21/10/2012
DECHETS EN SEINE
"Comprendre pour agir", un slogan du SITRU faisant appel à l'engagement de chacun
L'Association Chatou Notre Ville intervient pour la défense de l'environnement à quelques titres bien que la tendance historique et patrimoniale, à notre sens bien trop fragilisée dans l'opinion et l'éducation, y soit prédominante :
- intervention lors des enquêtes publiques touchant à l'urbanisme
- participation au nettoyage des berges de Seine
- propositions en faveur des espaces verts et des circulations douces (tramway, navette fluviale), proposition d'étude d'une hydrolienne au barrage de Chatou, défense des arbres d'essence noble
Il n'en demeure pas moins que son rôle le moins négligeable relève de la communication notamment au regard d'actions menées à une échelle plus vaste. On a ici en tête le développement du SITRU, le Syndicat Intercommunal de Traitement des Résidus Urbains, dont les campagnes se multiplient en direction du public, des parents et des enfants.
Ainsi, dimanche 21 octobre 2012, une très importante manifestation "portes ouvertes" à feu continu avec ateliers, projections, visites, véritable forum du recyclage, se déroule jusqu'à 17 heures à l'usine Cristal 17 rue de l'Union à Carrières-sur-Seine, soit à la frontière nord de Chatou où a été établi en 1938 le premier centre de traitement des déchets.
Le caractère communicatif et pédagogique de cette entreprise est maintenant imprimé depuis plusieurs années à travers l'action du président du SITRU, Monsieur Alain Gournac, sénateur-maire du Pecq, qui lui a apporté une image positive, dans un domaine jusqu'alors perçu comme un mal nécessaire assorti de son cortège de nuisances. L'association ne peut que vous inciter à consulter le site du SITRU pour profiter de ses informations (cf "adresses utiles" colonne en bas à gauche du blog).

Le journal d'actualité du SITRU est le premier vecteur de publicité du recyclage
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CEREMONIE DU 25 AOUT 2012 DE L'ASSASSINAT DES 27 RESISTANTS DE CHATOU
Le 25 août 2012 avait lieu la cérémonie commémorative du massacre des 27 résistants de Chatou. La période des vacances a réduit considérablement la participation non seulement des élus mais des Catoviens, et ce d’autant plus que l'annonce de la date n’est plus publiée. Une journée au-delà des vacances scolaires en septembre a en effet été arrêtée par la municipalité pour commémorer la Libération et les évènements qui y sont liés.
La date du 25 août est cependant la date anniversaire de la boucherie perpétrée en 1944 par un détachement S.S. rappelé sur dénonciations locales contre 27 résistants réunis au château de la Pièce d’Eau.
Conscients que ce drame ne doit pas finir dans l’oubli, qu’il demeure le plus important massacre commis en Ile-de-France au moment même où Paris était libéré, les membres de l’Amicale des Fusillés, Résistants et FFI conduits par Monsieur Alain Hamet, son président, ont jusqu’à présent obtenu le maintien d’une cérémonie à Chatou et sous l’Arc de Triomphe.

Pierre Arrivetz, porte-drapeau suppléant de l'Amicale des 27 Martyrs, membre de l'U.N.C. et du Souvenir Français à titre historique pour l'association Chatou Notre Ville, guidé par Jean-Pierre Ratel, ancien combattant et élu local fidèle aux manifestations de Chatou, à sa gauche. Les clichés ont été pris par Madame Ratel.

