus qui ont décidé de se boucher la vue ?

Voilà beaucoup trop d'aspects du miroir inversé de notre commune, qui se complaît dans l'autosatisfaction dans ses brochures mais dévalorise méthodiquement ce qui fait l'intérêt de notre ville, persuadée qu'elle ne gère que des services pour répondre à une clientèle électorale.

Cette vision réductrice, qui a conduit la municipalité à la destruction de l'usine Pathé-Marconi, usine Art Déco berceau du microsillon, à la dissolution de l'Office du Tourisme, au retrait de la protection sur les villas de Chatou, doit être balayée. Une municipalité n'est pas propriétaire d'une ville pas plus qu'un parti et ses campagnes électorales.  Nous vivons en effet en France et nous en sommes fiers. Notre patrimoine doit être conservé, mis en valeur et transmis, fut-ce au prix d'un combat contre des carrières et des institutions basées sur le mépris et la démission à la seule évocation du mot de "patrimoine".

 

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25/03/2015

A L'HEURE EGYPTIENNE AVEC GEORGES REMON

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Nous avions abordé dans un article précédent le commentaire de l’architecte décorateur Catovien Georges Rémon (1889-1963) sur la nouvelle résidence générale du Maroc, construite sur les plans de l’architecte Albert Laprade à partir de juillet 1918.

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Un dessin de Georges Rémon dans ses jeunes années avant 1914 pour une fantaisie orientale dans son album "Intérieurs d'Appartements Modernes" - éditions Thézard. Collection de l'auteur.

 

Georges Rémon aborde l’architecture nouvelle de l’Egypte dans une rubrique qu’il lui consacre en 1927 dans la revue "Jardins et Cottages". L’Egypte est un pays sous occupation britannique depuis 1876 – les troupes anglaises ne quittent le pays qu’en 1936 – avec une colonie française autour du canal de Suez, un pays dont Fouad Ier fut le sultan en 1917 avant d'être proclamé roi d’Egypte et du Soudan (1922-1936).

« Les villas construites récemment à Alexandrie et au Caire par Messieurs Messieurs Azéma, Edrei et Hardy, architectes, avec la collaboration de Monsieur P. Labbé, nous rappellent celles que "Jardins et Cottages" présentait dans un de ses précédents numéros.

Elles s’inspirent du même esprit, affectent les mêmes caractères généraux. Nous ne saurions mieux faire que de reproduire les remarques typiques qui émaillaient pertinemment l’étude à laquelle nous faisons allusion.

« Si l’on veut bien considérer que l’aristocratie égyptienne, écrivait-on, passe en France les mois les plus chauds de l’année, on comprendra que la conception d’une villa en Egypte ne possède pas nécessairement l’architecture des pays chauds . »

Et, de fait, il ne faut pas s’attendre à rencontrer dans ces types d’habitations somptueuses, créées pour satisfaire les goûts et les habitudes d’une élite qui entend vivre à l’européenne, celle qui rappelle l’architecture autochtone.

Ce que les architectes ont pu faire au Maroc, par exemple, en combinant étroitement le goût latin et les conceptions arabes, soumis pareillement aux conditions du climat et à la nature du site, n’est plus du tout exigible en Egypte, puisque « les besoins et les habitudes de sa population cultivée amènent l’architecte à exécuter ses constructions suivant les modes septentrionaux. »

On lui demande seulement d’obéir à certaines prescriptions, toujours identiques, influant sur le plan et le dessin des façades. C’est d’abord la terrasse, laquelle sert à deux fins. Partagée en deux parties bien distinctes et bien séparées, sans qu’on puisse et qu’on doive voir de l’une ce qui se passe dans l’autre, elle comprend une zone réservée aux maîtres qui y séjournent volontiers et y tiennent leurs réceptions, et une zone à l’usage du service.

L’architecte ne peut donc mieux faire que d’adopter, en la modifiant, en la tempérant, en lui communiquant une note personnelle, l’ordonnance des villas latines ou italiennes. Il lui faut donc se garder de tomber dans la copie étroite et servile de types dont la formule est depuis longtemps fixée et ressassée.

Mais il lui faut surtout éviter de suivre, dans toutes leurs exigences, les indications d’une clientèle malheureusement trop encline à aimer la pompe et l’apparat. A ce double point de vue, Messieurs Azéma, Edrei et Hardy ont eu le mérite de créer des ouvrages qui, tout en tenant compte des préférences individuelles, marquent une parfaite leçon de goût.

Ils ont réussi à imposer une remarquable économie en matière d’ornements. Ils ont scrupuleusement fait triompher  le sens de la ligne, le sens de l’équilibre, et ils ont introduit le judicieux emploi de la polychromie qui, conférant à leurs productions un accent en rapport avec le milieu, suffit à compenser ce qu’un parti pris essentiellement classique eût pu comporter de froideur et de sécheresse.

Examinons, par exemple, la villa construite au Caire pour Monsieur Green (illustration ci-dessous). Le principe de la couleur y est observé. Les tuiles romaines et les dessous de corniche opposent leurs tonalités rouges à la nuance ocrée de l’enduit de façade.

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Un porche d’entrée conduit directement à un bureau et au hall qui dessert le salon, le fumoir et la salle à manger. Le fumoir donne sur une loggia, la salle à manger sur une terrasse dominant les jardins.

