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16/07/2014

BELANGER (1744-1818), L'ARCHITECTE DE L'ELEGANCE

En prenant l’avenue Foch, vous croiserez au bas du boulevard de la République deux pavillons d'entrée donnant sur le château de la Faisanderie, demeure du Second Empire érigée à la place d’un pavillon de chasse construit par François-Joseph Belanger, architecte des Menus-Plaisirs de la cour de Louis XVI.

Né le 12 avril 1744 à Paris, Belanger fut l’auteur de jardins et pavillons très élégants qui firent sa fortune, notamment le parc de Bagatelle qu’il réalisa pour le comte d’Artois dont il était devenu le Premier architecte en 1777. Il fut également l’architecte de Beaumarchais qui lui fit faire son jardin. Quelques aquarelles de sa main en ont conservé témoignage.

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Aquarelles de Belanger représentant le jardin qu'il avait dessiné pour Beaumarchais porte Saint-Antoine - aquarelles vers 1789 - source : Bibliothèque Nationale de France - Gallica.Fr

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Emprisonné sous la Révolution, Belanger évita l’exécution grâce à la chute de Robespierre. Libre et réhabilité, il devint commissaire de la commune et put rencontrer en 1795 le fils de Louis XVI à la Prison du Temple. Sur sa permission, il exécuta le portrait de l’enfant. Il donna ainsi sans le savoir la dernière image du malheureux dauphin qui devait mourir quelques jours plus tard.  Belanger fit alors réaliser son buste par le sculpteur Beaumont.

Sous l’Empire, Belanger réalisa une coupole en cuivre pour la Halle aux Blés en 1811, afin de protéger le bâtiment de l’incendie.

En 1814, âgé de 70 ans, François-Joseph Bélanger accueillit avec joie le retour des Bourbons pour la rentrée desquels il exécuta en treize jours une statue équestre en plâtre d’Henri IV sur le Pont-Neuf destinée à remplacer la précédente, détruite sous la Révolution. Le comte d’Artois (futur Charles X), qui n’avait rien oublié après  vingt-cinq ans d’exil, le nomma intendant de ses bâtiments et le fit chevalier de la Légion d’Honneur. Belanger eut peut-être le sentiment d’une injustice réparée. Ses œuvres firent également merveille en Angleterre mais à la suite de destructions, seuls quelques très beaux plans en attestent encore. François-Joseph Belanger s’éteignit le 1er mai 1818.

En France, le château de Maisons-Laffitte, le parc de Bagatelle et les deux pavillons d'entrée du château de la Faisanderie à Chatou portent sa signature. C’est en 1783 qu’il en donna les plans au comte d’Artois, alors propriétaire des garennes du Vésinet qui s’étendaient jusqu’au Pecq.

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Les pavillons de Belanger avenue de Saint-Germain dans leur état originel avant 1914 - collection de l'auteur

 

Les pavillons ont été sérieusement abîmés au XXème siècle. Celui qui abrita longtemps un restaurant fut défiguré dès les années vingt cependant que son pendant a fait l’objet de travaux masquant à jamais son décor de briques. Relevant les vestiges du patrimoine du XVIIIème siècle dans ses ouvrages sur Chatou, Monsieur Jacques Catinat, maire de la ville de 1971 à 1979, s’enquit d’obtenir leur inscription à l’Inventaire des Monuments Historiques. La décision de l’Etat intervînt en 1977. Leur démolition a été évitée jusqu’ici mais reverra-t-on jamais le dessin de Belanger réapparaître sous le voile des dénaturations successives ?

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Les pavillons de Belanger avenue Foch, après 1920. Le pavillon de droite a été défiguré et les deux pavillons ont perdu leurs oeils de bœuf en toiture - collection de l'auteur

 

15/07/2014

L'USINE NOUVELLE VUE DES ARTS DECORATIFS, PAR GEORGES REMON

 

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 L'usine des parfums Phebel à Puteaux (1930) - Le quai de débarquement

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L’usine de l’entre-deux-guerres a subi des transformations qui l’ont éloignée des monuments du XIXème siècle. Le dernier grand style qui leur aura été imprimé est celui des Arts Décoratifs dont le catovien Georges Rémon (1889-1963) a donné un exemple intéressant dans un article consacré à la nouvelle usine des parfums Phebel à Puteaux (1930).  

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L'usine des parfums Phebel à Puteaux (1930) - Vue de la salle des lotions

« J’imagine aisément la satisfaction avec laquelle un esprit clair, méthodique et décidé tel que le jeune et excellent architecte R. Nicolas a dû entreprendre l’étude du programme qui lui fut soumis pour la fabrique de produits de beauté Phebel  Puteaux : l’édification d’un bâtiment contenant des locaux usiniers mais conservant cependant dans sa presque totalité l’apparence et l’allure d’une maison d’habitation.

Préoccupation qui venait fort opportunément tempérer sans toutefois l’adultérer, la distinction essentielle de cet ensemble et y introduire une nuance plus agréable, l’usine étant également appelée à recevoir une clientèle pour qui un aimable accueil doit être ménagé.