Un groupe d’une vingtaine de participants formé autour d’Alain Hamet, descendant du commandant Torset assassiné, et emmenant quelques élus municipaux, Messieurs Jean-Pierre Ratel, Jean-Louis Boulègue, Patrice Lechevalier et Pierre Arrivetz, a donc pris position sous les couleurs du drapeau français pour la sonnerie aux morts. Moment toujours émouvant, il fut servi par une chaleur suffisamment pesante pour que le manque d’eau se fasse sentir dans l’enceinte de l’hôtel de ville où les anciens combattants durent être ravitaillés en eau minérale par l’auteur de ces lignes.
Il y eut comme d’habitude une grande dignité dans le déroulement des opérations encadrées par les descendants des fusillés, Messieurs Alain Hamet, Jean-Pierre Ratel, ainsi que Jean-Louis Boulègue remplaçant exceptionnellement Monsieur Christian Faur, délégué aux Anciens Combattants, lui-même atteint par un deuil familial. La Marseillaise et le Chant des Partisans ont pu retentir en l'honneur des victimes, ce qui n’est qu’un devoir envers la mémoire de ces hommes, jeunes et moins jeunes, qui payèrent de leur vie leur goût de la liberté et de l’indépendance de la Patrie pour l’esprit de délation de quelques-uns, dont les noms frappés d’infamie ont été à peu prés effacés de la mémoire collective.

Les 27 Martyrs de Chatou dont les noms sont associés aux vers de Victor Hugo :
"Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie
Ont droit qu'à leurs cercueils la foule vienne et prie".
N.B. : la connaissance de l’évènement des 27 Martyrs, qui donna lieu à l’un des rares procès abouti de la Libération (évoqué notamment dans les actualités cinématographiques Pathé de 1946) a conduit l’association Chatou Notre Ville à éditer son histoire à travers des témoignages inédits dans le coffret audio « Les Voix de la Guerre 1939-1945 » décrit dans ce blog.
13/10/2012
LES BERGES DE SEINE NETTOYEES

La Seine au pont RER de Chatou - cliché octobre 2012
La Seine, écrite, chantée, contemplée, acte de naissance des villes de l’Ile-de-France, lieu de culte des premières navigations de la villégiature des parisiens, source inépuisable, route paisible vers la Manche et l’Atlantique : ses caractères sont si nombreux qu’on ne finit par en retenir qu’un seul : le plus important, celui du cadre naturel, même aménagé, que le fleuve offre aujourd’hui à des dizaines de milliers d’habitants et qui demeure une sorte de barrière ancestrale contre le gigantisme urbain et l’animation projetés par la capitale.
Il y a presque 140 ans, en décembre 1872, la Seine était en proie à ses humeurs, envahissant à nouveau les îles de Chatou, empêchant la reconstruction des ponts détruits pendant la guerre franco-prussienne. Une gravure en témoigne encore.

Aspect des îles de Chatou inondées - le pont de chemin de fer n'est pas encore reconstruit et la traversée des voitures se fait sur un pont de bateaux - L'Illustration 14 décembre 1872 - Crédit L'Illustration tous droits réservés - www.lillustration.com
140 ans plus tard, quelques habitants de Chatou entendent marquer symboliquement l’erreur commise par la négligence des humains pour la préservation de ce patrimoine. Le nettoyage des berges de la Seine a reçu son décret d’action dans un bénévolat initié par Monsieur Jean-Louis Boulègue, conseiller municipal, sous le patronage de la municipalité.

Jean-Louis Boulègue lors du verre de l'amitié qui a clos le ramassage
Il y a certainement un chapitre juridique à base d’inventaires, de protections et de prescriptions à repenser pour redonner aux bords de Seine de Chatou toute la mesure du patrimoine collectif qu’il représente.
Dans l’attente, cette opération de nettoyage a mobilisé une trentaine de personnes de Chatou. L’association Chatou Notre Ville, représentée par 5 membres l’an dernier, a cette fois-ci mobilisé 10 personnes dont ses administrateurs : Pierre Arrivetz, président-fondateur, François Nicol, trésorier, Suzanne Blache, secrétaire-adjointe, Jean-Claude Roekens, Catherine Bastien, Lars Nordin, Lee Neumann, son épouse et son fils, Marie-Thérèse Conraux.
L’an dernier, une déchetterie était découverte avec désolation, le temps manquant pour ramasser les détritus. Le 13 octobre 2012, les trois heures de ramassage ont suffi à constater que l’opération de l’an dernier avait inauguré une ère de dépollution de plusieurs années. Moins de la moitié des détritus ramassés l’an dernier l’a été cette année. C’est donc une satisfaction importante pour une troupe réduite recherchant le résultat et l’adhésion publique.