L’entrée de service, la cuisine et le garage sont situés sur la face sud de l’habitation. Au premier étage où l’on accède par un escalier partant du hall, se trouvent trois grandes chambres, la chambre d’enfants, une nursery, une chambre d’ami donnant sur la terrasse au-dessus du garage. La principale chambre a vue sur la terrasse aménagée au-dessus de la loggia.

 

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Voici maintenant la villa de Monsieur Barcilon (ci-dessus), construite à Alexandrie, et qui par l’utilisation des graciles colonnettes que l’on distingue en haut de l’escalier d’entrée, évoque la grâce des fines arcatures mauresques. Ici encore, le contraste entre les tons rouges des graffiti, des briques et des boiseries apparentes, d’une part, et le coloris jaune de l’enduit, est particulièrement heureux.  L’entrée communique avec un important vestiaire donnant sur les lavabos et les w-c . La partie centrale est occupée par un vaste hall débouchant sur une terrasse et située entre le grand salon, que prolonge une véranda, et la salle à manger agrémentée d’une pergola.

Le service est aménagé dans le sous-sol, autour d’une grande salle de billard qui en occupe le centre. Enfin, à la partie supérieure, une haute terrasse où prennent place, ainsi que nous l’avons indiqué, les chambres de domestiques, la buanderie avec séchoir, soigneusement séparées de la terrasse des maîtres, aménagée en salon de réception, avec pergola et motifs de verdure.

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Plan du jardin de la villa de Monsieur Barcilon à Alexandrie 

 

On examinera de même attentivement les plans de la villa de Monsieur  D. Cicurel , située, comme la précédente, à Alexandrie (illustration ci-dessous). L’entrée conduit à un vestibule et au vestiaire.

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Le hall central est situé entre deux salons, prenant jour sur une terrasse et la salle à manger qui donne sur une véranda. Au premier étage, six chambres et salles de bains entourent le hall. L’escalier de service occupe une tourelle construite à l’angle nord-est de la villa.

Les façades sont harmonieusement dessinées. Quelques ornements simples, balustres et acrotères, d’inspiration classique, une attrayante polychromie assurée par l’opposition entre les surfaces d’enduit jaune et les champs de briques rouges, tels en sont les principaux caractères. Il faudrait, pour ces trois villas, insister sur les somptueux jardins qui les entourent, eux-mêmes ordonnés avec un sentiment architectural très sûr.

Nous voudrions insister tout particulièrement sur une autre villa (illustration ci-dessous), érigée en bordure du Nil, et qui, tant par la large ordonnance de son plan que par l’agrément de ses façades, nous semble avoir porté à leur point de perfection l’observation et la réalisation des principes mêmes que nous venons de signaler.

 

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Villa au bord du Nil de Monsieur et Madame Rateb Bey

 

Ajoutons qu’ici l’architecte a bénéficié d’une aisance inaccoutumée dans l’élaboration de son harmonieux dessein, la construction ne devant comporter aucune surcharge, aucun ornement superflu. La simplicité des lignes générales a, comme il était naturel, conduit l’artiste à concentrer toute son attention sur l’équilibre des volumes et sur le raffinement des détails. La façade qui domine le fleuve permet de juger de l’économie de l’ensemble et de la grâce des moindres parties, magnifiquement articulées.

C’est d’abord la terrasse couverte, avec la ligne de colonnes stylisées qui constituent un heureux souvenir des chapiteaux lotiformes.

C’est encore le fin profil de la loggia qui forme la partie médiane de la façade qu’on aperçoit en perspective. C’est, enfin, la belle ordonnance des larges baies avec le rythme élégant des fins piliers qui les encadrent.

N’ayons garde d’omettre de mentionner le charme qui se dégage d’une silencieuse répartition des champs colorés en rouge se découpant sur le ton ocré de l’ensemble, le tout couronné et festonné par les gracieuses lignes de verdure de la pergola supérieure.

Le plan nous renseigne sur les séductions de cette splendide propriété qui occupe vraiment une situation exceptionnelle et dont les habitants peuvent, au gré de l’heure, ravir leur vue des vastes perspectives du fleuve ou de l’intime et paisible enchantement de somptueux jardins sobrement ordonnés. »

 

Georges Rémon

Jardins et Cottages – avril 1927 - n°13

 

 

Sources :

Bibliothèque Nationale de France, département Sciences et Techniques

Archives Municipales de Chatou

Bibliothèque Historique de la Ville de Paris

Archives de la Légion d'Honneur 

21/03/2015

CHARLES DESPEAUX (1828-1918), RAFFINEUR ET CATOVIEN

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La villa de Charles Despeaux 20 rue Labélonye à Chatou en 2005 - l'auteur remercie Monsieur Malfanti qui lui a permis de prendre ce cliché et de l'insérer dans son livre "Chatou, de Louis-Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878" (2005).

 

 

L’utilisation du pétrole remonte aux temps anciens mais son exploitation industrielle entra dans le monde moderne lorsqu’un beau jour de 1858, l’américain Drake, qui faisait des sondages dans la vallée de l’Oil Creek en Pensylvanie en vue de découvrir des sources salées, « vit jaillir avec la violence d’un puits artésien une source d’huile combustible  qui débitait près de 4000 litres par jour ».

