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10/01/2015

LES GENTILSHOMMES DE CHATOU DE LA GARDE DES CHEVAU-LEGERS

 

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Chevau-Léger sous Louis XIV - Lithographie J.Rigo et Cie - édition Martinet, Hautecoeur Frères rue du Coq à Paris (vers 1850) - collection Pierre Arrivetz

 

Alors que Versailles se construisait (1662-1689) et devenait le centre du pouvoir en 1682, Louis XIV, monté sur le trône dans les horreurs de la Fronde en 1643, était déterminé à user de tous les apparats pour le prestige de la France et de la monarchie. Au sein du grand mouvement administratif et géographique qu’il organisait pour affermir l’Etat, il distingua la compagnie de cavalerie légère dite des "Chevau-Légers". Créée en 1498 par Louis XII et rattachée à la maison militaire du Roi qui était leur capitaine, la compagnie fut portée par Louis XIV à son maximum d’effectifs, deux cents hommes. Leur logement ne se fit pas seulement à Versailles et  l’heure de la retraite venue, une dizaine d’entre eux vint trouver refuge à Chatou.

C’est à l’historien Albert Curmer que l’on doit des recherches qui ont permis d’établir un inventaire de ces engagés au service du Roi en consultant les registres paroissiaux. Ses découvertes furent communiquées dans les articles qu’il publia entre 1916 et 1922 dans la Revue d’Histoire de Versailles, articles réédités en 1991 aux éditions Res Universis  : entre 1689 et 1692 sont recensés à Chatou « les maréchaux des logis Michel d’Argent, Jean de la Brosse et Murat, le brigadier Henry de Launay, les chevau-légers Michel d’Ardonau, sieur de la Motte, Pierre de Marieux, sieur de Marville, François de Josselein, Henry Turgis, Poncelet Corigeux, Gilles Noyer, sieur de Bara, Pierre de Vernier, Michel Le Brun, Gaspard Le Maistre de la Meche, timbalier, Louis Le Maistre, timbalier présomptif, les trompettes Pierre Dubray, Antoine d’Arlé, François Charvilhat et Nicolas Bertrand. De Marieux, Dubray et d’Ardonau moururent à Chatou et furent inhumés dans l’Eglise. »

Albert Curmer nous apprend  qu’Henry Turgis était propriétaire de terres plantées en cerisiers aux Pissis et aux Chardrottes, et en vignes aux Pissis et aux Chevaux-Ruent. « Le 29 septembre 1690, comparaît, dans un acte passé devant le bailli, un maréchal  des logis des chevau-légers, Jacques de Villoutreys, sieur de Breu, qui vient attester certaines dispositions testamentaires prises par le chevau-léger d’Ardonau, mort le jour même. Il est dit dans cet acte que Villoutreys réside à Chatou mais qu’il est, « de présent, de service auprès du Roi ».

François de Mesy, sieur de France, résidait également à Chatou où il est recensé en 1677. 

Un ancien chevau-léger,  Chefilhon, était titré sieur des Sablons et était devenu huissier de la Chambre du Roi. Chefilhon mourut à … 105 ans et fut inhumé dans l’église de Chatou le 21 décembre 1695. Les chevau-légers Du Teil, Murat, de Fosse, La Meche, de France, Le Gras lui rendirent les honneurs. Albert Curmer a posé la question : le maréchal des logis-chef Murat aurait-il été le descendant du maréchal ?

A cette colonie militaire des chevau-légers devait s’ajouter  Jean-Baptiste Margas, sieur du Breuil, capitaine des Fusiliers du Roi, propriétaire d'une maison riveraine de la Seine vers Croissy dont le jardin était constitué de plantes potagères et de plants de vignes. Mais surtout Oudart de Sabinet, gentilhomme de la Garde de la Marche du Roi, qui possédait une maison à proximité de l’hôtel seigneurial de Chatou, dans l’actuelle rue du docteur Rochefort. La Garde de la Marche du Roi avait été fondée par Charles VII (1422-1461).  Ses gardes étaient au nombre de 24 et devaient se tenir constamment auprès du Roi-Soleil par quartier de deux, quatre ou six pendant un mois en se relayant.

Les lieux-dits les Sablons et les Sabinettes à Chatou perpétuent le souvenir de ces gentilshommes attachés à la personne du monarque.

Dans un village de moins de huit cents habitants, le règne de Louis XIV avait imprimé sa marque.

 

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09/01/2015

LIBERTE D'OPINION ASSASSINEE

 

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24/12/2014

LE SUPERBUS PATHE-MARCONI (1952-1962)

Monsieur Emmanuel Jourquin-Bourgeois est le petit-fils de Pierre Bourgeois (1904-1976), président emblématique de Pathé-Marconi de 1949 à 1959, dans la période la plus prospère de la firme. Après son témoignage dans la rédaction du livre de l'association "Chatou, une page de gloire dans l'industrie", Monsieur Jourquin-Bourgeois nous donne cet article sur le "superbus Pathé-Marconi" qui assura la promotion de la société après-guerre.

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Cliché collection Emmanuel Jourquin-Bourgeois

 

"Parmi les véhicules publicitaires français, le superbus Pathé-Marconi reste l'un des plus célèbres et surtout l'un des plus spectaculaires.

Après-guerre, les firmes françaises souhaitent promouvoir leurs marques sur des véhicules publicitaires à leur effigie. Il en est ainsi de Pathé-Marconi, alors première entreprise européenne de l'industrie phonographique avec des labels prestigieux comme Capitol, Columbia, Pathé, Parlophone ou la Voix de Son Maître et leader de la fabrication de matériel radio.

Nommé président de la société française associée d'EMI en 1949, Pierre Bourgeois donne son accord pour la commande d'un véhicule exceptionnel.

