22/07/2013
LE CERCLE NAUTIQUE DE CHATOU, UN PAVILLON SUR LA SEINE DE CHATOU A MEULAN (1902-1939)

"Dimanche en Seine à Meulan...le mauvais temps, les grains, les rafales de vent et la houle sur le fleuve n'ont pas empêché les régates à la voile de se dérouler ni cette jeune sportive du Cercle Nautique de Chatou de s'adonner à son sport favori." Le Miroir des Sports 20 juin 1933 - page de couverture. L'entre-deux-guerre signa en France la première émancipation des femmes depuis la Révolution. Les sportswomen françaises se retrouvaient dans toutes les compétitions. Le Cercle Nautique de Chatou leur réserva la moitié de ses épreuves.
"Entre le pont de Triel et le pont de Meulan, la Seine offre aux amateurs de yachting un bassin naturel de 8000 m de long. C’est ce bassin idéal que le Cercle Nautique de Chatou choisit en 1930 lorsque son effectif s’éleva à 150 bateaux de mer. C’est là, que, samedi et dimanche, le club organisait ses grandes régates annuelles. Cinquante bateaux étaient en compétition, et le spectacle ne manquait pas de charme, de ces blanches voiles se détachant sur un fond de verdure admirable.
Le vent très fort avait soulevé la houle, et de jolies crêtes blanches piquaient le bleu de l’eau, qui prenait sa teinte dans le ciel. Les grands arbres de la rive d’en face se courbaient sous le vent comme pour accompagner le mouvement des grandes voiles soudain couchées par la rafale.
Une course en bateau à voile offre à celui, ou celle, qui la dispute, un moment charmant ; c’est lorsque, le vent en poupe, la barque file droit vers la bouée de virage ; mais là, les difficultés commencent. On doit virer la quille presque hors de l’eau et le mat quasi-horizontal ; parfois même, il faut piquer une tête, et le yachtman, repêché, regarde tristement son bateau remorqué, épave couchée dans les flots. Si l’obstacle est franchi, c’est le long travail de patience pour le retour en louvoyant, travail qui nécessite un effort athlétique réel, des réflexes rapides et un beau sang-froid.

Un petit naufrage en Seine , le pilote et sa passagère sont repêchés par des membres du Cercle Nautique de Chatou.
Faisant preuve de ces qualités diverses, les principaux vainqueurs des régates du C.N.C. furent Melle Peytel, en 6,50 m « chats », Melle Thierry en monotypes de Chatou, Melle Portier en 6,50 m, M. Peytel, en « stars », et M. Lebrun dans les « chats ».
La course la plus importante, celle des monotypes Messieurs, fut enlevée fort brillamment par les jeunes frères Ledeuil, du C.N.C., devant Lechat. Enfin, la plus belle arrivée fut celle des deux énormes 6 m de Messieurs Draeger père et fils. Les deux bateaux passèrent le poteau bien en ligne contre le vent, et à moins d’un mètre d’intervalle.

Le pavillon du Cercle Nautique de Chatou aux Mureaux et ses initiales sur les berges.

Le bâtiment du C.N.C. aux Mureaux se distinguait par son architecture et un jardin soigné.

Une perspective intéressante du C.N.C. vers 1930
L’installation du C.N.C. à Meulan a entraîné l’éclosion d’une véritable petite ville flottante, et le spectacle est pittoresque, de ces péniches coquettes, qui semblent se reposer contre la rive. Dans ces péniches, on trouve de grands amis de l’eau, qui n’hésitent pas à quitter la vie de Paris pendant plusieurs mois, pour goûter le calme reposant d’un séjour confortable. Car rien n’est plus douillettement installé que cette habitation flottante que nous fit visiter Monsieur Gompertz. On y accède en traversant un jardinet tracé sur la berge. Puis, de la plage avant, on passe dans une vaste salle à manger. De là, un couloir conduit aux quatre chambres, à la salle de bains et à la cuisine, donnant sur la plage arrière.