Vingt ans plus tard, plus de 15.000 puits de pétrole étaient exploités aux Etats-Unis. Premier producteur de pétrole à la fin du XIXème siècle, les Etats-Unis n’eurent guère pour concurrent que l’empire russe dont la principale exploitation se situait dans le Caucase aux environs de Bakou. Certains commentateurs considéraient néanmoins dés cette époque que la Russie était appelée à devenir la première puissance mondiale au XXème siècle en raison de l’ampleur de ses ressources pétrolières inexploitées.

Energie nouvelle, le pétrole éclaira si l’on peut dire l’Exposition Universelle de Paris de 1878. Il y fut rappelé qu’un petit nombre d’entreprises de raffinerie s’était développé en France devant la consommation grandissante du pétrole. Pas moins de 18 entreprises étaient ainsi recensées. Parmi les plus importantes figuraient celles de Monsieur Deutsch dont les usines étaient situées à Rouen et à Pantin, de Desmarais frères et Labouret implantés à Colombes, de Roguier, mais surtout  de Fenaille et Despeaux dont les raffineries étaient établies à Bordeaux et Aubervilliers.

L'importance du pétrole fut plus affirmée encore lors de l'Exposition Universelle de Paris de 1889. Le peintre de Croissy, Théophile Poilpot (1848-1915), y réalisa des panoramas commandés par les frères Deutsch, héritiers de Monsieur Deutsch, présentant les paysages de sites d’exploitations pétrolières en Pennsylvanie et à Bakou.

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Gravures du panorama du peintre Poilpot sur l'exploitation du pétrole en Pensylvanie et à Balakhané prés Bakou à l'Exposition Universelle de Paris de 1889.

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Charles Despeaux fut approché par l’un de ses contemporains  qui en dressa la biographie à la veille du XXème siècle  : né le 27 septembre 1828 à Méru en Seine-et-Oise, fils d’un capitaine d’infanterie, Monsieur Despeaux était devenu apprenti ébéniste avant d’être appelé pendant sept ans sous les drapeaux. Il en était sorti sergent-major et s’était fait embaucher par l’entreprise de parents de la famille, celle de Messieurs de Chatillon et Montauriol, fabricants de graisse pour les voitures à cheval. Ceux-ci eurent l'idée de demander à Charles Despeaux d’établir un projet de reconversion de l’entreprise dans la distillerie du pétrole. C’est alors que Charles Despeaux dessina en quelques jours les plans d’une chaudière.

Lors des premières expériences, les ouvriers craignirent une explosion et Charles Despeaux, qui n’avait pas froid aux yeux, s’assit sur la chaudière toute la journée pour les convaincre du bien-fondé de la technique employée.

Il fut associé à la dénomination de la société vers 1868  et en 1878, la maison Fenaille, Chatillon, Despeaux et Fournier obtînt une médaille d'or à l'Exposition Universelle de Paris de 1878 dans la classe 47 des produits chimiques et pharmaceutiques.

Quelques années plus tard, l'entreprise prit la dénomination de Fenaille et Despeaux. Monsieur Fenaille père disparut en 1883 mais son fils reprit le flambeau. Charles Despeaux et lui se distinguèrent par l'installation de nouvelles usines à Quevilly, Rouen, Règles-les-Bordeaux, et New-York.

Fournisseur notamment des hôpitaux civils et militaires et de la Marine pour la commercialisation de la « Pétréoline » utilisée en « pharmacie, parfumerie, art vétérinaire », l’entreprise reçut entre autres une médaille d’argent à l’Exposition Universelle de Paris de 1889.

Le gouvernement, songeant sans doute aux applications quotidiennes et militaires que son industrie avait apportées à la France, décida de décerner à Charles Despeaux La Légion d’Honneur au grade de Chevalier par un décret du ministre du Commerce du 14 août 1900.

 

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La signature de Charles Despeaux en 1900 dans son dossier de la Légion d'Honneur - Ministère de la Culture, base Leonore LH/755/2

 

 

Charles Despeaux contribua à l’effort national pendant la Grande Guerre. Bien connu à Chatou où il emménagea dans l’une des plus belles villas de la cité vers 1879, il fit des dons à l’Eglise Notre-Dame de Chatou pour le remplacement de ses vitraux et il est dit que l’un d’entre eux représenterait les enfants Despeaux. Monsieur Despeaux mourut à l'âge de 91 ans le 28 juillet 1918 sans connaître la victoire des Alliés. Il avait traversé le XIXème siècle de Charles X à la Première guerre mondiale.

Sa veuve créa une fondation en son nom et celui de son mari et fit un legs à la commune. Par une délibération du conseil municipal du 21 décembre 1918, la rue Verte au sud de la voie ferrée fut rebaptisée du nom de "Charles Despeaux" en souvenir de l'abandon de terrain que celui-ci avait consenti à la commune dans le siècle précédent pour l'ouverture de cette voie.  