 

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Pierre Bourgeois - cliché collection Emmanuel Jourquin-Bourgeois

 

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Pathé-Marconi, catalogue 1956, "Le répertoire le plus prestigieux du monde" - collection Pierre Arrivetz in "Chatou, une page de gloire dans l'industrie" (éditions Association Chatou Notre Ville)

 

Le cahier des charges précise que celui-ci doit disposer de toutes les dernières technologies et comporter une scène destinée aux artistes. Sa réalisation est confiée au carrossier Jean Antem, d'après un dessin du designer automobile Philippe Charbonneaux. Paul Bracq, futur patron du design de BMW ou Peugeot, aujourd'hui connu pour ses ateliers de restauration de Mercedes anciennes, participe à l'étude.

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Cliché collection Emmanuel Jourquin-Bourgeois

 

Après 2 ans de conception, le superbus est livré à la major française en 1952 et remporte le grand prix d'honneur du concours de "la publicité qui roule" en 1955. Long de 14,30m et large de 2,50m, le camion utilise un tracteur Panhard IE 45 HL accouplé à une remorque Titan. L'attelage comporte une table de mixage avec 125 boutons et manettes et 10 amplificateurs permettant l'émission et l'enregistrement, une salle d'exposition du matériel Pathé-Marconi, et un salon panoramique à l'étage avec bar et banquettes.

L'auvent supérieur s'ouvre et se transforme en scène accueillant un orchestre. A l'arrière du véhicule et caché de l'extérieur, un mini ascenseur permet aux chanteurs d'accéder au toit pour se produire devant le public.

Les Compagnons de la Chanson inaugurent la scène du superbus bleu. Ainsi leur participation au Tour de France leur vaut d’assurer à chaque ville étape à 21h45, un spectacle dont Europe 1 présidé par Louis Merlin, retransmet des extraits dans le cadre d’un Musicorama. Edith Piaf et Dario Moreno se produiront également sur la scène du camion publicitaire. Dès lors et pendant plusieurs années, le Panhard Pathé-Marconi accompagne la caravane du Tour de France, peinant par ses dimensions à circuler dans certains cols.

Conservé pendant 10 ans par Pathé-Marconi, le véhicule est revendu au journal Le Provençal, puis cédé à son tour au cirque Gulliver qui utilise la remorque repeinte en jaune, tirée par un tracteur agricole. Retrouvé à la casse, le camion Panhard d'origine est sauvé in-extremis par la famille Charbonneaux. L'ensemble complet intègre les ateliers de restauration familiaux.

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Le superbus Pathé-Marconi sauvé par la famille Charbonneaux, joyau de la collection du musée automobile de Reims depuis 1985 - cliché collection Emmanuel Jourquin-Bourgeois.

 

Entièrement rénové et repeint dans sa couleur bleue, le superbus Pathé-Marconi est aujourd'hui l'une des pièces uniques les plus précieuses du musée de l'automobile de Reims inauguré en 1985."

                                                      Emmanuel Bourgeois

15/11/2014

SAMEDI 22 NOVEMBRE 2014 AU CINEMA DE CHATOU : ANNIVERSAIRE DES 20 ANS DE L'ASSOCIATION

 

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Une manifestation à ne manquer sous aucun prétexte

pour l'anniversaire des vingt ans de l'association :

la projection grand écran au cinéma de Chatou

du film Paramount "La Main au Collet" (1954) 

d'Alfred Hitchcock

réunissant l'une des plus belles distributions de l'époque

(Grace Kelly, Cary Grant, Charles Vanel...) 

en présence de Madame Brigitte Auber,

actrice du film, qui évoquera ses souvenirs.

 

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La projection, qui aura lieu à 18 heures samedi 22 novembre 2014, sera suivie d'un buffet salle Jean Françaix sous le cinéma où une séance de dédicaces est prévue en raison de la présence annoncée exceptionnelle :

 

de Madame Brigitte Auber,

"Antoine et Antoinette" (Jacques Becker-1946), "Les Portes de la Nuit" (Marcel Carné - 1946), "Rendez-vous de Juillet" (Jacques Becker - 1949), "La Main au Collet" (Alfred Hitchcock -1954)...

 

de Madame Françoise Arnoul,

"Dortoir des Grandes" (Henri Decoin - 1953), "Si Paris nous était conté", "Napoléon" (1954/55 - Sacha Guitry), "French Cancan" (Jean Renoir - 1955), "Paris Palace Hotel" (Henri Verneuil - 1956), "La chatte sort ses griffes" (Henri Decoin  -1956), "Le Pays d'où je viens" (Marcel Carné - 1956)...

 

de Madame Nicole Trabaud,

Epouse de l'acteur Pierre Trabaud (1922-2005), né à Chatou rue du Val Fleuri ("Normandie Niemen" (1959), "Horizons sans fin" (1953) de Jean Dreville, "Le Défroqué" (Léo Joannon - 1954), "Les Chiffonniers d'Emmaus" (Robert Darène - 1954), "La Guerre des Boutons" (Yves Robert - 1961), auteur du film "Le Voleur de Feuilles"...

 

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Extrait de Cinémonde du 22 décembre 1955

 

 

Adhérents ou non,

nous comptons sur votre présence

 

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09/11/2014

A CROISSY, LES PERSONNALITES DE LA VILLE SUR LE DEVANT DE LA SCENE

 

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La Mémoire de Croissy expose du 8 au 23 novembre 2014 au château Chanorier grâce à des fonds de leurs descendants, l'épopée de ses inventeurs, celle des frères Albert et Gaston Tissandier, dont l'aérostat se posa dans la Plaine de Croissy en 1883 et celle d'Adolphe Kégresse, le créateur des autochenilles qui fut habitant de Chatou puis Croissy et dont l'invention prit son essor à travers les croisières Citroën. Nous encourageons nos internautes à découvrir cette exposition dans le cadre rénové de ce monument historique des bords de Seine où tout a été mis en œuvre pour assurer la convivialité et l'animation du lieu.