Au passage du C.N.C. : "les voiliers de 6 m filent par vent arrière gonflant la voile appelée spinnacker. Ne croirait-on pas voir des jonques chinoises dans la houle d'un port d'Extrême-Orient ?"
Dans ce home, on trouve l’eau courante, le gaz et l’électricité, le tout procuré grâce aux trois moteurs minuscules du bord. Le chauffage central n’a pas été oublié, ni le pont-promenade, sur lequel nous nous trouvions lorsque notre hôte nous quitta précipitamment pour aller au-devant d’un ami qui atterrissait en avion devant le house-boat même.

L'intèrieur d'une péniche du C.N.C. en 1933 abritant le pied-à-terre d'un sociétaire du Cercle Nautique de Chatou : le très beau canapé et ses deux petits chiens sympathiques, la TSF sur le buffet de la salle à manger rappellent que la voile restait l'apanage d'une clientèle aisée qui n'hésitait pas à transporter une dose importante de confort pour soutenir les épreuves.
On n’est pas peu surpris qu’attelé à un train de péniches normal, ce logis flottant a permis de visiter tout le nord de la France, à peu de frais, sur les calmes chemins d’eau. Sait-on enfin qu’il est très facile d’aller – lentement, certes, mais avec quel plaisir de connaître une vie idéalement douce, de Rouen à Marseille ?"
Georges Briquet
Le Miroir des Sports – 20 juin 1933
Sources :
- Le Miroir des Sports 20 juin 1933
- Cartes postales anciennes - collection de l'auteur

10/07/2013
PATHE-MARCONI BOULEVARD DE LA REPUBLIQUE A CHATOU : LES GRANDS DU JAZZ

Catalogue de jazz Pathé-Marconi 1955 - collection de l'auteur

Le rôle de Chatou dans la production phonographique en Europe a été capital. Le livre de l'association "Chatou, une page de gloire dans l'industrie", a pour vocation de le rappeler à la suite de l'arasement pour un projet de ZAC municipal de l'usine qui fut le symbole de ce patrimoine culturel du XXème siècle. Profitons néanmoins du blog pour en donner quelques illustrations nouvelles. Ainsi ce catalogue 1955 de Pathé-Marconi énonçant tous les compositeurs et musiciens du jazz édités par la firme : en fait, tous les "grands" réunis sous les divers labels : Louis Armstrong, Count Basie, Sidney Bechet, Cab Calloway, Benny Carter, Nat King Cole, Miles Davis, Tommy Dorsey, Duke Ellington, Errol Garner, Dizzy Gillespie, Benny Goodman, Lionel Hampton, Coleman Hawkins, Fletcher Henderson, Woody Herman, Earl Hines, Harry James, Stan Kenton, Gene Krupa, Mezz Mezzrow, Glenn Miller, Jerry Roll Morton, Gerry Mulligan, Charlie Parker, Django Reinhardt, Artie Shaw, Art Tatum, Mugsy Spanier, Fats Waller, Billie Holiday, Sarah Vaughan... Le dessin de la couverture est signé Robert Lamoureux.


Jacqueline Huet (1929-1986), actrice devenue speakerine, aux usines Pathé de Chatou en 1958 : ici un moule pressoir, il fallait alors 14 secondes pour presser un disque avant de rouvrir le moule.

Un exemplaire de supplément au catalogue 1954 Pathé-Marconi
pour "La Voix de Son Maître" - collection de l'auteur

Un exemplaire de supplément au catalogue 1955 Pathé-Marconi
pour l'édition de la "M.G.M" - collection de l'auteur

Un aspect de l'usine Pathé-Marconi (plans de 1929), berceau du microsillon en 1951, quelques heures avant sa démolition. En Angleterre, les usines Art Deco de Wallis, Gilbert et Partners, architectes de l'usine de Chatou, ont été conservées et ravalées. En France, la nullité culturelle a hélas dominé le champ politique et privilégié la destruction intégrale. Cliché J.P Ratel.

"Chatou, une page de gloire dans l'industrie", 252 pages, 55 pages couleurs, livre-disque proposé par l'association.