 

Sources :

Les Merveilles de l'Exposition de 1878, ouvrage édité par des écrivains spéciaux et des ingénieurs, édition Librairie Illustrée, Librairie Dreyfous

L'Exposition de Paris publiée (1889) avec la collaboration d'écrivains spéciaux, édition Librairie Illustrée

Les produits chimiques à l'exposition universelle Paris 1878 par Riche, Alfred

Le journal de la santé illustré

Ministère de la Culture, base Leonore LH/755/2

Annuaire des contemporains, 1898

Registre des délibérations du conseil municipal

15/03/2015

RAIMU, UNE GRANDE VOIX PRESSEE A CHATOU

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Raimu encore jeune acteur du cinéma muet

 

La voix de Raimu (1883-1946) a traversé le cinéma et le temps. L’artiste, de son vrai nom Jules Mauraire, avait commencé sa carrière avant 1914, engagé par Mayol, conseillé par Lucien Guitry. Pendant la Première guerre, il avait été recruté par Georges Feydeau (1862-1921) pour la reprise de « Monsieur Chasse » au Théâtre de la Renaissance en 1915 puis enrôlé par Sacha Guitry pour créer sa pièce « Faisons un rêve » au Théâtre des Bouffes Parisiens le 3 octobre 1916, pièce que Guitry transforma plus tard en film (1936).

Sacha Guitry qualifiait Raimu d’ « admirable acteur instinctif. Instinctif à tel point qu’il pouvait faire n’importe quoi et que, même, il pouvait jouer n’importe comment. » Guitry, qui n’aimait pas l’injustice, déclara au sujet de la « parcimonie » supposée du comédien, qu’il pouvait témoigner d’une lettre en sa faveur sur le projet d’un film qu’il lui avait soumis et pour lequel  il lui avait demandé ses conditions par téléphone.

Raimu, en voyage à Londres, avait répondu par écrit : « Mon cher Sacha. Voilà. Pas d’appointements pour ce film. J’ai une femme charmante que j’aime beaucoup. Un souvenir pour elle. Pour moi, ma place sur l’affiche comme convenu. Et mes remerciements. Raimu. » « Vous devez bien penser combien j’aime à détruire les légendes absurdes » conclut Guitry à Cinémonde qui l’interviewait.  

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Sacha Guitry, scénariste, Robert Florey, réalisateur et Raimu dans son premier rôle parlant à l'écran dans le film "Le Noir et le Blanc" (1930).

De 1914 à 1946, Raimu avait joué dans une cinquantaine de pièces de théâtre et presque autant de films dont  il assurait immanquablement le succès. Avec Sacha Guitry producteur et réalisateur, il avait représenté cinq pièces et tourné deux films « Faisons un rêve » en 1936 et « Les Perles de la Couronne » en 1937.Mais le rôle qui marqua les générations fut certainement la série des films dont Marcel Pagnol fut l’auteur ou le dialoguiste, « Marius » (1931), « Fanny » (1932), « César » (1936).

La voix de Raimu rentra alors non seulement dans l’œuvre de Marcel Pagnol mais dans le cœur des français. C’est sans doute la raison pour laquelle Pathé-Marconi tira de ces films des disques sous le label Columbia en 78 tours (Columbia –BF - étiquette marron) puis en 33 tours (Columbia étiquette crème). Ceux-ci furent tous pressés aux usines de Chatou avant puis après la deuxième guerre mondiale. Quelques exemplaires ont été légués aux Archives de la ville de Chatou par l’auteur de ces lignes le 12 février 2013.

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Disque 78 tours Columbia - BF 4 "La partie de cartes" 

du film "Marius" (1931) pressé aux usines de Chatou

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Aspect de l'usine Pathé-Marconi désaffectée en 1998 - construite en 1929-1930 sur les plans des plus célèbres architectes de l'Art Deco de Londres, Wallis, Gilbert et Partners, elle fut rasée en novembre 2004 pour la réalisation d'une ZAC

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L'enterrement de Raimu à l'église Saint-Philippe du Roule en 1946 - plus de 4.000 personnes y assistèrent. Raimu mourut à l'hôpital de Neuilly le 20 septembre 1946 à la suite d'une anesthésie qu'il ne supporta pas.

A la mort de Raimu, Marcel Pagnol rendit un hommage à son acteur fétiche. Nous l'avons reproduit dans notre coffret audio « Les Voix de l’Après-Guerre 1946-1947 ». Ainsi les voix du grand acteur et celle du célèbre auteur ont aujourd’hui leur place dans le Panthéon des œuvres de Chatou où une magnifique industrie du son avait permis d’irriguer la culture du XXème siècle.  

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Sources :

Cinémonde 1er octobre 1946 / 19 novembre 1946

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03/03/2015

LE 22 NOVEMBRE 2014 POUR FETER SES 20 ANS, CHATOU NOTRE VILLE A RASSEMBLE AUTOUR DE LA PROJECTION DE LA MAIN AU COLLET (1954) D'ALFRED HITCHCOCK

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Discours d'introduction : Madame Brigitte Auber témoignant pour la première fois sur son aventure "hitchcokienne" de 1954. Une personnalité dont la jeunesse de coeur transparaît dans la vie et à l'écran et dont le rôle dans "La Main au Collet" asseoit le caractère attachant.