La visite comporte plusieurs attraits : d'une part, une découverte complète de la vie et de l'œuvre des frères Tissandier, inventeurs de l'aérostat électrique qui atterrirent à Croissy le 8 octobre 1883 mais aussi auteurs de revues scientifiques, de gravures ainsi que de celle d'Adolphe Kégresse, habitant de Croissy qui fut le père des autochenilles.  D'autre part, les auteurs de cette exposition, Messieurs Norbert Fratacci et Hugues Collantier, l'ont organisée en collaboration avec les familles des descendants desdits inventeurs, ce qui permet de présenter pour la première et sans doute la dernière fois des archives exceptionnelles que l'on ne retrouvera dans aucun musée : gravures des frères Tissandier, véritables œuvres paysagères et architecturales, objets décoratifs liés à leurs expériences, films de la main de Kégresse dans sa propriété du Colifichet dans les années trente, ouvrages et photos liés aux deux aventures... Enfin, ressort une évidence : le bénévolat que consacre Monsieur Fratacci, ancien président de la Mémoire, Chevalier des Arts et des Lettres et initiateur du Pavillon d'Histoire Locale de Croissy à l'entrée du château, à la rédaction des expositions, donne la mesure d'un travail immense qui a pour particularité d'assurer une synthèse et un exposé didactique sur une centaine de panneaux reprenant l'histoire à ses origines jusqu'à la mort des inventeurs.  

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De gauche à droite, Messieurs Fratacci et Collantier qui ont réussi à organiser l'exposition celle-ci cumulant intérêt historique et scientifique, évocations par objets, films et photos d'époque sur les frères Tissandier et Adolphe Kégresse.

 

Loin de dissuader la lecture, les panneaux constamment illustrés apportent un fonds d'informations considérable sur des inventeurs dont le nom est en réalité plus connu que l'œuvre. On ne retrouvera pas une telle exposition avant longtemps. Il est urgent de la découvrir. L'ambiance qui y préside est non seulement celle du talent de la Mémoire qui réussit à monter des expositions aussi abouties mais celle du génie de  grands français dans les épreuves parfois douloureuses qui accompagnèrent leur vie et dont l'œuvre vient d'être honorée avec éclat.

 

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Le château Chanorier à Croissy-sur-Seine

 

 

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La Mémoire de Croissy

 

Secrétariat Général -12 Grande Rue - 78290 Croissy sur Seine

 

 Tel -    01 30 53 49 94 - lamemoiredecroissy@free.fr

 

http://lamemoiredecroissy.free.fr

 

 

 

 

 

podcast

Ecoutez le Stuttgart Radio Orchestra 1956

 "Tempo for Strings"

in "The Golden Age of Light Music - Bright Lights"

 

 

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30/10/2014

PARFUM D'EXPOSITION

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Une sportswoman du Cercle Nautique de Chatou en 1933 - Le Miroir des Sports - collection Pierre Arrivetz

 

Dans les années vingt, le Cercle Nautique de Chatou fut un symbole de la vie des bords de Seine et des régates auxquelles le nom de la commune fut régulièrement associé. A l'occasion de l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925, les actualités Gaumont diffusèrent dans les cinémas un reportage sur les voiliers du Cercle Nautique de Chatou, arguant de leur grand succès à l'occasion de leur venue à l'Exposition. Le Petit Parisien, leader de la presse nationale, rapporta lui aussi l'ambiance extraordinaire qui régnait à Paris avec les défilés sur la Seine :   

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" C’est par centaine de mille qu’il faudra chiffrer l’affluence qui se pressa, tout l’après-midi d’hier, le long des rives de la Seine et sur les ponts entre la Concorde et le Trocadéro. Les fêtes nautiques ont toujours à Paris un gros succès. Comment celle d’hier n’aurait-elle pas fait le maximum dans le cadre de l’Exposition et sous un ciel enfin printanier ?

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Le pavillon extraordinaire d'un éditeur, Cres et Cie, à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925 - collection Pierre Arrivetz

 

Longtemps avant que commençât le défilé – toutes flammes dehors et grand pavois arboré de la flottille de guerre, des bateaux fleuris et des embarcations à voile venues de Chatou, la foule avait envahi les berges du fleuve et les premiers arrivés, les privilégiés, qui purent voir, restèrent jusqu’au soir, prisonniers de ceux, moins heureux, qui se hissaient derrière eux pour « deviner » les régates.

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Le pavillon "Pomone" du Bon Marché par Louis-Hippolyte Boileau, architecte, à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925 - collection Pierre Arrivetz  

 

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Le pavillon des Galeries Lafayette par Joseph Hiriard, Georges Tribout et Georges Beau, architectes,  à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925 - collection Pierre Arrivetz

 

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Le pavillon "Primavera" du Printemps par Henri Sauvage et Serge Wybo, architectes, à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925 - le dôme était coloré de galets de verre de René Lalique - collection Pierre Arrivetz

 

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Le pavillon "Studium Louvre" des Grands Magasins du Louvre par Albert Laprade, architecte, à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925 - Les pavillons des grands magasins français avaient tous pour particularité d'exposer la production de leurs ateliers d'art, une situation inconcevable aujourd'hui - collection Pierre Arrivetz

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Le pavillon de la Compagnie des Arts Français par les architectes Louis Sue et André Mare - l'aménagement intérieur consacra leur production et un ensemble mobilier coloré de la manufacture des Gobelins, "Les Sports" témoignant de l'évolution de la société vers une pratique du sport promue par la construction des premiers grands équipements publics. Sue et Mare, comme tous les architectes présents à l'exposition, furent requis par la Compagnie Générale Transatlantique pour décorer sa flotte de grands paquebots "Paris" (1921), "Ile-de-France" (1927) et "Normandie" (1935) - collection Pierre Arrivetz  

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"L'Hôtel du Collectionneur" par Pierre Patout, architecte, à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925. Aménagé magnifiquement par Jacques Emile-Ruhlmann, il signa le triomphe de l'Ecole Française dans les Arts Décoratifs - collection Pierre Arrivetz 

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Le restaurant de Paris et la fontaine lumineuse de Lalique,  à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925 - collection Pierre Arrivetz

 

Le coup d’œil était d’ailleurs charmant. Y-a-t-il un effort plus harmonieux  que ceint d’une équipe de rameurs bien stylée ? une poussière d’eau se lève sous le coup des rames et les yoles légères semblent voler au-dessus. Les grandes  ailes triangulaires des bateaux à voiles ressemblent à d’étranges oiseaux. Et les baleinières, les canots-majors, les remorqueurs,  les torpilleurs de la marine de guerre n’ont besoin, comme le sous-marin Euler, que de paraître avec leurs cols bleus bien alignés pour soulever l’enthousiasme populaire.