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L'usine des parfums Phebel à Puteaux (1930) - Vue générale

On trouvera une autre terrasse au-dessus des balcons de réception (illustration ci-dessous). Ceux-ci occupent le bâtiment semi-circulaire qui fait pendant à la direction et qui prend jour par une longue baie vitré.

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Le seul examen des reproductions dont s’accompagne notre article montre avec quelle liberté l’architecte a su capter et distribuer la lumière au moyen d’ouvertures construites soit en hauteur soit longitudinalement tout en conservant dans cet organisme bien articulé, le sentiment des justes proportions et du rythme indispensables.

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L'usine des parfums Phebel à Puteaux (1930)

Vue d'ensemble de la cour et jardins

 

Le souci de l’exacte mise en place de chacune des parties, l’obligation de satisfaire aux vœux déjà signalés : urgence d’un contrôle, nécessité d’effectuer une liaison rapide entre les divers services, laboratoires, locaux de fabrication de manutention, étuves, etc, le désir de conserver à l’ensemble une atmosphère de confortable habitabilité, tout cela s’équilibre en un tout harmonieux, logiquement conçu et réalisé avec une louable et magnifique aisance et un bonheur singulier. »

Georges Rémon – Mobilier et Décoration - 1930

 

09/07/2014

70 ANS DE L'ASSASSINAT DE GEORGES MANDEL

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Le 7 juillet 2014, l'association a déposé une gerbe au cimetière de Passy sur la tombe du ministre Georges Mandel, abattu par la Milice 70 ans plus tôt, né à Chatou le 5 juin 1885.

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Cliché de Georges Mandel publié en 1939 mais datant probablement du début des années trente.

 

Discours prononcé par Pierre Arrivetz, président de l'association 

 

"Georges Mandel est né à Chatou à l’actuel 10 avenue du général Sarrail le 5 juin 1885. Cet homme au profil atypique devint le chef de cabinet de Georges Clemenceau lors de son ministère de 1917 à 1920 qui mena la France vers la victoire.

Député indépendant de 1919 à 1924 puis de 1928 à 1940, Georges Mandel  fit de l’efficacité une idée au pouvoir dans un régime marqué par la démission, une efficacité traduite dans son action au ministère des PTT de 1934 à 1936, puis au ministère des Colonies de 1938 à 1940, enfin dans les quelques jours de son passage au ministère de l’Intérieur en juin 1940.

Emprisonné par le régime de Vichy, il fut abattu par la Milice sur complicité allemande le 7 juillet 1944, un mois après le Débarquement sur les plages de Normandie. 

Pourquoi lui rendre hommage lors de ce 70 ème anniversaire de la Libération de la France ? parce que Georges Mandel convainquit le 13 juin 1940 le général de Gaulle de poursuivre la lutte, qu’il mourut pour son patriotisme en refusant à deux reprises l’évasion vers l’Angleterre en 1940 et  demanda sans cesse à poursuivre le combat de la France dans les Colonies. 

Il avait en effet commencé à les réarmer, y avait nommé plusieurs gouverneurs d’opinion résistante qui rejoignirent la France Libre malgré la pression contraire des évènements : Felix Eboué au Tchad, le général Catroux en Indochine, Louis Bonvin aux Indes Françaises.

En Afrique du Nord, le général Noguès, résident général nommé sous le Front Populaire et maintenu par Georges Mandel , télégraphia le 17 juin 1940 au gouvernement Pétain vouloir continuer la lutte aux côtés de la Marine française, alors la 4ème du monde, gageant pour certains des succès en Méditerranée notamment contre l’Italie ainsi que d’importantes difficultés pour l’Allemagne de prendre le contrôle de cette zone face à la coalition navale et aérienne franco-britannique et ce, alors que 700 avions neufs lui avaient été livrés de la métropole. La trahison de l’amiral Darlan, chef de la Marine française, se chargea de briser cette opportunité.

Mais les faits donnèrent raison au ministre Mandel : les premiers pas de la Libération et la renaissance militaire de la France se firent dans les Colonies, l’Afrique du Nord le 8 novembre 1942 où se déroula le premier débarquement américain et où s’organisa le 1er août 1943 par la fusion des Forces Françaises Libres et de l’armée coloniale une armée française de 350.000 hommes qui bientôt libéra le sol de la Corse, de la Provence et de l’Italie.

Peu d’hommes politiques de la IIIème République ont payé de leur sang la tragédie de la Seconde Guerre Mondiale. L’ancien chef de cabinet de Clemenceau et ministre Georges Mandel, ennemi clairvoyant et redoutable du nazisme que Churchill réclamait à ses côtés, fut pourtant de ceux-là.

Sa petite patrie d’adoption, Chatou, est fière de lui rendre aujourd’hui l’hommage de la résistance et de la libération de la France."