 

 Publié avec l'autorisation spéciale de 

Monsieur Sébastien Tiveyrat

responsable de la société éditrice 

http://www.swashbuckler-films.com/

Tous droits réservés

 et nos vifs remerciements à Monsieur Patrick Muller

 

Le samedi 22 novembre 2014, en présence de Madame Brigitte Auber, actrice clé du film, le grand public a pu redécouvrir "La Main au Collet" d'Alfred Hitchcock sur l'écran du cinéma de Chatou au titre de l'anniversaire des vingt ans de l'association.

 

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Un grand moment soutenu par des personnalités fidèles à nos évènements : Monsieur José Sourillan, ancien directeur des archives de RTL, maître d'oeuvre incomparable de l'ambiance historique sonore et cinématographique de l'association, Arnaud Muller, notre vice-président et sa famille, Madame Anne Catinat, fille de l'ancien maire de Chatou Jacques Catinat, créateur de la salle de cinéma de Chatou en 1976,  Madame Nicole Trabaud, épouse de Pierre Trabaud (1922-2005), notre acteur né à Chatou rue du Val Fleuri, Madame Françoise Arnoul, merveilleuse actrice naguère complice de Jean Gabin dans "French Cancan" (1955), accompagnées des directeurs de théâtres parisiens qui nous ont fait l'honneur de leur présence également. Instants d'émotion devant une salle remplie, grâce à une équipe du cinéma de Chatou qui avait fait diligence à bien des égards emmenée par son directeur, Monsieur Le Bris, et une organisation pour la publicité et le buffet mise sur pied par nos dix-huit administrateurs mobilisés. 

 

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A "la barre" du matériel 35 mm remis en service, Monsieur Bruno Di Fonzo, projectionniste du cinéma de Chatou.

  

Un petit diaporama sur format de nuits blanches de type "DCP" élaboré par Monsieur Yohann Florentin, informaticien et coach sportif, précéda la projection soutenu par les orchestres symphoniques de musique légère d'après-guerre affectionnés par le président de l'association.

 

 

Ci-dessus, le diaporama des 20 ans de l'association Chatou Notre Ville : actions de sauvegarde, commémorations, conférences, expositions, recherches ayant mené à des éditions de cdrom, coffrets audio, revues, livres, projections cinématographiques consacrées à la mise en valeur du patrimoine de Chatou, le tout reposant sur la seule adhésion des Catoviens, l'association n'étant pas subventionnée selon ses statuts.

 

N.B: pour revenir sur les videos, cliquez sur le petit cercle en bas à gauche de l'écran video

 

 

Après la projection, très bonne ambiance d'un public à la fois averti et comblé. En 1954, Hithccock a filmé la Provence telle que l'avaient connue autrefois les peintres, quelques années avant sa dénaturation par les buildings, une Delahaye 135 parmi les dernières produites de la marque qui disparaissait s'enfuit dans sa robe rouge dans une course-poursuite avec la police, l'ambiance glamour entretenue par Grace Kelly et Cary Grant est ponctuée par l'interprétation irremplaçable de Jessy Roy Landis et John Williams apportant humour et légèreté. Les quelques longueurs du film sont digérées par le paysage, la distribution et une ambiance qui lui donnent son caractère unique.  On conserve un regret pour le fonctionnement d'un micro sur deux des services techniques gênant l'interview. Brigitte Auber nous apporte de nouveaux témoignages. Grande modestie malgré la scène finale sur des toits reconstitués en studio mais en véritable hauteur avec Cary Grant. Ce dernier, vendu par son père à un cirque, ayant eu une enfance terrible, avait fait carrière comme trapéziste avant de devenir acteur. Un parcours simililaire de Brigitte Auber, trapéziste de son état, et toute jeune actrice encore méconnue aux Etats-Unis. Cary Grant vînt la chercher à l'aéroport pour l'emmener au studio de la Paramount *, un beau soutien alors que les usages étaient l'envoi d'une voiture par la société de production.   

 

 

Un buffet attendait nos participants sous le cinéma salle Jean Françaix où la satisfaction était là, au milieu d'une foule de participants apportant leur enthousiasme et leur adhésion. Soyez remerciés pour votre soutien et ne retenez que nos souhaits de bonnes fêtes de fin d'année et nos meilleurs voeux pour 2015 !

 

* La Paramount a été créée en 1914 notamment par Adolphe Zukor et constitue l'un des plus anciens studios américains en activité. En France, la Paramount a implanté son premier (et unique) cinéma boulevard des Italiens à Paris, le "Paramount Opera" en 1927 dont elle resta propriétaire pendant 80 ans avant que Gaumont ne le reprenne. Paramount a connu son plus grand succès avec "Titanic" en 1997.

 

L'association adresse ses  très grands remerciements à Monsieur Bertrand Laigle, adhérent de longue date, pour toutes ses videos qui nous ont permis de garder témoignage de cette soirée d'anniversaire ainsi qu'à Monsieur Yohann Florentin, qui a converti le diaporama cinéma format DCP pour ce blog.

 

 

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Le Courrier des Yvelines en parle 

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Locomotive 241 P Mountain SNCF fabriquée aux usines Schneider du Creusot entre 1948 et 1952, moteur 4.000 CV, dernière série des locomotives à vapeur françaises, emblème de l'association.