François Nicol, trésorier et bienfaiteur de l'association



Marie-Thérèse Conraux, adhérente

Jean-Claude Roekens, ancien trésorier et fondateur de l'association

Une image de végétation - en face, en bas des berges de l'Ile, deux barrières en fer tombées depuis plus d'un an - la Navigation Fluviale n'est pas intervenue

On reconnaît les volontaires de l'opération : de gauche à droite, François Nicol, Jean-Claude Roekens, Suzanne Blache, Catherine Bastien, Marie-Thérèse Conraux, Lars Nordin, le maire de Chatou, Ghislain Fournier, Lee Neumann.
Publié dans * CDROM, ENVIRONNEMENT | 18:38 | Commentaires (2) | Lien permanent
02/10/2012
RECORD BATTU
Chers internautes,
Nous vous informions que l'an dernier, notre blog associatif avait pris une ampleur nouvelle au milieu de sites institutionnels subventionnés, atteignant 48.000 visites pour l'exercice 2011. Il apparaît aujourd'hui qu'au 1er octobre 2012, le nombre de visites a atteint le chiffre de 50.024, ce qui laisse présager un résultat très encourageant au 31 décembre 2012.
Afin de nous permettre de continuer notre activité, nous vous encourageons vivement à adhérer à l'association, aucune de nos manifestations, publications et recherches ne vivant du denier public.
Merci de votre soutien. Bonne lecture !
Le conseil d'administration

| 13:30 | Commentaires (0) | Lien permanent
12/09/2012
LES DEBUTS DE L'URBANISATION DE L'AVENUE D'EPREMESNIL

L’avenue d’Eprémesnil créée vers 1848 le fut sur les instances du baron d’Eprémesnil, éphémère maire de Croissy disparu en 1853, propriétaire à Chatou du terrain dit les « Pavillons » sur les bords de Seine. Les études de Monsieur Pierre Lefébure, président puis président d'honneur de la Mémoire de Croissy, ont mis en lumière la situation de ce grand propriétaire : conseiller municipal de Croissy depuis 1843, Jacques Charles Georges d'Eprémesnil en fut maire pendant 4 mois en 1848 puis en devint à nouveau conseiller municipal de 1848 à 1853. Chef de bataillon d'infanterie, il possédait le château de Croissy.
Ses successeurs achevèrent par adjudication le 2 septembre 1855 en l’étude de maître Mérard le projet de lotissement entamé quelques années plus tôt par le baron sur une partie du terrain lui faisant face en bordure du fleuve.
Cette seconde phase de morcèlement se fit à partir de la mise en adjudication "d'une grande propriété située entre l’avenue d’Eprémesnil et l’avenue des Tilleuls* en 7 lots" dont le 1er lot comprenait une villa « élevée sur de grandes caves », composée « d’un rez-de-chaussée composé d’un grand vestibule dans lequel est l’escalier, salon, salle à manger et salle de billard, tout parqueté, cuisine et office , d’une premier étage composé de 5 chambres et trois cabinets parquetés et d’un second étage composé d’une grande chambre et de deux chambres de domestiques. Le tout couvert en ardoises. Jardin entourant ladite maison, planté de tilleuls et autres arbres, dans lequel est un puits. Le tout contenant 20 ares 46 centiares, tenant d’un côté l’avenue d’Eprémesnil, d’autre côté le deuxième lot, d’un bout Monsieur Déville et d’autre bout le troisième lot. » Ce lot était de loin le plus onéreux, étant mis à prix 42.500 francs.