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08/07/2013
A L'EPOQUE DE PARIS SAINT-GERMAIN EN BATEAU A VAPEUR


Rappelons que le bateau "Le Touriste" (ci-dessus à gauche) effectuait quotidiennement un voyage sur la Seine entre Paris et Saint-Germain depuis 1878. Monsieur Eric Dubart a bien voulu à ce sujet nous apporter témoignage du "journal de Saint-Germain" (ci-dessous colonne du journal) des prestations du "Touriste" en mai 1881. Dans la Boucle, Chatou était une escale ainsi que Bougival.

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04/07/2013
CATOVIEN ET MINISTRE DE NAPOLEON III : JEAN MARTIAL BINEAU (1805-1855)

Né à Gennes dans le Maine et Loire le 18 mai 1805, Jean Martial Bineau sortit diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Mines à 21 ans. Il appartenait à la promotion des futurs saint-simoniens. Il concentra sa première grande étude sur les chemins de fer après avoir observé le rayonnement de cette nouvelle invention en Angleterre et en tira un ouvrage qui fit grand bruit en France, « les chemins de fer anglais ».
En 1841, il se fit élire député d’Angers et siégea dans l’opposition dynastique à Louis-Philippe en ardent défenseur du développement du chemin de fer. En 1849, nommé ministre des Travaux Publics du prince-président Louis Napoléon Bonaparte, il professa l’allongement de la durée des concessions des chemins de fer pour favoriser leur extension.
De 30 ans, celles-ci passèrent à 99 ans trois ans plus tard avec la bénédiction de Napoléon III et de Morny.
Ayant soutenu le Coup d’Etat du 2 décembre 1851, il fut nommé ministre des Finances le 2 janvier 1852 et devint ensuite le premier ministre des Finances de Napoléon III.
La guerre de Crimée était déclarée aux côtés de l’Angleterre. Tous les régimes antérieurs ne se hasardaient à lancer des emprunts que vers les grands capitalistes. Contre une marée de réprobations, Bineau eut le premier l’idée de mettre en œuvre un grand emprunt s'adressant à tous les Français. Cette formule connut un succès extraordinaire. Elle est entrée dans l'histoire des Finances Publiques.
L’emprunt, dix fois couvert dans un élan de patriotisme au profit de l’armée française et d’affermissement du nouveau régime, lui ouvrit les portes de la célébrité.
Il fut le promoteur des entreprises des frères Péreire, organisant la création du Crédit Foncier et celle du Crédit Mobilier. Il fut également président du Conseil Général de Maine-et-Loire et membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Miné par de graves problèmes de santé, le ministre dut se retirer à la fin de 1854.
Napoléon III lui décerna la Grand-Croix de la Légion d’Honneur le 4 février 1855 et le fit sénateur.

Extrait du dossier de la Légion d'Honneur de Jean-Martial Bineau - source : base Leonore - Ministère de la Culture
C'est dans "sa maison de campagne" à Chatou qu’il reçut le brevet de sa nomination au grade de Grand-Croix de la Légion d'Honneur en mai 1855. Il y rendit son dernier soupir le 8 septembre suivant. La ville de Neuilly-sur-Seine, semble-t-il moins concernée que Chatou, lui a décerné le nom d'un boulevard.


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30/06/2013
LE QUAI JEAN MERMOZ

Le Quai Jean Mermoz aujourd'hui : la construction puis l'abandon d'un bâtiment des années soixante en a fait un passage enlaidi sur les bords de Seine plutôt synonyme de dévalorisation pour la ville.
Qui connaît le quai Jean Mermoz à Chatou ? voie routière reliant l'avenue des Tilleuls au quai de l'Amiral Mouchez, il fut longtemps le quai des promenades des bords de Seine avant d'être dédié à la circulation. Depuis un an, il est bordé par une allée piétonne donnant sur la Seine réalisée dans le cadre intercommunal, ce qui permet aux habitants de se réapproprier les lieux au moins en partie. Situé au bas de l'avenue d'Eprémesnil, il fut baptisé Quai des Papillons le 7 novembre 1847 par la municipalité de Monsieur Délivré et redevint Chemin de Halage sous le Second Empire.