02/03/2015

MAURICE DE VLAMINCK (1876-1958) EN MAJESTE A RUEIL

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Rueil ville impériale accueille du 30 janvier au 25 mai 2015 une très grande exposition sur Maurice de Vlaminck (1876-1958) dans un cadre idyllique, l'atelier Grognard 6 avenue du Château de la Malmaison. Cette exposition signifie pour beaucoup d'entre nous une découverte. Une soixantaine d'œuvres de grand format de cet artiste qui habita Le Vésinet (1879) puis Chatou (1893) puis Rueil (1902) est présentée au public. Ce n'est pas le nez sur les peintures que nous les découvrons mais au contraire avec le recul qui leur donne une perspective, une couleur et une ambiance qui pénètrent le spectateur. De 1900 à 1950, Vlaminck a interprété les villes et les paysages de la France. Au cours de ses cinquante ans, son style s'est affirmé et affiné mais il n'a pas changé contrairement à d'autres. Maurice de Vlaminck  a éprouvé jusqu'à la dernière minute le même enchantement, la même nostalgie, le même goût de faire apparaître la couleur nuancée des champs, du ciel, des chemins, des carrefours, de la mer, cette couleur qu'il voulait comme la vie et qui traça sa route. Vlaminck n'a jamais abdiqué son talent pour la première faveur. Il est resté lui-même jusqu'à sa mort et s'est inscrit parmi les plus grands peintres français du XXème siècle. La Ville de Rueil lui rend un hommage historique et nous l'en remercions.

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Derain et Vlaminck qui se rencontrèrent à Chatou où ils vécurent. Notre blog leur a consacré plusieurs rubriques.

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01/03/2015

NORMANDIE NIEMEN LE SAMEDI 25 MAI 2013 AU CINEMA DE CHATOU

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Affiche de Chatou Notre Ville - maquette Patrick Arrivetz

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Pierre Trabaud et Marc Cassot  dans "Normandie Niemen" - collection Nicole Trabaud

 

Samedi 25 mai 2013, grâce à l'initiative conjointe de l'association, à son investissement  publicitaire et au risque pris par Monsieur Francis Lebris, gérant depuis 25 ans du cinéma de Chatou qui mérite nos applaudissements, directeur de la société Anim Action assurant le fonctionnement du théâtre André Malraux à Rueil et des cinémas de Chatou et de Rueil, le cinéma de Chatou s'est rempli de spectateurs venus voir un film de Jean Dréville en hommage à l'acteur Pierre Trabaud, né à Chatou, rue du Val Fleuri le 7 août 1922, "Normandie Niemen", de 1959. Un film sorti en septembre 1960 qui obtînt à l'époque 3. 485. 432 entrées.

Moment très émouvant puisque l'association et le cinéma accueillaient notamment Nicole Trabaud, épouse de l'acteur disparu, Marc Cassot, acteur principal du film, Paule Emanuele, épouse de l'un des acteurs disparus et vedette du doublage, et Jean-François Anière, président de l'association Normandie-Niemen.

Nous faisant l'honneur de leur présence après une démarche que nous avions tentée, deux représentants de l'Ambassade de la Fédération de Russie, le commandant Vasily Ilchenko, Attaché adjoint à la Défense, et le comandant Oleg Boudnikov, Attaché Naval adjoint, vinrent s'ajouter au public et à de nombreuses personnalités dont notre ami José Sourillan, ancien directeur du service documentation de RTL. Leur annonce couverte d'applaudissements a révélé une sympathie profonde dans le sentiment des spectateurs. Outre l'hommage à Pierre Trabaud, l'hommage à la fraternité d'armes franco-russe a ainsi surgi avec émotion.

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Le commandant Vasily Ilchenko, Attaché adjoint à la Défense à l'ambassade de Russie, le commandant Oleg Boudnikov, Attaché Naval adjoint à l'ambassade de Russie, Nicole Trabaud, épouse de Pierre Trabaud ("Chardon" dans le film), Paule Emanuele, épouse de Jean-Claude Michel ("Flavier" dans le film), photographiés devant l'écran du cinéma après la projection. A côté de Nicole Trabaud, Marc Cassot, qui épouse le rôle-titre du film.

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Marc Cassot, à gauche dans le rôle de Marcellin et Vitali Doronine, à droite, dans le rôle du général Komarov. Cinémonde 8 mars 1960 - collection de l'auteur 

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Marc Cassot en couverture de Radio Télévision Cinéma du 6 mars 1960 - collection de l'auteur

 

La copie du film projetée, en format 35 mm, était due au Service des Projections Publiques de Gaumont et à l'action de sa responsable, Madame Olivia Colbeau-Justin, lequel dispose de la seconde et unique copie du film après la Cinémathèque Française, copie non restaurée mais dans un état excellent. Cela nous a permis d'apprécier magnifiquement ce film qui aspirait chaque spectateur dans son histoire et ses images, les comédiens franco-russes étant tous dignes d'éloges et les critiques mitigées sur internet, à remiser d'urgence.

 

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Le commandant Oleg Boudnikov, Attaché naval adjoint, Nicole Trabaud, Marc Cassot.

 

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Le commandant Vasily Ilchenko, Attaché adjoint à la Défense, Nicole Trabaud, Paule Emanuele, le commandant Oleg Boudnikov, Attaché naval adjoint.