Le soir venu, ils rejoignirent leur port d’attache du Trocadéro en tirant de toutes leurs pièces. Les cloches installées près du pont Alexandre III  sonnaient à toute volée. Les manèges et le chemin de fer à catastrophes sifflaient et hurlaient. Tous les cafés avaient leur orchestre. Et de la foule qui déroulait, dans une poussière dorée ses volutes multicolores, il montait le même brouhaha qu’aux halles, le matin, ou à la Bourse, vers deux heures.

 

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Les péniches du couturier Paul Poiret, créateur du drapeau du Cercle Nautique de Chatou,  à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925 - collection Pierre Arrivetz

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Le Pont Alexandre III de nuit à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925 aménagé par l'architecte Maurice Dufrène - collection Pierre Arrivetz

 

On put, tant les gens se pressaient, se bousculaient, s’embouteillaient, concevoir un instant  des craintes pour la sécurité  de quelques passerelles et de certaines barres d’appuis. Elles ont tenu. Il est peu probable qu’elles soient mises jamais à plus rude épreuve qu’hier. On dut suspendre sur l’Esplanade la circulation des cars qui permettaient la visite, sans fatigue, de l’Exposition. Dans la foule, ils n’auraient d’ailleurs pu avancer.

 

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Le pavillon de l'Afrique Occidentale à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925 - collection Pierre Arrivetz

 

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Le Grand Palais, construit lors de l'Exposition Universelle de 1900, s'inscrivait dans le parcours de l'Exposition 1925 installée entre la Cour des Invalides et les Champs -Elysées. Des fêtes de nuit s'y déroulèrent pendant la durée de l'Exposition, ici la foule des spectateurs assistant à une revue sur les marches de l'escalier monumental - collection Pierre Arrivetz

 

Hier, une partie du public, qui avait pris place sur la berge, dans une enceinte réservée entre le pont Alexandre et le pont de la Concorde, fut privée, bien qu’elle eût payé son entrée, d’une part du spectacle. Cette erreur d’organisation sera aujourd’hui réparée. Au surplus, le clou de la journée sera le défilé lumineux qui partira de l’Alma vers 22 heures et qui déroulera jusqu’à minuit entre les rives embrasées, parmi les fontaines électriques et les péniches illuminées, la féérie de ses artifices, de ses fleurs, de ses girandoles et de ses arabesques incandescentes.

R.N

Le Petit Parisien - 1er juin 1925

11/10/2014

CENTENAIRE 1914-1918 : L'ASSOCIATION FAIT APPEL AUX FOYERS DE CHATOU ET DES ENVIRONS POUR UNE NOUVELLE FRESQUE SONORE

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Un cliché terrible : lors de l'assaut de la forteresse de Combles (Picardie), une charge de fantassins français au milieu des obus et des tirs de mitrailleuses, le lieutenant qui donne l'assaut vient d'être touché. Reportage de "J'ai Vu" - octobre 1916. 

 

A Chatou, 267 soldats morts au front. En France, 1,3 millions de morts, en Russie, 1,7 millions, en Angleterre, 706.000, en Italie, 460.000, en Belgique, 102.000, aux Etats-Unis, 50.000 morts.

La plus grande tuerie de l'histoire dont les conséquences se comptèrent en nouveaux massacres tout au long du XXème siècle ne pouvait être occultée par l'association.

Afin de transmettre les témoignages du passé aux générations futures, Chatou Notre Ville, grâce à l'industrie et aux collections uniques de voix historiques de José Sourillan, ancien directeur documentation de RTL, et à l'ingénierie d'Arnaud Muller, vice-président de l'association, a décidé de réaliser un coffret audio sur la Première Guerre Mondiale, incorporant les voix d'une cinquantaine de personnalités de l'époque et associant les témoignages de descendants de nos soldats.

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Le Petit Journal 1916 - collection P.Arrivetz

L'association lance donc un appel à tous les foyers de Chatou et des environs pour rechercher les écrits de leurs aïeuls sur le front. En effet, leur lecture par leur propre famille fera l'objet d'enregistrements par l'association, permettant de rendre l'émotion qu'il convient à cette tragédie où l'héroïsme a vaincu la guerre.

Nous espérons que vous serez nombreux à répondre à notre appel.

Pour le conseil d'administration,

Pierre Arrivetz

piarri@orange.fr / 06 33 33 25 76

 

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05/10/2014

ANDRE DERAIN ET MAURICE DE VLAMINCK, DES NOMS DE CHATOU

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Un cliché pour l'histoire - " Toute la vie - n°26 - 1942 "

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Maurice de Vlaminck (1876-1958) vécut à Chatou de 1893 à 1905 39 rue de Croissy (rue du général Colin depuis 1918) puis 87 rue de Saint-Germain (avenue Foch depuis 1931). Il livra son témoignage à l'occasion de l'exposition à la Galerie Bing à Paris en mars 1947, exposition dont le titre était "Chatou".

 

"Au mois de juillet 1900, étant en permission  de quinze jours (ma libération devait avoir lieu en septembre), j’avais pris à Chatou le train pour Paris. Dans le compartiment où j’étais monté, assis en face de moi se trouvait André Derain. Bien qu’habitant depuis toujours le même pays, nous ne nous étions jamais adressé la parole.

Nous nous connaissions seulement de vue, pour nous être souvent croisés dans les rues du village. Derain avait assisté à des courses de vélo auxquelles je participais. Maintes fois, il avait pu me rencontrer, mon violon sous le bras ou trimbalant des toiles et ma boîte à couleurs.