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04/07/2014

PARIS 1900 : QUAND PARIS CELEBRE PARIS

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C'est la seconde fois que nous évoquons une exposition parisienne sans rapport avec Chatou. Mais notre conviction est faite : les habitants de la Boucle de Seine devraient aller au Petit Palais conquérir  l'exposition "Paris 1900" ouverte jusqu'au 17 août 2014, l'évocation d'un moment de gloire et d'histoire pour la France.

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Paris en 1900 fut l'apogée de la France à la Belle Epoque, une sorte de carnet de bal du monde submergé par la création et le progrès dans tous les domaines. L'exposition du Petit Palais le rappelle, et présentant l'exposition universelle de Paris, offre au visiteur un regard noyé dans le faste conçu par nos aïeuls, débauche de prestige, de mode  et de fantastique poussée à un point tel que la sidération  et le sentiment de l'irréel guettent le visiteur sur l'existence même de ce qu'ils ont pu voir et de ce qui a pu exister.

La visite laisse en effet sans voix sur le symbole d'une réussite époustouflante : art, industrie, enseignement... la France était donnée pour la référence du monde et Paris, coeur battant d'une nation épanouie, affichait le spectacle permanent d'un pays brillant du passé et de l'avenir.

Le Petit Palais dont le décor est en lui-même la quintessence de l'Exposition Universelle de 1900 pour laquelle il fut construit, permet de goûter à l'ambiance de l'époque. Il accueille également les visiteurs dans un espace de restauration de grande qualité face à un jardin intérieur où fut tourné  il y a quelques années pour les chaînes du monde entier "La Traviata", achevant un moment de dépaysement incomparable.

Plus qu'une exposition, "Paris 1900" est une inspiration qui fait honneur à la France.

 

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Les fenêtres du Petit Palais s'illuminent d'un décor changeant de couleur et scintillant dans la nuit de l'Exposition Universelle 1900.

 

P.S : le film projeté des Frères Lumières sur l'inauguration de l'exposition laisse apparaître un homme qui s'adresse furtivement à Emile Loubet président de la République. Ne ressemble-t-il pas farouchement à Maurice Berteaux, député-maire de Chatou et ténor millionnaire du parti radial-socialiste ? 

 

 

 

22/06/2014

ASSEMBLEE GENERALE 2014

 

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Nous rappelons à nos adhérents

que l'assemblée générale ordinaire

de l'association Chatou Notre Ville

aura lieu exceptionnellement

 le VENDREDI 27 JUIN 2014 à 20h30

15 bis avenue Victor Hugo

à Chatou.

 

 

 

Ordre du jour :

 

Adoption de l’ordre du jour

 

Approbation du compte-rendu

d’assemblée générale du 24 février 2013

 

Rapport financier

 

Rapport moral

 

Election du conseil d’administration

 

(Membres actuels du conseil d'administration: Pierre Arrivetz, président (fondateur), Arnaud Muller, vice-président, François Nicol, trésorier, Olivier Becquey, secrétaire, Suzanne Blache, secrétaire-adjointe, Véronique Pecheraux, Nathalie Nordin, Bernard Bourquin, Lars  Nordin, Michel Cazals de Fabel, Evelyne Du Pan, Philippe Storm, Martine Poyer (fondatrice), Jean-Claude Roekens (fondateur), Lee Neumann, administrateurs)

 

Candidatures nouvelles : Elie Marcuse, Paul Victoor, Dominique Sevin, Marc et Monique Héritier, Jean-Noël Roset, Gabriel Lenoir. Rappel : le conseil d’administration élit son bureau.

 

Actions pour 2014 (20 ans de l’association…)

 

Questions diverses

 

Diaporama

 

Buffetvente revues, livres et disques

 

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20/06/2014

MAXIME LAUBEUF (1864-1939), HONORE PENDANT LA DROLE DE GUERRE

Janvier 1940 : il ne se passe rien en France. La Pologne a été écrasée par l’Allemagne et l’URSS, ses classes dirigeantes sont déportées ou assassinées, la Finlande héroïque offre une résistance inouïe aux armées soviétiques, on réfléchit à la secourir, mais finalement on attend.

 

L'aviation est inexploitée,  l'artillerie déclassée, les munitions insuffisantes,  l'infanterie chargée comme une mule, l'état-major périmé, la ligne Maginot jugée infranchissable mais non prolongée jusqu’à son terme pour ne pas vexer la neutralité de la Belgique.

 

Seule la marine française représente un corps de première classe. Devenue la quatrième du monde et la seconde en Europe, elle est précisément appelée à ne jouer aucun rôle sur un théâtre d’opérations continental. Hitler, qui n’a plus de front à l’est, prépare en toute quiétude l’invasion de la France et de la Belgique.

 

Les Français, otages des erreurs stratégiques de leurs gouvernements et de leurs chefs militaires depuis dix ans, de leurs batailles intérieures qui ont occulté l’essentiel, vivent les appels à la gloire passée. Chatou, commune de 11.000 habitants, commémore.