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Paule Emanuele, actrice, voix de doublage, épouse de Jean-Claude Michel ("Flavier" dans le film), Marc Cassot, acteur principal du film, Nicole Trabaud, épouse de Pierre Trabaud ("Chardon" dans le film), Hélène Otternaud, épouse de Jacques Richard ("Colin" dans le film).

 

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Photo de famille après le film : José Sourillan, ancien directeur du service documentation de RTL, auteur de disques et documentaires dont le coffret audio de Chatou Notre Ville LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945, Jean-Philippe Bernard, trésorier de l'Association des Amis de Ferdinand de Lesseps et du canal de Suez, ingénieur général de l'armement naval et directeur honoraire de la SNCF, Jean-Pierre Tron, président adjoint et porte-drapeau du Mémorial Normandie-Niemen, le général de Saint-Julien, grand témoin du coffret LES VOIX DE L'APRES-GUERRE 1946-1957 en préparation, Lucien Ruchet, trésorier de l'Amicale des 27 Fusillés, FFI et Résistants, Evelyne Du Pan, administratrice, Jean Liéval, grand témoin des coffrets audio LES VOIX DE LA GUERRE et LES VOIX DE L'APRES-GUERRE, Jean-Pierre Ratel, conseiller municipal, Jean-François Anière, président du Mémorial Normandie-Niemen, Nicole Trabaud. 

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Photo de famille suite : Marc Cassot, le commandant Oleg Boudnikov, Paule Emanuele, le commandant Vasily Ilchenko, Pierre Arrivetz, président-fondateur de Chatou Notre Ville, Hélène Otternaud, Arnaud Muller, informaticien vice-président de l'association Chatou Notre Ville et réalisateur du coffret audio LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945, Alain Hamet, président de l'Amicale des Résistants, FFI et 27 Fusillés, Murielle Amiot, catovienne et membre actif de Chatou Notre Ville, Gabriel Lenoir,  catovien et membre actif de Chatou Notre Ville, voix historique du coffret LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945.

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L'association, qui avait jusqu'à présent édité des livres, revues, coffret audio, organisé conférences et expositions (Georges Irat en 2005, histoire du train Paris-Le Pecq gare RER A de Chatou depuis 2008) en faveur de la mise en valeur du patrimoine et de l'histoire de Chatou, a , ce jour-là, franchi une nouvelle étape, celui de la projection cinématographique grand public. Le moment vécu par elle, ses administrateurs et tous les spectateurs, a été immortalisé par deux de ses adhérents, Monsieur Bertrand Laigle et Madame Véronique Pecheraux, administratrice. Une communication est en préparation sur le sujet.

 

 

Ci-dessous, vidéo de la présentation du film (source: Bertrand Laigle à qui nous adressons notre reconnaissance), à lire en installant ou en ouvrant votre lecteur Windows Media Player :



 

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Ci-dessous, une courte présentation de "Normandie-Niemen" avec l'autorisation spéciale de la société Gaumont à qui nous adressons nos plus vifs remerciements, à lire en installant ou en ouvrant votre lecteur Windows Media Player : 


  

montages video : Patrick Arrivetz

 

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Jean-François Anière, président de l'association Normandie-Niemen domiciliée au Musée de l'Air et de l'Espace, véritable puits de science sur l'escadrille et défenseur inlassable de sa mémoire.

normandieniemen.free.fr/

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La société GAUMONT édite le DVD du film "Normandie Niemen" que nous vous recommandons.

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Bertrand Laigle, excellent auteur de la vidéo de présentation du film et des photos de groupe ci-dessus.

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Véronique Pecheraux, administratrice ayant permis la conservation de très belles photos de l'évènement ci-dessus.

 

 

 

 

 

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Locomotive 241 P SNCF fabriquée aux usines Schneider du Creusot de 1948 à 1952, emblème de l'association.

 

18/02/2015

RETROMOBILE 2015 : UN GRAND CRU ET DES CLINS D'OEIL A CHATOU

Quelques clichés du Salon Retromobile pris le 8 février 2015 vous paraîtront peut-être incongrus dans le cadre de notre blog. Non, parce qu'ils ne sont pas dénués de toute note catovienne.

Et pour une raison plus forte que la raison, nous choisissons de vous délivrer exclusivement un échantillon de cette production française des années trente à cinquante que firent rayonner tant de nos artistes carrossiers et ingénieurs, lorsque le mot France s'appliquait à l'art, au prestige et à la qualité de l'industrie automobile. La France n'avait pas à chercher ailleurs ce qu'elle n'avait pas. Elle l'avait et attirait ceux qui, à l'étranger, avaient besoin d'elle.

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Bugatti coupé Napoléon 1929 construite pour Ettore Bugatti lui-même - Musée Schlumpf. Ettore Bugatti (1881-1947), émigré italien, avait installé son entreprise à Molsheim en Alsace en 1909. La mort de son fils en août 1939 puis celle du fondateur en 1947 au terme de batailles qui ne firent pas honneur à l'état français achevèrent la société. Pendant 40 ans, Bugatti avait assuré le renom de l'automobile française, dont elle incarna le génie forte de ses 10.000 victoires et de ses 37 records. 