A cette époque, Derain avait à peine vingt ans. C’était un grand type efflanqué, aux longues jambes. Il était habituellement vêtu d’un manteau à pèlerine et coiffé d’un chapeau  mou. Il avait vaguement l’air d’un escholier de la Basoche du temps de Louis XV : quelque chose comme un François Villon amélioré…

Je ne sais quelle rage intempestive me le fit attaquer : -         « ça va bientôt être votre tour de chausser des godillots ! » -         « pas avant l’année prochaine, me répondit-il, un peu interloqué. » Le même  soir, nous nous retrouvions sur le quai et nous reprenions notre entretien. Le résultat de cette rencontre fut qu’on se promit de travailler ensemble.

De notre historique atelier, des fenêtres d’où l’on apercevait le village de Chatou, le bateau-lavoir amarré à la berge, le clocher, l’église, les chevaux que les charretiers menaient à l’abreuvoir, les voitures des maraîchers qui passaient le pont, pour aller charger les carottes de Montesson et les navets de Croissy, il ne reste, à l’heure où j’écris ces lignes, qu’un dérisoire rez-de-chaussée. Avant que la bâtisse ne s’écroulât définitivement, on la fit battre et on n’en laissa, avec les sous-sols, que quelques murs sur lesquels on posa un toit.

Pour nous, c’est toujours le lieu où fut fondée « l’école de Chatou », premiers germes, premiers essais du mouvement qui devait prendre le nom de Fauvisme. Le Fauvisme n’était pas une invention, une attitude. Mais une façon d’être, d’agir, de penser, de respirer. Très souvent, quand Derain venait en permission, nous partions de bon matin, à la recherche du motif.

Notre habituel terrain de chasse, c’était les côteaux de Carrières-Saint-Denis (Carrières-sur-Seine) qui étaient encore couverts de vignes et d’où l’on apercevait toute la vallée de la Seine. A notre approche, les grives, les alouettes, s’envolaient dans le ciel clair.

D’autres fois, nous partions, pour faire en explorateurs une balade à pied de vingt à trente kilomètres. Nous remontions la Seine jusqu’à Saint-Ouen en suivant la berge. Notre enthousiasme n’avait d’égal que notre endurance et notre bonne humeur. Cinq francs dans la poche : nous n’en demandions pas plus ! nous déjeunions au hasard d’un morceau de boudin ou de petit salé ; tout nous était bon et la vie nous paraissait belle. La fille qui nous servait, les masures dans le soleil, les remorqueurs qui passaient, traînant une file de péniches : la couleur de tout cela nous enchantait… c’était Chatou !"

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Maurice de Vlaminck (1876-1958)

 

 

 

 

Né le 10 juin 1880 à Chatou, André Derain (1880-1954) vécut 13 avenue de Saint-Germain jusqu'en 1900 puis 7 place de l'hôtel de ville et quitta Chatou en 1907. Voici également son témoignage lors de l'exposition de la galerie "Bing":

 

"Chatou ! mais j’y suis né !

J’ai débuté avec le père Jacomin, dont les fils étaient mes camarades de classe, avant 89. Ce père Jacomin était un ancien ami de Cézanne, mais il détestait sa peinture. Je n’ai probablement pas profité de ses leçons. Comme beaucoup d’artistes, le père Jacomin habitait Chatou qui était alors une sorte de « Barbizon », aux portes de Paris.

Il m’emmenait faire du paysage avec ses fils, mais il nous appelait, Vlaminck et moi, les « Intransigeants ». C’est ainsi qu’on nommait, vers 1860, les méchants, les révolutionnaires. Mais même le courroux esthétique change d’expression ; Pierre Wolf avait lancé « les Barbouilleurs » pour flétrir l’impressionnisme.

Les journalistes n’ont eu aucun effort d’imagination à fournir, ils nous ont appelé les barbouilleurs. Comme si Dieu le Père avait orchestré leur indignation, les professionnels du critère, pendant 20 ans de campagne contre l’Art, avaient trouvé le même qualificatif pour Cézanne, Manet, Van Gogh, Lautrec, Gauguin, Henri Rousseau. Picasso, un peu plus tard, devait bénéficier de la même distinction :  barbouilleur ! ça vous classait ! Les deux barbouilleurs se promenaient comme des amoureux, ils avaient un amour commun : la peinture.

Que de fois ai-je accompagné Vlaminck jusque devant sa porte, il revenait jusque chez moi, je le raccompagnais encore, lui aussi, et ainsi de suite jusqu’au matin. Quelques heures après, nous repartions avec la boîte à couleurs et le chevalet de campagne. Toujours grisés de couleur, et de soleil qui fait vivre la couleur !

Vlaminck et moi avons ensuite eu un atelier commun, à côté de chez Fournaise, que les Impressionnistes avaient rendu célèbre. Renoir y a peint « La Grenouillère » et « Les Canotiers », je pense que « Les Demoiselles » de Courbet y ont été peintes en 1855. J’y ai encore vu Degas, en barque, sur la Seine, vêtu d’une épaisse fourrure, en plein mois d’août. Plus tard, les « Intransigeants » sont devenus les « Indépendants ». On nous a appelés les « Fauves » parce que ça « gueulait », mais Chatou, c’était bien notre Jungle."

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André Derain (1880-1954) 

 

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Un coin de Chatou par André Derain, 1900

 

In Catalogue de la Galerie Bing,174 rue du Faubourg Saint-Honoré, mars 1947, exposition « Chatou » 

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Une image du vieux Chatou disparu avec la rénovation-destruction de 1966. La rue de la Paroisse et à gauche à l'angle en 1900, la maison Jarry, marchand de couleurs des peintres de Chatou où venaient s'approvisionner Derain et Vlaminck.
 