 

Le 21 janvier 1940, un hommage est rendu à l’un de nos grands hommes : Maxime Laubeuf (illustration ci-dessous), mort le 23 décembre 1939, parent du catovien François Laubeuf, maire célèbre pour sa conduite pendant la guerre de 1870, fondateur d’une grande entreprise de la ville.

 

Maxime Laubeuf a mis au point une invention dont la postérité n’a pas mérité les refus de pension de retraite qui lui ont été adressés. Selon la tradition orale de la famille, il a abrité un temps les plans de son invention dans les ateliers de Chatou pour échapper à un entourage qu'il suspectait.

 

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Le maire, Jules Ramas, prend la parole : "Maxime Laubeuf, ancien ingénieur en chef des arsenaux de la marine  de Guerre, mort fin décembre 1939, était né à Poissy  en 1864 et, fils d’Alexandre Laubeuf, maître charpentier, il était le petit-neveu de François Laubeuf, qui assumant en 1870-1871 les fonctions de maire de Chatou, aurait été fusillé par les allemands s’il n’eut été sauvé par l’intervention héroïque de l’abbé Borreau, curé de la ville. Maxime Laubeuf était apparenté comme petit cousin issu de germain, aux familles Laubeuf et Médard qui résident toujours à Chatou, et deux fils lui survivent."

 

Au nom de tous, le Maire leur exprima ses condoléances.  Il résuma ensuite la carrière de Maxime Laubeuf :

 

"Entré jeune au collège Chaptal, il fut reçu dans les premiers à Polytechnique où il sortit idéalement dans les premiers en 1883. En 1887, il était nommé sous-ingénieur de la Marine. En 1891, il était ingénieur. En 1900, il fut désigné comme ingénieur en chef des arsenaux de la Marine de Guerre. Il se distingua en 1898, lors d’un concours pour l’élaboration d’un torpilleur pouvant naviguer sous l’eau en présentant le projet du submersible « Le Narval » qui fut primé et adopté de sorte qu’il est juste de reconnaître en lui le premier constructeur de sous-marin doté des qualités militaires indispensables.

 

De 1900 à 1904, il remplit de nombreuses missions à l’étranger, au titre de la Marine. Dés 1904, des chantiers placés sous sa direction sortirent : « le Nautilus », « le Farfadet », « le Pluviôse » etc…En 1906, il quitta le service actif pour se consacrer aux études de submersibles et torpilleurs. A deux reprises, en 1900 et 1908, il fut lauréat de l’Académie des Sciences dont il devint membre  jusqu’en 1920. En 1914, il reprit du service actif jusqu’à la fin des hostilités et continua ultérieurement une vie tout entière consacrée au travail et à l’étude. »

 

Le 23 novembre 1898, le premier sous-marin de combat de l'histoire maritime avait été mis en service sur les plans de l’ingénieur Maxime Laubeuf. Le « Narval » avait une double coque, l’intervalle étant occupé par des ballasts dont le remplissement permettait la plongée. La force motrice pour la navigation en surface était basée sur une machine à vapeur et la navigation sous-marine sur un moteur électrique. Il disposait d’une autonomie de 500 milles en surface et complète en plongée grâce au rechargement des batteries.

 

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Le Narval, premier sous-marin autonome de combat conçu par Maxime Laubeuf
 
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Le Farfadet, conçu par Maxime Laubeuf et lancé en 1912
 
 
 

A l"unanimité, le conseil municipal de Chatou décida le 21 janvier 1940 de donner le nom de Maxime Laubeuf au quai de Seine entre le pont de chemin de fer et Croissy.

 

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L'ancien chemin de halage vers Croissy 
et ses villas de villégiature du Second Empire dans le style chalet
 fut rebaptisé quai Maxime Laubeuf le 21 janvier 1940 
 
 
 
 
 
 
En janvier 1940, la Marine faisait honneur à Maxime Laubeuf. Comptant 7 cuirassés, 2 porte-aéronefs, 19 croiseurs, 32 contre-torpilleurs, 38 torpilleurs, 77 sous-marins, elle représentait la seule arme avantageuse pour la France.
 
Entre la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 et l'Armistice du 22 juin 1940, la Marine escorta entre Brest et la Méditerranée 175 convois français rassemblant 1.457 navires marchands dont 7 seulement furent coulés par l'Allemagne. Elle se distingua également par la protection de 56 convois anglais et alliés représentant 2.157 navires marchands. L'Armistice, l'agression anglaise de Mers-El-Kébir (3 juillet 1940 - 1.380 morts), le sabordage de Toulon, mirent fin  à l'espoir d'une marine résistant tout entière à l'occupant.
 
 
 
Sources :
 
- Registre des délibérations du conseil municipal
- France Illustration du 1er janvier 1949 (Le Monde Illustré)
- Vingt ans de politique navale - Espagnac du Ravay (Editions Arthaud)

 

16/06/2014

QUAND LE GAUMONT-PALACE ECLAIRAIT LES ARTS DECORATIFS (1931)

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Le décorateur catovien Georges Rémon (1889-1963), habitant du 61 avenue Foch, a animé la chronique des Arts Décoratifs pendant l'entre-deux-guerres, en particulier dans la revue "Mobilier et Décoration" dont il fut l'un des rédacteurs jusqu'en 1932.