Documents relatifs à la mise en adjudication du 2 septembre 1855 remis à l'auteur par Madame Denise Vernay, administrateur de la Mémoire de Croissy
Un second lot était construit, le lot n°4 situé dans la "rue de Croissy à Chatou" (depuis 1918 rue du Général Colin). Mis à prix pour 9.200 francs, il était décrit de la manière suivante : « une petite maison (…) consistant en un rez-de-chaussée, composé de quatre pièces, dont deux à cheminée, une cuisine, un petit cellier, un escalier, grand grenier sur le tout, couvert en tuiles. Jardin planté d’arbres derrière ladite maison. Le tout contenant 14 ares 8 centiares, tenant d’un côté Monsieur Andrieux-Barrié, d’autre côté une avenue, d’un bout la rue de Croissy, et d’autre bout les deuxième et troisième lots. »
Les autres lots étaient des terrains nus, mis à prix dans une fourchette variant de 3.900 francs à 4.900 francs.
Il convient de noter qu'à deux reprises ce sont des croissillons qui apportèrent à notre commune un aménagement décisif pour ses bords de Seine : le seigneur Gougenot de Croissy (1721-1751) qui prit l'initiative de la réalisation de l'avenue des Tilleuls prolongée à Chatou et le baron d'Epremesnil qui édifia dans notre commune le premier lotissement de villégiature depuis l'arrivée du chemin de fer en 1838. L'avenue d'Eprémesnil fut une vitrine des villas de villégiature à Chatou jusqu'à ce que celles-ci fussent détruites dans les années soixante à quatre exceptions prés.

Villas de l'avenue d'Epremesnil en 1900, un balcon de la villégiature donnant sur un chemin de halage, aujourd'hui le quai Jean Mermoz (baptisé par délibération du conseil municipal du 28 février 1937 sur proposition du maire Jules Ramas). Le 7 novembre 1847, la municipalité du notaire Délivré avait baptisé ce chemin Quai des Papillons.

* l’avenue des Tilleuls était alors dénommée comme telle dans la partie que nous connaissons correspondant à l’avenue Larcher baptisée depuis 1882. Cette portion de l'avenue des Tilleuls fut également appelée avenue de la Rivière de 1867 à 1882.
Publié dans CHATOU ET LA SEINE, L'AMENAGEMENT DE CHATOU | 20:45 | Commentaires (0) | Lien permanent
19/08/2012
VOS TEMOIGNAGES NOUS INTERESSENT

A la suite du coffret audio "LES VOIX DE LA GUERRE 1939-1945", l'Association, grâce à José Sourillan, grand collectionneur de voix parlées, ancien directeur du service documentation de RTL et réalisateur de disques et documentaires, ainsi qu'aux mises en oeuvre techniques de la famille Muller, est en mesure de préparer de nouveaux projets de coffrets audio historiques mariant les grandes voix historiques et les témoignages d'habitants de Chatou et des environs. Deux projets sont en cours :
- "LES VOIX DE L'APRES-GUERRE 1945-1957" touchant à tous les évènements de l'époque
- "LES VOIX DE LA GUERRE 1914-1918", comportant voix des personnalités historiques et lectures de lettres de soldats au front
Nous faisons donc appel à vos témoignages pour venir compléter cet embryon d'encyclopédie sonore sur l'histoire.
Par ailleurs, nous préparons un livre sur Maurice Berteaux, ministre de la Guerre, député et maire emblématique de Chatou de 1891 à 1911.
L'histoire du XXème siècle conservée par les témoignages audio offre un moyen pédagogique, moins académique que l'image, complémentaire et intéressant pour la transmission de notre histoire aux générations futures. Notre association, qui a mis en exergue le patrimoine industriel de Chatou et notamment son épopée d'un siècle dans l'industrie phonographique, ne pouvait que saisir l'opportunité qui lui était offerte dans ce domaine.
Merci de votre soutien et de votre confiance.
Très bon été !
*******
Nous informons nos internautes que l'association Chatou Notre Ville sera présente au
FORUM
DES ASSOCIATIONS DE CHATOU
DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2012
stade Corbin rue Auguste Renoir
*****
L'association s'est dotée d'un générique
"Hilltop Holiday"
par le Cosmopolitan Orchestra (1960)
tiré de