23/09/2014

JOURNEES DU PATRIMOINE : PRESENTATION DU COFFRET LES VOIX DE L'APRES-GUERRE 1946-1947 - LE SON DE L'HISTOIRE

VINCENT AURIOL, GEORGES BIDAULT, VICE-AMIRAL BLANDY, LEON BLUM, MARLON BRANDO, MARCEL CARNE, WINSTON CHURCHILL, GARY COOPER, JEAN DELANNOY, CHRISTIAN DIOR, JACQUES DUCLOS, YVES FARGE, ALEXANDRE FLEMING, GENERAL FRANCO, GREER CARSON, GENERAL DE GAULLE, JOSE GIRAL Y PEREIRO, FELIX GOUIN, THOR HEYERDHAL, HO CHI MINH, JOHN EDGAR HOOVER, ANDRE LABARTHE, GENERAL LECLERC,  JOSEPH MAC CARTHY, GENERAL MARSHALL, DANIEL MAYER, JEAN NOHAIN, MARCEL PAGNOL, EVA PERON, RAIMU, FRANCIS TANGUY PRIGENT, PAUL RAMADIER, MARTHE RICHARD, REVEREND PERE RIQUET, JEAN ROBIC, MAURICE SCHUMANN, JESSICA TANDY, ROBERT TAYLOR, PIERRE-HENRY TEITGEN, GENE TIERNEY, MAURICE THOREZ 

ont la parole avec les témoins

de Chatou et des environs 

dans le nouveau coffret de l'association

présenté samedi 20 septembre 2014

lors des Journées du Patrimoine :

VOIX DE L'APRES GUERRE 1946-1947.jpg

Le 20 septembre 2014, salle Jean Françaix place Maurice Berteaux, l’association a continué sa présentation sonore de l’histoire à partir d'un coffret audio réunissant voix officielles et témoignages des habitants, entreprise qu'elle avait initiée en 2011 en lançant "LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945". Elle a étrenné un nouveau coffret audio inédit réalisé grâce à l’ingénierie bénévole renouvelée et sans équivalent de José Sourillan, ancien directeur documentation de RTL, et de notre vice-président, Arnaud Muller. 

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Deux ouvriers de l'histoire sonore : à droite Arnaud Muller, vice-président de Chatou Notre Ville, co-réalisateur avec José Sourillan, ancien directeur du service documentation de RTL et plus grand collectionneur de voix parlées en Europe, à sa gauche.  

Grâce au prêt de la salle par la municipalité, les deux réalisateurs ont en effet pu livrer des extraits de leur œuvre dans des enregistrements sur l’après-guerre consacrée à la période 1946-1947 concrétisée dans un disque d’un peu plus d’une heure mêlant la politique, la guerre d'Indochine, la mode, le cinéma, l’industrie… dans un tour du monde  des événements de l’époque. 

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L'assistance, qui avait le goût de l'histoire, comptait dans ses rangs quelques élus catoviens, Monsieur François Schmitt, Madame Michèle Houssin, Madame Véronique Pecheraux, également administratrice de Chatou Notre Ville, et même des élus du Mesnil-le-Roi, Madame Martine Poyer, actuelle administratrice et co-fondatrice de Chatou Notre Ville en 1994 accompagnée de son collègue du Mesnil, Monsieur Marcel Roche.  Monsieur Lucien Ruchet, trésorier de l'Amicale des 27 Résistants et Fusillés et Monsieur Philippe Blache, président de l'association philatélique de Chatou, féru d'histoire et de cinéma, avaient également répondu présent à cette invitation.

 

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Parmi les voix, celle de Raimu dans "La Partie de Cartes" du film "Marius" d'Alexander Korda sur un scénario de Marcel Pagnol en 1931, dialogue enregistré et produit en disque 78 tours aux usines Pathé-Marconi de Chatou sous le label Columbia.

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Le départ du Général de Gaulle de la présidence du gouvernement provisoire de la République le 20 janvier 1946 débute les enregistrements. Sa déclaration à la radio est retransmise dans le coffret.   

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Le buffet qui a suivi a lui aussi semble-t-il emporté l'adhésion et l'ambiance conviviale s'est achevée sur une injonction du président de l'association : rendez-vous le samedi 22 novembre 2014 au cinéma Louis Jouvet pour fêter les 20 ans de Chatou Notre Ville à travers la projection d'un film à suspens d'Alfred Hitchcock en présence d'une actrice du film.

 

Clichés Véronique Pecheraux

  

N.B : toutes les éditions et manifestations historiques de l'association (livres, revues, disques, projections cinématographiques) sont réalisées sans subvention

 

DERNIERE MINUTE

LE COURRIER DES YVELINES DU 24 SEPTEMBRE 2014

MET LES REALISATEURS A L'HONNEUR

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13/09/2014

FRANCE-AMERIQUE DU SUD : LE PAQUEBOT "L'ATLANTIQUE" PAR GEORGES REMON

 

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Le 15 avril 1930, la Compagnie Sud-Atlantique (1912-1962) lança son navire amiral pour la liaison avec l'Amérique du Sud, le paquebot "L'Atlantique". Celui-ci attira à les regards du monde par la variété et la profusion de ses aménagements Art Déco.

Depuis l'exposition internationale des Arts Décoratifs de Paris de 1925 en effet, l'Art Déco trouvait un épanouissement et des ambassadeurs de premier plan dans les grands paquebots français, dont le style éclipsait la concurrence.

Ainsi, les navires qui suivirent l'exposition,"Ile-de France" (1927), "L'Atlantique" (1930) et "Normandie" (1935) devaient-ils porter à eux seuls le drapeau de la création française.

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Grille de Raymond Subes sur "L'Atlantique"

 

"L'Atlantique" connut comme presque tous ses congénères un destin tragique, réduit en cendres dans un incendie le 5 janvier 1933 au large de l'île de Guernesey.

Le décorateur catovien Georges Rémon, qui fut notamment directeur de l'Ecole des Arts Décoratifs de la Ville de Paris et participa à l'aménagement des navires de la Compagnie Générale Transatlantique et de la Cunard, écrivit lors du lancement du paquebot :

"D'autres insisteront sur  les caractéristiques de ce magnifique monument, l'un des plus considérables qui aient été édifiés à ce jour par la science de nos ingénieurs, construction puissante atteignant en longueur 227,10 mètres, comptant une largeur maximum de 30 mètres, jaugeant 40.000 tonneaux et dont on nous dit qu'il barrerait sans peine la place de la Concorde depuis l'entrée des Champs-Elysées jusqu'à l'entrée des Tuileries.