Le sujet que nous reproduisons après recherches à la bibliothèque Forney est un thème flatteur pour l'industrie du cinéma mais aussi un témoin disparu de son passé glorieux : le Gaumont Palace autrefois situé 1 rue Caulaincourt dans le 18ème arrondissement de Paris.

Acheté et rénové par Gaumont en 1911 qui en fit l'une des plus grandes salles de spectacle et son siège social, il fut transformé en salle Art Déco de 5.000 places en 1931 par la firme.  Vendu en 1973 pour des questions de rentabilité et par ailleurs non protégé, il fut entièrement rasé. 

Mais laissons le catovien George Rémon évoquer cette oeuvre qui vint soutenir l'Art Français.

"J’ai, sous les yeux, l’excellente description publiée par la société Gaumont sur les transformations subies par le Palace du boulevard de Clichy, devenu, par l’ampleur de ses proportions, par le nombre de places qu’il contient et, plus encore, par l’importance des aménagements techniques et scientifiques qui y ont été introduits, le plus magnifique et le plus moderne de nos cinémas.

On a bien raison d’y évoquer l’historique de cette grandiose salle de spectacle depuis l’Hippodrome, la piste gigantesque en forme d’ellipse où évoluaient, sous le règne de Bostock, des multitudes de personnages et d’animaux dans un décor qu’on voulait le plus fastueux possible.

C’est en effet un chapitre que Paul Morand devrait ajouter à cette piquante chronique rétrospective intitulée par lui : 1900. Le stade original fut ensuite scindé en deux lorsque la société Gaumont transforma il y a une dizaine d’années le cirque aux destins éphémères en une salle de spectacle cinématographique. Simple adaptation qui laissait subsister toutes les caractéristiques de l’ancienne construction et qui ne correspondait pas aux progrès étonnants  accomplis par le cinéma dans ses multiples avatars.

La société Gaumont décida de réaliser une synthèse imposante des problèmes qui se posent désormais aux fabricants de spectacles et en matière de ventilation, d’hygiène et de confort, de technique du son, de l’éclairage, en matière de visibilité, en soumettant d’une manière aussi rigoureuse que possible le parti décoratif aux lois de la nécessité.

L’entreprise en fut confiée à Monsieur Henri Belloc, qui venait d’édifier le Palais Rochechouart avec un sens extrêmement averti des difficultés du problème.

La place ne nous permet pas d’examiner dans le détail tous les points qui ont été abordés au Gaumont-Palace et résolus. Mais du moins indiquerons-nous les données que nous tenons pour tout à fait essentielles.

Nous n’aurons pas à insister autrement sur la façade qui masque fort opportunément l’ancienne et lui substitue un ensemble ordonné avec beaucoup de simplicité. C’est moins une façade qu’un grand frontispice, une page magistrale d’architecture publicitaire, une immense enseigne lumineuse répondant entièrement à sa destination.

La lumière irradie par et à travers la marquise pourtournant le vaste édifice ; elle jaillit des grandes baies, elle ruisselle en cascade des gradins qui couronnent le tout.

 

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Si l’on pénètre dans le hall, on est d’emblée frappé de ses harmonieuses proportions. Le plafond éclairant affecte une forme originale, un dessin dont le mouvement curviligne inusité accentue la grandeur.

Les tonalités ont été choisies avec goût, les revêtements en marbre, le sol en rose, les portes et les rampes en métal chromé composent un ensemble d’où toute surcharge est exclue et qui a fort belle allure.

 

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La salle, immense vaisseau, accusera, du reste, ce caractère de parfaite unité, mais les proportions en sont si heureuses que l’impression grandiose qui s’en dégage n’apparaît point énorme ou monstrueuse. Tout y est motivé, tout y est à sa place, tout y parle un langage discret et sobre.

 

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L’ancienne salle se trouvait en réalité à la hauteur d’un étage. Monsieur Belloc a ramené la nouvelle salle au rez-de-chaussée et logé en sous-sol divers services.

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L’écran a été reporté assez loin en arrière de l’ancien écran. Mais il fallait respecter à la lettre les prescriptions impérieuses de la préfecture de police. Aussi bien était-il devenu nécessaire de modifier la largeur des couloirs de dégagement et des galeries et d’autre part d’assurer entre les rangées de fauteuils les intervalles réglementaires. On remarque au plafond dont la voûte domine une courbe très aplatie, une succession de nervures transversales. Elles jouent le rôle d’amortisseur de son. L’acoustique a fait l’objet d’études remarquables. L’avènement du film sonore et parlant  a rendu le problème acoustique singulièrement complexe et épineux et on louera Monsieur Belloc et la compagnie Radio-Cinéma dont les savantes observations ont  été couronnées de succès.

 

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L'escalier menant à la salle surplombé par le plafond lumineux du hall

 

La résistance aux réverbérations sonores est assurée par le choix judicieux de matériaux. Les parois des murs sont revêtues d’un feutre peint à une seule couche au pistolet d’un effet très heureux.