Image de couverture : Whitley Bay - 1939 - par Franck Newbold (1887-1951)
Collection "L'age d'or de la musique légère" - tapez rubrique ambiance puis marque GUILD
Site de vente d'ILD - La mémoire du disque
(demande SACEM en cours d'instruction)
à écouter en installant votre lecteur windows media player qui fera apparaître la commande ci-dessous

Locomotive SNCF 241 P compound fabriquée aux usines Schneider du Creusot de 1948 à 1952, emblème de l'association
| 15:40 | Commentaires (0) | Lien permanent
LE FANTOME BAT DE L'AILE
En 1926, Le Petit Journal, quotidien tiré à quelques centaines de milliers d'exemplaires, expose dans son édition du 7 octobre en première page les nouvelles préoccupantes de Chatou d'une part, et le reste des affaires de France et d'Allemagne d'autre part. Il nous appartenait évidemment de vous livrer les termes de l'actualité brûlante de Chatou.

"La Villa des Ifs est-elle hantée ?
La petite ville de Chatou est en émoi, la petite ville de Chatou est divisée en deux clans : celui qui croit que la villa des Ifs est hantée et celui qui croit qu'elle ne l'est pas.
Il y a quelques trois semaines, des promeneurs, à la tombée de la nuit, suivaient un chemin qui, en longeant la Seine, mène à Carrières, lorsqu'ils entendirent des bruits étranges, des manières de souffles puissants évoquant celui que produit un pneu que l'on dégonfle.
Ils essayèrent de localiser les bruits mais ceux-ci s'éloignaient ou se rapprochaient. Néanmoins, tous paraissaient provenir du jardin ou des murs de la villa des Ifs.
Les promeneurs, de retour dans la ville, parlèrent des bruits mystérieux qu'ils avaient perçus. Le lendemain, la localité parlait d'esprits et de maison hantée soit en plaisantant, soit avec une pointe d'inquiétude ou de curiosité.
Et depuis lors, chaque soir, des habitants se postent sous les murs de la villa et attendent patiemment les manifestations mystèrieuses. Elles se produisent, d'ailleurs, avec régularité. Mais les auditeurs ne sont pas d'accord sur les sons entendus.
L'un entend "Chûû", un autre "Houhou", un troisième "Hôhô". Et si quelqu'un s'avise d'affirmer : "vous me faites rire avec vos esprits ! nous entendons le hululement d'un chat huant !" il ne convainc pas les autres.
Monsieur Gosselin, commissaire de police de Chatou, est fort ennuyé : "il a suffi, nous dit-il, que quelques promeneurs craintifs entendent le cri de quelque oiseau de nuit pour que toute la ville s'émeuve.
Je dois dire que les partisans des esprits sont assez rares et ques presque tout le monde est convaincu que les sons perçus ne sont autres que les cris de hiboux, choutettes ou hulottes."
Madame Desforges, propriétaire de la villa des Ifs, est tout simplement navrée : "mais c'est une histoire invraisemblable, nous a -t-elle dit. Les bruits sont tout simplement les cris ou les battements d'ailes d'un grand duc.
Grand duc énorme d'ailleurs et que j'aperçois presque chaque soir perché dans les arbres du jardin ou se profilant sur les toits. Je puis même vous affirmer que ce grand duc a une grande duchesse car dans mon grenier, nous avons découvert une jeune nichée."
Enfin Monsieur Boulanger, le jardinier, assez peu content, nous a confié : "c'est inouï, les gens sont crédules ! c'est un défilé devant la villa tous les soirs. Hier, j'ai fait fuir des jeunes gens munis de révolver - pour tuer les fantômes hurleurs sans doute - avec de grands seaux d'eau."
N.B : la villa des Ifs était située 4 avenue Gambetta selon l'annuaire de Chatou de 1928
Publié dans CHATOU ET LA SEINE | 12:25 | Commentaires (0) | Lien permanent
15/08/2012
LE FILM "HORIZONS SANS FIN"