Cette "ville flottante", honneur de notre marine de commerce qui accomplira le voyage aller et retour de Bordeaux à Buenos-Aires escales comprises, en un temps record de trente jours, n'a pas pour unique mission de raccourcir ainsi considérablement la distance qui sépare la France de l'Amérique Latine.

La Compagnie Sud-Atlantique à qui nous devons la réalisation de ce paquebot aux proportions gigantesques a voulu que, nanti de tout le confort, de tous les agréments du style décoratif moderne, il servit, par l'exemple, la cause du goût français. 

Nulle propagande qui soit de meilleur ton et mieux appropriée à sa destination même. Le luxe est ici de bon aloi. Le décor épouse partout des exigences, les servitudes du parti constructif.

On sent que le programme a été longuement médité et que la difficulté des problèmes à résoudre a stimulé le zêle et l'ingéniosité des architectes et décorateurs.

Après avoir ouvert un concours entre décorateurs organisé sous le patronage de la Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie, la Compagnie Sud-Atlantique fut conduite à confier l'ensemble des travaux à divers artistes, tout en soumettant les maquettes de décoration à l'appréciation du maître Albert Besnard qui accorda son agrément aux grandes lignes architecturales et aux harmonies de couleurs.

Ce qui frappe tout d'abord, lorsque l'on pénètre à l'intèrieur du paquebot, c'est l'économie de plan et la présence - véritable innovation - d'une longue galerie médiane qui part du hall d'embarquement et se prolonge dans l'axe du bâtiment.

C'est une véritable rue, bordée de boutiques aux luxueuses devantures, aux prestigieux éclairages, œuvre des excellents architectes Patout, Raguenet et Maillard à qui est due également l'opulente salle à manger des premières classes.

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L'attention des artistes s'est portée avec un raffinement particulier vers les recherches de couleurs.

Le hall d'embarquement fait contraster la somptuosité des parois de marbre blanc, la préciosité des pilastres en métal argenté avec les boiseries en noyer, ces tonalités étant soutenues par le tapis caoutchouc incrusté de motifs géométriques.

La salle à manger s'orne de magnifiques panneaux en laque argentée de Jean  Dunand, représentant une jungle stylisée merveilleusement décorative.

Un escalier d'apparat conduit au grand salon, mesurant 21 mètres de long sur presque autant de large et prenant jour sur le pont-promenade par douze fenêtre ornées de glaces azurées.

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Rampe et escalier d'apparat de "L'Atlantique" par Raymond Subes

 

A l'extrêmité des pièces de réception se trouve le salon de conversation ou salon ovale, dont la coupole est supportée par dix piliers de 9 mètres de haut. Les murs sont en palissandre verni et s'ornent  d'une frise en laque rouge. Le sol comporte une piste de danse en marqueterie.

Une petite chapelle est située à l'angle. Décorée par Alfred Lombard dans des tons très tendres, elle nous fait admirer son maître autel  en fer forgé et marbre et une joilie grille de communion , ouvrage de Raymond Subes.

Il n'entre pas dans le plan de ce bref article de décrire les installations diverses et complètes qui ont été prévues pour enchanter le séjour des passagers de tout âge, ni les différents bars, ni la salle de jeux des tout petits, ni la piscine en gris et bleu due à Hennequin et Landat ni les salles de culture physique, non plus que les emplacements réservés à la radiotélégraphie ni même tous les éléments de confort et de charme, dispositifs ingénieux, motifs décoratifs, matèriaux divers, qui sèment un peu partout leur note originale.

Nous tacherons surtout de présenter les intérieurs, les deux appartements de grand luxe qui ont été confiés respectivement à René Prou et à Montagnac et les appartements dits de luxe auxquels manquent la salle à manger privée et la terrasse particulière figurant dans les deux précédents.

L'appartement de Montagnac comporte un vestibule d'où l'on accède aux autres pièces, au salon qui occupe le centre entre la salle à manger, à droite, et la chambre, à gauche, les trois pièces donnant sur le pont.

Le salon harmonise entre eux les tons beige, marron, or, argent, gris et rouge corail.

Les lambris sont laqués beige marron ; le mobilier, en palissandre de Rio, se compose d'un meuble d'appui surmonté d'une glace en métal nickelé. La table de milieu comporte un plateau réversible. Les sièges sont couverts de velours fourrure ton loutre et corail.

La nuance corail se retrouve dans les linéaments ornementaux du tapis gris et beige et dans les rideux de soie.

La chambre, aux boiseries en sycomore, avec parcloses en métal nickelé, comprend deux lits séparés par une table de chevet supportant le téléphone, une coiffeuse avec tirettes à l'anglaise et surmontée d'une glace ronde, un bureau de dame, deux fauteuils et une chaise recouverts en velours fourrure argent et rouge capucine, deux penderies formant coffres encastrées dans les lambris de part et d'autre des lits. L'harmonie générale est dans les tons ivoire, argent et rouge capucine.

Nous reproductions permettent d'apprécier les proportions de cet ensemble remarquablement étudié et d'où se dégage une impression d'aisance et de luxe sobre et net. La salle à manger, en palissandre de Rio, s'harmonisant avec les tons brun, vert et beige du tapis et des sièges, communique avec la terrasse par une double porte en fer forgé.

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La salle à manger de l'appartement décoré par Montagnac

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Transportons-nous dans l'appartement de René Prou qui a composé, notamment dans sa chambre à coucher, des ensembles d'une rare distinction.

L'entrée beige et gris avec revêtements en chêne de Hongrie donne sur la salle à manger en palissandre où jouent les tons roses et verts des tapis et de la charmante tapisserie verdure d'Aubusson ornant un des panneaux.

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Salle à manger d'un appartement de luxe par René Prou

 

Les portes et les fenêtres, en acier chromé, avec glaces gravées, la console et la desserte en acier chromé, avec dalle de glace, introduisent dans l'ensemble une note de netteté.

Dans le salon, on remarque un judicieux emploi du métal, également dans les portes et fenêtres, sur les portes du bahut, dans le piètement de la table. Les boiseries, en laque rouge gravée, comportent un jeu de baguettes et de plinthes en acier chromé.