Notons encore la forme du sol en cuvette pour permettre de voir la scène de toutes les places. L’architecte a construit deux galeries, la seconde en retrait sur la première.

On remarquera le dessous du balcon réalisé au moyen de gorges en staff et contenant des dispositifs  prévus au point de vue de l’acoustique, de l’éclairage et de la ventilation.

 

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Les fauteuils sont garnis de rouge, armés d’un bâti métallique. Les soubassements en matière incombustible, imitent les frisures d’un bois très foncé. La scène qui compte prés de 15 mètres de hauteur sur 22 de large, est flanquée de deux grands pylones contenant les escaliers d’accès aux chambres des orgues dont on aperçoit les abat-sons éclairés par réflexion.

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Le rideau est en velours rouge, du même ton que les fauteuils. L’ensemble est remarquablement majestueux et impose au spectateur une impression d’intimité et de concentration vraiment subjuguante. A l’entr'acte, on visitera les salons de thé. Le bar, le foyer de la corbeille, les galeries promenoirs, on remarquera dans celle du premier une suite de fresques réalisées au pistolet sur un fond d’argent patiné par un décorateur de talent, Monsieur Gaston André.

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Mais pour avoir une idée complète du splendide travail accompli au Gaumont-Palace, lequel prétend à être le plus grand grandiose « Palais du son et des images vivantes »  connu, il est indispensable de se rendre compte de la nature, de la variété et de l’importance de toutes les installations nécessitées par l’équipement technique électro-technique.

Et n’ayons garde d’omettre que la scène est organisée en prévision de toutes les manifestations spectaculaires possibles, y compris le théâtre, la musique et la danse, et que derrière la scène ont été aménagées les loges d’artistes et les divers services avec ce luxe de confort et de commodité que l’architecte a pu et su apporter dans les moindres parties du prestigieux ensemble qu’il avait à réaliser."

 

Georges Rémon

Mobilier et Décoration - 1931 

                                                                  

Source :

Bibliothèque Forney - Ville de Paris

 

 

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Locomotive SNCF P241 (1948-1952), emblème de l'association

 

 

08/06/2014

CLEMENT LABELONYE, L'INDUSTRIE DU COEUR ET DES OPINIONS

Jean-Pierre-Claude-Clément Labélonye (1805-1874) nous est connu à travers son nom de rue attribué en 1879 à l’ancienne rue du Chemin Vert. Sa très belle villa qu’il fit construire en 1851 (sa déclaration au cadastre date de 1854) subsiste toujours à l’angle de la rue des Pommerots et de l’avenue des Tilleuls.

 

 

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L'image ci-dessus ne représente qu'imparfaitement l'immense corps de bâtiments formant la propriété que Clément Labélonye fit construire et habita avenue des Tilleuls  grâce à sa prodigieuse industrie dans la pharmacie. Son parc, non loti , s'étendait alors jusqu'à l'actuelle rue Labélonye.

 

Les almanachs médicaux ont décliné le nom de Labélonye dans le XIXème siècle à travers une production pharmaceutique dont les noms seuls auraient pu suffire à condamner la perspective d’une guérison : pilules de variolarine-bouloumie contre la fièvre et les névralgies, ergotine et dragées d’ergotine de Bonjean (chimiste médaille d’or de la Société de Pharmacie de Paris), remède contre les hémorragies, pansement des vieilles plaies, huile iodée de J.Personne contre les maladies scrofuleuses et maladies de la peau, jugée plus efficace que l’huile de foi de morue, granules et sirop d’hydrocotyle asiatica contre les maladies de peau, syphilitiques, scrofuleuses, rhumatismales, tissu-sinapisme contenant les principes actifs de la farine de moutarde. Nous étions encore sous le Second Empire et la pharmacie tenait à peu de choses.

 

La grande réussite de Labélonye fut son sirop pour les « maladies du cœur » : « sirop titré à raison d’un tiers de milligramme de digitaline cristallisée par cuillérée à bouche, dose 3 cuillérées à bouche par 24 heures renfermant 4 milligrammes de digitaline cristallisée. »

 

Le sirop de digitale de Labélonye, apparu à la fin de la Monarchie de Juillet, connut un succès resplendissant, au point d’être encore proposé en 1925 dans l’Almanach Catholique Français.

 

Aucun étonnement que Clément Labélonye fut président de la Société de Pharmacie de Paris et qu’il devint un pharmacien réputé et fortuné. D’abord rattaché à d’autres officines de ses confrères, il fonda en 1867 la pharmacie « Labélonye et Cie » 99 rue d’Aboukir, celle-là même dont ses descendants assuraient encore la prospérité en 1925 !