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Bugatti Park Ward 1933

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Bugatti cabriolet 

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Hispano-Suiza (vers 1934) dont le stand était animé par Monsieur James Spanier, alpicois (habitant du Pecq) bien connu des amateurs de voitures anciennes. Hispano, célèbre comme Salmson pour ses moteurs d'avion équipant notamment l'armée britannique, arrêta sa production automobile en 1937, mettant fin à une concurrence qui la plaçait sur le terrain de Rolls-Royce.

Marque espagnole fondée en 1904, celle-ci avait connu sa délocalisation en France en 1911 et l'installation de ses usines de production automobile à Bois-Colombes. A la marque fut attaché en 1919 le bouchon de radiateur de la H-6-B représentant une cigogne, en hommage à Georges Guynemer, dont la célèbre escadrille des cigognes combattait aux commandes d'avions SPAD propulsés par des moteurs Hispano-Suiza. L'un des présidents d'Hispano-Suiza avant et après-la seconde guerre mondiale, Maurice Heurteux (1902-1965), fit carrière comme directeur des usines Pathé de Chatou de 1932 à 1934 et fit partie du petit cercle des administrateurs de Pathé-Marconi de 1936 à 1959. Il fut président d'honneur de la Société de Secours Mutuelle de Pathé-Marconi, héritière de la société mutualiste fondée par Emile Pathé en 1908.

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Bugatti 57 avant-guerre (1936)

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Delage D8 120 1938 carrossée par Pourtout, qui fut également carrossier à Rueil dans les années vingt des Georges Irat de Chatou et devint maire de Rueil- Louis Delage (1874-1947), qui avait conçu l'excellence française appliquée à l'automobile et installé ses usines à Courbevoie, vivait non loin de Chatou au Pecq (78) dans un château qui a été rasé. Sa tombe est dans cette même ville. Qui sait parmi les habitants de la Boucle de Seine que Le Pecq est la ville de Delage ? la firme Delage, fondée en 1905, disparut en 1954 avec son associée Delahaye.

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Talbot Lago Record T26 1947 - Fondée en 1903 par le français Adolphe Clément (Clément-Bayard) et le britannique Charles Chetwynd, comte de Talbot, la marque fut rachetée en 1919 par Darracq puis en 1934 par l'italien Antony Lago (1893-1960) qui lui fit connaître un nouveau départ dans les courses automobiles et sur le marché des voitures de luxe sportives.  En 1950, le président Vincent Auriol devait commander une Talbot Lago Record cabriolet 4 portes pour l'apparat présidentiel. Malgré tous ses efforts d'innovation, Monsieur Lago dut se résigner à vendre en 1958 Talbot et ses usines de Suresnes  à Simca.

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Delahaye 1948 carrossée par Chapron - Fondée par Emile Delahaye (1843-1905) en 1894, Delahaye assura le concours d'élégance de l'automobile française jusqu'à sa disparition en 1954, s'attitrant les plus grands carrossiers français puis après son effacement, les collectionneurs outre-atlantiques qui embarquèrent la magnifique production des années 35-39. Hitchcock utilisa un cabriolet Delahaye bordeaux d'après-guerre 175 dans la première course-poursuite de son fameux film policier sur la Côte d'Azur "La Main au Collet" (1954), projeté pour l'anniversaire de ses vingt ans par l'association le 22 novembre 2014 au cinéma de Chatou. Les spécimen de cette époque encore présents en métropole conservent cette ligne proche de la perfection qui ne laisse personne dans l'indifférence.  

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Salmson cabriolet S4E 1949. Sydney Bechet, vedette Pathé-Marconi, Paul Meurisse et Georges Guétary, autre star de Pathé-Marconi après-guerre, possédèrent un modèle de ce type. La Société des Moteurs Salmson avait été fondée en 1913 par Emile Salmson (1859-1917) et orientée vers la construction de moteurs d'avions. Ses usines étaient à Billancourt. Son directeur emblématique fut Monsieur Jean Heinrich de 1917 à 1951 qui lui fit assumer, outre la production de moteurs d'avions, celles de voitures de luxe. La production automobile dut cesser en 1955. La société Salmson, héritière de ce passé prestigieux mais depuis concentrée sur la fabrication des pompes et systèmes de pompage - son métier initial en 1890 - est installée depuis plusieurs années boulevard de la République à Chatou où de temps en temps s'acheminent quelques légendes de son aventure automobile.

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Delahaye 1950 par le carrossier de Levallois, Henri Chapron

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Ou l'on retrouve Rob Roy (1909-1992), l'illustrateur catovien, l'un de nos plus grands illustrateurs automobiles avec Geo Ham, Albert Brenet et d'autres grâce au stand de son fils Hubert de la Rivière né à Chatou également (ci-dessous), qui expose et publie avec succès l'oeuvre de son père dans la France entière et à qui l'on doit notamment une très belle exposition à Chatou en 2013.

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Ci-dessus, dessin de la Bugatti gagnante du circuit de Vintimille en 1945 par Rob Roy.

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En 1935, Rob Roy acheta une BNC 100 cm3 (Bollack Netter et Compagnie, marque française fondée en 1923) et participa à plusieurs courses et rallyes dont celui du "Bol d'Or" dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye (ci-dessus au volant). Ses dessins peuplèrent  les revues automobiles de l'entre-deux-guerres à l'après-guerre.

http://www.art-robroy.com              

 

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