L'ancien Quai des Papillons était une promenade au bas des villas et de leurs jardins en promontoir sur la Seine.
Le nom de Mermoz fut donné au quai par délibération du conseil municipal du 28 février 1937 sous le mandat de Jules Ramas "en hommage au grand aviateur disparu avec ses compagnons de bord au cours de l'une de ses nombreuses traversées de l'Atlantique Sud et en souvenir des immenses services rendus à notre pays pour accroître le prestige des ailes françaises dans le monde". Mermoz était mort dans un accident dans l'Atlantique à bord du Latécoère "La Croix-du-Sud" le 7 décembre 1936.

C'est en 1927 que Marcel Bouilloux-Lafont, fondateur de la Compagnie Générale Aéropostale, l'avait envoyé en mission pour relier l'Amérique du Sud à Rio-de-Janeiro. La réussite de la traversée malgré des péripéties inouies fit de Mermoz un héros, celui-ci assurant la liaison avec l'Amérique du Sud pendant presque dix ans, faisant escale à Dakar puis en Amérique du Sud.
Ses aventures avaient traduit le péril permanent. Le journal "Voilà" rapporta en 1934 : "De la peur , Mermoz parle comme d'une servante : "dans le maximum de risque, dés que tout est perdu, elle disparaît. Quand je suis remonté de Natal (Brésil), en 1930, j'avais une fuite d'huile, avec la pression à zéro. Dans ces cas-là, il ne reste jamais qu'un quart d'heure de vol. J'étais en mer - une mer déchaînée, et dans ce quart d'heure, il me fallait trouver un bateau. Je me suis dit : "liquidé ! définitif !". Alors, je sais que je n'ai pas eu peur. C'était fini, rompu avec le monde extèrieur. Je plongeais dans un grand calme, une grande douceur. La mort, à cet instant, n'était plus un accident, mais la fin de la vie, comme le sommeil après le jour. J'ai tout connu : la rupture en l'air, la perte des ailes, je suis resté bloqué dans la Cordillière. Toujours dans ces minutes, j'ai ignoré la peur. Alors, une petite fumée est montée vers moi. J'avais trouvé un bateau dans le secteur avant que ce soit écoulé le quart d'heure sans répit (...)."
Commandeur de la Légion d'Honneur en 1934, Mermoz a représenté dans l'avant-guerre l'archétype du héros populaire, contrastant avec l'état de démission et de catastrophes ambiants. Afin de sauver la ligne aérienne France-Amérique du Sud menacée par l'Allemagne, les Etats-Unis et l'abandon du gouvernement français, il tenta de trouver un porte-voix auprès du mouvement du colonel de la Rocque. Ayant lui-même connu la misère, il enseignait aux déshérités le pilotage. A sa disparition, la France perdit l'un de ses derniers héros d'avant-guerre.

En couverture de "Voilà" 21 avril 1934

Mermoz pilota notamment un avion du constructeur Couzinet, "l'Arc-en-Ciel". Le franchissement de la Cordillière des Andes, jugé impossible, donna à Mermoz une renommée mondiale. Dans nombre de pays où il fit escale, un hommage demeure sous forme de stèles, noms de places et de voies. Ici, une arrivée au Brésil.

28/06/2013
CHATOU NOTRE VILLE POURSUIT L'INVENTAIRE DU PATRIMOINE

Industrie, cinéma, arts décoratifs, opéra... l'association s'évertue depuis plusieurs années à compléter et mettre en valeur la richesse patrimoniale de Chatou. Seul votre soutien peut lui permettre de continuer son action.
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EMILE PEREIRE GRAND CAPITALISTE MODERNISATEUR DE LA FRANCE ET BIENFAITEUR DE CHATOU