 

Loin de se contenter de la médecine du corps, la médecine des âmes appela Labélonye à professer un républicanisme acharné, depuis son élection comme adjoint au maire du 5ème arrondissement de Paris à la Révolution de 1848 à son élection au suffrage universel masculin au conseil municipal de Chatou sous Napoléon III en 1865, fonction qu’il conserva jusqu’à sa mort en 1874 et dans laquelle il apporta son soutien aux élus de Chatou contre l’indépendance du hameau du Vésinet (361 hectares détachés de Chatou en 1875). Enfin, une carrière plus brève comme député de Seine-et-Oise à l’Assemblée Nationale unique de 1871 le confirma dans son indéfectible attachement au système républicain et son opposition aux monarchistes constitutionnels, qui, bien que légèrement majoritaires, manquèrent leur dernière opportunité.

 

La veuve du député Labélonye et son fils continuèrent à résider dans la somptueuse villa de l’avenue des Tilleuls jusqu’à ce qu’une succession elle aussi d’ordre médical apparaisse dans la personne du docteur Millard (1830-1915), médecin des hôpitaux de Paris, membre du conseil de surveillance de l’Assistance Publique, Chevalier puis Officier de la Légion d’Honneur, qui acquit les lieux en 1892.

 

Les recherches nous conduisent à penser qu’un fait plus particulier en dehors de rencontres à la pharmacie a pu permettre le lien du conseiller municipal Labélonye et du docteur Millard : la guerre Franco-Prussienne. Clément Labélonye était en effet à la tête des ambulances durant le siège de Paris de septembre-octobre 1870 cependant que le docteur Millard était responsable des ambulances du 4ème secteur de Paris.

 

 

Sources :

 

- "Chatou, de Louis-Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878" éditions Alan Sutton (2005)

- Archives municipales de Chatou

- Gallica : Almanachs médicaux

 

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Locomotive SNCF 241 P compound fabriquée aux usines Schneider du Creusot de 1948 à 1952, emblème de l'association.

01/06/2014

L'HOMMAGE DU 18 OCTOBRE 1934

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Louis Barthou, ministre des Affaires Etrangères et Alexandre Ier, roi de Yougoslavie, peu avant leur assassinat le 9 octobre 1934.

"En ouvrant cette séance, je suis certain d’être l’interprète du conseil municipal pour nous associer à l’émotion  que nous avons tous ressentie devant l’odieux assassinat du roi de Yougoslavie et de notre ministre des Affaires Etrangères Louis Barthou. Nous nous inclinons aussi respectueusement devant la mort du grand Français Raymond Poincaré, ancien président de la République. » 

Ainsi s'exprima Léon Barbier, maire de Chatou de 1929 à 1935 lors du conseil municipal du 18 octobre 1934, faisant référence à la disparition de trois hommes qui avaient combattu l’Allemagne.

 

Louis Barthou (1862-1934), ministre des Affaires Etrangères, et  le roi Alexandre Ier de Yougoslavie, avaient été assassinés dans leur voiture à Marseille le 9 octobre 1934 par Ante Pavelic, un croate membre d’une société secrète hostile à la domination serbe, d’obédience fasciste et aux buts terroristes, l’Oustacha.

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L'insécurité effarante qui régnait lors de la traversée du cortège à Marseille au milieu d'une foule considérable permit à l'assassin (à gauche sur la voiture) de se précipiter sur le marchepied de la Delage officielle et de tirer à bout portant sur Alexandre de Yougoslavie et Louis Barthou.

 

Louis Barthou, ancien ministre des Affaires Etrangères en 1917, ancien président du Conseil, père d'un fils unique tué pendant la Grande Guerre, était un défenseur du traité de Versailles mais surtout l’auteur de la Petite Entente avec les Etats issus du démantèlement de l’Autriche-Hongrie et le promoteur d’une alliance générale en Europe contre l’Allemagne incluant l’Italie et l’U.R.S.S. 

 

Avec Alexandre de Yougoslavie, il entendait  réconcilier l'Italie et la Yougoslavie alors que l'Allemagne faisait encore cavalier seul en Europe. Selon l'historien Paul Bisson de Barthélémy, le ministre aurait possédé une ferme rue des Landes dite "du quoniam" et fréquenté Chatou et Le Vésinet.

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Louis Barthou (1862-1934), l'un des plus brillants ministres des Affaires Etrangères de la IIIème République après Delcassé.

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Louis Barthou avec son homologue soviétique, Maxime Litvinoff. Louis Barthou avait promu l'U.R.S.S. à la Société des Nations. 

Raymond Poincaré (1860-1934), mort de sa belle mort six jours après son ami Barthou, avait été le président de la République de 1913 à 1920, le défenseur intraitable des clauses de réparation du traité de Versailles, le sauveur du franc en 1926. De la même génération que Barthou et comme lui d’opinion de centre droit, il incarnait la résistance contre le réarmement allemand.

Alexandre Ier était le fils du roi Pierre Ier de Serbie. Monté sur le trône en 1921, créateur de la Yougoslavie en 1929, Alexandre choisit  comme son père le camp de la France, alliée historique de la dynastie.

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Le président Poincaré pendant la Grande Guerre passant des troupes en revue aux côtés d'Alexandre de Yougoslavie. Sa disparition et celle de Louis Barthou marquèrent la fin de la résistance politique à l'Allemagne.