La chambre, aux boiseries sycomore, est ornée avec discrétion d'un panneau de galces divisées. Les meubles sont en loupe de frêne verni et nous signalerons tout particulièrement l'armoire, avec ses deux portes en glace gravée, d'une très heureuse composition.

Leleu a décoré l'un des appartements de luxe avec ce soin, ce sentiment des belles ordonnances qui caractérisent les ensembles réalisés par lui.

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Chambre d'appartement de luxe par Jacques Leleu

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Salon d'appartement de luxe par Jacques Leleu

 

La chambre et le salon sont tous deux en loupe de noyer blonds; dans la chambre, les rideaux, le fond de lit et les sièges sont traités dans une harmonie jaune s'accordant à la tonalité ivoire de couvre-lit en velours fourrure.

Dans le salon, les rideaux et les grands sièges sont verts, les petits fauteuils sont recouverts de tapisserie.

Dans l'une et l'autre pièce, des tapis de Da Silva Bruhns.

Nous reproduisons également le bel appartement de luxe qui a été décoré par Robert Valance.

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Une photographie du salon de l'appartement de luxe conçu par Robert Valance

 

Les boiseries sont en palissandre de Rio dont les frisages alternent avec des panneaux à surface calme en bois de fil.

L'une des faces comporte une porte coulissante formant panneau avec un bois gravé au jet de sable représentant "un léopard dans la jungle". Ce panneau, camaïeu sur fond rehaussé or patiné, a été exécuté par Gaëtan Jeannin.

Deux niches ont été pratiquées où viennent s'insérer la commode en palissandre et la table-bureau à dessus maroquin beige.

On remarquera la composition du sol, conçu , de même que le plafond, dans un sentiment géométrique ordonné avec goût. Une moquette et un tapis point noué marient leurs tonalités beige, abricot et brun.

Les meubles et les boiseries de la chambre sont en péroba verni. Une décoration en laque tons écaille, exécutée par Charpentier et Brugier, occupe le panneau de la porte coulissante communiquant avec le salon, ainsi que le fond de lit formant niche.

Les sièges sont recouverts d'un velours fourrure également dans les tons écaille, de même que les dessus de lit. On remarquera les armoires, la penderie, le miroir dissimulé sous la boiserie.

Au sol, un tapis moquette et un tapis au point noué font jouer leurs chaudes tonalités beige et abricot avec celles des rideaux de satin également abricot.

Dim, à qui est échue la décoration d'un appartement de luxe, a composé un palette décorative chaude et vibrante avec une prédilection pour les tonalités claires. Le salon, en boiserie frêne verni, s'ordonnance harmonieusement grâce aux pilastres arrondis en noyer verni. C'est le bois choisi pour les meubles et les sièges que recouvre un dams gris et vert de Dufy.

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Chambre de l'appartement de luxe décoré par la maison DIM

 

La chambre, en palissandre, s'égaie des tons gris et rose de la tenture en reps de soie et du drap rose recouvrant les sièges.

Outre les appartements, un certain nombre d'installations méritent une mention toute particulière.

Ainsi du café des premières classes  et du hall des secondes classes exécutés par Alavoine. Le café, lambrissé en chêne de Macassar, offre certaines parties de laque rouge. 

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Le bar des premières classes par Alavoine

 

Si, en plein jour, la lumière pénètre abondamment par les larges portes et baies pratiquées sur trois côtés, le soir, l'éclairage artificiel est diffusé par un plafond à plans courbes, d'une ligne très heureuse.

Le bar, où se marient les tons de l'ébène aux applications de métal, nous montre une suite de panneaux décoratifs, élégantes compositions de H.Redard, exécutée en glace gravée.

Les grands fauteuils sont en cuir rouge, les petits sont garnis de velours. Le hall affecte la forme d'un fer à cheval. De part et d'autre de la piste à danser centrale se trouvent le salon de correspondance et le salon de thé.

Au mur, des lambris de noyer verni. Sur le sol, un tapis caoutchouc à ornements géométriques.

Ces deux ensembles unissent avec un goût très sûr le parti décoratif aux exigences  du confort. On admirera l'heureuse réalisation de la maison Waring et Gillow à qui a été réservée la décoration du restaurant des premières classes.

Paul Follot qui a dessiné les maquettes avec son sentiment très profond de la stylistique traditionnelle, a su créer une impression de luxe sans rien négliger des modes de construction modernes.

L'emploi de colonnes lumineuses en verre pressé, de tablettes de glace, le choix des luminaires, et notamment des plafonniers en dalle de verre avec armature en métal chromé ne jure pas avec la richesse des tapis en haute laine d'Aubusson, avec la somptuosité des laques murales aux tons bruns dorés sur lesquelles se découpe la silhouette claire des meubles en sycomore et des tables en teinte corail.

Partout, on le voit, et nos photos rendent raison de la variété des procédés auxquels architectes et décorateurs ont eu recours, on s'est énormément soucié d'adapter l'installation des pièces aux nécessités de la construction et l'on a su en particulier traiter avec un rare bonheur le problème de la couleur et celui de l'éclairage.

De l'avis de tous ceux qui ont visité "L'Atlantique", il représente, non pas comme on l'a écrit assez improprement, un musée flottant mais une affirmation irréfutable de pouvoir de séduction et de la vitalité de notre art moderne.

Personne qui ait regretté les décors de style. Personne qui ne se soit récrié d'admiration devant le prodige de grâce et de beauté authentiques réalisé par une élite d'artistes.

Ainsi, pendant que la science des ingénieurs s'applique à abréger le plus possible de la durée de la traversée, le goût de nos décorateurs, les nuances de charme, de confort, d'intimité partout introduites grâce à eux feront peut être aux passagers privilégiés qui pourront savourer des joies rares trouver le voyage trop court.

Contraste piquant où se vérifie le vieil adage : "ars longa, vita brevis" (la vie est brève, l'art est long).

Georges Rémon

Mobilier et Décoration - 1930

 

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