Emile Pereire, reproduction du tableau de Paul Delaroche pour la Compagnie Générale Transatlantique
Emile Pereire (1800-1875) peut à juste titre être considéré avec son frère Isaac comme l’un des modernisateurs de la France et le créateur d’un capitalisme moderne. Courtier d’agent de change, journaliste, ayant adhéré un temps à la doctrine du Saint-Simonisme, il fut l’auteur le 17 septembre 1832 avec les ingénieurs Gabriel Lamé et Emile Clapeyron d’un cahier des charges en vue de l’établissement d’un chemin de fer de Paris à Saint-Germain sur le modèle de la ligne Manchester-Liverpool.
Extrait du projet de cahier des charges de la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Saint-Germain du 17 septembre 1832 signé de la main d’Emile Pereire - Archives Départementales des Yvelines
Il prêcha parallèlement une politique de l’Etat en faveur des chemins de fer dans un article célèbre du journal « Le National » le 22 septembre 1832.
Après trois ans de prospection et la réunion des capitaux nécessaires grâce au soutien du banquier James de Rotschild, Emile Pereire obtint du roi Louis-Philippe le 4 novembre 1835 une ordonnance autorisant la création de la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Saint-Germain, chargée de construire et d’exploiter la première ligne de chemin de fer de voyageurs en France.
La ligne fut inaugurée le 24 août 1837 par la reine Marie-Amélie et détermina la construction quelques mois plus tard de la gare de Chatou-Croissy.

La reconstitution du train Paris Saint-Germain lancé par Emile Pereire en 1837. La scène se déroule en 1930 au départ de la gare Saint-Lazare.
L’arrivée de Napoléon III permit aux frères Pereire de multiplier des entreprises pionnières qui se comptèrent par dizaines parmi lesquelles le Crédit Mobilier (organisme de prêt à long terme aux industries), la Société Immobilière, la Compagnie Générale Maritime en 1855, devenue la Compagnie Générale Transatlantique en 1861), les chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire, la Compagnie Générale des Omnibus, la Compagnie Parisienne d’Eclairage et de Chauffage par le Gaz, le Crédit du Nord, la Compagnie des Chemins de Fer d'Auteuil, d'Argenteuil, du Midi, de Rhône-et-Loire, de l'Etat Autrichien, de l'Est de la Suisse, du Nord de l'Espagne, de la Russie, les assurances La Confiance et La Paternelle, etc…
Cet investissement à grande échelle soutenu sans faille par le nouveau souverain donna au pays un essor économique sans précédent et contribua à son prestige sur la scène internationale.

L’un des premiers paquebots français : le « Washington » à aubes de la Compagnie Générale Transatlantique fondée par Emile Pereire. Celui-ci inaugura la liaison Le Havre-New-York le 15 juin 1864 – lithographie de Le Breton.
Député au Corps Législatif de 1863 à 1869, Emile Pereire fut l’un des grands propriétaires de Chatou dans les années 1850 du fait de la possession des terrains de la ligne en son nom propre. La Mémoire de Croissy a révélé qu'Emile Pereire maria sa fille au château Chanorier en 1853.
L’œuvre majeure d’Emile Pereire demeure l’importation en France de la révolution du chemin de fer à laquelle notre région doit son urbanisation de villégiature et son passé artistique.
L'exposition sur le chemin de fer sur le quai de la gare du RER, proposée par l'association en 2008, soutenue par la municipalité et réalisée par la RATP avec les documentations et les articles apportés par l'association et la Ville, a mis en valeur les aspects de la conquête du chemin de fer Paris-Saint-Germain.
Sur la proposition de l'association encore, la place de la gare côté Croissy a été baptisée en 2010 par délibération du conseil municipal "Place Emile Pereire" : en l'honneur de l'homme qui apporta l'un des progrès majeurs du XIXème siècle dans notre commune.
N.B : une revue consacrée à l'histoire de Chatou dans les chemins de fer sera éditée par l'association
Publié dans * MANIFESTATIONS HISTORIQUES, LE CHEMIN DE FER | 13:03 | Commentaires (3) | Lien permanent
21/06/2013
LE 18 JUIN 2013 A CHATOU