La Première Guerre Mondiale, dans sa tragédie, occupa les femmes et les libéra du couvre-feu napoléonien. Au lendemain de l'Armistice, nombreuses furent celles qui s'engagèrent dans tous les sports, en particulier les plus périlleux, les sports mécaniques. Dans l'aviation, Adrienne Bolland, Maryse Hilsz, Maryse Bastié, tinrent le haut du pavé.
Vint Hélène Boucher. Vendeuse dans un magasin de chapeaux des Champs-Elysées, elle y rencontra le pilote René Gaudin, titulaire du record de vitesse mondial. Ce dernier l'engagea à venir s'entraîner à l'aérodrome de Guyancourt. Un nouveau chapitre de l'aviation s'ouvrit.
L'histoire vraie d'Hélène Boucher (1908-1934), pilote à 23 ans, a été relayée par un film de Jean Dréville (futur réalisateur de "Normandie-Niemen" en 1959) : "Horizons sans fin" de 1954, dans lequel apparaît l'acteur catovien Pierre Trabaud dans le rôle de Pierre Castel.
Né le 7 août 1922 rue du Val Fleuri, Pierre Trabaud (1922-2005) fut employé par Jean Dréville aux côtés de l'héroïne du film, la séduisante Giselle Pascal (illustration ci-dessus), de Jean Chevrier dans le rôle de Danet, l'ingénieur en chef de Caudron-Renault, et René Blancart, dans le rôle de Gaudin.

Notre association s'est fixé comme objectif d'aboutir à la projection de films avec Pierre Trabaud. L'encouragement municipal ne fait pas défaut mais pouvoir disposer d'un exemplaire original de ses films pour une projection en format 35 mm ou DCP demeure un problème non résolu. Ce qui est fort dommage car Pierre Trabaud mériterait un festival et un nom de rue à Chatou, sa ville natale.
Publié dans CHATOU DANS LE CINEMA | 09:46 | Commentaires (0) | Lien permanent
03/08/2012
L'ACCIDENT DU BATEAU-LAVOIR

A son évocation, le bateau-lavoir de Chatou émet le parfum du pittoresque trempé dans le labeur des générations passées. Sa carrière, qui prit fin en 1922, connut les inondations de 1910 au cours desquelles il dériva et s'échoua (ci-dessous).
Situé derrière l'église, il fut la proie d'un autre sinistre, dont le caractère dramatique fut évité grâce à l'héroïsme de quelques-uns.