 

 

La disparition de Louis Barthou et Raymond Poincaré devait laisser la place à la Chambre à un parti modéré affaibli, divisé et sans influence véritable dans l’opinion publique cependant que le régime, dépourvu d'autorités militaires et politiques, agonisant d'instabilité ministérielle, devint le spectateur des troubles intérieurs qu'il avait lui-même contribué à  attiser dans un contexte économique et diplomatique désastreux.

 

 

Iconographie :

- "Vu" du 12 octobre 1934 , collection de l'auteur

29/05/2014

CHATOU, LA VOIX ET L'IMAGE

 

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Le médaillon de Georges Mandel du sculpteur François Cogné offert par la Société des Amis de Georges Clemenceau et posé à l'initiative de l'association Chatou Notre Ville le 5 juin 2008 sur sa maison natale à Chatou 10 avenue du Général Sarrail.

 

L’œuvre de Georges Mandel, né à Chatou 10 avenue du Chemin de Fer (avenue du Général Sarrail depuis 1931) le 5 juin 1885, finira-t-elle jamais d’alimenter les pages de ce blog ? ministre des P.T.T. de 1934 à 1936, Georges Mandel se distingua en transformant une institution empoussiérée et paralysée en  un service de pointe dont l’aura n'a jamais été retrouvée auprès du public depuis la fin de la guerre mondiale.

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L’un des grands évènements dont le ministre fut l’habile promoteur fut sans aucun doute la réalisation  de la première émission de télévision française le 26 avril 1935. Au programme, une présentation de la compagnie de Molière en Italie par Béatrice Bretty. Sociétaire de la Comédie Française de 1914 à 1959, Béatrice Bretty devint la compagne de Georges Mandel, et par cette audition qui dut bien la surprendre, la première speakerine de l’histoire de la télévision.

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Derrière la vitre du studio d'enregistrement au ministère des P.T.T. rue de Grenelle, Béatrice Bretty apparaît pour la première émission de télévision le 26 avril 1935 - Le Miroir du Monde 4 mai 1935 - collection de l'auteur

 

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Une image plus douloureuse, la commémoration à Fontainebleau de l'assassinat de Georges Mandel en 1947. Léon Blum président du Conseil embrasse sa compagne Béatrice Bretty. Georges Mandel avait été assassiné par la Milice le 7 juillet 1944.

 

Le nom de la comédienne du Français ne fut pas seulement associé au natif de Chatou Georges Mandel. Jusqu’en 1956, Béatrice Bretty fit partie des artistes enregistrées par la firme Pathé-Marconi dont les disques étaient pressés boulevard de la République à Chatou.

Pathé-Marconi édita en effet deux disques pour la Comédie Française avec Béatrice Bretty sous le label Pathé (33 tours DTX 168 à 170 et DTX 201 à 203 à étiquette verte) :  la 795ème représentation  du « Bourgeois Gentilhomme » dont la musique de Lulli fut orchestrée par André Jolivet enregistrée  le soir du dimanche 22 mai 1955. Maurice Escande, Jean Piat, Michel Galabru, Hélène Perdrière étaient alors de la distribution. Puis dans « Ruy Blas » de Victor Hugo, Béatrice Bretty servit la pièce entourée notamment de Pierre Dux, Robert Manuel, Georges Descrières, Gisèle Casadessus et Denise Gence.  

 

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Extrait du catalogue "Dernières nouveautés microsillons classique et variétés, La Voix de Son Maître,  Columbia, Pathé, Capitol, M.G.M. n°3 Pathé-Marconi" (1957) - collection de l'auteur 

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La collection des disques de la Comédie Française valut à Pathé-Marconi de recueillir de régulières récompenses telles que le Grand Prix de l’Académie du Disque Français ou le Prix du Président de la République. A l’heure où la télévision n’était qu’un enfant et le théâtre réservé à un public restreint, les disques de la Comédie Française produits à Chatou pouvaient entrer chez les particuliers et dans les écoles. Les voix qu’ils diffusaient contribuèrent à faire découvrir le théâtre. Seule une industrie puissamment armée pour répondre aux modes musicales du moment pouvait se permettre d’éditer des productions plus marginales à caractère éducatif comme celle de la Comédie Française. La conservation de la voix des sociétaires qui ne franchirent jamais les portes du cinéma y trouva son compte.

 

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Aspect en 1998 de la façade de l'usine Pathé-Marconi érigée entre 1929 et 1931 rue Emile Pathé, berceau du microsillon en 1951 - le style Art Deco et le symbole d'un siècle d'industrie phonographique n'empêchèrent pas sa destruction en 2004 à la demande de la municipalité.

 

Derrière l’évocation de Georges Mandel et de Pathé-Marconi, le patrimoine de Chatou n'a-t-il pas gagné la postérité du son et des images au XXème siècle ?

 

Bibliographie :

"Chatou, une page de gloire dans l'industrie" (2012), édition Chatou Notre Ville

 

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