A Chatou, l’appel du 18 juin a été commémoré comme chaque année dans le jardin de l’hôtel de ville. C’est presque une foule qui était venue cette année où nous avons retrouvé nombre de connaissances. La lecture de l’appel du Général de Gaulle par un jeune catovien, Monsieur Aymeric Tonneau, les discours de Monsieur le Secrétaire aux Anciens Combattants lus par Monsieur Faure puis par Monsieur Fournier, maire de Chatou, revêtaient une grande dignité et la fanfare de la Marseillaise a encore fait entendre la voix de la France, une France aujourd’hui écrasée par les circonstances mais encore libre et toujours vivante. En voyant toutes les générations réunies, on pouvait penser que l’appel au patriotisme avait un avenir et que le poids de la volonté pourrait encore apporter dans l’adversité, la foi qui renverse les montagnes.

A gauche, Monsieur Jean-Claude Issenschmitt, ancien élu et adjoint au maire de 1971 à 1995, catovien depuis toujours, dont on salue l'élection comme président de l'Association des Combattants Prisonniers de Guerre, Combattants 39-45, Combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc, Théâtres d'Opérations Extèrieures pour l'ex Seine-et-Oise, voix historique du coffret audio "LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945", Madame Josette Deshayes, Madame Catherine Bastien, voix catovienne pour le coffret en préparation "LES VOIX DE L'APRES-GUERRE 1946-1957".

Extrait du journal de l'association des Combattants Prisonniers de Guerre
L'association a versé sa contribution à la transmission du souvenir en produisant et en éditant le coffret audio "LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945" dans lequel vous retrouvez la chronologie des évènements de la guerre commentée et illustrée par des témoins de Chatou et des environs et les voix des personnages historiques. Ce coffret, à notre connaissance, ne compte pas d'équivalent.
Pour écouter un extrait du coffret audio "LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945" édité par l'association et réalisé par Messieurs José Sourillan et Arnaud Muller, allumez votre lecteur windows media player, mettez le son et appuyez sur le bouton ci-dessous. Vous entendrez le général de Gaulle.


A droite, Monsieur Robert Pelletier, catovien, engagé volontaire dans l'aviation de la France Libre, à l'occasion de son enregistrement par l'association et dont l'un des témoignages apparaît dans l'extrait ci-dessus - photo Patrick Muller