Le 30 juillet 1912, le docteur Rochefort, maire de Chatou, donna communication en séance du conseil municipal d’un rapport qui venait de lui parvenir :
« Monsieur le Maire,
J’ai l’honneur de vous rendre compte qu’aujourd’hui à 3 heures, 4 heures du soir, la foudre accompagnée d’une violente tempête de vent est tombée non loin de la Seine à Chatou du bateau-lavoir de Monsieur Duchemin. Le remou violent qui s’est produit a provoqué la rupture de l’amarre arrière et le bateau est parti à la dérive.
Affolées par la violence de la tempête et par les châssis qui se détachaient de la toiture , les laveuses se sont jetées à l’eau au nombre d’une vingtaine.
Plusieurs ouvriers travaillant sur le quai en face et voyant toutes ces femmes en danger, se jetèrent à l’eau et parvinrent à les sauver toutes saines et sauves. Ce sont Messieurs Bouet Pierre, 41 ans, maçon, demeurant quai Ganzin n°14 à Bougival, Lecouflé Léon, 40 ans, maçon, demeurant 86 rue de Versailles à Bougival, Michel Jean-Baptiste, 39 ans, maçon, demeurant 48 rue Biesta à Bougival, Beze Raymond, 16 ans et demi, garçon maçon demeurant 6 Quai Rennequin Sualem à Bougival, Nobis Louis, 35 ans, ouvrier métallurgiste demeurant 8 Quai de Seine à Chatou.
Dans cette circonstance, je crois devoir attirer votre attention, Monsieur le Maire, sur l’acte de courage et de dévouement accompli par ces courageux citoyens dont plusieurs ont déjà accompli des actes analogues.
Le brigadier de police
Bourgeois »
Le conseil municipal adressa ses félicitations aux sauveteurs.
Source :
Registre des délibérations du conseil municipal - Archives Municipales de Chatou
Publié dans CHATOU ET LA SEINE | 18:21 | Commentaires (1) | Lien permanent
25/07/2012
LE CRIME DE L'AVENUE D'EPREMESNIL
A l’époque où le crime ne revêtait pas la banalité d’aujourd’hui, Chatou fut le théâtre d'un assassinat resté célèbre par le couple Fenayrou.

"M. Aubert était un brave garçon, laborieux, intelligent, qui , grâce à ses efforts persévérants avait relevé une pharmacie qui était presque sans clientèle au moment où il l’avait achetée.
Il se trouvait dans une situation satisfaisante et désirait se marier. Aussi tenait-il à en finir avec une liaison que probablement il n’avait point provoquée. ; mais la jalousie de Madame Fenayrou n’a joué aucun rôle dans le crime. Cette odieuse créature est arrivée peu à peu à faire les aveux les plus complets. Elle a raconté la scène du meurtre telle qu’elle s’est produite. Son mari, son beau-frère et elle avaient dîné au restaurant du Père Lathuile, un dîner qui a coûté 45 francs.
Après le dîner , Fenayrou et l’ouvrier tabletier partirent pour Chatou par le train de 7 heures. Elle, elle attendit Aubert, comme on sait, après être entrée une demi-heure à l’Eglise Saint-Louis d’Antin. Aubert hésitait à raccompagner Madame Fenayrou, et il fallut tout le charme qu’elle exerçait sur lui pour le décider à la suivre.
Tout était si bien préparé pour le crime que, la veille, elle était allée à Chatou, et , entre autres objets, avait apporté une serviette, qu’elle avait déchirée en deux pour servir de baillon à son amant.
Aubert entra dans la maison, tenant une alllumette-bougie. Dans la première pièce, il n’y avait personne. Mais, dans le salon, Fenayrou et son frère l’attendaient. Ils voulurent lui faire signer des billets pour une certaine somme. Aubert refusa. C’est alors qu’il reçut le coup de marteau.Madame Fenayrou dit qu’elle n’a pas assisté aux tortures que les assassins ont fait subir à Aubert. Ces tortures, affirment-elles, ont duré trois quarts d’heure !
Un détail épouvantable a été donné par elle. Lorsque les forces du malheureux pharmacien s’épuisaient, les meurtriers lui faisaient prendre un cordial, afin de ranimer un moment ses forces et de le faire souffrir d’avantage. L’infortuné Aubert avait longtemps hésité à la gare Saint-Lazare au moment de prendre les billets : « je l’ai tant cajolé, a répété la Fenayrou au juge d’instruction, que je l’ai forcé à me suivre. »
On s’est demandé ce qui se serait passé si Aubert avait signé les billets. Evidemment, il eût été assassiné quand même ; les précautions prises en sont la preuve. Les criminels ne se seraient pas exposés à une dénonciation. »"

Source : Le Journal Illustré - 25 juin 1882
Publié dans CHATOU DANS L'HISTOIRE DU CRIME | 14:07 | Commentaires (0) | Lien permanent