Maquette : Patrick Muller

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31/05/2013
L'ANCIEN CINEMA DE CHATOU (1925) PROMIS A LA DESTRUCTION

En France, l'Art Deco a laissé de nombreuses traces dans le mobilier. Dans l'architecture, les oeuvres sont plus rares, souvent non reconnues comme c'est le cas à Chatou. Elles sont généralement concentrées sur des constructions dans l'industrie ou les équipements publics ou de loisirs.
A ce titre, on citera la salle des ventes rue du Général Colin. Celle-ci fut l'ancien cinéma de Chatou construit en 1925 pour le compte de Messieurs Weiner et Certain, habitants de Croissy et du Vésinet, sur les plans de l’architecte Lucien Desgrivan par l’entreprise A.Tschoffen et Compagnie. D’abord dénommé Magic-Ciné, il fut repris en 1935 et s’appela l’Olympia. Il fut arrêté en 1976 lorsque fut construit le centre Jacques Catinat et depuis est devenu une salle des ventes. Contemporaine de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris de 1925, son architecture en fait un témoignage intéressant l’inventaire de notre ville qui mériterait une remise en valeur.
Malheureusement, la règlementation actuelle du Plan Local d'Urbanisme voté le 9 novembre 2006 le condamne à la destruction à la première vente : l'immeuble a été placé dans une zone URB (plan 4-2-2 du PLU) avec une emprise au sol autorisant la constructibilité sur 100% de la superficie du terrain (art.UR.9 du règlement du PLU) pour une hauteur autorisée à 16 mètres (art.UR.10 du règlement du PLU).
Aprés l'usine Pathé-Marconi (1929) démolie en 2004 grâce à une règlementation municipale sur mesure (règlement de ZAC voté en 2003), ce serait donc le deuxième témoignage de bâtiment Art Déco de Chatou qui serait amené à disparaître sur une volonté locale.
L'association Chatou Notre Ville demande depuis 7 ans l'établissement dans le PLU d'un inventaire des bâtiments à protéger en leur affectant une obligation de conservation conformément à la faculté ouverte par l'article L.123-1-5 7°) du Code de l'Urbanisme.
Publié dans # PATRIMOINE MENACE | 13:07 | Commentaires (0) | Lien permanent
23/05/2013
"DU COTE DE CHEZ SWANN" (1913) DE MARCEL PROUST
"
Un mois après le jour où il avait lu la lettre adressée par Odette à Forcheville, Swann alla à un dîner que les Verdurin donnaient au Bois. Au moment où l’on se préparait à partir, il remarqua des conciliabules entre Madame Verdurin et plusieurs des invités et crut comprendre qu’on rappelait au pianiste de venir le lendemain à une partie à Chatou ; or, lui, Swann, n’y était pas invité.
Les Verdurin n’avaient parlé qu’à demi-voix et en termes vagues, mais le peintre, distrait sans doute, s’écria : « il ne faudra aucune lumière et qu’il joue la sonate clair de lune dans l’obscurité pour mieux s’éclairer les choses. »
Madame Verdurin, voyant que Swann était à deux pas, prit cette expression où le désir de faire taire celui qui parle et de garder un air innocent aux yeux de celui qui entend, se neutralise en une nullité intense du regard, où l’immobile signe d’intelligence du complice se dissimule sous les sourires de l’ingénu et qui, enfin, commune à tous ceux qui s’aperçoivent d’une gaffe, la révèle instantanément sinon à ceux qui la font, du moins à celui qui en est l’objet. Odette eut soudain l’air d’une désespérée qui renonce à lutter contre les difficultés écrasantes de la vie, et Swann comptait anxieusement les minutes qui le séparaient du moment où, après avoir quitté ce restaurant, pendant le retour avec elle, il allait pouvoir lui demander des explications, obtenir qu’elle n’allât pas le lendemain à Chatou ou qu’elle l’y fit inviter et apaiser dans ses bras l’angoisse qu’il ressentait. Enfin, on demanda leurs voitures.
Madame Verdurin dit à Swann :
« Alors, adieu, à bientôt, n’est-ce pas, tâchant par l’amabilité du regard et la contrainte du sourire de l’empêcher de penser qu’elle ne lui disait pas, comme elle eût toujours fait jusqu’ici :
« A demain à Chatou, à après-demain chez moi. »
Monsieur et Madame Verdurin firtent monter avec eux Forcheville, la voiture de Swann s’était rangée derrière la leur dont il attendait le départ pour faire monter Odette dans la sienne.
« Odette, nous vous ramenons", dit Madame Verdurin, nous avons une petite place pour vous à côté de Monsieur de Forcheville.
"Oui, Madame", répondit Odette
"Comment, mais je croyais que je vous reconduisais », s ‘écria Swann, disant sans dissimulation, les mots nécessaires, car la portière était ouverte, les secondes étaient comptées, et il ne pouvait rentrer sans elle dans l’état où il était.
(…)
Il se représentait avec dégoût la soirée du lendemain à Chatou. « D’abord cette idée d’aller à Chatou ! comme des merciers qui viennent de fermer leur boutique ! vraiment ces gens sont sublimes de bourgeoisisme, ils ne doivent pas exister réellement, ils doivent sortir du théâtre de Labiche ! ».
Il y aurait là les Cottard, peut-être Brichot. « Est-ce assez grotesque cette vie de petites gens qui vivent les uns sur les autres, qui se croiraient perdus, ma parole, s’ils ne se retrouvaient pas tous demain à Chatou ! ». Hélas , il y aurait aussi le peintre, le peintre qui aimait à faire des mariages, qui inviterait Forcheville à venir avec Odette à son atelier. Il voyait Odette avec une toilette trop habillée pour cette partie de campagne, « car elle est si vulgaire et surtout, la pauvre petite, elle est tellement bête !!! ».
(…)
In « Du côté de chez Swann » (1913) de Marcel Proust (1871-1922)
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